- Qu'est-ce qu'il vous est passé par la tête pour vous sauter dessus?
M'interroge-t-elle fermant sa boîte pharmacie après m'avoir désinfecté quelques griffures et mis quelques pansements. Je la scrute longuement, remémorant les phrases de Leila.
- Je ne sais même plus. Laisse tomber.
- Et pourquoi t'as viré Quentin comme ça? Je croyais c'était ton petit ami?
- Oui ... Mais hum, il m'a trompé avec l'autre salope, tu comprends? J'ai pas trop envie de voir sa gueule tout de suite, je n'ai pas envie qu'il me voit comme ça.
Je me redresse rapidement, m'approche de la grande glace qui orne le mur et inspecte l'état des lieux. Quelques blessures par-ci, par là, mais rien de grave. Juste l'oeil bleu, très visible, on peut pas le louper lui. Quelle salope.
- T'as pas un peu de maquillage, histoire que j'essaye d'arranger ça?
Lui demandé-je distraite, observant mon oeil blessé. Elle acquiesce rapidement et s'éclipse afin d'aller récupérer le maquillage dans sa chambre. Je contemple mon reflet longuement, revoyant la scène. Quentin, mon cher Quentin, t'as intérêt à prendre mon parti sinon tu vas regretter, crois-moi. Et Tom, je m'occuperai de lui plus tard. Je lui enlèverai vite cette garce de son lit. Il faut vraiment tout faire, hein. Alors que je continue à tracer mon plan dans ma tête avec la petite liste des vengeances à faire; la porte se rouvre. Je me tourne anxieuse pensant qu'il s'agit de Lyah avec le maquillage mais ... Surprise. Sascha. Elle reste au pas de la porte, me fixant sceptique.
- Je ... Je voulais juste m'assurer que tu allais bien.
- Je vais bien.
Elle reste immobile, ne sachant pas trop comment réagir. Je la connais très bien. Elle est préoccupée. Elle est faible, là, maintenant. C'est le moment.
Je quitte mon reflet pour m'approcher d'elle.
- Sascha. Il faut qu'on parle ... Je ...
- Je n'ai pas envie de parler Emma. Je voulais juste me rassurer que ce n'était rien de grave. En bas tout le monde en parle alors je me suis fait du soucis.
- Je vais bien, lui souris-je. Ne t'inquiète pas. Sascha, je tiens à ce que l'on s'explique au moinsi, je ...
- C'est un peu tard Emma. Et je n'ai vraiment aucune envie d'entendre tes justifications.
Elle s'apprête à partir mais je la retiens. Je fais monter facilement quelques larmes aux yeux et la regarde suppliante.
- Emma, me fait pas ça, s'il te plaît.
- Notre amitié ne peut pas se finir comme ça. J'ai fait une erreur, et si tu savais comme je m'en veux. Si je pouvais changer les choses, je le ferais, crois-moi.
- C'est facile dire ça, répond elle attristée.
Ses yeux troublés me dévisagent longuement. Je vois son passé avec Bill et leur relation défiler dans ses yeux. Je vois toutes les larmes versées. Je vois sa douleur inonder ses yeux clairs. Je vois à quel point elle est faible, et à quel point, au fond d'elle, elle a besoin de moi. Doucement, je tends la main vers elle, sachant qu'elle craquera à un moment ou à un autre.
- Je ne vais pas me justifier, j'ai bien compris que c'était tard, et que je ne peux rien changer. Je veux juste que tu saches que si j'ai fait ça, c'était pour vous. Aujourd'hui, j'ai compris beaucoup de choses que je ne voyais pas forcément à ce moment là. Aujourd'hui je ne referais pas cette même erreur. Mais voilà, les faits sont là et comme je disais à Tom, j'en paye les conséquences. J'ai perdu l'amitié de Bill. Et tu sais combien il compte pour moi. Mais je me suis résignée en ce qui le concerne. Mais toi ce n'est pas pareil. Je ne veux pas que ça finisse comme ça entre nous. Tu n'as pas le droit de me condamner pour mon immaturité d'il y a trois ans.
- Je n'ai pas le droit? Moi, je n'ai pas le droit? C'est toi qui n'avais pas le droit de t'immiscer entre lui et moi, Emma!
- Je sais. Mais je croyais bien faire ... J'ai besoin que tu comprennes ça. J'ai besoin que tu me pardonnes. J'ai besoin de te retrouver, Sascha.
