***__Chαpitre 48__ *** « Tu le sens? Tu le rends fou »

***__Chαpitre 48__ ***  « Tu le sens? Tu le rends fou »
PARTIE II
*

_____POV Emma


- Je vais bien Lyly. C'est juste un oeil ... bleu. Il fait pas mal, je te promets. Elle ne m'a rien fait cette cruche.
- Qu'est-ce qu'il vous est passé par la tête pour vous sauter dessus?

M'interroge-t-elle fermant sa boîte pharmacie après m'avoir désinfecté quelques griffures et mis quelques pansements. Je la scrute longuement, remémorant les phrases de Leila.

- Je ne sais même plus. Laisse tomber.
- Et pourquoi t'as viré Quentin comme ça? Je croyais c'était ton petit ami?
- Oui ... Mais hum, il m'a trompé avec l'autre salope, tu comprends? J'ai pas trop envie de voir sa gueule tout de suite, je n'ai pas envie qu'il me voit comme ça.

Je me redresse rapidement, m'approche de la grande glace qui orne le mur et inspecte l'état des lieux. Quelques blessures par-ci, par là, mais rien de grave. Juste l'oeil bleu, très visible, on peut pas le louper lui. Quelle salope.

- T'as pas un peu de maquillage, histoire que j'essaye d'arranger ça?

Lui demandé-je distraite, observant mon oeil blessé. Elle acquiesce rapidement et s'éclipse afin d'aller récupérer le maquillage dans sa chambre. Je contemple mon reflet longuement, revoyant la scène. Quentin, mon cher Quentin, t'as intérêt à prendre mon parti sinon tu vas regretter, crois-moi. Et Tom, je m'occuperai de lui plus tard. Je lui enlèverai vite cette garce de son lit. Il faut vraiment tout faire, hein. Alors que je continue à tracer mon plan dans ma tête avec la petite liste des vengeances à faire; la porte se rouvre. Je me tourne anxieuse pensant qu'il s'agit de Lyah avec le maquillage mais ... Surprise. Sascha. Elle reste au pas de la porte, me fixant sceptique.

- Je ... Je voulais juste m'assurer que tu allais bien.
- Je vais bien.

Elle reste immobile, ne sachant pas trop comment réagir. Je la connais très bien. Elle est préoccupée. Elle est faible, là, maintenant. C'est le moment.
Je quitte mon reflet pour m'approcher d'elle.

- Sascha. Il faut qu'on parle ... Je ...
- Je n'ai pas envie de parler Emma. Je voulais juste me rassurer que ce n'était rien de grave. En bas tout le monde en parle alors je me suis fait du soucis.
- Je vais bien, lui souris-je. Ne t'inquiète pas. Sascha, je tiens à ce que l'on s'explique au moinsi, je ...
- C'est un peu tard Emma. Et je n'ai vraiment aucune envie d'entendre tes justifications.

Elle s'apprête à partir mais je la retiens. Je fais monter facilement quelques larmes aux yeux et la regarde suppliante.

- Emma, me fait pas ça, s'il te plaît.
- Notre amitié ne peut pas se finir comme ça. J'ai fait une erreur, et si tu savais comme je m'en veux. Si je pouvais changer les choses, je le ferais, crois-moi.
- C'est facile dire ça, répond elle attristée.

Ses yeux troublés me dévisagent longuement. Je vois son passé avec Bill et leur relation défiler dans ses yeux. Je vois toutes les larmes versées. Je vois sa douleur inonder ses yeux clairs. Je vois à quel point elle est faible, et à quel point, au fond d'elle, elle a besoin de moi. Doucement, je tends la main vers elle, sachant qu'elle craquera à un moment ou à un autre.

- Je ne vais pas me justifier, j'ai bien compris que c'était tard, et que je ne peux rien changer. Je veux juste que tu saches que si j'ai fait ça, c'était pour vous. Aujourd'hui, j'ai compris beaucoup de choses que je ne voyais pas forcément à ce moment là. Aujourd'hui je ne referais pas cette même erreur. Mais voilà, les faits sont là et comme je disais à Tom, j'en paye les conséquences. J'ai perdu l'amitié de Bill. Et tu sais combien il compte pour moi. Mais je me suis résignée en ce qui le concerne. Mais toi ce n'est pas pareil. Je ne veux pas que ça finisse comme ça entre nous. Tu n'as pas le droit de me condamner pour mon immaturité d'il y a trois ans.
- Je n'ai pas le droit? Moi, je n'ai pas le droit? C'est toi qui n'avais pas le droit de t'immiscer entre lui et moi, Emma!
- Je sais. Mais je croyais bien faire ... J'ai besoin que tu comprennes ça. J'ai besoin que tu me pardonnes. J'ai besoin de te retrouver, Sascha.

Des larmes perlent ses yeux clairs et profondément troublés. Elle prend ma main quelques instants mais je sais que ce n'est pas encore gagné. Pas encore.

- Moi aussi j'ai besoin de toi, Emma. Moi aussi ... Mais je ne peux pas. Tu m'as fait trop de mal.

Elle lâche ma main puis s'empresse de quitter la pièce. Je laisse échapper un long soupire. C'est plutôt pas mal comme début de réconciliation. Ca sera finalement plus facile que prévu dis donc. Sascha, Sascha ... Tu es vraiment trop sensible. Et tu m'aimes trop. C'est pas bon ça les gens. C'est pas bon. On se laisse marcher dessus facilement, par amour. On pardonne trop. On oublie rapidement. Le jour où ils comprendront ça, je daignerai de les considérer un tant soit peu. Un peu. Faut pas trop rêver non plus.

*

_____POV Nadia


_2h17_

- Lei ... Tu, hum; commencé-je, incertaine, perdue dans mes pensées.
- Quoi, quoi Nad? Demande et arrête de me faire stresser!, exige sa voix excitée.

Je la regarde surprise, interloquée par sa nervosité et sa position instable, son corps bougeant sans cesse. Je baisse la vue vers ses mains qui se triturent entre elles, et se cognent l'une contre l'autre avec force. Je fronce les sourcils relevant la vue vers elle afin de comprendre ce qui lui arrive. Je reconnais à la couleur de son iris vers foncé qu'elle est énervée. Très énervée. Je pose ma main sur son épaule dénudée, l'interrogeant du regard. J'étais tellement immergée dans mon Monde que je n'avais pas remarqué son état plutôt agité.

- Dis moi, je te dis après.

J'entrouvre les lèvres pour insister sur le pourquoi de son état, mais elle lève un main et m'incite à dire ce que j'avais à lui dire. J'hésite, désormais préoccupée par Leila. Le vert de ses yeux cloués sur moi me rappellent qu'elle attend une réponse.

- Ce n'est rien. Je ... Je me demandais simplement si ça t'arrivais, à toi, de penser au passé?
- Si... Si ça m'arrive? Oui, bien sûr , me répond elle titubante, papillonnant des cils, impatiente de répondre. Je pensais justement à mon passé de il y a trois heures tiens!

Je fronce les sourcils une nouvelle fois, cherchant le sens de sa phrase.

- Oui, oui, je pensais à ce qu'il s'est passé il y a trois heures à peu près, tu vois? Ca fait partie du passé, CA, non?

Son corps fragile se penche sur moi, pour accentuer ses dires. Je la regarde confuse, ne comprenant rien à son charabia et pourquoi elle semble aussi hors d'elle.

- Non? m'incite-t-elle violemment à répondre.
- Heu .. si. Si. Je... Mais je ne parlais pas de ce genre de passé là. En fait je ...
- Oh Nadia. Excuse-moi. Elle stoppe sa lancée, ses mains viennent cacher son visage angélique. Puis l'une d'entre elles s'empare d'un verre oublié sur la petite table basse. Ses longs doigts soutiennent le verre tramblants. Elle boit une longue gorgée et cloue ses yeux troublés sur moi. Je suis trop dans mes pensées et je me défoule sur toi. Ce n'est pas juste.
- Que se passe-t-il Leila?, l'interroge, inquiète.
- Il se passe , commence-t-elle lancée, la fureur durcissant ses traits fragiles, que ce putain de connard d'enculé de tafiotte du trou du cul de merde salopard de ,
- J'ai compris. Qu'est-ce qu'il a fait ce ... connard?; soulagée qu'il ne s'agisse que ... d'un mec. Enfin.
- d'enculé de tafiotte du trou du cul de mer ..., reprend elle.
- Bon Leila, j'ai compris !
- C'était un ... un rituel ! Il m'a utilisé pour mener à bout son ... RITUEL! , m'explique-t-elle, écarquillant ses jolis yeux encerclés d'un fard vert et blanc scintillant.
- Un rituel? Bon, déjà c'est qui le connard ?
- d'enculé de tafiotte du ...
- C'EST QUI? Il a un autre nom moins long j'espère?
- Oui : SALAUD.
- D'accord. Alors Tom a un rituel si j'ai bien compris.
- EXACT! Et ce connard d' ...
- En quoi consiste son rituel?
- Tu n'as pas remarqué qu'à minuit je n'étais pas là?
- Si.
- Encore heureux. Eh bien, j'étais tu sais où.
- Bein non, je ne sais pas. Putain Leila, sois plus claire.
- Je ne vais pas te faire un dessin !
- Ah bein si, parce que là je ... Puis sa dernière phrase me fait prendre conscience de la situation. Et de comprendre. A minuit ... Tom, dessin ... Rituel. J'écarquille les yeux à mon tour, et sa tête bouge de droite à gauche, ses dents triturant ses lèvres. C'est ... un rituel? Ca veut dire qu'il ... que toutes les années il ...
- C'est le principe d'un rituel OUI ! Mais tu t'en rends compte à quoi il m'a réduit là? Tu t'en rends compte que je n'ai même plus l'ombre d'une éventuelle dignité? Qu'il vient de m'humilier auprès de tous ses potes qui connaissent ce RITUEL DE MERDE PUTAIN BORDEL JE VAIS LE NIC...

Ma main atterrit sur sa bouche effervescente et débordante d'insultes à tout va, tournant la tête pour voir si les quelques personnes qui nous entourent entendent la folie de Leila à son état aigu. Personne semble faire attention à nous, si ce n'est Alexander qui vient de regarder dans notre direction interpellé. Je lui souris rapidement afin d'enlever de l'importance aux cris assidus de Lei, puis reviens sur le visage enragé de la rousse.

- Leila, arrête de nous afficher s'il te plaît. Calme-toi. Promets moi que tu vas essayer d'extérioriser ta rage autrement.

Elle hoche la tête et j'enlève ma main, regardant autour de nous une nouvelle fois. Alexander est subjugué par la conversation qui se déroule dans son petit groupe. Je reviens sur Leila, soulagée.

- CONNARRRRRRRRRDDD, CE N'EST QU'UN CONNARD!!! IL EST OU CE POULPE? JE VAIS LUI ARRACHER TENTACULE PAR TENTACULE, EN COMMENÇANT PAR CELUI DU BAS!

Je lève une main vers mon visage, sentant mes joues se colorer intensément et une bouffée de chaleur envahir mon corps. Un bras que je reconnais malgré mon visage enfui sous la paume de ma main vient empirer mon état, encerclant ma taille. Mon souffle reste en suspens quelques instants, désirant éperdument que ce soit lui et me haïssant d'éprouver un tel désir. Son autre main se pose sur la mienne et l'éloigne de mon visage caché. Je lève la vue lentement vers lui et retrouve son sourire moqueur. Il est à côté, souriant, me fixant grossièrement. Il sait très bien que ça me met plus que mal à l'aise. Puis, amusé, il tourne la tête vers Leila.

- Je n'ai entendu que le mot poulpe de là bas, explique-t-il, désignant du doigt l'endroit où Georg, Gustav et deux autres personnes que je ne connais pas rigolent formant un petit groupe à quelques mètres de distance. Mais vu l'intonation et ayant jeté un rapide coup d'oeil, j'ai conseillé à mon frère de courir, très loin.
- Toi aussi, Bill? Toi aussi tu es au courant! C'est pour ça que ... Que ... Que tu savais; fini-t-elle dans un soupir.

Je balance les yeux de l'un à l'autre, priant pour que les doigts de Bill se détachent de ma taille, essayant de me concentrer sur la conversation. Bill fronce les sourcils.

- Que je savais quoi?; demande-t-il arquant un sourcil.
- Tu savais! "Des lits dans la cuisine" , cite-t-elle. Tu connais son rituel, et tu l'as laissé faire. L'accuse-t-elle le pointant du doigt. Elle s'apprête à partir, la déception s'emparant de ses traits.

Bill se détache de moi et l'attrape malgré l'élan décidé de la rousse à partir.

- Laisse-moi t'expliquer.
- Non! Je ne veux rien entendre! J'espère que tu as fait tes adieux à ton jumeau, parce que je te jure, Bill Kaulitz, que je vais lui faire sa peau et en faire une putain de bonne barbecue. Il a intérêt à avoir trouvé une putain de bonne cachette dans cette maison, parce que sinon je ...
- Leila, écoute-moi, il ...
- Non Bill! Je ne veux pas savoir. Tu vas le défendre et j'en ai rien à foutre de ces arguments là; affirme-t-elle, fixant Bill, puis cherchant des yeux le futur cadavre.
- Mais ...
- Il a intérêt à être vraiment, vraiment bien caché. Continue-t-elle, le cherchant frénétiquement des yeux, et ignorant complètement Bill planté devant elle. Parce que je compte lui faire bouffer un tube de harissa tu vois?, et pour lui faire passer la brûlure, je lui ferai boire la cuvette des chiottes tout en sachant que ce sera inefficace. C'est assez cruel tu crois?

Je ne peux éviter d'éclater de rire face à la description de la torture made in Leila. Bill se tourne vers moi et me fusille du regard, faussement vexé, réprimant fermement son sourire face à la menace ridicule de Leila. Oops. J'avais oublié que le futur cadavre est ton ... jumeau. Mon fou rire s'éteint sous son regard réprobateur, et je murmure un faible Pardon que je regrette aussitôt. Je me rebelle.

- Elle a raison. Ca ne se fait pas. Moi aussi je devrais lui toucher quelques mots à ce ... Comment tu l'appelais tout à l'heure Leila?
- SALAUD?
- Non, ça c'était le surnom court. Le long je veux.
- Putain de connard d'enculé de tafiotte de trou du ...
- Ca serait cool si tu pouvais juste te limiter à Tom devant moi, juste ... Tom.
- Tom ? Tom ? Tiens, me dit-elle en me regardant amusée tout d'un coup, c'est une bonne insulte celle là ! Courte en plus ! C'est un TOM ! T'as trop raison Bill ! Ca résume très bien mon répertoire d'insultes ...

Bill bouge lentement la tête de droite à gauche, désespéré, et poussant un long soupir. Il sait qu'avec Leila c'est perdu d'avance. Elle ne l'écoutera pas. Il lève les yeux au ciel, puis revient blasé sur Leila.

- C'est un rituel de rien du tout. Et puis il ne ...
- C'est un TOM, Bill ! Tu ne comprends pas?
- Leila, laisse-moi finir ma phrase.
- Non ! Je ne parle pas avec le frère jumeau d'un Tom sur pattes.
- Il ne le fait pas avec n'importe ...

La fin de la phrase de Bill reste dans l'air, puisque Leila semble avoir aperçu sa victime quelque part dans le salon. En moins d'une seconde, elle a poussé Bill légèrement et s'est volatilisé. Bill reste debout, les lèvres tordues, défendant vainement son jumeau dans le vide. Je souris, attendrie face à un Bill complètement ignoré. Il tourne la tête vers moi, ses lèvres se froncent formant une moue résignée. Il hausse les épaules et je réprime mon sourire à mon tour. Il se rapproche doucement vers moi alors qu'un sourire en coin refait son apparition.

- Ta petite bourrache-attitude est passée on dirait; tente-t-il comme sujet, afin de ne pas paniquer quant au sort de son jumeau.
- Elle ne lui fera rien de mal, t'inquiète.
- Nooooon, juste lui faire avaler du produit toxique et le rincer à l'eau des chiottes.
- Bill, le harissa n'est pas toxique.
- Tu m'as compris!, dit-il roulant des yeux.
- Et si ça peut te rassurer, elle ne se balade pas avec des produits qui brûlent dans les poches.
- Mouais.
- Enfin, aux dernières nouvelles ...
- Quoi ? , ses yeux encerclés de noir s'écarquillent surpris.

On se regarde quelques instants, amusés par cette conversation ridicule, puis on éclate de rire ensemble, spéculant dans nos têtes ce que l'autre allait dire. De la merde visiblement, puisqu'on part dans un fou rire inexplicable. Bill entrouvre les lèvres, mais une chevelure rousse s'immisce entre nous.

- Au fait, Nad ! Oui, ça m'arrive de penser au passé, comme tout le monde ! Sauf que nous, le commun des mortels, nous ne faisons que y penser ! Nous ne vivons pas dedans ! A bon entendeur, j'ai un TOM à tuer !

*

_2h51_

_____POV Tom


Zora, Lyah et Emma partent dans un fou rire suite à mon commentaire plutôt déplacé sur Johan. Je souris les voyant s'écrouler de rire, se tenant l'une à l'autre. Je vais finir par croire que je suis vraiment très drôle si elles continuent à rire à chaque mot que je sors. Je roule des yeux amenant mon verre de whisky aux lèvres.

- Tom, ... Tente vainement Lyah, étouffée entre deux rires.
- Oui? ... Je t'attends?, je ris la voyant faire l'effort surhumain de stopper son rire puis essayer de me viser.
- Ne parle pas comme ça de lui ... c'est mon petit ami désormais.
- Arrête!; mes yeux s'agrandissent, incrédule. Vous sortez ensemble?
- Oui, enfin ... Je ne sais pas. On a pas dit les mots exactes tu sais. Faut deviner ce genre de trucs. Enfin, ça se sait quoi!
- Ah, réponds-je me foutant de sa gueule.
- TOM KAULITZ!