Des larmes perlent ses yeux clairs et profondément troublés. Elle prend ma main quelques instants mais je sais que ce n'est pas encore gagné. Pas encore.
- Moi aussi j'ai besoin de toi, Emma. Moi aussi ... Mais je ne peux pas. Tu m'as fait trop de mal.
Elle lâche ma main puis s'empresse de quitter la pièce. Je laisse échapper un long soupire. C'est plutôt pas mal comme début de réconciliation. Ca sera finalement plus facile que prévu dis donc. Sascha, Sascha ... Tu es vraiment trop sensible. Et tu m'aimes trop. C'est pas bon ça les gens. C'est pas bon. On se laisse marcher dessus facilement, par amour. On pardonne trop. On oublie rapidement. Le jour où ils comprendront ça, je daignerai de les considérer un tant soit peu. Un peu. Faut pas trop rêver non plus.
_2h17_
- Quoi, quoi Nad? Demande et arrête de me faire stresser!, exige sa voix excitée.
Je la regarde surprise, interloquée par sa nervosité et sa position instable, son corps bougeant sans cesse. Je baisse la vue vers ses mains qui se triturent entre elles, et se cognent l'une contre l'autre avec force. Je fronce les sourcils relevant la vue vers elle afin de comprendre ce qui lui arrive. Je reconnais à la couleur de son iris vers foncé qu'elle est énervée. Très énervée. Je pose ma main sur son épaule dénudée, l'interrogeant du regard. J'étais tellement immergée dans mon Monde que je n'avais pas remarqué son état plutôt agité.
- Dis moi, je te dis après.
J'entrouvre les lèvres pour insister sur le pourquoi de son état, mais elle lève un main et m'incite à dire ce que j'avais à lui dire. J'hésite, désormais préoccupée par Leila. Le vert de ses yeux cloués sur moi me rappellent qu'elle attend une réponse.
- Ce n'est rien. Je ... Je me demandais simplement si ça t'arrivais, à toi, de penser au passé?
- Si... Si ça m'arrive? Oui, bien sûr , me répond elle titubante, papillonnant des cils, impatiente de répondre. Je pensais justement à mon passé de il y a trois heures tiens!
Je fronce les sourcils une nouvelle fois, cherchant le sens de sa phrase.
- Oui, oui, je pensais à ce qu'il s'est passé il y a trois heures à peu près, tu vois? Ca fait partie du passé, CA, non?
Son corps fragile se penche sur moi, pour accentuer ses dires. Je la regarde confuse, ne comprenant rien à son charabia et pourquoi elle semble aussi hors d'elle.
- Non? m'incite-t-elle violemment à répondre.
- Heu .. si. Si. Je... Mais je ne parlais pas de ce genre de passé là. En fait je ...
- Oh Nadia. Excuse-moi. Elle stoppe sa lancée, ses mains viennent cacher son visage angélique. Puis l'une d'entre elles s'empare d'un verre oublié sur la petite table basse. Ses longs doigts soutiennent le verre tramblants. Elle boit une longue gorgée et cloue ses yeux troublés sur moi. Je suis trop dans mes pensées et je me défoule sur toi. Ce n'est pas juste.
- Que se passe-t-il Leila?, l'interroge, inquiète.
- Il se passe , commence-t-elle lancée, la fureur durcissant ses traits fragiles, que ce putain de connard d'enculé de tafiotte du trou du cul de merde salopard de ,
- J'ai compris. Qu'est-ce qu'il a fait ce ... connard?; soulagée qu'il ne s'agisse que ... d'un mec. Enfin.
- d'enculé de tafiotte du trou du cul de mer ..., reprend elle.
- Bon Leila, j'ai compris !
- C'était un ... un rituel ! Il m'a utilisé pour mener à bout son ... RITUEL! , m'explique-t-elle, écarquillant ses jolis yeux encerclés d'un fard vert et blanc scintillant.
- Un rituel? Bon, déjà c'est qui le connard ?
- d'enculé de tafiotte du ...
- C'EST QUI? Il a un autre nom moins long j'espère?
- Oui : SALAUD.
- D'accord. Alors Tom a un rituel si j'ai bien compris.
- EXACT! Et ce connard d' ...
- En quoi consiste son rituel?
- Tu n'as pas remarqué qu'à minuit je n'étais pas là?
- Si.
- Encore heureux. Eh bien, j'étais tu sais où.
- Bein non, je ne sais pas. Putain Leila, sois plus claire.
- Je ne vais pas te faire un dessin !
- Ah bein si, parce que là je ... Puis sa dernière phrase me fait prendre conscience de la situation. Et de comprendre. A minuit ... Tom, dessin ... Rituel. J'écarquille les yeux à mon tour, et sa tête bouge de droite à gauche, ses dents triturant ses lèvres. C'est ... un rituel? Ca veut dire qu'il ... que toutes les années il ...
- C'est le principe d'un rituel OUI ! Mais tu t'en rends compte à quoi il m'a réduit là? Tu t'en rends compte que je n'ai même plus l'ombre d'une éventuelle dignité? Qu'il vient de m'humilier auprès de tous ses potes qui connaissent ce RITUEL DE MERDE PUTAIN BORDEL JE VAIS LE NIC...
Ma main atterrit sur sa bouche effervescente et débordante d'insultes à tout va, tournant la tête pour voir si les quelques personnes qui nous entourent entendent la folie de Leila à son état aigu. Personne semble faire attention à nous, si ce n'est Alexander qui vient de regarder dans notre direction interpellé. Je lui souris rapidement afin d'enlever de l'importance aux cris assidus de Lei, puis reviens sur le visage enragé de la rousse.
- Leila, arrête de nous afficher s'il te plaît. Calme-toi. Promets moi que tu vas essayer d'extérioriser ta rage autrement.
Elle hoche la tête et j'enlève ma main, regardant autour de nous une nouvelle fois. Alexander est subjugué par la conversation qui se déroule dans son petit groupe. Je reviens sur Leila, soulagée.
- CONNARRRRRRRRRDDD, CE N'EST QU'UN CONNARD!!! IL EST OU CE POULPE? JE VAIS LUI ARRACHER TENTACULE PAR TENTACULE, EN COMMENÇANT PAR CELUI DU BAS!
Je lève une main vers mon visage, sentant mes joues se colorer intensément et une bouffée de chaleur envahir mon corps. Un bras que je reconnais malgré mon visage enfui sous la paume de ma main vient empirer mon état, encerclant ma taille. Mon souffle reste en suspens quelques instants, désirant éperdument que ce soit lui et me haïssant d'éprouver un tel désir. Son autre main se pose sur la mienne et l'éloigne de mon visage caché. Je lève la vue lentement vers lui et retrouve son sourire moqueur. Il est à côté, souriant, me fixant grossièrement. Il sait très bien que ça me met plus que mal à l'aise. Puis, amusé, il tourne la tête vers Leila.
- Je n'ai entendu que le mot poulpe de là bas, explique-t-il, désignant du doigt l'endroit où Georg, Gustav et deux autres personnes que je ne connais pas rigolent formant un petit groupe à quelques mètres de distance. Mais vu l'intonation et ayant jeté un rapide coup d'oeil, j'ai conseillé à mon frère de courir, très loin.
- Toi aussi, Bill? Toi aussi tu es au courant! C'est pour ça que ... Que ... Que tu savais; fini-t-elle dans un soupir.
Je balance les yeux de l'un à l'autre, priant pour que les doigts de Bill se détachent de ma taille, essayant de me concentrer sur la conversation. Bill fronce les sourcils.
- Que je savais quoi?; demande-t-il arquant un sourcil.
- Tu savais! "Des lits dans la cuisine" , cite-t-elle. Tu connais son rituel, et tu l'as laissé faire. L'accuse-t-elle le pointant du doigt. Elle s'apprête à partir, la déception s'emparant de ses traits.
Bill se détache de moi et l'attrape malgré l'élan décidé de la rousse à partir.
- Laisse-moi t'expliquer.
- Non! Je ne veux rien entendre! J'espère que tu as fait tes adieux à ton jumeau, parce que je te jure, Bill Kaulitz, que je vais lui faire sa peau et en faire une putain de bonne barbecue. Il a intérêt à avoir trouvé une putain de bonne cachette dans cette maison, parce que sinon je ...
- Leila, écoute-moi, il ...
- Non Bill! Je ne veux pas savoir. Tu vas le défendre et j'en ai rien à foutre de ces arguments là; affirme-t-elle, fixant Bill, puis cherchant des yeux le futur cadavre.