Vocifère une voix derrière moi. Je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir qu'elle provient de ma petite rousse. Je souris, même si au son de sa voix, elle ne vient pas en paix en tout cas. Je tourne la tête vers elle, m'attendant à voir sa fine silhouette s'approcher vers le groupe. Mais à ma grande surprise elle est déjà derrière moi et je tombe nez à nez sur ces yeux verts brillants, à seulement quelques centimètres de distance. Je n'ai pas le temps de l'apercevoir convenablement qu'elle me jette son verre à la gueule furieuse.

- Ca c'est parce que t'es un petit con.

Je bats les paupières lentement, afin que le liquide ne rentre pas dans mes yeux. Je reste figé ne comprenant pas ce qu'il se passe. Mais pas le temps de trop réfléchir qu'un autre liquide s'abat sur mon visage.

- CA c'est parce qu'en fait, de plus près, t'es un gros con.

Je reste les yeux fermés, choqué et interdit. Mauvaise idée, un troisième verre me frappe le visage.

- Ca, c'est en honneur à ton rituel.

J'ouvre la bouche, laissant le liquide glisser sur mon visage. Commençant à comprendre pourquoi elle disjoncte complètement.

- Leila, je ...

Une claque meurtri violemment ma joue, étouffant ma phrase et j'ouvre rapidement les yeux pour me protéger d'une cinquième attaque. Je cligne frénétiquement des yeux afin d'enlever l'eau rentrée dans ceux-ci.

- Et ça, c'était en option !

Crie-t-elle souriante. Elle me fait un ultime clin d'oeil puis s'éloigne aussi rapidement elle est venue. Je la regarde partir, complètement figé, immobilisé alors que sa crinière rousse s'évapore dans la foule. Ma main se lève machinalement vers ma joue, encore douloureuse. Putain, mais elle délire là. Je baisse le regard vers mon t-shirt trempé. L'eau dégouline encore sur mon visage. Je me retourne lentement vers le groupe de filles qui observent la silhouette de Leila s'éloigner, les trois bouche-bée, les yeux écarquillés.

- Je l'aime cette fille!
- T'es bien la seule.

Zora est la première à éclater de rire, tapant fébrilement de ses mains. Merci Zora. J'ai déjà l'air assez con comme ça pour que tu t'y mettes aussi. Lyah me tend un mouchoir, réprimant son rire. Toi aussi, évite. Je sèche rapidement mon visage d'un mouvement brusque, sentant mes muscles se tendre. Je serre les dents et reste immobile, revoyant sa colère. Putain, Leila, tu viens de signer ton contrat de décès. Je passe mon verre de Whisky à Emma et m'apprête à partir à sa recherche.

- Tom. Tomi chéri. Va dans la chambre de mon père et prends un t-shirt s'il te plaît. Tu vas tomber malade si tu restes trempé comme ça.

J'acquiesce rapidement sans dire un mot puis m'éloigne des filles. Putain Leila, tu vas connaître la signification du mot regretter. Alors que je pousse les gens qui dansent sur la piste, je passe une main sur mon visage, séchant encore quelques gouttes d'eau. Je me dirige vers la table qui nous a été désignée en début de soirée. Je retrouve Bill et Nadia dans un coin qui boivent gaiement à la bouteille.

- T'AS VU LEILA?

Je ne sais pour quelle raison, Bill éclate de rire sans détacher son regard de Nadia. J'arque un sourcil, cherchant une réponse à ma question et à son rire.

- Vous passez votre soirée à vous chercher les gars. Appelle là sur son portable, c'est plutôt pratique!

Nadia rit avec lui, sans détacher son regard de celui de Bill non plus. Je les regarde soûlé de les voir aussi complices, en mode "J'en-ai-rien-à-foutre-de-ce-que-tu-racontes-Tom". Ils sont complètement bourrés. Des bourrés heureux en plus.

- Elle est allée dans la salle de bain, je crois. Enfin, aux dernières nouvelles.
- Merci NADIA; réponds-je insistant sur son prénom et regardant mon double.
- De rien, TOM; répond Bill.

Putain. Salut les gars.

*

_2h51_

_____POV Bill


Ses lèvres s'étirent dans un sourire puis elle baisse les yeux. Mon index se pose rapidement sous son menton pour lui relever le visage et je fais non de la tête, réprobateur.

- T'es marrante toi. Tu dois soutenir le regard en me regardant. Celui qui détourne le regard est le perdant.
- J'aime pas ce jeu, répond elle regardant les gens qui nous entourent.
- Mais si tu gagnes, tu me demandes ce que tu veux! Ce n'est pas tous les jours que j'attribue ce pouvoir tu sais.

Elle plante ses yeux gris sur les miens puis sourit avec malice.

- Je peux demander n'importe quoi?
- Oula. Tu as une idée en tête toi. Ca sent pas bon.
- Si je gagne, tu danses.
- Tu danses avec moi?
- Yes.
- Je n'aime pas danser, tu le sais, non?
- Je m'en doute. Je ne t'ai jamais vu danser jusqu'à maintenant. Alors que ce n'est pas les occasions qui manquent.
- Très bien. Vendu. Et si moi je gagne, je .. Hum. Tu dors chez moi.

Ses yeux s'écarquillent démesurément, comme si je venais de lui demander de se déshabiller à l'instant.

- Chez toi ...?
- Oui, enfin. A l'appartement, tu sais?
- Non mais ce n'est pas équitable, moi je te demande de danser et toi ..
- de DORMIR chez moi. C'est pas dur dormir non? Tu dors bien tous les jours, n'est-ce pas?
- Oui mais pas ...
- Trois, !
- Bill, je ...
- Deux!
- Passe moi la bouteille à tes côtés.
- UN !

Je tends le bras pour lui passer la bouteille de Champagne sans la quitter des yeux et ris en la voyant avaler une longue gorgée, se préparant psychologiquement à la torture visuelle. Je me force à arrêter de rire, humidifie mes lèvres puis pénètre dans ces yeux gris hypnotisants.

*

Le temps semble s'être arrêté autour de nous, pourtant les rires et les voix qui nous encerclent continuent le rythme agité de la nuit. Je vois ses joues se colorer à plusieurs reprises et je donnerais n'importe quoi pour connaître ses pensées à chaque fois qu'elle rougit. On reste en silence, dans ce duel visuel. Jamais jusqu'à maintenant elle avait réussi à soutenir aussi longtemps mon regard. J'arque un sourcil pour la voir défaillir, mais ça la fait sourire et elle arque le sien en réponse. Je rigole. Putain. Elle est coriace ce soir. Je lui fais signe de me passer la bouteille et bois une longue gorgée, sans la quitter des yeux. Elle la reprend et reprend une gorgée à son tour.

- Waw. Tu tiens vraiment à dormir chez toi, dis donc.
- L'alcool ça aide.
- A ?
- Soutenir ton regard.
- Entre autres.

Elle se pince les lèvres puis elle rajoute:

- Et toi, tu tiens vraiment à ne pas danser, dis donc ; m'imite-t-elle
- Je tiens vraiment à ce que tu dormes chez moi tu veux dire.

Ses joues reprennent cette couleur rosée et je souris, heureux de connaître la raison cette fois. Je lui prends la bouteille:

- On peut tenir toute la nuit comme ça.
- On doit avoir l'air cons sérieux.
- Et alors? Personne nous regarde.
- Comment tu sais? Tu veux pas vérifier un coup là?
- Arrête d'essayer de tricher là, tu crois que je t'ai pas vu?

Elle rit et entrouvre les lèvres pour reprendre. Mais on se voit interrompus par ... Tom. Désolé Tom, je peux pas tourner la tête vers toi, sinon je devrai me taper la honte sur la piste de danse. Je préfère éviter, vois-tu.

- T'AS VU LEILA?

Je ris entendant la question de Tom. Ces deux là n'arrivent donc jamais à être au même endroit , au MEME moment?

- Vous passez votre soirée à vous chercher les gars. Appelle là sur son portable, c'est plutôt pratique!

Nadia éclate de rire et on part dans un fou rire sous les yeux incompréhensif de Tom.

- Elle est allée dans la salle de bain, je crois. Enfin, aux dernières nouvelles.
- Merci NADIA; réponds Tom, intensifiant le ton sur le prénom de Nadia.
- De rien, TOM; réponds-je pour le taquiner.

Je t'expliquerai Tommmmmm, on est en dueeeeeeeeeeel.

*

_____POV Leila


Je me lave les mains afin d'enlever les microbes qui auraient sauté jusqu'à moi, pauvres petites bêtes terrifiées d'être sur le visage du vilain poulpe. Puis j'observe mon reflet dans la glace un instant, et repasse rapidement le maquillage. Je souris fière de moi, satisfaite d'avoir donné une petite douche à l'eau des chiottes à notre gros con par excellence. On frappe à la porte brutalement ce qui me fait sursauter. Je lance un dernier regard au miroir puis reprends mon sac à main, prête à quitter la salle de bain. Je déverrouille la porte distraite et manque de faire une syncope reconnaissant Tom à l'encadrement de la porte. Par réflexe, je fais un pas en arrière et essaye de refermer la porte à sa gueule ... Sans succès. Il a déjà planqué sa main sur la porte, et son pied à l'encadrement. Génial. Il rentre et ferme la porte derrière lui d'un coup de pied. Je souris nerveuse et essaye de faire un peu d'humour pour le calmer.

- Hey, t'es pas chez toi hein. Alors les portes avec am...

Il prend mon visage avec une main, et serre mes joues. Ce qui doit me donner un air de ... poisson rouge. J'essaye de refermer les lèvres pour avoir l'air moins conne mais avec sa force, ils restent en O.

- Tom, c'est moi qui devrais être énervée. Et je le suis, mais là tu me fais peur.

Il me fixe et approche son visage. Ses yeux enflammés me brûlent. Je vois encore ses traits mouillés, et ses muscles sont durcis.

- Tom, regarde comme je parle. Et en plus, tu me fais mal. Rappelle-toi que je saignais de la lèvre tout à l'heure.

Malgré mes tentatives pour le persuader de me lâcher, il reste immobile me fixant. Il doit vraiment avoir envie de me frapper là. Encore une fois, je tente l'humour. Je lui gueulerai dessus dès que je serai loin de ses griffes de psychopathe.

- Quoi? Tu n'as pas aimé la petite douche à l'eau des chiottes? C'était une petite douche de rien du tout, tu sais?
- A ... l'eau .... des ..... chiottes ? Demande-t-il doucement.
- Putain Tom, tu peux me lâcher et parler normalement? Tu me fais peur.

Il lâche mes joues et recule d'un pas. Il serre ses dents puis me dévisage à nouveau. Je lève une main vers mes joues douloureuses.

- Tu sais très bien pourquoi j'ai fait ça!
- Non je ne sais pas!
- Si! Je te l'ai dit! "En honneur à ton rituel" !
- C'est débile.

Je fronce les sourcils, furieuse. Oui, il n'est plus aussi près et surtout il ne me fait plus son regard assassin.

- Ca ne l'est pas pour moi! Tout le monde est au courant, tu m'as fait passer pour une idiote.
- Et toi pour un idiot! Il marque un temps d'arrêt et reprend, d'un ton moqueur. C'est qu'on doit l'être alors. Il est temps de prendre ta douche je crois.

Mes yeux s'écarquillent incrédules, alors que je le vois se balancer sur moi.

- Quoi? Quoi ? Tom ? TOM ! Lâche moi.

Je n'ai pas le temps de réagir, qu'il me lève avec une facilité déconcertante. Mes talons décollent du sol et je sens ma tête tomber vers le bas, alors que mes pieds montent vers le toit.
Tom me tient sur son épaule et avance vers la douche. Je gigote des jambes pour le déstabiliser. Mon sac à main tombe par terre alors qu'il enlève habilement mes chaussures.

- TOOOOOOOOOOOOOM KAULITZ, ARRETE CA TOUT DE SUITE! ARRETE! ARRETE! PARDON, PARDOOOOOON.
- Trop tard, fallait y réfléchir avant.

Je commence à taper son dos de toutes mes forces.

- Espèce de Tom Kaulitz, tu mériterais que je te noie dans la cuvette des chiottes la prochaine fois. Je te jure que si tu me mets dans la baignoire, je te manquerai pas.
- Moi non plus; répond il éclatant de rire.

J'atterris dans la baignoire et je me débats férocement avec lui pour me libérer de la force de ses bras, qui me retiennent. Je me redresse alors qu'il s'approche du robinet. Alors que j'arrive à sortir une jambe, il m'immobilise rentrant une jambe à son tour. Putain. Il est dingue. Il compte vraiment le faire. Mon dieu. Pourquoi Superman existe pas là, maintenant, tout de suite. J'entends l'eau couler et en moins d'une seconde je suis trempée, l'eau froide coupant ma respiration. Je cesse alors de me battre et ferme les yeux, protégeant mon visage avec mes bras du courant d'eau. Il m'arrose sans pitié de la tête aux pieds, alors que j'essaye de me protéger par un quelconque moyen. J'attrape son t-shirt pour le faire perdre l'équilibre. En vain.

- Tooooooom, arrêteeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee.

Mes cheveux collent mon corps rapidement et ma robe devient lourde absorbant l'eau. Je crie à l'aide, mais la musique est trop forte pour qu'une quelconque âme errante entende mon appel au secours. L'eau parcourt mon corps mouillé jusqu'au dernier recoin. Soudainement l'eau s'arrête. Je rouvre les yeux, tremblante. Il est là, au dessus de moi, suspendu dans l'air, prenant appuie sur les rebords de la baignoire, et affichant son sourire triomphant.

- Ca t'apprendra à m'arroser à l'eau des chiottes.

Je bats des cils, stupéfaite et furieuse à la fois. Enragée. Hors de moi. Alors que je m'apprête à sortir tout mon répertoire d'insultes, il baisse la tête agilement et écrase ses lèvres contre les miennes de façon possessive. Il écarte légèrement ses lèvres, appuie pour accentuer son baiser et mêle sa langue à la mienne. Nos lèvres entremêlées, je sens son souffle tiède réchauffer mon visage humide. Puis, aussi vite il s'est approché il se détache et se redresse, restant penché sur moi dans le vide une nouvelle fois. Je reste pétrifiée le regardant faire.

- Ca, c'était en option.

Je reste figée, admirant ce sourire. Le haissant comme jamais. Si seulement j'avais les forces de réagir. Là. Maintenant. Putain Leila, t'es carrément hors service. Je refais une nouvelle tentative d'insultes mais rien ne sort. Aucun son ne traverse mes lèvres congelées malgré mes efforts.
Il sourit, se baisse à nouveau, passe une main sous mon dos et me relève en un clin d'oeil. Il me dépose par terre et me tend une serviette, comme si de rien n'était. Je le dévisage toujours perplexe, me remettant de mes émotions.

- On dirait que l'eau froide t'a coupé la parole. C'est pourtant dur ... ; dit-il haussant les épaules.

Je serre avec force la serviette sur mes épaules, sentant le froid parcourir mon corps frêle. Quoique je ne saurais pas dire si c'est par froid ou par haine que mon corps tremble comme une feuille. Leila, ignore le. Tu planifieras ta vengeance plus tard. Garde ton sang froid, même s'il est très froid à cet instant même. Je détache mes yeux incrédules des siens et essaye de sécher vainement ma longue masse de cheveux. Je le vois du coin de l'oeil enlever son t-shirt. Mon Dieu. Leila, ne regarde pas. Ne regarde pas ou tu risque de réchauffer ton sang très vite. Je ferme fortement les yeux, énumérant les insultes à son sujet. Accumulant ma haine, pour ne pas craquer. Ne pas revoir ce torse. Ne pas revoir ces scènes. Ne pas remémorer la saveur de ses lèvres. Ne pas revoir son visage au dessus de moi, ce sourire dessinant ses traits.

- Allez viens. On va se changer.

J'ouvre les yeux brusquement, le fusillant du regard.

- Je ne vais nulle part avec toi!
- Tu comptes aller te pointer au salon comme une fleur? Avec ta robe devenue transparente? C'est les mecs qui vont kiffer en tout cas.
- Je monterai me changer toute seule!
- Je crois pas non. Tu viens avec moi. M'oblige pas à t'amener sur l'épaule une nouvelle fois.

J'ouvre et referme les lèvres plusieurs fois, cherchant la phrase, le mot qui le remettra à sa place. Qui le détruira. Mais je dois dire que sur ce coup là, sur cette bataille, il mène de l'avance.

- Ramasse mon sac et mes talons, ordure.

Dis-je, relevant le menton et le poussant légèrement pour passer. Il refait son sourire en coin et ses yeux me bouffent du regard. Dieu, si je n'avais pas autant envie de le couper en petits morceaux à la tronçonneuse, je fondrais. Il s'exécute et je déverrouille la porte, le regardant par dessus mon épaule.

- Plus vite que ça l'ordure.
- Tu as envie d'une autre douche toi.

Je m'empresse de sortir en courant vers l'étage. Je préfère ne pas vérifier la véracité de ses menaces.

*

_____POV Nadia


Après des nombreuses tentatives pour le faire dévier le regard, je laisse tomber et attends patiemment qu'il fatigue. Je me concentre alors sur la drôle impression que le sol bouge sous mes pieds. Je passe alors le poids de mon corps d'une jambe à l'autre, retenant la respiration et focalisant mon attention sur l'équilibre que je dois faire pour ne pas tomber. Ma tête me semble lourde et je crève d'envie de m'asseoir. Mais je ne le quitterai pas des yeux. Alors qu'il envahit mes pensées à nouveau, je l'observe titubante. Je ris lorsque je me rends compte que je n'arrive même pas à le viser correctement. Son image est floue et pourtant si nette. Je m'approche de lui pour réussir à encadrer son visage qui me semble s'éloigner et instable. Il rit, sûrement conscient de mon état lamentable et mes efforts puérils. Il boit une gorgée puis tord ses lèvres, signe qu'il s'apprête à sortir une connerie. Mais une tierce personne se plante à nos côtés. Ma tête se balance, et je me force à la garder sur place.

- Bil. Excuse-moi de vous déranger. Je... Je pars. Je voulais vous dire au revoir.