- Mais ...
- Il a intérêt à être vraiment, vraiment bien caché. Continue-t-elle, le cherchant frénétiquement des yeux, et ignorant complètement Bill planté devant elle. Parce que je compte lui faire bouffer un tube de harissa tu vois?, et pour lui faire passer la brûlure, je lui ferai boire la cuvette des chiottes tout en sachant que ce sera inefficace. C'est assez cruel tu crois?
Je ne peux éviter d'éclater de rire face à la description de la torture made in Leila. Bill se tourne vers moi et me fusille du regard, faussement vexé, réprimant fermement son sourire face à la menace ridicule de Leila. Oops. J'avais oublié que le futur cadavre est ton ... jumeau. Mon fou rire s'éteint sous son regard réprobateur, et je murmure un faible Pardon que je regrette aussitôt. Je me rebelle.
- Elle a raison. Ca ne se fait pas. Moi aussi je devrais lui toucher quelques mots à ce ... Comment tu l'appelais tout à l'heure Leila?
- SALAUD?
- Non, ça c'était le surnom court. Le long je veux.
- Putain de connard d'enculé de tafiotte de trou du ...
- Ca serait cool si tu pouvais juste te limiter à Tom devant moi, juste ... Tom.
- Tom ? Tom ? Tiens, me dit-elle en me regardant amusée tout d'un coup, c'est une bonne insulte celle là ! Courte en plus ! C'est un TOM ! T'as trop raison Bill ! Ca résume très bien mon répertoire d'insultes ...
Bill bouge lentement la tête de droite à gauche, désespéré, et poussant un long soupir. Il sait qu'avec Leila c'est perdu d'avance. Elle ne l'écoutera pas. Il lève les yeux au ciel, puis revient blasé sur Leila.
- C'est un rituel de rien du tout. Et puis il ne ...
- C'est un TOM, Bill ! Tu ne comprends pas?
- Leila, laisse-moi finir ma phrase.
- Non ! Je ne parle pas avec le frère jumeau d'un Tom sur pattes.
- Il ne le fait pas avec n'importe ...
La fin de la phrase de Bill reste dans l'air, puisque Leila semble avoir aperçu sa victime quelque part dans le salon. En moins d'une seconde, elle a poussé Bill légèrement et s'est volatilisé. Bill reste debout, les lèvres tordues, défendant vainement son jumeau dans le vide. Je souris, attendrie face à un Bill complètement ignoré. Il tourne la tête vers moi, ses lèvres se froncent formant une moue résignée. Il hausse les épaules et je réprime mon sourire à mon tour. Il se rapproche doucement vers moi alors qu'un sourire en coin refait son apparition.
- Ta petite bourrache-attitude est passée on dirait; tente-t-il comme sujet, afin de ne pas paniquer quant au sort de son jumeau.
- Elle ne lui fera rien de mal, t'inquiète.
- Nooooon, juste lui faire avaler du produit toxique et le rincer à l'eau des chiottes.
- Bill, le harissa n'est pas toxique.
- Tu m'as compris!, dit-il roulant des yeux.
- Et si ça peut te rassurer, elle ne se balade pas avec des produits qui brûlent dans les poches.
- Mouais.
- Enfin, aux dernières nouvelles ...
- Quoi ? , ses yeux encerclés de noir s'écarquillent surpris.
On se regarde quelques instants, amusés par cette conversation ridicule, puis on éclate de rire ensemble, spéculant dans nos têtes ce que l'autre allait dire. De la merde visiblement, puisqu'on part dans un fou rire inexplicable. Bill entrouvre les lèvres, mais une chevelure rousse s'immisce entre nous.
- Au fait, Nad ! Oui, ça m'arrive de penser au passé, comme tout le monde ! Sauf que nous, le commun des mortels, nous ne faisons que y penser ! Nous ne vivons pas dedans ! A bon entendeur, j'ai un TOM à tuer !
_2h51_
- Tom, ... Tente vainement Lyah, étouffée entre deux rires.
- Oui? ... Je t'attends?, je ris la voyant faire l'effort surhumain de stopper son rire puis essayer de me viser.
- Ne parle pas comme ça de lui ... c'est mon petit ami désormais.
- Arrête!; mes yeux s'agrandissent, incrédule. Vous sortez ensemble?