Je reconnais cette voix. Apparemment Bill aussi puisque, dans une seconde de négligence, il tourne la tête vers elle. Je reste figée, le fixant, battant des cils, déçue et confuse, puis baisse le regard enfin.

- Oh ... Tu pars?

Le temps semble s'être arrêté à ce moment là. Je me force à relever le visage, entamer un sourire et poser mes yeux vitreux sur elle. Elle détache alors son regard de Bill et le cloue sur moi. J'ai du mal à la voir correctement, puisque ma vue est nébuleuse. Je discerne pourtant un sourire triste imprégné sur ses traits fins. Elle me sourit.

- Oui. Je suis fatiguée; répond-elle me fixant. Puis elle tourne son regard vers Bill une nouvelle fois. C'est toujours bon pour demain?

Je fronce les sourcils, gardant mon sourire sur place malgré moi. Mes yeux se baissent une nouvelle fois, et ma respiration se bloque, attendant la réponse de Bill.

- Oui, toujours.
- Ok. A demain alors! Et bonne année, encore.
- Toi aussi.

Elle m'adresse un dernier regard puis s'éloigne lentement. Je déglutis avec difficulté, la contemplant partir. Chassant de ma tête leurs derniers mots échangés et qui font un désagréable écho brouillant. Mais je n'ai pas envie d'en savoir plus, pas envie de l'entendre me parler d'elle. Je lève la vue prise d'un étrange élan de courage et plante mes yeux sur les siens. Un certain mal-aise peint ses traits parfaits et il baisse les yeux, gêné. Je décide de ne pas s'attarder dessus et lui sors, d'une voix joyeuse.

- Je crois qu'il faudra danser, Bill.

Il relève le visage abruptement et me dévisage effaré.

- Quoi?
- Bah c'est ce qu'on avait prévu Kaulitz, lui rappelé-je haussant les épaules.
- Mais je ne sais pas danser ... ; dit-il les yeux ronds, soudainement paniqué.
- Mais si. Tout le monde sait danser. Surtout avec une bouteille d'alcool dans le sang.
- Demi bouteille, l'autre moitié se trouve dans ton sang s'il te plaît.
- Si on veut! Sur piste!
- Noooooooon; me supplie-t-il me faisant les yeux doux.

Quel mauvais perdant, mon dieu. Je roule des yeux et lui attrape la main brusquement, étouffant son rébellion d'une dernière phrase tranchante.

- Je ne suis pas ouverte à la négociation.

Lui dis-je, me dirigeant vers le milieu du salon, et l'entendant vaguement protester derrière moi. Je me rapproche de la masse euphorique avec difficulté, titubante. Me forçant à marcher droit. Les corps nous bascoulent et je risque de perdre l'équilibre à tout moment. C'est là que je me rends compte combien la tâche sera difficile. Je souris puis me retourne vers Bill qui semble perdu du haut de ses deux mètres. Il a son sourcil divinement arqué et ses bras croisés, planté au milieu de la foule dansante. Boudant. Paniqué. Gêné. Je ris le voyant aussi désespéré, ne sachant où se mettre. Puis, je me mords les lèvres, incrédule face à son comportement enfantin. En fait, à chaque fois qu'il fait un pari, il ne compte jamais mener à bout son gage et accepter son statut de perdant. Il part toujours dans l'optique qu'il gagnera. Quelle crotte, comme dirait ma chère Leila. Ses yeux blasés me scrutent et me supplient de le laisser partir de là. Sa mine infantile m'attendris mais je fais non de la tête, souriante. Il fait alors une moue adorable, vraiment embarrassé de se trouver au milieu de tous ces gens entassés. Je m'approche alors de lui, passe une main autour de sa taille et l'entraîne dans ma danse. Cette proximité semble le décoincer légèrement -ou le motiver- car il suit mes mouvements et passe son bras autour de ma taille à son tour, me serrant contre lui. Nos corps se collent alors et suivent le rythme effréné de la musique. Malgré son début timide et incertain, je le sens peu à peu se décontracter et se laisser aller, laissant la musique s'engouffrer dans ses veines. J'introduis les pas à faire et il les imite attentif. Je souris le regardant aussi concentré. Ce n'est qu'au bout de trois ou quatre chansons qu'il se laisse librement guider par le rythme et rive enfin ses yeux sur les miens. Je lui souris, malgré le fait que j'aie l'impression que je vais tomber à n'importe quel moment, que ma tête va exploser, que j'ai terriblement chaud, que les talons me font mal, que je sens que je vais vomir tout l'alcool de mon corps et que j'ai crève d'envie de l'embrasser. Il me rend mon sourire, le sien en coin, comme il a l'habitude de faire. Je fonds. Je baisse le regard et me rapproche de lui une nouvelle fois. Puis je me retourne pour danser dos à lui et ne pas sentir son regard me brûler le visage. Ce regard que je reconnais si bien, lorsqu'il a des idées derrière la tête. Lorsque ces idées rejoignent les miennes, et qu'il s'en rend parfaitement compte. Qu'il jubile en me voyant rougir comme une conne. Qu'il sourit comme un con et qu'il me rend dingue. Son torse se colle à mon dos. Ses mains viennent s'installer sur mon ventre et je ferme les yeux, savourant cette proximité, et me forçant à garder mon sang froid. A ne pas me retourner et l'embrasser sauvagement. Ne pas me laisser aller malgré la prise totale de contrôle de l'alcool sur moi. Je reste consciente malgré la torpeur de mon esprit, malgré le litre d'alcool qui court dans mes veines. Mais la barrière qui nous retient lorsqu'on est sobres n'est plus. Je sais que c'est lui. Je sais qu'en état normal je paniquerais de sentir ses mains caresser mon ventre, je sais que jamais je ne danserais de cette façon avec lui. Mais on laisse toujours aller nos désirs quand on boit. Et merde, j'avais dit que je boirais plus en sa présence. Oui, je me l'étais juré. Pourquoi donc je me suis explosé la gueule à la bouteille, avec LUI, alors? Il y a quelque chose qui cloche et pourtant je n'arrive pas à suivre la logique de mes pensées. J'arrête pas de sourire bêtement, me sentant heureuse. Je soupire, déconcertée. Je sens son souffle se coucher sur mon épaule, et sa joue frôler la mienne. Son visage si près, sa respiration saccadée frappant mes épaules dénudées, son corps suivant mes courbes. Je me retourne alors vers lui, impatiente. Il sourit comme un con, tel je l'avais imaginé étant dos à lui. L'envie de lui effacer ce sourire me brûle les entrailles. Rien qu'à l'idée je sens mon rythme cardiaque se décupler. Mon taux d'adrénaline grimpe cruellement alors que je fixe ces lèvres interdites quelques instants et sens mon coeur se gonfler de désir. Je ne sais pas s'il le fait exprès ou pas, mais sa langue humidifie ses lèvres lentement et je me sens défaillir sur place. Son bras encerclant ma taille retient mon corps titubant. Je relève la vue vers lui et je décèle au fond de ses yeux cette même lueur de désir irrépressible. Nos soufflent se mélangent et semblent supplier la même chose. Il baisse la tête lentement et pose son front sur le mien. Nos yeux restent accrochés, victimes de ce désir irrésistible, de cette attirance incoercible. Tentation condamnée. Avides et affamés. Mais le mouvement de ses lèvres attire mon attention et je lis sur ses lèvres une phrase silencieuse. Suis-moi. Je hoche lentement la tête, bouillant d'impatience. Il se détache alors de mon corps, regarde autour, s'empare de ma main et se dirige je ne sais où. Mes pas tremblants le suivent excités, et mes doigts s'entremêlent aux siens, serrant l'étreinte. Nadia ... Nadia. Qu'est-ce que tu fais? Sais-tu que demain tu auras envie de te tirer une balle si jamais tu ... Je secoue la tête, refusant de penser à demain. Refusant de souffrir à l'avance. Refusant de me retenir. Mes lèvres me brûlent impatientes de goûter les siennes. Mon corps frémi anxieux de sentir ses mains le découvrir. Mon coeur s'ébranle pressé de sentir son souffle anéantir le mien. Je suis ses pas, nerveuse et surexcitée, impatiente. Hors de moi. Rongée par le désir, amplifié par l'alcool. Des escaliers qui montent. Une porte qui s'ouvre et se renferme. Obscurité. Et lui qui me plaque contre la porte de la chambre et cherche mes lèvres dans la noirceur de la pièce. Je lève le visage vers lui avidement et nos lèvres se rencontrent enfin, mettant fin au supplice. Elles s'emmêlent violemment, assoiffées, altérées et insatiables. Son corps se colle au mien avec force et je tire de son t-shirt pour effacer toute distance entre nous. Sauvagement, nos lèvres retrouvées se dévorent sans pitié. Sans contrôle. Sans conscience. Sa langue joue avec la mienne, et lentement, je me sens chanceler dans ses bras, faiblir sous ses baisers indomptables. Défaillir sous son emprise et le désir vorace qui nous ronge. Nos corps se détachent de la porte et on cherche le lit dans le noir de nos pas aveugles. Nos lèvres ne se délient pas pour autant, toujours prisonnières entre elles. Mon corps bascule contre un meuble et je me retrouve rapidement allongée sur ce lit, son corps sur le mien. Ses mains tremblantes de désir parcourant mes courbes. Ses lèvres me quittent et je laisse échapper un soupir incontrôlable, sentant mes sens disjoncter complètement, mon pouls faiblir et meurtrit due à la cadence démente de mon coeur. Une chaleur envahir chaque parcelle de mon corps. Ses lèvres descendent le long de mon cou, posant des longs baisers, sa langue faisant frémir chaque cellule de ma peau brûlante. Mes muscles subissant cet abattement général, impuissants. Défaillants. Affaiblis. Soumis. Je tire la tête vers l'arrière, agonisant sous ses baisers humides. Sentant le désir m'étouffer intensément. Alors que ses lèvres parcourent mon corps, ses mains viennent lentement défaire ma robe. J'arque mon dos cette fois-ci pour lui faciliter la tâche et sa main descend l'ouverture éclair agilement. Il relève alors le visage vers moi et ancre ses yeux flamboyants sur les miens, ardents. Fervents. Un regard échangé qui dure une éternité puis ses lèvres retrouvent ma peau fiévreuse, remontant vers mes lèvres. Mes mains glissent sous son t-shirt et mes longs doigts survolent son ventre plat, le faisant tressaillir doucement. Je tire de son t-shirt vers le haut, ce qui l'oblige à s'arrêter, et m'aider à l'enlever. Je jette le bout de tissus au sol et et je rate quelques battements de coeur lorsque je sens son torse chaud venir s'allonger sur moi. Je pose la paume de mes mains sur ce torse immaculé et descends lentement vers sa ceinture. Je le sens retenir sa respiration au dessus de moi et je souris. J'entreprends alors de défaire sa ceinture, entendant le rythme saccadé de son souffle. Il descend alors une main vers la mienne, la remonte vers son torse et la pose au niveau de son coeur. Il chuchote dans un souffle entrecoupé:

- Tu le sens? Tu le rends fou.

Je souris et remercie Dieu d'être dans la pénombre et complètement bourrée. Sinon mes joues aurait pris le feu à cet instant même. Je laisse ma main dans la sienne quelques instants, glissant mes doigts le long des siens, et essayant de retrouver une respiration stable. M'accrochant à lui. Ses lèvres attrapent les miennes de nouveau et je m'abandonne à lui, encore. Ma main libre continue à défaire sa ceinture et après quelques instants je réussis. Je tire brusquement d'elle, la sortant des passants de son pantalon. Elle atterrit par terre faisant un bruit sourd. Mon coeur s'enflamme palpant les boutons de son pantalon. Alors que Bill commence à tirer de ma robe et moi à déboutonner son pantalons, soumis l'un à l'autre, la porte de la chambre s'ouvre en fracas. On sursaute surpris. Surprise qui laisse rapidement place à l'embarras. Putain. Je me cache rapidement sous Bill, qui lui tourne le visage vers la porte, irrité.

- Si tu n'avais pas fait ta maligne, tu aurais évité la douche.
- Si tu n'étais pas aussi con, tu aurais évité l'eau des ch...
- Bill?
- NADIA?

Gott

____________________________________________________

OUUUUUUUUF.
ENFIN >_<
Je hais la mise en page, vous le savez, nein ? --'
Ca me gonfle les ovaires à un point ... o_0

BONNNNSOIIIIIIR Sweetiiiiiiieeeees
Je m'excuse pour ce retard XXL. Vraiment. Toutes mes excuses de vous avoir fait autant attendre!
J'ai repris les cours & c'est ma dernière année alors autant vous dire que je n'ai plus autant de temps pour ESCP comme avant.
Anyway, je vais essayer de poster chaque deux semaines, des chapitres moins longs (cinq à dix pages) même s'il ne se passera pas forcément des choses croustillantes (Je ne peux pas enchaîner action sur action).
Je refuse de laisser tomber mais je ne dispose pas de tout le temps dont je voudrais lui consacrer.
Chaque chapitre prend en moyenne autour de 20h & je ne peux plus faire ça.
Alors, réduction des Chapitres, mais régulièrement.
Ca vous va? :)

Ensuite, j'espère que vous allez bien depuis le temps ?
Vous m'avez réellement BEAUCOUP BEAUCOUP manqué *_* ...
Ca me fait tellement plaisir reposter, & vous retrouver, vous avez pas idée !
Je suis toute excitée à l'idée de prendre de vos nouvelles & savoir ce que vous en pensez, revivre le Chapitre à travers vos yeux <3

Merci pour tout, vos commentaires & votre présence. Pour tout ...
Merci aux nouvelles lectrices, ainsi qu'aux anciennes, celles qui passent TOUS les jours, les fantômes (la forme?),à mes clickeuses professionnelles, toutes toutes, toutes ! MERCI.

Petit rituel, c'est parti :
✩ Quentin / Leila ?
Surprises de la réaction de L ? Ou des explication de Q?
✩ Lyah / Georg ?
✩ Tom / Emma ?
✩ Emma / Leila ?
✩ Emma / Sascha?
✩ Leila / Nadia / Bill ?
✩ Tom / Leila ? (hihi)
✩ Bill / Nadia ?
MOMENT PREFERE / REPLIQUE PREFEREE ?


J'espère que ce Chapitre sera à la hauteur de vos attentes, perso' il ne me plaît pas plus que ça =/
J'ai beaucoup d'idées pour le Chapitre 49 (& la fin est écrite!) alors il ne devrait pas tarder.

Je vous embrasse fort :)

PS: Je recherche l'adresse de "Lili" ; tu me l'avais déjà donné il y a quelques temps.
Je suis tellement une boulette, que je ne la retrouve plus >_<
Alors si tu passes encore par ici & que tu te reconnais, je wait :)
(Je tenais à réagir à ton commentaire, remember?)

Spécial Merci à "EVA" tes commentaires étaient adorables <3 !


I MISSED YOU ♥

Merci d'être toujours là =')

# Enviado el sábado 24 de octubre de 2009 12:36

Modificado el sábado 28 de noviembre de 2009 06:14

***__Chαpitre 49__ *** « Par amour »

***__Chαpitre 49__ ***  « Par amour »
PARTIE I
*

_____POV Nadia


Si la Terre se brisait en deux, là, maintenant, formant un énorme trou noir au sol, je me jetterais dedans sans y réfléchir. Enfin ... Je me jetterais ou je les jetterais?

_____POV Bill


Je mets quelques secondes à me rendre qu'il s'agit de ... Tom et Leila. Je souffle bruyamment, d'un soupire irrité et nerveux, roulant des yeux dans la pénombre de la pièce. Maudissant mon jumeau plus que jamais. Je sens le corps de Nadia s'agiter sous moi, sa tête se cacher sous mon torse nu, sûrement aussi embarrassée que moi, voir plus. Ses mains essayent vainement de dissimuler ses joues devenues rouge vif. Mon coude atterrit doucement -et d'un mouvement blasé- à côté de l'abondante chevelure brune qui se trouve sous moi. Puis ma tête vient se reposer sur ma main, prenant appuie sur le coude, me demandant qu'est-ce qu'ils attendent pour sortir. Le pire? On les entend vaguement murmurer, comme si on n'était pas là.

Bande de cons.

_____POV Tom


La porte laissée entrouverte, une faible lumière se filtre à travers l'embrassement de celle-ci. Mon jumeau sursaute entendant nos voix surprises, et se tourne vers nous, agacé. Nos regards confus s'entrechoquent le temps de quelques milisecondes, et je peux sentir son irritation croissante. Ses yeux me quittent, et sa tête se retourne vers la fille avec qui il se trouve. Je me tourne à mon tour abruptement vers Leila. N'ayant pas anticipé mon geste, elle me rentre dedans, dans un élan brusque. Je m'empare rapidement de ses poignets et l'écarte doucement afin qu'elle puisse lire sur mes lèvres:

- Il-sont-en-train-de-baiser!

Ses sourcils se froncent et ses yeux verts, brillants et réprobateurs, me toisent moqueurs.

- Nooooooon, tuuuuu ccccroiiiiiiiis?, murmure-t-elle, traînant chaque consonne, chaque voyelle, histoire de bien accentuer le ton moqueur de sa voix.
- On essaye en fait, annonce ironiquement une voix.

La voix rauque de Bill résonne dans la chambre, brisant un silence gênant, une atmosphère remplie d'un air oppressant. Je vois les lèvres de Leila s'entrouvrir pour répondre et ma main s'empresse de les censurer rapidement. Putain, mais cette fille est incroyable. Je commence à la pousser vers la porte de la chambre, ma main toujours bâillonnant ses phrases prêtes à être débitées à toute vitesse. Elle marche difficilement vers l'arrière, la lueur au fond de ses pupilles me fusillant du regard. Je la fais reculer malgré ses traits plissés par l'incompréhension. Mais dès qu'elle assimile qu'on s'approche de la porte pour quitter la pièce, elle s'arrête net et force vers moi, pour avancer. A mon tour de froncer les sourcils. Ma main quitte ses lèvres, obligé d'utiliser mes deux bras pour faire reculer la tornade.

- Je ne savais pas que les partouzes te branchaient !; articulé-je dans un susurre.
- Vous nous dites si on vous dérange, hein?
- Pard ...
- OUI! Vous nous dérangez!
- TOM ! SORTEZ UNE FOIS POUR TOUTES PUTAIN!

Mes lèvres s'étirent formant une grimace, sentant la colère imprégnée dans la voix de Bill. Sans réfléchir plus longtemps, je me baisse rapidement et lève Leila. Tu ne me laisses pas le choix ma petite rousse. Je ferme les paupières, me préparant à l'entendre vociférer.

- TOM KAULITZ ! DESCENDS MOI TOUT DE SUITE ! LA PROCHAINE FOIS QUE TU FAIS CA, JE TE FAIS BOUFFER TES DREADS JUSQU'A L'ETOUFFEMENT.

Je presse le pas, sortant de la chambre et refermant sans délicatesse la porte derrière moi. Je marche encore quelques pas dans ce long couloir, afin de l'éloigner le plus possible de la chambre; sentant ses petits poings s'exciter sur mon dos, et sa voix, désormais atténuée par la musique vibrante, débiter des phrases dégoulinantes d'insultes enragées. Son corps et sa robe encore trempés me procurent des frissons qui secouent piteusement mon corps. Ayant enlevé mon t-shirt mouillé dans la salle de bain, mon corps commence vraiment à perdre de la température. Je pose Leila par terre, voyant ses lèvres bouger à toute allure, ses yeux si verts m'annihiler, et ses mains agresser mon torse. Heureusement que « I ve got a feeling » camoufle ses paroles de haine. Je croise les bras, et souris la voyant complètement remontée. Quelques mots, quelques bribes de phrases parviennent à moi malgré le volume de la musique: « Connard » , « Tu te prends pour qui? » , « tu n'es qu'un salaud », « Tu vas me le payer », « Je te hais, gros con », « Je vendrai toutes les informations à la presse », « Je dirai la vérité à ta mère », « Je donnerai ton adresse aux Fans du Monde entier histoire qu'elles viennent t'éplucher avec leurs dents », « Je toucherai quelques mots à David », « Je trouverai tes exs, et leur inventerai une connerie pour qu'elles te haïssent encore plus. Parce qu'elles te haïssent toutes, ce n'est pas humain ressentir autre chose que de la haine pour toi », « sale égoïste », « Tom, t'as les lèvres violettes. Ca ne va pas? » , « Tom? », « Youhou? TOM ! »,

- TOM ! Mec, tu es dans une espèce de coma réveillé ou quoi! Je te parle, tu m'entends?
- Oui.
- Tu as les lèvres violettes, tu as froid?
- Non._ Oui.
- T'as entendu tout ce que je t'ai dit?
- Presque._Juste les insultes. Et les menaces.
- On doit les arrêter, Tom. Fais-moi confiance pour une FOIS !
- Hein ? _ Cette partie, je n'ai pas entendu.
- On doit revenir dans la chambre où ils étaient et les sortir!
- T'es folle? Ils sont grands, ils savent ce qu'ils font.
- Non! Nadia est bourrée !
- Tout le monde est bourré.
- Mais tout le monde ne se trouve pas dans une chambre avec un mec, sur un lit, au point de ...
- Baiser.
- Ouais, mais ...
- Et quand on est bourrés, on sait très bien ce qu'on fait alors je ne vois pourquoi tu stresses autant.
- Parce que je connais Nadia, elle va haïr Bill s'il "profite" de son état.
- Bill est pété aussi. C'est elle qui profite de son état!

Elle roule des yeux et imite ma position: croise ses bras, prête à rebondir.

- Ecoute, je comprends très bien ta position de "mec" qui veut à tout prix "assurer" le coup à son frère, mais là, c'est dans l'intérêt de ton frère que je te dis ça, petit con.
- J'ai remarqué que tu n'es pas très polie.

Ses yeux s'écarquillent, et l'expression de son visage, incrédule, me fait rire.

- C'est TOI qui a le don de me sortir de moi!
- Ca ne change pas le fait que tu débites des insultes à tout va.
- Tu m'énerves, c'est pour ça. Faut bien que je trouve un moyen d'extérioriser.
- Pète. Tu verras, c'est trop bon.

Elle éclate de rire puis se force à trouver son regard "méchant".

- Dis donc, la politesse c'est vraiment ton truc aussi. Bref, pour en revenir à notre sujet ... Tom, t'as vraiment les lèvres violettes, t'es sûr que ça va?
- Toi aussi.
- Quoi ? J'ai les lèvres de la même couleur que toi ? C'est affreux!
- Le problème c'est qu'ils sont dans la chambre de Lyah. Comment on trouvera des habits d'échange pour toi?
- Elle n'a pas de soeurs Lyah?
- Non.
- He merde ...
- Bon, on se débrouillera avec les vêtements de David.
- Quoiiii ? Ah non, c'est mort. Je vais pas redescendre habillée en mec, tu crois que c'est la fête du churros ou quoi?
- Fête de quoi?
- Voilà, on a une bonne raison pour retourner dans la chambre de Lyaaaaaaaaaah.

Dit-elle commençant à s'avancer dans le couloir. Je barre son passage.

- T'es sûre que ... Qu'elle haïra Bill ?
- Oui ! Crois-moi Tom. Fais moi confiance. Je la connais.
- Mais ils sont tous les deux bourrés, elle pourra pas rejeter toute la faute sur lui!
- Oh, c'est Nadia. Tu ne connais pas Nadia. Non seulement elle rejettera la faute sur lui, elle le haïra plus que tout. Bill te haïra toi parce que t'es rentré à ce moment là et que tu ne l'auras pas arrêté, du coup il ne reverra plus jamais Nadia. Toi tu me haïras parce que tu finiras par être le gros con de l' Histoire, le gros coupable de tout, et ça t'énervera de savoir que tu ne m'as pas écouté. Que j'avais raison. Et moi je te haïrai parce que ... Enfin, moi je te hais déjà. Mais tu vois? Faut qu'on évite toute cette haine! En dehors de nous, bien entendu.

Je souris, l'écoutant m'expliquer la chaîne d'événements à éviter. Je rapproche doucement mon visage vers elle et ses yeux s'agrandissent encore.

- Ah non, je t'embrasse pas avec les lèvres violettes!

Puis elle se défait habilement de mon emprise, glisse sous mes bras qui barraient son passage et s'empresse de repointer son corps trempé dans la chambre à Lyah.

Désolé Bill, tu tireras ton coup une autre fois. Je fais ça pour toi petit frère.

Je ne t'embrasse pas avec les lèvres violettes. Ca veut dire que si j'avais pas eu les lèvres violettes, elle m'aurait embrassé? ...

*

_____POV Bill


La porte claque derrière eux et les hurlements de Leila s'étouffent peu à peu dans le couloir. Mon corps crispé se laisse enfin tomber en arrière, aux côtés de Nadia qui se couvre toujours son visage des mains. Je fixe le plafond, revisualisant la scène, maudissant Tom et Leila.

- Je les jetterais, je les jetterais, je les jetterais ...
- De quoi tu parles?
- Rien ... Mon Dieu, Bill t'étais obligé de leur dire qu'on essayait ?

Sa phrase me fait sourire malgré la situation.

- Je crois qu'ils avaient légèrement compris, je me tourne vers elle, de côté, et remarque que ses mains reposent toujours sur son visage. Ils sont partis, tu peux enlever tes mains tu sais?
- Non! Je suis rouge!; dit elle entre ses doigts.

Je souris encore la voyant aussi embarrassée.

- Ton frère est rentré, TON FRERE! Avec Leila ... et ... Ils ...
- Ce n'est pas grave, les connaissant ils sont sûrement en train de s'engueuler et ils ne pensent plus à nous.

Elle lève un doigt et laisse à découvert un oeil gris qui me dévisage du coin.

- Tu crois?, me demande-t-elle d'une petite voix.
- Complètement!

Elle enlève donc deux doigts et je retiens mon sourire. Elle se tourne alors vers moi, encore hésitante. Puis ses mains quittent lentement son visage, laissant ses joues colorées à découvert. Mes yeux se voient inévitablement attirés par ses lèvres rosées et gonflées, et je me rappelle inexorablement du mec qu'elle a embrassé à minuit. Une chaleur me ronge les entrailles, revoyant la scène, me rappelant combien je l'en veux. A quel point j'ai eu envie de la secouer et la claquer. A quel point je suis obligé de fermer ma gueule et avaler ma rancune. Car oui, après tout, je n'ai pas mon mot à dire. Et cette évidence m'énerve. Et elle m'énerve. Mais ce qui m'énerve le plus c'est ...

- Bill? Pourquoi tu fronces les sourcils?
- T'as embrassé un mec à minuit; laissé-je échapper précipitamment, comme si j'attendais qu'elle pose la question. Comme si je tenais à remettre le petit incident sur le tapis.

Elle détourne les yeux et se remet sur le dos, de façon à éviter mon regard.

- Ne recommence pas ...
- De quoi tu parles? Je n'ai pas commencé tout court. Je ne t'ai rien dit lorsqu'on était dehors. Et tu sais pourquoi? Parce que je n'avais pas envie de me prendre la tête avec toi. Il était minuit, j'avais envie de te voir, de te parler, de te dire certaines choses auxquelles je pensais lorsque je suis tombé sur ... toi dans les bras de l'autre. Mais surtout parce que je n'ai pas mon mot à dire, je n'ai pas ...
- Exact, me coupe-t-elle, d'un ton tranchant. Alors pourquoi tu en parles maintenant? Il n'est plus minuit, il est quatre heures du matin, ça y est, t'as envie de te prendre la tête? Parce que je peux te dire que la situation n'a pas changé en quatre heures, tu n'as toujours pas ton mot à dire!
- Je sais, merci. Mais c'est différent. Il était minuit, c'était les premières minutes de 2009, j'étais euphorique et ...
- Mais c'est quoi ces conneries? Là c'est les premières heures 2009! C'est pareil!
- Non. Je ne me sentais pas capable de t'en parler. Et là ... oui._ Merci l'alcool.
- Super, répond elle ironique.
- Je n'arrête pas d'y penser. Et même quand j'arrive à me sortir ces images de ma tête, elles finissent par revenir à chaque fois que mes yeux se posent sur tes lèvres. Pendant le "duel", pendant la danse, maintenant. Pourquoi t'as fait ça?

Elle se redresse brusquement, se met dos à moi et lance d'un ton froid.

- Tu peux refermer ma robe s'il te plaît?
- Nadia, je n'ai aucun droit sur toi, mais tu ne peux pas dire qu'il ne se passe rien!, insisté-je, ignorant sa demande.

Elle se retourne abruptement et plante ses yeux gris sur moi.

- Non, Bill. Il ne se passe rien.
- Je n'ai pas le droit d'être énervé?
- Tu fais ce que tu veux.
- Putain, tu m'énerves encore plus. Je te demande juste pourquoi t'as fait ça.
- Je ne sais pas, Bill. Arrête de chercher une justification, il n'y en a pas! C'est arrivé, c'est tout.
- C'est arrivé et c'est tout. Et fuck ce que j'en pense.
- Tu fermes ma robe s'il te plaît?
- Non.

Elle se lève d'un bond puis essaye de la fermer elle même, en vain.

- Et je ne vois pas du tout pourquoi c'est toi qui t'énerves en plus. T'es vraiment hallucinante.
- Ce qui m'énerve?; demande-t-elle se retournant une nouvelle fois vers moi, haussant le ton. C'est que tu te permettes de reparler de ça. Tu m'en parles comme si j'avais des comptes à te rendre, comme ... si ... si ... il se passait quelque chose entre nous, et j'ai horreur de ça.
- Donc en fait, je dois bouder tout seul dans mon coin et fermer ma gueule.
- Moi j'ai bien fermé ma gueule tout à l'heure, lorsque Sascha t'a jovialement dit "A demain". Ca y est, vous êtes à nouveau les super potes?

Je bats des cils, confus par le retournement de situation. Elle se bat toujours avec la fermeture de sa robe. Je me lève du lit et ramasse mon t-shirt étalé par terre.

- Qu'est- ce que ça ...
- Voilà, je n'ai rien dit parce que on n'est rien et que tu fais et que je fais ce que l'on veut. Et ça m'énerve que toi, comme un roi, tu te permettes de me traiter comme ta cop ...
- NADIA SORS DE CE LIT IMMEDIA ... Ah, ça y est, t'es sortie toute seule.

Annonce Leila, qui vient de rentrer en trombe dans la chambre, suivie de Tom qui se cache sous sa casquette. Super, réunion générale, encore.

- Leila, ferme ma putain de robe de merde tu veux?

La rousse s'exécute sans dire un mot mais balade son regard frénétiquement de l'un à l'autre, essayant de comprendre pourquoi l'ambiance s'est refroidie depuis qu'elle et mon double ont quitté la pièce il y a quelques minutes. Je remets ma ceinture, la fusillant des yeux. Je sens le regard de Tom posé sur moi, incompréhensif. L'ambiance pesante fait qu'aucun des deux, ni Leila ni Tom, prononcent un mot, interdits. Dès que la robe de la chieuse est fermée, elle quitte la pièce, chancelant légèrement. Leila, Tom et moi la suivons du regard; eux avec des yeux ébahis, moi furieux. Putain, ce qu'elle peut m'énerver. Je serre les dents, afin de canaliser ma rage par un quelconque moyen, fixant la porte laissée ouverte. Son parfum virevolte encore dans la pièce. Puis mon regard se pose sur Tom, qui est torse nu, puis sur Leila, qui est trempée de la tête aux pieds. J'arque un sourcil, face à la scène.

- Qu'est-ce que ...
- Oh c'est une longue histoire. Et vous? Qu'est-ce que ... ?
- Longue histoire aussi.
- Ah ...
- Mais elle m'énerve putain !

Laissé-je échapper, frustré de ne pas avoir pu me défouler sur elle. Faut toujours qu'elle déguerpisse au bon moment celle-là.

- Tu l'énerves aussi on dirait, dit mon frère d'un ton sarcastique.
- Mais elle s'énerve toute seule, elle! Elle s'invente des excuses pour retourner la situation. Moi j'ai des raisons!
- Retourner les situations, c'est tout les filles ça ...
- Tom, tu veux bien appeler Lyah pour qu'elle me dise ce que je pourrais lui emprunter?, demande Leila, fixant le placard.
- Je passe dans la chambre de David d'abord pour mettre quelque chose et je descends. Bill, calme-toi. Take it easy.
- Ouais, ouais, répondis-je, me laissant tomber sur le lit.

Tom quitte la chambre, et Leila le placard pour venir s'asseoir à côté de moi.

- Qu'est-ce t'as encore fait?
- J'a rien fait, c'est ça le pire. Je lui ai demandé des explications quant à ce qu'il s'est passé.
- De quoi tu parles?
- Elle a embrassé un mec, à minuit. Je la cherchais et je suis tombé sur ce beau spectacle.
- Nadia? Embrasser quel mec?
- Je ne sais pas. Je ne le connais pas.
- Nadia embrasser un mec qu'elle connaît pas? Mais non, tu délires, ça ne devait pas être elle!
- Crois-moi, c'était bien elle. Je suis allé la voir et ... Je n'ai rien dit. Je la cherchais comme un fou, je voulais pas l'agresser avec cette Histoire, mais je n'y arrête pas d'y penser. J'ai eu donc la super idée de lui demander des explications alors elle s'est enflammée. Qu'elle n'a pas des comptes à rendre, qu'il ne passe rien entre nous, que je n'ai pas à la traiter comme si c'était ma copine, et bla bla bla.
- Oh, je vois.
- PAS MOI.
- C'est simple, Bill. Tu commences à voir un peu comme elle est, non? Elle a la phobie des relations, et toi, tu entres dans sa vie, comme ça, sans autorisation, pépère. C'est une fille qui veut toujours tout contrôler, mais les sentiments ne se contrôlent pas. Ca lui est tombé dessus lorsqu'elle s'y attendait le moins. Et elle a vraiment du mal à accepter ce qu'elle peut ressentir envers toi. Elle essaye de s'auto-convaincre qu'il ne se passe rien entre vous, et elle peut dire ce qu'elle veut, mais elle est attachée à toi bien plus qu'elle ne veut le croire. Et en bonus, tu lui fais des scènes, comme un parfait petit couple. OR, elle n'est pas prête pour ça. Sa relation avec Damien l'a achevée et ... la relation de ses parents lui ont laissé un goût plutôt amère quant à l'amour. C'est aussi simple que ça, tu crois pas?
- Non. Elle m'énerve.
- C'est mignon, me dit-elle, me pinçant les joues.
- Quelle partie? Que c'est une chieuse éternellement insatisfaite ou que je suis un con?
- Les deux!, me répond elle jovialement.

Je laisse échapper un soupire puis tourne la tête vers elle.

- Pourquoi t'es trempée comme ça?
- Ton frère est tout aussi con que toi figure-toi.
- Mais encore?
- Je lui ai passé sa facture quant à son rituel de merde. Mais, il s'est vengé. J'ai pris une petite douche inattendue ...
- Outch. Ca dû faire mal ...
- T'inquiète pas, on n'est qu'au premier round, Billou.

Je ris, malgré mes muscles encore durcis par la rage et la frustration. Lyah rentre dans la chambre à ce moment là, rieuse.

- Leila! T'as tellement assuré! T'aurais dû voir la tête de Tom quand tu es partie ! C'était mémorable. "Ca c'est parce qu'en fait, de plus près, t'es un gros con". Enorme! Il faudra que je la ressorte celle là ...

Elle éclate de rire, ouvrant son placard.

- Bon, il s'est bien rattrapé à ce que je vois. Dis, c'est toujours aussi ... passionnel entre vous?
- M'en parle pas, répond la rousse, roulant des yeux.
- Alors alors ... Tu es beaucoup plus grande que moi, alors mes robes t'iront peut être un peu short. Voyons ce que je peux te donner ... Oh, Bill, tu dois voir ton frère avec un t-shirt à mon père. C'est à mourir de rire. Ca lui change de sa robe jusqu'aux genoux; elle éclate de rire une nouvelle fois.