- Oui, enfin ... Je ne sais pas. On a pas dit les mots exactes tu sais. Faut deviner ce genre de trucs. Enfin, ça se sait quoi!
- Ah, réponds-je me foutant de sa gueule.
- TOM KAULITZ!
Vocifère une voix derrière moi. Je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir qu'elle provient de ma petite rousse. Je souris, même si au son de sa voix, elle ne vient pas en paix en tout cas. Je tourne la tête vers elle, m'attendant à voir sa fine silhouette s'approcher vers le groupe. Mais à ma grande surprise elle est déjà derrière moi et je tombe nez à nez sur ces yeux verts brillants, à seulement quelques centimètres de distance. Je n'ai pas le temps de l'apercevoir convenablement qu'elle me jette son verre à la gueule furieuse.
- Ca c'est parce que t'es un petit con.
Je bats les paupières lentement, afin que le liquide ne rentre pas dans mes yeux. Je reste figé ne comprenant pas ce qu'il se passe. Mais pas le temps de trop réfléchir qu'un autre liquide s'abat sur mon visage.
- CA c'est parce qu'en fait, de plus près, t'es un gros con.
Je reste les yeux fermés, choqué et interdit. Mauvaise idée, un troisième verre me frappe le visage.
- Ca, c'est en honneur à ton rituel.
J'ouvre la bouche, laissant le liquide glisser sur mon visage. Commençant à comprendre pourquoi elle disjoncte complètement.
- Leila, je ...
Une claque meurtri violemment ma joue, étouffant ma phrase et j'ouvre rapidement les yeux pour me protéger d'une cinquième attaque. Je cligne frénétiquement des yeux afin d'enlever l'eau rentrée dans ceux-ci.
- Et ça, c'était en option !
Crie-t-elle souriante. Elle me fait un ultime clin d'oeil puis s'éloigne aussi rapidement elle est venue. Je la regarde partir, complètement figé, immobilisé alors que sa crinière rousse s'évapore dans la foule. Ma main se lève machinalement vers ma joue, encore douloureuse. Putain, mais elle délire là. Je baisse le regard vers mon t-shirt trempé. L'eau dégouline encore sur mon visage. Je me retourne lentement vers le groupe de filles qui observent la silhouette de Leila s'éloigner, les trois bouche-bée, les yeux écarquillés.
- Je l'aime cette fille!
- T'es bien la seule.
Zora est la première à éclater de rire, tapant fébrilement de ses mains. Merci Zora. J'ai déjà l'air assez con comme ça pour que tu t'y mettes aussi. Lyah me tend un mouchoir, réprimant son rire. Toi aussi, évite. Je sèche rapidement mon visage d'un mouvement brusque, sentant mes muscles se tendre. Je serre les dents et reste immobile, revoyant sa colère. Putain, Leila, tu viens de signer ton contrat de décès. Je passe mon verre de Whisky à Emma et m'apprête à partir à sa recherche.
- Tom. Tomi chéri. Va dans la chambre de mon père et prends un t-shirt s'il te plaît. Tu vas tomber malade si tu restes trempé comme ça.
J'acquiesce rapidement sans dire un mot puis m'éloigne des filles. Putain Leila, tu vas connaître la signification du mot regretter. Alors que je pousse les gens qui dansent sur la piste, je passe une main sur mon visage, séchant encore quelques gouttes d'eau. Je me dirige vers la table qui nous a été désignée en début de soirée. Je retrouve Bill et Nadia dans un coin qui boivent gaiement à la bouteille.
- T'AS VU LEILA?
Je ne sais pour quelle raison, Bill éclate de rire sans détacher son regard de Nadia. J'arque un sourcil, cherchant une réponse à ma question et à son rire.
- Vous passez votre soirée à vous chercher les gars. Appelle là sur son portable, c'est plutôt pratique!
Nadia rit avec lui, sans détacher son regard de celui de Bill non plus. Je les regarde soûlé de les voir aussi complices, en mode "J'en-ai-rien-à-foutre-de-ce-que-tu-racontes-Tom". Ils sont complètement bourrés. Des bourrés heureux en plus.
- Elle est allée dans la salle de bain, je crois. Enfin, aux dernières nouvelles.
- Merci NADIA; réponds-je insistant sur son prénom et regardant mon double.
- De rien, TOM; répond Bill.