Leila et moi nous regardons, imaginons Tom avec un t-shirt moulant puis on éclate de rire également. C'est à ce moment là que Tom rentre, une moue boudeuse dessinant ses traits.

- Sans commentaire.

_____POV Leila


On tourne la tête vers lui et partons dans un fou rire effréné. Bill tape ses mains sur ses genoux, puis s'écroule sur le lit, à moitié étouffé par son rire. Des larmes perlent mes yeux le voyant aussi perdu, aussi désorienté dans un t-shirt normal. Il n'est pas moulant, tel je l'avais imaginé lors du regard échangé avec Bill, mais il est court. Ce qui fait qu'entre son baggy et le t-shirt, on voit une grande partie de son caleçon, blanc avec des petites vaches.

- Oh, Tom, elles déchirent tes petites vaches.
- Sans commentaire j'ai dit !

On rigole pendant un moment, ce qui fait que Tom quitte la pièce, faisant la tronche.

- Leila ... J'ai celle-ci qui est vraiment belle, mais j'ai peur qu'elle soit un peu courte pour toi. Tu as des longues jambes, pas moi.

Elle me tend une robe couleur crème, en bandeau, magnifique. Elle a l'air tellement fragile et coûteuse que j'ose à peine la prendre lorsqu'elle me la tend pour que je l'essaye. Des petites perles argentées ornent la partie supérieure, au niveau de la poitrine; et une ligne noire juste en dessous. Simple. Ravissante.

- Tu es sûre? Elle m'a l'air trop ...
- Ca va aller si tu évites une deuxième douche!, me dit-elle rieuse.

Je hoche alors la tête, et m'empresse de m'engouffrer dans la salle de bain, impatiente de la porter.

*

_____POV Nadia


Alors que je me faufile à travers la foule, je cherche mon frère ou Tinou des yeux. Je sens mes jambes trembler, encore sous l'emprise de la colère. Quel con, mais quel con. J'attrape une coupe de Champagne dans le chemin, histoire d'effacer son image de ma tête. D'oublier ses phrases qui me martèlent l'esprit. J'essaye de me calmer, de reprendre le rythme normale de ma respiration, d'évacuer toute la rage qui fait vibrer mon corps. Je m'approche du coin où l'on est posés tous ensemble, mais pas de Marco ni Tinou en vue. Alors que je m'apprête à changer de direction pour sortir au jardin prendre de l'air, une main me retient. Je me retourne, espérant voir une bouille connue. Mais je sens mon visage se décomposer lorsque je vois qu'il s'agit d'Alexander.

- Génial, laissé-je échapper.

Il fronce les sourcils, m'interrogeant du regard.

- Oh, ce n'est pas contre toi, vraiment. C'est juste que je n'ai pas envie que Bill me voit encore avec toi, il va encore me souler.
- Justement, je n'ai pas trop compris. Je voulais savoir. Je ne savais pas que Bill avait une copine.

Mon coeur se comprime entendant ce mot, et le sens s'alourdir piteusement. Je nie d'un mouvement de tête.

- Oh non, surtout pas. Je ne suis pas sa copine.
- Ah ... Pourquoi il a failli me casser la gueule alors?
- Il est con, lui réponds-je, haussant les épaules.

Il rit puis me fixe intensément. Gott, ce que je déteste ça. Je détourne le regard, cherchant distraitement Marco.

- Un mec qui réagit comme ça avec une fille, ce n'est pas juste parce qu'il est con.

Je plante mes yeux sur lui, agacée.

- Si. C'est un con très particulier, c'est tout.
- Si tu le dis. Je voulais également m'excuser ... Je n'aime pas trop ce moment, à minuit, lorsque tout le monde est fâcheusement heureux. Je m'étais isolé, j'étais confus et t'es apparue. Je suis désolé, je n'aurais pas dû.

Je le toise minutieusement, interloquée. Heureuse de retrouver un autre spécimen dans mon genre, qui hait ce moment là.

- Ce n'est pas grave. Je déteste ces minutes là aussi. Ce n'était définitivement pas notre moment fort de la soirée.

Il rit et continue à me dévisager de cette façon qui me met autant mal à l'aise. Quant à moi, je cherche Marco ou Tinou, histoire de mettre fin à cette soirée. Je ne tiens presque plus débout, et j'ai peur de vomir tout l'alcool de mon corps à n'importe quel moment. Faudrait que j'arrête de boire, aussi.

- T'es un ami du groupe?, lui demandé-je distraite.
- Du groupe? Tokio truc?
- Ouais, réponds-je revenant sur lui.
- Non, non. Je ne les connais pas. Je suis le meilleur ami de Lyah.
- Ah ... J'ai cru, puisque t'as dit que tu ne savais pas que Bill avait une copine.
- Lyah est très proche d'eux, elle m'en parle souvent. Enfin, surtout de l'un d'entre eux mais soit.

Je le scrute encore, piquée par la curiosité.

- De qui?
- Georg ...
- Ah ...
- Non, pas de ton Bill chéri, t'inquiète.

J'arque un sourcil, blasée.

- Arrête, ne crois pas ça. Vraiment pas. Je suis curieuse, c'est tout.

Je sens ses yeux sonder les miens, comme s'il voulait calculer la part de véracité dans mes dires. Je détourne alors le regard, gênée, et tombe sur celui de Bill qui s'approche vers le coin, accompagné de Lyah. Oh non. Putain. Malgré la lumière qui scintille, je vois ses yeux me transpercer, me brûler, furieux. Super.

- Désolée, je dois te ...

Alexander se retourne et suit mon regard. Il revient sur moi, comprenant ma panique soudaine.

- AH, je vois. Il y a le con particulier qui approche. Tu dois me laisser.
- Désolée Alexander. Je vais aller dans l'autre sens, afin d'éviter qu'il m'étrangle à coup sûr. Bonne fin de soirée!
- Toi aussi. A une prochaine!

Me dit-il mais je me suis déjà retournée et pars dans le sens l'opposé. J'hésite à aller au jardin, mais Bill saura me trouver facilement si jamais il essaye. Bon, je devrais bien trouver un endroit tranquille dans cette putain de baraque, non?

*

_____POV Tom


- Arrête de te foutre de moi!
- C'est juste énorme te voir comme ça. Au passage, jolies vaches.
- TA GUEULE.

Gustav tente de réprimer son sourire, sans succès. A côté de lui, l'enculé de Georg s'écroule de rire. Génial. Je vais entendre parler de ce nouvel encore longtemps. Lyah et Bill nous rejoignent, et j'ai droit à un clin d'oeil moqueur de la part de Lyah. Je cherche instinctivement Leila des yeux, puisqu'elle était avec eux.

- Elle se change; me dit-elle remarquant mon geste. Et tu n'as pas intérêt à la redoucher, compris?
- Elle a intérêt à se tenir à carreau alors. Ca va mieux?, demandé-je, m'adressant à Bill.
- Non.
- Hey, déstresse. Tu veux lui changer les idées? Une petite douche et hop, c'est fait.
- Pour que je finisse habillé comme toi, caleçon à l'air?

Le groupe rit une nouvelle fois. Je mets un coup de coude à Bill, désapprobateur. T'es mon jumeau, tu vas pas t'y mettre toi aussi, hein. Alors qu'ils continuent tous à rire bêtement, je vois des longues jambes s'approcher vers nous. Je monte la vue doucement, savourant la perfection des formes, les courbes élégantes, la robe trop courte, les hanches parfaites, la taille svelte, la poitrine généreuse, la ... LEILA ? Mais ... Mais qu'est-ce qu'elle fout avec cette robe XXXSSS? Mais on voit tout! Mais elle est folle ou quoi? Mais ...

- Oh waw Leila! Elle te va à merveille!
- Un peu courte, non?
- CARREMENT! Va me changer ça tout de suite!
- Ta gueule pour voir? Aaaaaah, c'est mieux.
- Waw Leila, vraiment, t'es splendide.
- Vraiment, trop.
- Je confirme.
- Bon ça va là.

Les regards baveux et pervers des gars posés sur elle, la dévisageant, m'énerve.

- Un petit tour pour voir?

Merci Lyah. J'adore comme tu aimes enfoncer le couteau dans la plaie. J'adore aussi quand Leila me lance un regard malicieux puis tourne sur elle.

- Je crois que je suis beaucoup plus sexy que toi Tomi.

J'adore aussi qu'elle se foute de ma gueule. Connasse.

- Bon, merci Lyah. Tu m'as sauvé. Vous n'auriez pas vu Nadia par hasard?
- Si, Madame était avec l'autre con.
- Qui?
- Tu sais qui.
- Oh ... Bon. Je vais la chercher, à toute!

Dès qu'elle se retourne, je me tourne vers eux, prévoyant leur comportement de pervers en puissance. Ils sont tous au taquet.

- C'est bon là j'ai dit!, dis-je leur adressant un regard noir.

Ils éclatent de rire. Putain.

*

_____POV Leila


Après dix minutes de recherche intensive dans le grand salon, la salle de bain, la chambre de Lyah, le jardin ... J'opte pour le bar. Mais où est-elle? Je retrouve mon ami Franz.

- Encore une coupe? Mas tu vas finir par nous faire un coma éthylique toi ! Et d'ailleurs, sympa la bagarre tout à l'heure. Ca va?
- Oh oui, ne t'inquiète pas. T'as pas vu comme je l'ai amoché? J'ai grave dominé la situations, attends, lui dis-je souriante, cherchant Nad des yeux. Et non, pour une fois je ne suis pas venue boire! Je cherche une amie. Tu n'aurais pas vu une brune, avec une robe blanche?
- Il y en a beaucoup tu sais ...
- Oui mais ...
- Mais tu parles peut être de celle qui est au coin, là bas?

Je suis son regard, sans me faire trop d'illusions.

- Oh FRANZ tu déchires ! Je t'aime!
- Moi aussi, surtout ta robe!

Je lui souris rapidement puis m'empresse de rejoindre Nadia, au bout du bar.

- Mais qu'est-ce que tu fais ici?
- Je bois.
- Nadia, NADIA UBACH. Que se passe-t-il?
- Oh, ta robe a changé de couleur!
- Nadia, t'es bourrée ou quoi?
- Oh non, jamais de la vie!
- Oh non, non, t'es juste assise au bar, toute seule, avec trois verres vides! Mon Dieu!
- Et y'a même des petits diamants qui ont poussé!

Je roule des yeux.

- J'ai changé de robe, Nadia.
- Ooooooooooooooooooooh. Comment t'as fait? T'en avais une dans ton petit sac?

Cette meuf est trop faite.

- Non. Ca ne rentre pas une robe dans un petit sac à main, sale crotte. Lyah m'en a prêté une ...
- Et pourquoiiiiii ?
- Longue histoire que tu n'es pas en état d'entendre. Explique moi ce que tu fais ici, comme un sans amis fixes.
- Sans Amis Fixes? Ca existe ça?
- Bon, ça suffit. Explique.
- Bill est un connard. Oh non, c'est un TOM ! Hihi, c'est un TOM comme Tom tu sais?

Ok, c'est plus grave de ce que je pensais.

- Ou c'était quoi l'insulte trop longue déjà?
- Je ne me rappelle plus, Nadia. Mais écoute, tu veux qu'on rentre?
- Oh non, je suis bien là. Ce meuble, touche; dit elle frappant le bois, est trop confortable.
- Ok, on va rentrer.
- Non! Jamais de la vie je reverrai un bois comme celui-ci. C'est le bois des riches, tu comprends? Sens l'odeur. Faut que je profite.

Heu. Je la vois sniffer le bois comme s'il s'agissait du nouveau parfum Dior, dernier cri.

- Nad, tu peux arrêter de sniffer le bois, s'il te plaît?
- Je ne bougerai pas, je suis trop bien ici.
- Bon, d'accord. Tu veux me parler alors de pourquoi Bill est un connard?
- Un TOM j'ai dit!
- Ok ... Pardon. Tu veux m'expliquer pourquoi Bill est un ... Tom?
- Parce qu'il m'a dit qu'il se passait quelque chose entre nous, ce n'est pas vrai! Il ment!
- Et?
- Et plein d'autres choses. Il m'a engueulé parce que j'ai embrassé Alexander et ...
- Tu as vraiment choppé un mec que tu connais pas?
- Nooooon, pas "choppé", un petit bisou ...
- POURQUOI?
- Tu vas pas t'y mettre toi aussssssssiiii ... C'est le TOM qui t'envoie pour connaître la réponse?
- Non, Bill ne m'envoie pas. Mais je ne te reconnais pas.
- Oh fuck, j'étais bourrée, il était seul, j'étais seule, on riait et gloups. Il m'a embrassé. C'est pas dur. Et arrêtez de me mettre une étiquette quoi.
- Quelle étiquette? Lui demandé-je déconcertée, essayant de suivre la logique de ses pensées.
- Ca te ressemble pas, bla bla bla. Je fais ce que je veux merde. Si j'ai envie d'embrasser le blaireau du bar, je le fais.
- Le blaireau c'est mon ami Franz hein !! Bon, et donc il t'a fait une petite scène, et c'est pour ça qu'il ...
- est un TOM. Tu veux pas sentir le bois ... C'est tellement enivrant.
- NON, reste concentrée Nadichou. Et donc, tu fais la gueule pour ça?
- Il a cru qu'il était mon mec ou quoi? Ca m'a énervée. Mais s'il m'achète un meuble avec ce bois là, je pense que je pourrais le pardonner.
- Je prends note. Nadia ... Tu peux pas t'énerver pour ça. Il a des sentiments lui aussi, il n'y a pas que toi qui y en a, tu sais? Ca a dû lui faire mal, c'est normal qu'il ait voulu t'en toucher quelques mots.
- Ce n'était pas quelques mots, c'était diiiiiiiiiixxxxxxx miiiiiiiiiiiiiil mots. Et les mots ça se touche pas d'abord.

D'accord, je crois qu'elle est KO là.

- Et je n'ai pas des sentiments moi. Enfin, si, mais pas de ceux là que tu imagines.
- Et la marmotte, tu connais la marmotte?
- La marmotte? C'est quiiiiii ?
- Bon, viens avec moi, tu vas aller te coucher dans une des chambres.
- C'est mort, je lâche pas mon bois je t'ai dit.
- Nadia, arrête avec ce bois de merde!
- Ha non, c'est loin d'être de la merde chérie.
- Tu te couches dans la chambre de Lyah .... Son lit, hummmmm, elle a un lit magnifique !! Tu n'as pas idée ... Avec un bois encore meilleur que celui-ci!! .. Une qualité irréprochable, incomparable, rare, somptueuse, expliqué-je, espérant que tout mon argument de merde la persuadera de quitter ce putain de bar.
- Le lit de Lyah ? Noooon, ça va pas! C'est là que j'étais avec Tom tout à l'heure!
- Avec Tom ?
- Oui!

Je mets quelques secondes à assimiler qu'elle parle de Bill, devenu un Tom. Putain c'est dur de suivre un bourré.

- Bon, on trouvera une autre chambre, avec un autre lit en bois, d'accord?
- Non, merci.

Je commence à perdre patience. Inspire, expire, inspire, expire.

- Très bien. Puisque c'est comme ça, je vais chercher Bill pour qu'il vienne t'arracher d'ici.
- Quoiiiii ? Non, non, non ne fais pas ça !! Tu n'as pas le droit de m'obliger à quitter le bar! Je reste ici.
- D'accord. J'appelle ton frère alors.
- Ouiiiiiiiiiiiiiiiiii, Marcooooooooooo.
- Passe moi ton portable, je n'ai pas mon sac avec moi.

Elle me tend son sac nonchalamment, puis fini son verre d'une gorgée. Je vais dans son répertoire et appuie sur "Bill". Une sonnerie, deux ... Trois ... Youhou Bill?

- T'es où?
- C'est Leila. On est au bar. J'ai des sérieux problèmes à l'éloigner des verres.
- J'arrive.

Ca c'est fait. Je la vois se rapprocher du bois, le toucher, le sniffer. Gott, Nadia. Je me retourne pour essayer de voir Bill parmi les gens. Je le distingue se rapprocher de nous, l'inquiétude peignant son visage. Il arrive à mon niveau, mais Nadia est tellement absorbée par son bois à la con qu'elle ne le remarque même pas.

- Elle est bourrée. Et je n'arrive pas à la persuader de la ramener ou de monter se coucher. Elle est en kiff sur le bois là ...
- Pourquoi tu parles de moi à la troisième personne?
- Nadia, viens.

Elle se retourne brusquement, reconnaissant sûrement la voix de Bill.

- Leilaaaaa, je t'ai dit d'appeler MARCO! Est-ce qu'il a une tête à s'appeler Marco tu crois? Il a une tête de Tom ...
- C'est bon, je m'en charge.
- T'es sûr? Bill, appelle moi si jamais, d'accord?
- Oui. Ne t'inquiète pas.

*

_____POV Bill


Je m'assoie à côté d'elle et l'observe admirer la table.

- Toi aussi tu crois que je suis une sans amis fixe?

Je fronce les sourcils, confus. Sans amis fixes?

- Heu, non. Nadia, tu te sens bien?
- Je ne me suis jamais sentie aussi bien!; répond elle, souriante, caressant le bois du bout des doigts et ne le quittant pas des yeux.
- Très bien. Alors on va monter pour que tu dormes un peu. Faut que t'arrêtes de boire.
- Putain, Tom, combien de fois tu vas me dire d'arrêter de boire? Et puis, je fais ce que je veux merde.
- Comme embrasser un inconnu, t'as raison.

Ok. C'était plus fort que moi.

- Tu me saoules, Tom.
- Moi c'est Bill.
- C'est pareil. Okay, Leila a raison, c'est normal que tu veuilles me toucher quelques mots, même si les mots ne se touchent pas, mais pas dix mil mots, tu comprends?
- Non. Je ne comprends rien. Tu es complètement à l'ouest là.
- Non, Berlin c'est pas au Nord-est?