Putain. Salut les gars.
_2h51_
- T'es marrante toi. Tu dois soutenir le regard en me regardant. Celui qui détourne le regard est le perdant.
- J'aime pas ce jeu, répond elle regardant les gens qui nous entourent.
- Mais si tu gagnes, tu me demandes ce que tu veux! Ce n'est pas tous les jours que j'attribue ce pouvoir tu sais.
Elle plante ses yeux gris sur les miens puis sourit avec malice.
- Je peux demander n'importe quoi?
- Oula. Tu as une idée en tête toi. Ca sent pas bon.
- Si je gagne, tu danses.
- Tu danses avec moi?
- Yes.
- Je n'aime pas danser, tu le sais, non?
- Je m'en doute. Je ne t'ai jamais vu danser jusqu'à maintenant. Alors que ce n'est pas les occasions qui manquent.
- Très bien. Vendu. Et si moi je gagne, je .. Hum. Tu dors chez moi.
Ses yeux s'écarquillent démesurément, comme si je venais de lui demander de se déshabiller à l'instant.
- Chez toi ...?
- Oui, enfin. A l'appartement, tu sais?
- Non mais ce n'est pas équitable, moi je te demande de danser et toi ..
- de DORMIR chez moi. C'est pas dur dormir non? Tu dors bien tous les jours, n'est-ce pas?
- Oui mais pas ...
- Trois, !
- Bill, je ...
- Deux!
- Passe moi la bouteille à tes côtés.
- UN !
Je tends le bras pour lui passer la bouteille de Champagne sans la quitter des yeux et ris en la voyant avaler une longue gorgée, se préparant psychologiquement à la torture visuelle. Je me force à arrêter de rire, humidifie mes lèvres puis pénètre dans ces yeux gris hypnotisants.
- Waw. Tu tiens vraiment à dormir chez toi, dis donc.
- L'alcool ça aide.
- A ?
- Soutenir ton regard.
- Entre autres.
Elle se pince les lèvres puis elle rajoute:
- Et toi, tu tiens vraiment à ne pas danser, dis donc ; m'imite-t-elle
- Je tiens vraiment à ce que tu dormes chez moi tu veux dire.
Ses joues reprennent cette couleur rosée et je souris, heureux de connaître la raison cette fois. Je lui prends la bouteille:
- On peut tenir toute la nuit comme ça.
- On doit avoir l'air cons sérieux.
- Et alors? Personne nous regarde.
- Comment tu sais? Tu veux pas vérifier un coup là?
- Arrête d'essayer de tricher là, tu crois que je t'ai pas vu?
Elle rit et entrouvre les lèvres pour reprendre. Mais on se voit interrompus par ... Tom. Désolé Tom, je peux pas tourner la tête vers toi, sinon je devrai me taper la honte sur la piste de danse. Je préfère éviter, vois-tu.
- T'AS VU LEILA?
Je ris entendant la question de Tom. Ces deux là n'arrivent donc jamais à être au même endroit , au MEME moment?
- Vous passez votre soirée à vous chercher les gars. Appelle là sur son portable, c'est plutôt pratique!
Nadia éclate de rire et on part dans un fou rire sous les yeux incompréhensif de Tom.
- Elle est allée dans la salle de bain, je crois. Enfin, aux dernières nouvelles.
- Merci NADIA; réponds Tom, intensifiant le ton sur le prénom de Nadia.
- De rien, TOM; réponds-je pour le taquiner.
Je t'expliquerai Tommmmmm, on est en dueeeeeeeeeeel.
- Hey, t'es pas chez toi hein. Alors les portes avec am...
Il prend mon visage avec une main, et serre mes joues. Ce qui doit me donner un air de ... poisson rouge. J'essaye de refermer les lèvres pour avoir l'air moins conne mais avec sa force, ils restent en O.
- Tom, c'est moi qui devrais être énervée. Et je le suis, mais là tu me fais peur.
Il me fixe et approche son visage. Ses yeux enflammés me brûlent. Je vois encore ses traits mouillés, et ses muscles sont durcis.
- Tom, regarde comme je parle. Et en plus, tu me fais mal. Rappelle-toi que je saignais de la lèvre tout à l'heure.
Malgré mes tentatives pour le persuader de me lâcher, il reste immobile me fixant. Il doit vraiment avoir envie de me frapper là. Encore une fois, je tente l'humour. Je lui gueulerai dessus dès que je serai loin de ses griffes de psychopathe.