Mon Dieu.

- Ouais. Non. Je ne sais pas.
- Tu ne sais pas situer Berliiiiiiiin?
- Nadia, on monte.
- Non. Et encore moins avec toi, tu crois que j'ai des tendances suicidaires ou quoi?
- Bon, très bien. Tu comptes camper ici toute la nuit? Parce que je compte rester ici aussi. Alors, te sens tu capable de me supporter encore pendant des heures et des heures?
- Non!
- Alors faudra bouger ...
- T'es toujours aussi ... aussi ...
- Encombrant? Toujours.
- Mon Dieu, je plains Bill.
- Nadia, MOI c'est BILL. TOM n'est pas là. Tu peux quitter ton bois deux minutes et me regarder?

Elle lève la vue vers moi, titubante. Ses yeux vitreux me scrutent avec difficulté. Elle sursaute, effrayée.

- Mais qu'est-ce que tu fous là TOI !
- C'est pas trop tôt.
- Je savais que c'était toi. Mais je viens de vérifier, et c'est vraiment toi. Je veux pas te parler.
- Je sais. Mais si tu restes ici, tu devras me parler encore longtemps.

Elle semble hésiter quelques instants, puis s'apprête à se lever. Je me lève au même temps, anticipant sa chute. Et comme prévu, dès qu'elle passe son poids plume sur ses jambes, elles flanchent. Je lui passe une main autour de sa taille pour la tenir débout.

- Bill, je ne veux pas ...
- Je sais. Mais il faut.

J'essaye d'avancer avec elle, mais c'est plus difficile que prévu. En plus, elle se retourne vers la table subitement.

- Au revoir chéééri, on se reverra, promis. Je reviendrai te rendre visite.

Je roule des yeux, attendant patiemment qu'elle dise bonne nuit à la table.

- C'est bon! Je suis prête! On va où?
- Dans une chambre. Dormir.
- Dans une chambre? Ici? Mais je ne suis pas chez moi!
- Oui mais t'inquiète pas. Il y a beaucoup de chambres ici, et ça ne dérange pas Lyah.
- Non, non Bill. Je ne veux pas.

Je soupire, ne sachant pas quoi faire. Même lors de la soirée en boîte, elle n'était pas dans cet état.

- Tu viens chez moi alors.
- Nooooooooooon, t'as perdu le duel ! Alors je ne vais plus jamais chez toi.
- Ce n'était pas ça le pari. C'était juste pour cette nuit.
- C'est pareil.
- Non, pas trop. M'enfin. Je te ramène chez toi, alors?
- D'accooooord. Tu me mets juste dans un taxi, ça ira.
- Bien sûr.

Je sors mon portable de ma poche, alors qu'on avance avec difficulté vers la porte d'entrée. J'appuie sur "Leila" et attends qu'elle décroche. A ma surprise, c'est Tom qui répond.

- Ouais?
- Tom, Leila est avec toi?
- Non, elle est avec Lyah je ne sais pas où.
- Ok, dis lui que je ramène Nadia, d'accord? Ou si Marco est là, passe le moi.
- Il n'est pas là. Marco est avec une fille, il paraît.
- Ok. Bon, préviens les gens que je ramène la chieuse chez elle.
- Ca marche. Bill, ne conduis pas, hein.
- Non.

Je raccroche et remets mon portable dans ma poche. Nadia s'arrête et je baisse mon regard vers elle. Quoi encore?

- C'est qui la chieuse?
- C'est toi. Allez, avance.
- Tu m'appelles la chieuse?
- Oui, ça te dérange?
- Non, ça va.

Puis elle reprend sa marche, un sourire heureux collé aux lèvres. Bon. Arme toi de patience, Bill, tu en auras besoin. On arrive enfin à la grande porte d'entrée et on quitte la maison de Lyah. L'air frais se filtre dans nos poumons meurtris par la fumée ambiante. Je fais signe au chauffeur de David qui s'empresse de garer sa voiture à notre niveau. Je l'aide à monter puis m'installe à ses côtés. Rapidement, sa tête vient se coucher sur mon épaule, oubliant sûrement que je suis Bill, le gros connard qui lui a fait une scène de jalousie, et que je n'étais pas censé monter avec elle dans la voiture. Tant mieux. Le chauffeur nous demande l'adresse, étouffant un bâillement. Nadia sursaute.

- Surtout, Monsieur, surtout pas chez lui. Chez moi s'il vous plaît!

Puis elle se recouche, oubliant que "chez moi" n'est pas très explicite. Je passe l'adresse au chauffeur et m'installe confortablement. Je suis toujours autant énervé contre elle, et j'ai toujours autant envie de mettre les choses au clair, mais elle n'arrive pas à suivre une conversation. Alors ça attendra. Demain.

- Monsieur?
- Oui?
- Bonne année !
- Merci, à vous aussi.
- Oh non, ne dites pas ça. Moi mes années sont toutes pareilles ...

Le chauffeur la regarde à travers le rétroviseur, souriant.

- Cette année sera peut-être différente, qui sait?
- Moi je sais. Elle ne sera pas différente. Je n'aime pas les soirs du réveillon, vous savez. Les gens croient tous bêtement que l'année à venir sera meilleure, ils se gonflent d'espoir, puis le premier janvier ils redescendent sur Terre. Et c'est toujours le même cycle ridicule. C'est ennuyant. Presque autant que Bill.
- Quoi ?!

Elle éclate de rire, fière d'elle.

- Oui, Bill, tu es tellement ... tellement ... je disais quoi déjà? Bon, ce n'est pas grave. Tu es ...
- Génial.
- Oui, gé .. quoi ? Noooooon. C'est moi la géniale, toi t'es le chieur. Oh oui. Monsieur, il vous encombre pas vous?
- Heeeuum ..
- Il vous fait des scènes parce que vous embrassez votre femme?
- Je ne suis pas marié mademoiselle.
- Oh, vous avez tellement raison! Le mariage, elle éclate de rire une nouvelle fois. Quelle drôle d'invention. Quelle invention pourrie. Quelle merde, finit-elle songeuse.

Je décide de dévier la conversation, sentant ses pensées dériver sur ses parents. Et ce n'est vraiment pas le moment.

- Mais je suis sûr que le Monsieur est d'accord avec moi sur le fait que lorsque deux personnes se fréquentent, s'embrassent et tout et tout, ça ne se fait pas d'aller embrasser un petit con de service.
- Tout à fait, répond le chauffeur, ne comprenant rien à notre conversation.
- Ooooooh, mais c'est toi le petit con de service, tu te rappelles? Quand tu m'avais appelé trente deux fois!
- Je vois que TU te rappelles très bien.
- Ouaaaais, elle rit. Puis elle se redresse brusquement, et fronce les sourcils. Quelques mèches châtain tombent sur ses yeux gris. Mais je suis sûre que le Monsieur est d'accord avec moi sur le fait que si ces deux personnes n'ont rien d'officiel, elles n'ont pas de comptes à rendre, n'est-ce pas?, demande-t-elle, ses yeux cloués sur les miens.
- Tout à fait, répond il une nouvelle fois, nous lançant des regards incompréhensifs à travers le miroir.
- Elles font bien ce qu'elles veulent, n'est-ce pas?
- Tout à fait.
- Alors elles n'ont plus qu'à officialiser, n'est-ce pas?
- Tout à ...
- CHUT! Votre gueule Monsieur. Elles n'officialise ... officaliser...
- Officialiseront ...
- Merci. Elles n'officialiseront jamais!
- Pourquoi?, s'aventure le chauffeur.
- Parce que c'est comme ça. C'est comme le mariage, c'est pourri. C'est nul. Tu te ramasses. Tu te plantes, continue-t-elle, sans me quitter des yeux.
- Oh mais non, jeune fille, il ne faut pas être aussi fataliste.
- Tout à fait.
- Oh si, Monsieur. Quand l'expérience vous apprend, eh bien ...
- Vous êtes jeune. L'expérience vous apprendra que vous avez tort.

Elle détache son regard du mien, puis se recouche sur mon épaule.

- Tout ça pour dire ... pour dire quoi ... Ah oui. Que vu qu'officialiser n'est pas possible, alors ces deux personnes ne doivent pas faire chier l'autre et la laisser faire ce qu'elles veulent.
- Tout à fait.
- Non, le "tout à fait" n'allait pas là!
- Oops. Donc non, je ne suis pas d'accord.
- Ne vous laissez pas manipuler par ce petit diable à la gueule angélique Monsieur. Il vous embobine facilement, je sais. J'ai été victime aussi.
- Le Monsieur a voulu dire que si ces personnes tenaient l'une à l'autre, elles ne devaient pas se faire souffrir.
- Il n'a pas dit ça le Monsieur.
- Ah bon? Demande lui.
- Vous avez dit ça?
- Oui, tout à fait.
- Oh ... Oui mais ...
- On est arrivés les jeunes. Et conseil: officialisez !

Je ris, mais Nadia ça la fait moins rire. Je remercie le pauvre chauffeur victime de nos altercations, et lui souhaite une bonne fin de soirée. J'aide Nadia à se remettre sur pied, puis on avance doucement dans l'allée. Arrivés au niveau de la porte, elle s'arrête, la fixe, puis toque.

- Nad, il n'y a personne. Passe moi ton sac pour que je retrouve les clef.

Elle hausse les épaules, puis me le donne sans protester.

- Tiens, tu n'as pas l'impression déjà-vu ?
- Déjà-vu?
- Oui tu sais, quand tu as l'impression de revivre une scène.
- Oh non, pas du tout.
- Oh, je croyais. Je crois que ça s'est passé exactement comme ça la première fois que l'on s'est vu. Enfin, la deuxième.
- Ah bon?
- Je t'ai raccompagné chez toi et tu m'as supplié, à genoux, de rester dormir.

Elle écarquille les yeux, puis éclate de rire.

- Mais bien sûr, on y croit!
- Tu sais que c'est vrai.

Elle fronce les sourcils, puis me scrute essayant de me viser.

- J'ai vraiment fait ça?
- Carrément!
- Pitoyable.
- Lamentable.
- Minable.

On éclate de rire comme des cons, devant sa porte, à cinq heures du matin du premier janvier 2009.

*

# Enviado el jueves 19 de noviembre de 2009 16:15

Modificado el jueves 26 de noviembre de 2009 07:34

***__Chαpitre 49__ *** « Par amour »

***__Chαpitre 49__ ***  « Par amour »
PARTIE II
*

_____POV Lyah


- Destresse poulette, il doit bien être quelque part.
- Si j'ai perdu mon portable, je m'auto-suicide.
- Heu .. Le suicide est déjà "auto" en principe, dit elle rieuse.
- Ouais, enfin, tu m'as comprise !

Elle continue à remuer son petit sac Channel dans tous les sens, pour finir par le retourner carrément et laisser tomber tout son contenu sur la petite table basse. Du maquillage, des papiers, des clefs, un stylo ... tout se disperse sur la table en verre.

- Il n'est pas là, Lyah!
- Tu passes à l'auto-suicide?
- Je l'avais en début de soirée, je suis sûre. Continue-t-elle, fouillant la mini poche à l'intérieur du sac. Sa masse de cheveux virevolte au rythme de ses mouvements frénétiques. Pourtant je ne l'ai pas utilisé. Je ne l'ai pas sorti !! Mon Dieu, mon bébé, il est oùùùù? Faut que je le retrouve, Bill devait m'appeler pour me tenir au courant de l'état alcoolique de Nadia. Et s'il essaye de me joindre, et bein ... Apocalypse!
- Tu veux l'appeler avec le mien?, lui proposé-je pour la calmer.
- OUI! Merde .. Il a dû essayer de m'appeler. Imagine s'il avait besoin de moi pour maîtriser Nadia, s'il ...
- Oh, elle ne doit pas être difficile à maîtriser, quand même.
- Oh si. Vraiment. Quand elle est bourrée, il n'y a rien de pire! Déjà que sobre elle est indomptable, alors bourrée ...
- Tiens. Et réfléchis aux endroits où tu as été, pour qu'on puisse aller récupérer ton bébé.

Je lui passe mon portable et elle s'exécute. Elle cherche frénétiquement "Bill" sur le répertoire, retenant la respiration.

_____POV Leila


Il décroche au bout de deux sonneries.

- Allo?
- BILL! Je suis désolée ! J'ai perdu mon portable pendant la soirée, vous êtes où? T'as réussi à la coucher? Elle va mieux? Elle a quitté son monde onirique?
- Respire, Leila. T'inquiète pas, je viens de la ramener chez elle, elle va mieux ... Enfin, elle délire toujours autant, mais elle est chez elle, c'est déjà ça. Puis là, elle s'est mis dans la tête qu'elle a faim, qu'elle n'ira pas se coucher sans ayant avalé un morceau, donc elle ... essaye de cuisiner une espèce de crêpe qui a vraiment l'air dégueulasse et ...
- C'est toi la crêpe!
- Elle n'a pas quitté son monde, en effet ... Bill! Surtout, tu restes jusqu'à ce qu'elle finisse sa pseudo cuisine hein ! Sinon, elle va cramer la maison entière! Elle cuisine comme un plouc!
- Elle dit que tu cuisines comme un plouc, alors tu poses ça et je m'en charge.
- Un plouc ça cuisine pas.
- Ne t'inquiète pas Leila, tout est sous contrôle. Nadia, NOOOOON, ne fais surtout paaaas çaaaaaaaaaaaaaa ...
- Je vois ça.
- Leila, je dois te laisser. Elle a voulu faire sauter la crêpe dans la poêle, je te laisse imaginer où elle a atterrit. Je contrôle. No stress.
- Oui, bein contrôle mieux que ça chéri. ET dernier truc: pas de hop hop hop, suis-je bien claire?
- Pas de quoi? Non, n'essaye même pas, tu vas te brûler!

Je roule des yeux. Tu contrôles vachement Bill.

- Pas de hop hop hop !
- Non mais en Allemand, ça donne quoi? Je parle pas le Leilien moi, tu vois. NADIA, TU POSES CA.
- Leilaaaa, embrasse le bar de ma paaaaart.
- Oui, oui. Assieds-toi, je me charge de ta crêpe dégueulasse. Oui, toujours là?
- Pas de NIAK NIAK QUOI.
- Pas de quoi? Niak Niak?
- Putain, toi et ton frère, pas jumeaux pour rien, vraiment hein. Vous ne vous couchez pas dans le même LIT, compris?
- Aaaaaaaaaah. Compris. Tu pouvais dire ça clairement, hein. Hop hop hop ou niak niak niak, tu dérailles autant que Nadia là.
- Bill, tout le monde sait ce que ça veut dire Hop hop hop. Regarde, je viens de faire un smiley dessus, avec de la moutarde !! C'est pas trop mimiiiii?

Je souris imaginant une Nadia fascinée devant la poêle, Bill à côté essayant tant bien que mal de la maîtriser. Le regard interrogateur de Lyah m'interpelle, et je mets le haut parleur pour qu'elle les entende aussi.

- Naaaaadiaaaaaaa, t'as mis de la moutarde à ta crêpe? Putain, déjà qu'elle était dégueulasse, je ne sais pas comment tu vas faire pour la manger.
- Bill, je peux te faire confiance?
- Toujours.
- Tu la gardes bien jusqu'à ce qu'elle s'endorme?
- Promis.
- Et maintenant un coeur!
- C'est de la moutarde à la crêpe ton truc.
- Tu goûteras.
- C'est mort.
- Tu goûteras si tu veux que je te pardonne pour touuuuuuuut ce que tu as fait ce soir.
- Tu déconnes, rassure-moi.
- Non, non, non.
- C'est toi qui dois te faire pardonner!

On entend Nadia éclater de rire. Lyah et moi nous regardons nous retenant de rire aussi.

- Tu goûteras, Bill.
- Non.
- Si.
- Non.
- Par amour.

Mes yeux s'agrandissent entendant ces mots prononcées par la grande gagnante, prix "La plus bourrée de la soirée". Lyah et moi restons accrochées au téléphone, rapprochant le visage encore de l'appareil, le souffle interdit, suspendues à la suite de la conversation.

- Par amour pour la Sainte crêpe, et pour la Sainte moutarde, continue la voix joyeuse de Nadia, ne se rendant sûrement pas compte de l'ambiguïté de sa phrase antérieure.
- Je n'aime pas les crêpes, ni la moutarde, donc non.
- Bon, tu aimes quoi?

Lyah plante ses yeux sur moi, incrédule. Des longues secondes s'écoulent. Je sens la cadence de mon coeur grimper les décibels. Gott. BIIIIIIIIIIIIIILL !! Espèce de grosse crotte verte, qu'est-ce que tu attends pour lui dire TOOOOOOOIIIIIIII ?? Les yeux écarquillés de Lyah, alerte au moindre souffle venant de l'autre bout du fil, me donnent envie de rire. Je mets une main sur mes lèvres, afin de censurer mon rire imminent. On reste coupées du monde, à attendre la réponse de Bill, oubliant presque de respirer.

- Au revoir les filles, annonce Bill alors, et nous raccroche à la gueule.
- NOOOOOOOOOOON.
- NOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!
- OH MON DIEU !!!!
- QUEL CONNARD !!!!!!
- Oh putain !!!!
- Quel con! Mais quel con ! Il a intérêt à être en train de lui chanter "YOU, ONLYYYYY YOOOOOOUUUU",
- Ouais! Et de la plaquer contre le four, et ...
- Ouais! Et ... Non, attends, s'il la plaque contre le four, elle crame.
- Ouais, t'as raison. Il a intérêt à être en train de la plaquer contre le frigo et,
- De l'embrasser comme un fou!
- Lui disant qu'il l'aime ! Et qu'il goûtera à sa putain de crêpe dégueulasse juste pour elle!

On éclate de rire à l'unisson, prises d'un fou rire débridé, sans nous rendre compte que quelqu'un nous a rejoint derrière nous.

- BOUH!