- Quoi? Tu n'as pas aimé la petite douche à l'eau des chiottes? C'était une petite douche de rien du tout, tu sais?
- A ... l'eau .... des ..... chiottes ? Demande-t-il doucement.
- Putain Tom, tu peux me lâcher et parler normalement? Tu me fais peur.
Il lâche mes joues et recule d'un pas. Il serre ses dents puis me dévisage à nouveau. Je lève une main vers mes joues douloureuses.
- Tu sais très bien pourquoi j'ai fait ça!
- Non je ne sais pas!
- Si! Je te l'ai dit! "En honneur à ton rituel" !
- C'est débile.
Je fronce les sourcils, furieuse. Oui, il n'est plus aussi près et surtout il ne me fait plus son regard assassin.
- Ca ne l'est pas pour moi! Tout le monde est au courant, tu m'as fait passer pour une idiote.
- Et toi pour un idiot! Il marque un temps d'arrêt et reprend, d'un ton moqueur. C'est qu'on doit l'être alors. Il est temps de prendre ta douche je crois.
Mes yeux s'écarquillent incrédules, alors que je le vois se balancer sur moi.
- Quoi? Quoi ? Tom ? TOM ! Lâche moi.
Je n'ai pas le temps de réagir, qu'il me lève avec une facilité déconcertante. Mes talons décollent du sol et je sens ma tête tomber vers le bas, alors que mes pieds montent vers le toit.
Tom me tient sur son épaule et avance vers la douche. Je gigote des jambes pour le déstabiliser. Mon sac à main tombe par terre alors qu'il enlève habilement mes chaussures.
- TOOOOOOOOOOOOOM KAULITZ, ARRETE CA TOUT DE SUITE! ARRETE! ARRETE! PARDON, PARDOOOOOON.
- Trop tard, fallait y réfléchir avant.
Je commence à taper son dos de toutes mes forces.
- Espèce de Tom Kaulitz, tu mériterais que je te noie dans la cuvette des chiottes la prochaine fois. Je te jure que si tu me mets dans la baignoire, je te manquerai pas.
- Moi non plus; répond il éclatant de rire.
J'atterris dans la baignoire et je me débats férocement avec lui pour me libérer de la force de ses bras, qui me retiennent. Je me redresse alors qu'il s'approche du robinet. Alors que j'arrive à sortir une jambe, il m'immobilise rentrant une jambe à son tour. Putain. Il est dingue. Il compte vraiment le faire. Mon dieu. Pourquoi Superman existe pas là, maintenant, tout de suite. J'entends l'eau couler et en moins d'une seconde je suis trempée, l'eau froide coupant ma respiration. Je cesse alors de me battre et ferme les yeux, protégeant mon visage avec mes bras du courant d'eau. Il m'arrose sans pitié de la tête aux pieds, alors que j'essaye de me protéger par un quelconque moyen. J'attrape son t-shirt pour le faire perdre l'équilibre. En vain.
- Tooooooom, arrêteeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee.
Mes cheveux collent mon corps rapidement et ma robe devient lourde absorbant l'eau. Je crie à l'aide, mais la musique est trop forte pour qu'une quelconque âme errante entende mon appel au secours. L'eau parcourt mon corps mouillé jusqu'au dernier recoin. Soudainement l'eau s'arrête. Je rouvre les yeux, tremblante. Il est là, au dessus de moi, suspendu dans l'air, prenant appuie sur les rebords de la baignoire, et affichant son sourire triomphant.
- Ca t'apprendra à m'arroser à l'eau des chiottes.
Je bats des cils, stupéfaite et furieuse à la fois. Enragée. Hors de moi. Alors que je m'apprête à sortir tout mon répertoire d'insultes, il baisse la tête agilement et écrase ses lèvres contre les miennes de façon possessive. Il écarte légèrement ses lèvres, appuie pour accentuer son baiser et mêle sa langue à la mienne. Nos lèvres entremêlées, je sens son souffle tiède réchauffer mon visage humide. Puis, aussi vite il s'est approché il se détache et se redresse, restant penché sur moi dans le vide une nouvelle fois. Je reste pétrifiée le regardant faire.
- Ca, c'était en option.