On frôle la crise cardiaque entendant cette voix dernière nous.

- LA VACHE!
- Qu'est-ce qui a l'air aussi drôle?
- T'as failli nous tuer, petit rigolo.
- Oui mais ça ne me dit pas qu'est-ce qui vous fait autant rire. Vous étiez pliées en deux.
- C'est Bill et Nadia. On les avait au téléphone.
- Nadia la bourrée cuisine.
- Et Bill contrôle. Enfin, "contrôle".
- Je vois ça, répond-il songeur.

Le sourire de Lyah se fane, et ses yeux dévisagent l'expression dépitée de Gustav.

- Ca ne s'est toujours pas arrangé entre vous?
- Non. Ca va aller ...
- C'est quand que quelqu'un va daigner m'expliquer ce qu'il s'est passé?
- Certaines vérités ne sont pas bonnes à savoir, tu sais. Je vais aller prendre de l'air.

Nous le regardons partir aussi vite il est apparu, sourcils froncés. Okaaaay. On a tout compris Gusti.

- Bon alors, fais moi la liste des endroits où tu as été, faut qu'on retrouve ton bébé!
- Humm... Alors, commençons par le début. Dans notre coin canapé, puis dans le bar, puis ensuite une chambre -me demande pas ce que je foutais là haut, je ne sais plus- Puis dans le bar encore ... Puis le jardin, le salon, le bar, le garage, le bar, le salon, le bar, le ...
- Le garage?

Mes yeux s'écarquillent au même temps qu'une main vient atterrir brutalement sur mes lèvres. Putain, Leila, t'es vraiment douée toi. Merde ... Et si tu réfléchissais avant de parler, juste de temps en temps?

- Je ... Nooooooooon. J'ai voulu dire salle de bain. Garage, salle de bain, c'est presque pareil.

Elle plisse les yeux, une expression explicite dessinant ses traits: Bien sûr. Carrément pareil.

- Ok, ok, ok. C'est Quentin et moi qui avons coupé la lumière à minuit. On voulait faire peeeeeur, et mettre de l'ambiance, tu sais!

Elle sourit malgré elle, bougeant son joli visage de droite à gauche, incrédule. Mais son expression change subitement, la panique inondant ses yeux.

- Alors ... Tu .. Quand ... Georg?

Je nie rapidement de la tête, alors que mes lèvres répondent Oui au même temps. Toujours aussi douée à ce que je vois.

- Mais on n'a rien écouté ! On a juste entendu, c'est tout!
- Oh merde ... , dit elle, se laissant tomber sur le canapé derrière elle.

Je me rapproche d'elle, ne sachant pas quoi dire.

- Je te promets, on n'a rien ...
- Personne est au courant, Leila. Ce que tu as vu ou entendu doit rester entre nous, d'accord?, me dit-elle, me suppliant du regard.
- Promis! Je ne dirai rien à personne. Je suis désolée. On n'était pas censés être là, on a voulu faire un blagounette, qui a tourné au désastre d'ailleurs ...
- T'inquiète. Ca n'a duré que cinq minutes, il n'y a pas mort d'homme, tu sais. Je suis descendue direct ...

Ouais. Sauf que je ne parlais pas de ça. Mais plutôt d'un sale Quentin, qui m'a salement embrassé et qui s'est salement mal justifié. D'ailleurs ... elle est où cette crotte?

- Personne ne doit savoir.
- Ne t'inquiète pas. Personne ne sera au courant.
- Merci.

Une question me brûle les lèvres. Non, Leila. Non, LEILA. Censure, censure, censure. Mords toi la langue.

- Il a vraiment une tête de bite ton mec?

*

_____POV Tom


J'aperçois Lyah et Leila à l'autre bout du salon, submergées dans une conversation depuis presque une heure. Genre elles se connaissent depuis une éternité. Je soupire blasé, commençant à fatiguer. Bill m'a lâché, Georg danse depuis trois heures, Gustav s'éclipse toutes les deux minutes, allant d'un groupe à l'autre. Et moi je suis comme un con, à les regarder de loin, rire, parler, boire. Cette robe est parfaite. Elle est parfaite. Et cette putain de robe lui va parfaitement. Alors que je me perds dans la contemplation de ses longues jambes pour l'énième fois, les imaginant entourées à ma taille, j'entends quelqu'un s'asseoir à mes côtés. Mais je ne me retourne pas, toujours admirant les courbes bien mises en valeur, par cette putain de robe. Plus moulant, elle avait pas? Non? Parce que là elle ...

- Tu n'as pas l'impression d'être un peu seul pour un soir de nouvel an?

M'interloque une voix féminine à côté. Je détache mon regard d'elle et me retourne afin de voir de qui il s'agit, mais je me rends vite compte que je ne la connais pas. Je l'observe quelques instants, la jaugeant de haut en bas, m'attardant sur certaines parties plus intéressantes que d'autres. Pas mal. Blonde, plutôt bonne. Très bonne. Je me laisse tomber en arrière, sur le canapé, sans la quitter des yeux. J'humidifie mes lèvres, la dévisageant, me disant à quel point elle ne lui arrive pas à la cheville.

- Tu me fais visiter l'étage?
- Non, je te fais visiter ma voiture.

Elle rit bêtement, puis je lui prends la main, et la guide vers l'extérieur de la baraque, lançant un dernier regard vers elle.

*

_____POV Leila


- Alleeeeeeez, viens danser, supplie Georg à Lyah.

Elle me lance un regard gêné, embarrassée que je sois au courant de cette histoire. Je lui fais signe d'y aller, de s'amuser. Elle me fait un clin d'oeil, puis se volatilise sous l'emprise d'un Georg joyeux. Je les regarde partir, main dans la main, puis se laisser ébahir par la musique encore palpitante. Je revois ces grands yeux noirs me parler de ce Johan, heureuse. Je n'ai pas osé poser des questions sur Georg. Pas encore. Je détache mon regard d'eux et cherche la troupe. Il se fait vraiment tard. Je fronce les sourcils, me rendant compte que ça fait plus de deux heures, voir plus que je n'ai pas vu Tinou, ni Marco. Si j'avais ce fucking portable, je pourrais essayer de les appeler. Tant pis, il doit bien être quelque part dans cette baraque. Lyah me le rendra dès qu'elle le trouvera. J'étouffe un bâillement, cherchant Tom des yeux. Mais il n'est pas là. Aucune tête connue à l'horizon. Je décide donc de rentrer, et j'appellerai Marco et Tin's chez moi pour voir où ils ont bien pu passer la soirée. Je prends mon sac puis me rapproche du couple danseur.

- Lyah, je vais y aller. Je commence à fatiguer. Si tu vois Marco ou Quentin, dis leur que je suis rentrée en taxi.
- Pas de soucis ma belle. Bonne fin de soirée. Et on se revoit, hein !
- Promis! Juste ... Est-ce que je peux emprunter ton portable pour appeler un taxi?
- Oh non, te fatigue pas, prends le chauffeur à mon père. Je le préviens. Il est garé dehors, normalement.
- Il ... est garé ? Pendant toute la nuit, il a été garé tu veux dire?
- Oh, il est payé pour ça, tu sais? Me répond elle jovialement.

Hum. On vient vraiment pas du même monde. Je la remercie d'un dernier sourire, et dis au revoir à Georg. Je récupère mon manteau dans le grand hall d'entrée et sors dans le froid glaciale de l'aube. Il va bientôt faire jour. Je remplis mes poumons de cet air polaire, et je referme mon manteau. Je cherche des yeux la voiture de Marco, mais elle n'est plus là. Ils se sont carrément barrés ces connards. Ils vont m'entendre. Putain, mais quels cons. Je cherche alors le supposé chauffeur de David, mais comment reconnaître une voiture que je n'ai jamais vu? Toujours aussi douée, Lei chérie. Je m'aime. Je descends les marches, prête à chercher ce bonhomme au super boulot. Passer la nuit du nouvel an garé devant la maison, à attendre qu'on requière ses services. Pauvre homme. Je pose mon regard sur toutes les voitures, cherchant un pauvre Monsieur dépité à l'intérieur, maudissant sa vie. Une mercedes noire aux vitres teintées, garée à côté de la grande allée et à l'écart du reste de voitures allume et éteint ses phares. Je presse le pas vers elle, commençant à sentir mon sang se congeler. La vitre du conducteur se baisse, et un monsieur d'âge moyenne me questionne:

- Vous êtes Leila? Mademoiselle Lyah vient de me prévenir. Veuillez monter.

Je lui dédie un sourire, plaignant le pauvre homme au visage cruellement fatigué. Je fais le tour de la mercedes, et ouvre la porte derrière pour rentrer. C'est à ce moment là, dans une seconde négligée, que je lève la vue et je les vois. Tom et une blonde sortir d'une grosse Cadillac. Ensemble. Elle reste immobile; elle semble remettre sa robe en place. Il marche tête baissée, sans prendre la peine de l'attendre. Elle s'empresse de le rattraper. Il ne relève pas le visage. Je les regarde interdite se diriger vers la maison de Lyah, marchant à une certaine distance l'un de l'autre. Je reste là, à les suivre du regard, accablée. Ecoeurée.

- Mademoiselle? Vous avez changé d'idée?

J'entrouvre les lèvres, et aucune réponse ne parvient à sortir. Ils rentrent. Ils disparaissent de mon champs de vision, et pourtant je reste là, à fixer cette grande porte, immobile. Je déglutis avec difficulté puis m'engouffre dans la voiture.

- Non.
- Où désirez vous aller?
- Loin.

*

_____POV Bill


- Au revoir les filles, dis-je souriant malicieusement, et appuyant sur la touche rouge.

Je me mords la lèvre inférieure, tenté de lui caser la réponse qui la fera partir en courant, bourrée ou pas bourrée. Tant pis. C'est elle qui a voulu savoir. J'entrouvre les lèvres afin de lui lancer la phrase qui la fulminera sur place, mais elle se tourne vers moi, souriante, levant son pot de moutarde vers moi.

- JE SAIS! La musique! Par amour pour la musique, tu vas goûûûûûter.

Je referme les lèvres et continue à me triturer la lèvre, blasé. Nadia, si me laissais répondre aux questions, je pourrais ...

- Tu vas renier la musique? Bill ... Tu oserais renier la musique?

Puis, elle revient sur sa crêpe affreuse d'un air très concentré. Je la vois se préparer pour faire sauter la crêpe dégoulinante de moutarde une nouvelle fois. Je me précipite sur elle.

- NOOOOOON!!! Y'a la moutarde tu vas la ... , __trop tard.
- Bill, arrête de stresser. On meurt pas en faisant sauter une crêpe, je t'assure!
- Non, on fout le bordel partout, et vu ton état déplorable, ça risque de prendre feu, mais surtout, si tu manges cette crêpe affreuse, tu meurs d'une indigestion intestinale.

Elle pose ces yeux gris sur moi, ces yeux qui me rendent dingue. Son image m'attendrit. Les énormes gants de cuisine, géants pour ses petites mains, la moutarde décorant le bout de son nez, et ses yeux rieurs qui me dévisagent espiègles.

- Tu me trouves déplorable?
- Comme lorsque tu t'es mise à genoux. Pareil.
- Ca craint, Bill. Tiens, repasse moi le pot de moutarde, je fais un dernier dessin et on passe à table !
- Heu ... Tu passes à table.
- Tu viens de dire que je risque de mourir intoxiquée avec ma crêpe et tu me laisses mourir. C'est de l'homicide volontaire!
- Mais je ne peux pas t'en empêcher, t'as vu comme t'es bornée aussi? Je veux bien te sauver la vie, mais faudra que tu y mettes du tien.

Elle rit, puis s'approche de moi avec sa cuillère menaçante.

- Y mettre du mien pour que TU me sauves la vie? T'es un peu chelou comme héros, toi. Heureusement tu sais chanter, parce qu'en héros, tu mourrais de faim petit Kaulitz.
- Et toi en cuisinière. J'espère que ce ne sont pas tes ambitions, parce que je peux te dire que c'est mort.
- Non, tu m'engagerais.

J'arque un sourcil, la voyant remuer sa crêpe qui commence à prendre une couleur noire.

- Et pourquoi ça?

Elle confond ses yeux aux miens, puis sourit malicieusement. Encore.

- Tu sais pourquoi.

Je lève les sourcils, un sourire s'échappant de mes lèvres. Qu'est-ce qu'elle a encore comme idée celle-là?

- Non, si tu pouvais m'éclairer ...
- A table!; annonce-t-elle jovialement, ignorant ma remarque.

Elle met sa crêpe brûlée sur une assiette, puis se dirige vers la table de la cuisine. Je n'arrive pas à croire qu'elle s'apprête vraiment à la manger. L'alcool l'a rendue aveugle ou quoi? Elle s'assoit tranquillement et me fait signe de me rapprocher. Je fais non de la tête, ayant vraiment peur qu'elle me fasse avaler ce truc. Elle coupe une petite part puis tend la fourchette vers moi.

- Bill.
- Nadia.
- Par amour.
- Non.
- Par amour pour la musique on avait dit.
- Tu avais dit. Et je n'aime pas assez la musique pour avaler ça.

Elle écarquille les yeux, surprise.

- Qui c'est le borné?
- Tu mènes de l'avance, crois-moi.
- Par amour, Bill, implore-t-elle d'une petite voix.

Je roule les yeux. Mon Dieu. Je vais vraiment devoir céder à son putain de caprice à la con. Son sourire quitte son visage, et ses yeux incandescents cloués sur les miens me broient les entrailles.

- Pour moi, alors.

Son " alors " me fait comprendre que le mot "Par amour" et "elle" ne vont pas ensemble. Pas dans la même phrase tout du moins. Je décide alors de la tester.

- Par amour pour toi?

Elle plisse les yeux, remuant la fourchette sur sa crêpe dégoûtante.

- Tant pis, tu ne sais pas ce que tu rates; annonce-t-elle, avalant le morceau suspendu à la fourchette.

Elle m'énerve à ignorer MES questions. Même bourrée, elle ne perd pas le nord pour ce genre de trucs.

- Si tu le dis, je goûte.
- Chantage, toujours chantage Kaulitz. Mais soit ! Annonce-t-elle, euphorique. Par amour pour moi ?

Je la regarde étonné, les yeux ronds, n'ayant pas cru une seule seconde qu'elle prononcerait ces mots avec autant de facilité. Je suis partagé entre le dégoût de goûter cette chose abominable et l'euphorie de l'entendre me dire ça. Parce qu'au fond, que je l'ait forcée ou pas, ça revient à accepter. Accepter ... Quoi, je ne sais pas. Mais c'est un début. Incertain. Un début bourré surtout, mais ...

- Bah alors !? s'impatiente-t-elle, tendant la fourchette.

Je souris, me rapprochant de la table. Quelle chieuse, Mon Dieu. Tout ce cirque juste pour me faire chier. Je prends la fourchette qu'elle me tend, souriante et fière. Je fais une grimace de répulsion en voyant ce morceau de pâte cramée, arrosé à la moutarde. Puis je ferme les yeux, coupe la respiration et avale cette merde. Si après cet acte héroïque, elle doute encore UNE FOIS que je tiens à elle, je l'étrangle de mes propres mains. Dès que je rouvre les yeux et laisse tomber la fourchette sur la table, elle éclate de rire, me tendant un verre d'eau.

- Merci, t'as au moins conscience de la torture que tu viens de m'infliger.

Elle rit, prise d'un fou rire. Je bois une longue gorgée d'eau afin d'enlever le sale goût pimenté des trois kilogrammes de moutarde. Des larmes assaillissent mes yeux, tellement le pigment me brûle le corps entier. J'essaye de la viser, malgré ma vue devenue subitement nébuleuse, et elle me sourit gaiement. Alors que je cligne des paupières afin de retrouver ma vue normale, l'image saccadée de Nadia se lever de la table et s'approcher de moi me semble irréelle. Je n'ai pas le temps de sécher l'eau salée de mes yeux, que je sens ses mains prendre appui sur mes hanches, se mettre sur la pointe des pieds et éclater ses lèvres sur les miennes. J'accentue la pression baissant le visage vers elle, puis j'articule avec difficulté:

- Fallait commencer par là ...

Elle s'écarte et arque un sourcil, m'interrogeant du regard, confuse.

- Si j'avais su que c'était CA la récompense, l'affaire aurait été réglé beaucoup plus rapidement, et on n'aurait pas passé deux heures à débattre sur une putain de crêpe.

Elle rit à nouveau et s'empare de mes lèvres une nouvelle fois. Le sale goût de la moutarde est vite remplacé par le sien, beaucoup plus doux. Plus enivrant. Je passe mes bras autour de sa fine taille, la serrant contre moi, et finis par la faire décoller du sol et la mettre à mon niveau. Je sens ses lèvres s'étirer dans un sourire. Je ne sais pas combien de temps on reste coupés du monde, à s'embrasser comme si nos lèvres venaient de se confondre pour la première fois. Avec une douceur troublante. La notion du temps s'évapore à chaque fois qu'elle me fait tourner la tête de cette façon. Je la repose doucement par terre, et elle se défait de mon étreinte. Elle s'appuie sur le rebord de la table, souriante.

- Avec des actes comme celui-ci, tu peux pas nier que je serais aussi riche étant héros que chanteur.
- Tu dois quand même le retravailler, ton côté héros.

Elle se retourne, prend son assiette et jette sa crêpe à la poubelle. Je reste figé, assimilant qu'elle tenait, vraiment, à me faire chier.

- T'es ignoble!

Elle éclate de rire, puis prend ma main et me guide en dehors de la cuisine.

- Vraiment, c'est ... c'est ...
- Adorable.
- ADORABLE? On n'as pas la même définition d'adorable, je crois.

*

- Oh, non, c'est qui ces blaireaux ?, demande-t-elle lorsque le Clip de "1000 meere" passe sur MTV, souriante.
- C'est juste un groupe mondialement connu qui cartonne en Europe en ce moment.
- Impossible. Regarde-moi ce chanteur, il fait pas un peu trop sa star là?
- Un peu. Mais ça lui va bien.

Elle rit puis tourne la tête vers moi. Elle me dévisage quelques instants, pensive.

- J'avais jamais vu un de vos clips. Ca fait bizarre te voir à la télé. Vraiment ... bizarre.

*

Sa respiration lente et régulière m'indique qu'elle a fini par sombrer dans un sommeil profond. Je tourne doucement la tête vers elle, pour ne pas la réveiller. Elle s'est endormie sur mon épaule, alors que des clips pourris défilaient sous nos yeux fatigués. Je lui enlève la télécommande des mains avec précaution puis éteint la télévision. Je soupire, épuisé, sentant mes muscles courbés et douloureux. Alors que je ferme les yeux pour dormir un peu, prenant bien soin de ne pas bouger d'un centimètre, j'entends le portable de Nadia vibrer dans la table de la cuisine. Eh merde. Je laisse passer l'appel, immobile et referme les yeux. Mais un deuxième appel consécutif me force à rouvrir les yeux. Bon. Décidément ... Cette personne tient vraiment à lui parler. Je bouge lentement afin de me libérer de son poids, et finis par l'allonger sur le canapé. Elle s'agite légèrement et marmonne des mots incompréhensibles dans ses rêves. Le téléphone continue à vibrer, sans arrêt. J'arrive, j'arrive.

Arrivé dans la cuisine, je jette un rapide coup d'oeil à l'écran de son portable qui affiche "Numéro inconnu".

- Allo?
- Bonjour, Lieutenant Dannecke à l'appareil. Mademoiselle Nadia Ubach est là?

La voix à l'autre bout du fil semble pressée, inquiète et est plutôt alarmante.

- Non, elle ... elle n'est pas là, réponds-je d'une voix faible.
- Vous êtes un proche de la famille?

Cette question n'augure rien de bon. Je retiens la respiration, sentant la panique s'emparer de mon esprit fatigué.

- Oui, réponds-je sans hésitation.
- Marco Ubach et son accompagnant Quentin Zannetti ont eu un accident de voiture à cinq heures cinquante une.

Je ferme les yeux, encaissant l'information. Mon coeur se comprime avec une telle férocité que cela me fait mal.

- Ils ont été amenés en urgences à l'hôpital Charité Krankenhaus.
- Ils vont bien? Ils sont blessés? , demandé-je à toute allure.
- Je n'en sais pas plus Monsieur. La police est sur les lieux. C'est arrivé sur l'Avenue Unter den Linden, un crash entre deux voitures. Selon quelques témoins, c'est la voiture du troisième blessé qui a ignoré le feu rouge et rentré sur la voiture de Marco Ubach. C'est tout ce que l'on sait pour le moment.
- D'accord ... Je ...
- Savez-vous où je peux joindre sa soeur? Il n'y a pas d'autre famille apparemment. On a en notre possession son portefeuille, mais personne d'autre que Nadia Ubach n'y figure.
- Je m'en charge.
- Très bien. Votre nom s'il vous plaît?
- Kaulitz.
- Merci. Bon courage. Au revoir.
- Au revoir.

Je raccroche machinalement, anéanti par la nouvelle. Sentant que mon cerveau va exploser, et mon coeur éclater en mille morceaux. Je laisse tomber le portable sur la table et m'empresse d'aller au salon. Atterré. Paniqué. Mes pensées partent dans tous les sens, aucune qui ne soit cohérente. Aucune logique. Aucune phrase s'aligne correctement dans ma tête. J'essaye de réfléchir comment lui dire, que dire, que faire. Je bloque quelques instants, la regardant paisiblement dormir. Ma gorge se noue m'empêchant d'avaler. Je la secoue, repassant dans ma tête une phrase. Deux. Trois. Aucune. Elle ne bouge pas. Aucun signe de vie. Nadia, réveille toi s'il te plaît. Une chaleur désagréable me tourmente et torture mon corps. Mes mains devenues moites tremblent alors qu'elles s'agitent sur le corps paisible de Nadia.

- Nadia, Nadia ... Réveille-toi.
- Hummm, Bilskkkh.
- Nad, ouvre les yeux, je t'en prie.

Elle tourne la tête dans l'autre sens, fronçant les sourcils dans un sommeil profond. J'insiste, secouant son corps frêle. J'insiste. Encore et encore. Elle se retourne alors vers moi et ouvre un oeil avec beaucoup de difficulté.

- Quoi Bill? Je suis fatiguée ...
- Je sais. Je sais, Nad. Il s'est ... Ecoute, je viens d'avoir un appel très important. Ce ... C'était la police.

Ma voix tremblante trahi l'image de sécurité que je me force à lui transmettre pour ne pas l'affoler. Elle semble confuse, quelques secondes, comme si les mots n'atteignaient pas son cerveau endormi. Mais elle se redresse d'un bond, me faisant sursauter.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé? Marco? C'est Marco? Il est où?

La panique teint sa voix progressivement, s'emparant complètement d'elle. J'essaye de continuer la phrase mais avec la gorge nouée, aucun son ne parvient à traverser mes lèvres. Elle pose ses mains sur mes épaules, m'ébranlant à son tour.

- Il ...
- PUTAIN BILL ! PARLE! Bill, tu me fais vraiment peur. Je t'en supplie. PARLE, m'exige-t-elle au bord de l'hystérie.
- Il a eu un accident de voiture. Avec Quentin ... Ils sont aux urgences.

Ses yeux gris se décomposent, et des larmes pointent cruellement la commissure de ceux ci. Ses pupilles bougent frénétiquement, cherchant à comprendre ma phrase, à l'assimiler. Puis elle nie brusquement de la tête, refusant d'y croire.

- Non, Bill ... Non, ce n'est pas possible.
- Il faut qu'on aille à l'hôpital.

Elle me fixe confuse, intensément troublée, les larmes meurtrissant ses joues à une vitesse démente. Elle se lève d'un bond, et se dirige vers l'entrée en courant. Je sors mon portable et appelle un taxi.

*

_____POV A découvrir


Allongé négligemment sur mon lit, je repense à cette après-midi là. A cette fille mystérieuse et arrogante qui m'avait abordé sur le parking. Ses phrases retentissent en boucle dans ma tête depuis ce jour là. Et malgré mon obstination à refouler cette question, elle me torture sans cesse. Si je racontais la vérité à quelqu'un, je pourrais peut-être oublier? Peut-être.

__Flash Back__

Arrivé sur le parking, je distinguai une fille blonde, extrêmement blonde, appuyée sur ma Mercedes. Je pressai le pas, intrigué. Essayant de me souvenir de ces yeux clairs qui me fixaient au loin. Creusant dans ma mémoire ce visage angélique. Cherchant un nom pour l'étiquetter. Une conquête qui venait sûrement régler des comptes. Je n'avais pas dû la rappeler. Une fois assez près de ma voiture, je lui adressai la parole.

- On se connaît?
- Pas encore.

Elle bougea l'épaisse masse blonde d'un mouvement séduisant, et cloua ses yeux sur les miens.

- Très bien. Que fait une jolie blonde que je ne connais pas encore sur ma voiture?
- Elle t'attend.

Je souri, surpris par le ton de sa voix : déterminé, démesurément arrogant. Et terriblement séduisant. J'ouvris mon sac, cherchant les livres que je comptai poser dans la voiture, et repassant dans ma tête ceux que je devais prendre, en échange. Je la questionnai, distrait. Un schéma s'était ficelé dans ma tête: Elle était à la Fac, je lui avais plu. Elle s'était renseignée sur moi, et, décidée à faire connaissance, m'avait attendu à la sortie de mes premières heures de cours.

- Et comment s'appelle la chère demoiselle à la chasse de jeunes étudiants en droit?
- Tu n'as pas à le savoir.

Je m'arrêtai subitement, interloqué. Drôle façon de faire connaissance.

- Tu sais. Je me fais souvent aborder. Draguer. Mais je dois dire que tu es très originale.
- Comment définirais-tu ma démarche jeune avocat?
- Osée.

Elle eut un sourire en coin, croisa ses bras sur sa poitrine satisfaite; et je finis de vider mon sac des quatre lourds livres sur le Droit Civile. Je les posai sur le toit de la Mercedes noire, sous les yeux hypnotisés de la blonde. Je la regardai une nouvelle fois, concentré sur mes livres.

- Que me vaut l'honneur de ta présence?
- J'ai besoin de toi.

Encore une fois, je stoppai tout mouvement. Mes yeux la fixèrent intensément. Elle se limita à sourire.

- Les rares fois où l'on m'a dit cette phrase, j'ai fui. Alors je te conseille de commencer autrement.

Je lui fis signe de bouger légèrement afin que je puisse ouvrir la portière. Elle s'exécuta et continua à me dévisager, nullement gênée par ma réplique plutôt décourageante.

Je vis du coin de l'oeil ses longs doigts jouer et danser autour de mes bouquins. J'enlevai les livres, ouvris la portière et les rangeais à l'intérieur. Je cherchai des yeux ceux dont j'avais besoin pour mon prochain cours. Elle ne parla pas et attendit patiemment que j'eus fini de réunir tout mon matériel. Lorsque je fermai la portière et verrouillai la voiture d'un rapide mouvement de doigt, je plantai mon regard sur elle.

- Eh bien? Je suis désolé, je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai cours dans quinze minutes.
- C'est amplement suffisant.

Je hochai la tête. Elle commençait à m'intriguer. Qu'est-ce qu'elle me voulait? Et pourquoi diable ne se décidait-elle pas à parler une fois pour toutes? Je repris le chemin de retour, vers l'université. Elle pressa le pas et se mit à mon niveau. Elle se limitait à marcher à mes côtés, silencieuse, et souriante. Son attitude commençait réellement à m'agacer. Je soupirai.

- Ecoute. Je n'ai vraiment pas le temps. Tu es très mignonne, alors si ce que tu veux c'est faire connaissance, laisse-moi ton numéro, je t'appellerai. Mais si tu es là parce qu'on s'est déjà rencontrés justement et que je ne t'ai pas rappelé, j'ai dû oublier tout simplement. Pas la peine de ...
- Je ne veux pas faire ta connaissance, Damien.

Une nouvelle fois, elle réussit à attirer complètement mon attention, et mes pas se clouèrent sur place. Mes yeux sondaient les siens, cherchant une nouvelle fois dans ma mémoire d'où elle sortait. En vain.

- Très bien. Madame me connaît déjà. Et si tu arrêtais ton cinéma et tu me disais qui tu étais? ; lui demandai-je, agacé, un sourire forcé imprimé sur mes lèvres.
- Nadia.

Je sentis mes muscles défaillir; mon sourire se faner et mon équilibre se désarmer en quelques mili secondes. Ce prénom flinguait mes tempes et bousillait mon cerveau. J'entendais le sang bomber dans mon crâne, mes veines se gonfler de terreur. Je me rappelle être resté paralysé sous son regard ensorcelant. Lorsque je repris légèrement mes esprits, un nouveau schéma se ficela dans ma tête: Elle connaissait Nadia et était venue me rappeler combien j'étais un enfoiré, au cas où je l'aurais oublié. Je lui dédiai un regard méprisant et repris mon chemin. Je ne voulais rien entendre. Je ne voulais pas entendre parler d' Elle. Je l'avais oublié, elle m'avait oublié. Pourquoi remuer la merde?

- Je veux savoir ce qu'il s'est passé entre vous.

*


____________________________________________________

Helllooooooooooo :D

Tout d'abord, je tiens vraiment à vous remercier pour la quantité de commentaires sur le Chapitre précédent !
C'est incroyable. J'avais mis plus d'un mois à poster, et vous étiez et êtes toujours là, MALGRÉ TOUT!
Je n'ai pas encore eu le temps de tout valider, mais sachez que vos commentaires me touchent toujours autant.
C'est fou. Merci, merci, merci encore & toujours.
Je ne sais pas si vous êtes les meilleures Fans du Monde, mais en tout cas vous êtes les meilleures lectrices dont tout AUTEUR rêve d'avoir, ça c'est sûr.
Alors merci, du fond du coeur.
Merci infiniment pour le temps que vous m'accordez, à moi & mes écrits.
Merci pour vos mots.

Vous allez bien ? Hope so.
Moi super ! J'ai passé mon premier partiel & ça s'est bien passé !
Et je sais que vous vous en foutez mais j'ai envie de raconter ma LIFE ce soir xD
J'ai enfin trouvé mon stage (obligatoire pour valider ma Licence) dans un Centre Psychologue / Psychiatrique transculturel ! C'est pas de la patate ça ?? :D HI. Trop happy. Ca y est, je commence à devenir une vraie PSY les gens xD ... Bon BREF, tout ça pour dire que tout se passe bien, que j'ai énormément de boulot à la FAC; surtout avec ce stage deux fois par semaines où j'assiste à des consultations en LIVE.

Bon, revenons à nos moutons !!
Vous avez aimé ? ...
Il y a énormément de dialogues dans ce Chapitre, et très peu de narration.
J'avais vraiment envie de les faire parler mes petits personnages d'amour.

Alors RITUEL, c'est parti (l) !! Chronologiquement :
✩ Tom / Leila?
✩ Bill / Nadia ?
Que pensez vous de la position de Bill?
Enfin , est-ce que vous êtes plutôt d'accord avec lui ou plutôt avec Nadia?
✩ Leila / Bill / Lyah ? (Quand ils sont dans la chambre)
✩ Nadia / Alex ?
✩ Comment interprétez vous le comportement de Tom?
✩ Leila / Nadia (la bourrache) ?
✩ Bill / Nadia (toujours bourrache) ? (Scène au bar + le Chauffeur trop coule )
✩ Lyah / Leila (Avec Nadia & Bill au téléphone)
✩ Tom (Encore une fois, qu'est-ce que vous en pensez de son comportement?)
✩ Bill / Nadia (la bourrache encore et toujours xD) lorsqu'ils sont chez elle.
& le pluuuus important : Le come back de Damien? Mouhehe.

Moment préféré & Réplique préférée?
Moment pas aimé ?

Merci d'avance à celles qui prennent le temps de répondre à mes questions; cela me fait vraiment plaisir savoir ce que vous en pensez, de chaque scène, couple, personnage, événement. Merci miiiiiiille fois.

N'oubliez pas que le Blog - Actu
d' Et-si-cetait-possible
répond à toutes vos questions & vous maintient au courant de l'arrivée des Suites.

ENCORE MERCI, MERCI, MERCI & MERCI.
Love,
S.

# Enviado el jueves 19 de noviembre de 2009 19:34

Modificado el jueves 26 de noviembre de 2009 07:35

News

Chères Lectrices d'Amùùùùr ___________________________________________
(hu, comme je commence bien :D)

Etant donné mon manque de nouvelles en ce moment (et de plus en plus fréquent), j'ai eu une super idée (ouaiiissss) ...

Le blog Fande-Escp ressuscite ! J'avais envie de redonner vie à ce superbe cadeau que vous m'avez fait il y quelques mois. A ce sublime cadeau qui m'avait tant touché.

Fande-ESCP
devient donc l' Blog - Actu d' Et-si-cetait-possible

Toutes vos questions (sur moi ou la fiction) ainsi que les informations concernant les Suites seront postés là bas.
Pour cela, mon attachée de presse (MDR), avec qui je suis en contact tous les jours, se chargera de le mettre à jour régulièrement.

Un article Questions - Réponses a déjà été posté, recueillant les questions le plus récurrentes.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poster (ici ou là bas).


Etant donné que je change assez souvent d'habillage & décoration,
à chaque fois je dois réadapter la couleur des personnages avec le fond pour que ce soit lisible.
Hélas j'ai vraiment beaucoup de personnages u_U' Alors nuancer les couleurs devient de plus en plus difficile.
NOUVELLE COULEUR LYAH.
NOUVELLE COULEUR SASCHA
A venir : Andréas.
Un peu de temps pour que tout redevienne dans l'ordre.

J'aimerais bien connaître vos personnages préférés !!
N'hésitez pas à leur attribuer un petit clic !! Hihi.
Il manque Andréas, Damien & Alexander, mais vous ne les connaissez pas encore assez bien :)
Bisous poulettes ♥ ♥

EDIT EDIT EDIT EDIT EDIT EDIT EDIT EDIT EDIT EDIT EDIT

SO ! Puisque l'article s'appelle "NEWS" ... On va donner des NEWS, n'est-ce pas ?
Je suis pas trop intelligente sérieux ?? xD ...
Bon alors ! Je rentre ce soir en Suisse !!! ENFIN en " vacances " ...
Oui, faut bien remarquer les guillemets car ce ne sont POINT des vacances pour moi.
J'ai énormément de dossiers à rendre + partiels finaux à la rentrée !
Une chose est sûre, j'aurais au moins deux jours de repos: le 24 au soir et le 31 décembre !! :D
Hihi !!! Bah ouais quand même x)

BREF, ma vie, on s'en fout. Enfin, pas moi, mais vous.
Alors let's parler du Chapitre 50.
C'est un Chapitre très difficile à écrire car il est surtout centré autour de l'accident.
Je dois donc faire beaucoup de recherches (je ne fais pas les choses à moitié, voyons) concernant ... BIIIIIIP, concernant cet accident quoi ;) Les termes médicaux étant très difficiles à comprendre, je passe des heures et des heures à assimiler l'information. Heureusement je n'ai pas fait Médecine, c'est vraiment pas mon truc o_0
Tout ça pour dire que ça avance lentement, c'est vrai, mais que j'essayerai de poster dans la semaine !

Ce soiiiiir, je suis at hoooome avec toute la familllyyyy :D

Je vous love & vous souhaite de très bonnes vacances & "vacances" !!
S.

# Enviado el lunes 16 de noviembre de 2009 16:27

Modificado el sábado 19 de diciembre de 2009 07:41

Don't look back in Anger

Le jour où un concert de Tokio Hotel se passera comme ça,
ça sera juste trop beau.

Le public qui chante en choeur ♥

# Enviado el miércoles 16 de abril de 2008 12:45

Modificado el domingo 29 de noviembre de 2009 12:32