Je reste figée, admirant ce sourire. Le haissant comme jamais. Si seulement j'avais les forces de réagir. Là. Maintenant. Putain Leila, t'es carrément hors service. Je refais une nouvelle tentative d'insultes mais rien ne sort. Aucun son ne traverse mes lèvres congelées malgré mes efforts.
Il sourit, se baisse à nouveau, passe une main sous mon dos et me relève en un clin d'oeil. Il me dépose par terre et me tend une serviette, comme si de rien n'était. Je le dévisage toujours perplexe, me remettant de mes émotions.
- On dirait que l'eau froide t'a coupé la parole. C'est pourtant dur ... ; dit-il haussant les épaules.
Je serre avec force la serviette sur mes épaules, sentant le froid parcourir mon corps frêle. Quoique je ne saurais pas dire si c'est par froid ou par haine que mon corps tremble comme une feuille. Leila, ignore le. Tu planifieras ta vengeance plus tard. Garde ton sang froid, même s'il est très froid à cet instant même. Je détache mes yeux incrédules des siens et essaye de sécher vainement ma longue masse de cheveux. Je le vois du coin de l'oeil enlever son t-shirt. Mon Dieu. Leila, ne regarde pas. Ne regarde pas ou tu risque de réchauffer ton sang très vite. Je ferme fortement les yeux, énumérant les insultes à son sujet. Accumulant ma haine, pour ne pas craquer. Ne pas revoir ce torse. Ne pas revoir ces scènes. Ne pas remémorer la saveur de ses lèvres. Ne pas revoir son visage au dessus de moi, ce sourire dessinant ses traits.
- Allez viens. On va se changer.
J'ouvre les yeux brusquement, le fusillant du regard.
- Je ne vais nulle part avec toi!
- Tu comptes aller te pointer au salon comme une fleur? Avec ta robe devenue transparente? C'est les mecs qui vont kiffer en tout cas.
- Je monterai me changer toute seule!
- Je crois pas non. Tu viens avec moi. M'oblige pas à t'amener sur l'épaule une nouvelle fois.
J'ouvre et referme les lèvres plusieurs fois, cherchant la phrase, le mot qui le remettra à sa place. Qui le détruira. Mais je dois dire que sur ce coup là, sur cette bataille, il mène de l'avance.
- Ramasse mon sac et mes talons, ordure.
Dis-je, relevant le menton et le poussant légèrement pour passer. Il refait son sourire en coin et ses yeux me bouffent du regard. Dieu, si je n'avais pas autant envie de le couper en petits morceaux à la tronçonneuse, je fondrais. Il s'exécute et je déverrouille la porte, le regardant par dessus mon épaule.
- Plus vite que ça l'ordure.
- Tu as envie d'une autre douche toi.
Je m'empresse de sortir en courant vers l'étage. Je préfère ne pas vérifier la véracité de ses menaces.
- Bil. Excuse-moi de vous déranger. Je... Je pars. Je voulais vous dire au revoir.
Je reconnais cette voix. Apparemment Bill aussi puisque, dans une seconde de négligence, il tourne la tête vers elle. Je reste figée, le fixant, battant des cils, déçue et confuse, puis baisse le regard enfin.
- Oh ... Tu pars?
Le temps semble s'être arrêté à ce moment là. Je me force à relever le visage, entamer un sourire et poser mes yeux vitreux sur elle. Elle détache alors son regard de Bill et le cloue sur moi. J'ai du mal à la voir correctement, puisque ma vue est nébuleuse. Je discerne pourtant un sourire triste imprégné sur ses traits fins. Elle me sourit.
- Oui. Je suis fatiguée; répond-elle me fixant. Puis elle tourne son regard vers Bill une nouvelle fois. C'est toujours bon pour demain?
Je fronce les sourcils, gardant mon sourire sur place malgré moi. Mes yeux se baissent une nouvelle fois, et ma respiration se bloque, attendant la réponse de Bill.
- Oui, toujours.
- Ok. A demain alors! Et bonne année, encore.
- Toi aussi.
Elle m'adresse un dernier regard puis s'éloigne lentement. Je déglutis avec difficulté, la contemplant partir. Chassant de ma tête leurs derniers mots échangés et qui font un désagréable écho brouillant. Mais je n'ai pas envie d'en savoir plus, pas envie de l'entendre me parler d'elle. Je lève la vue prise d'un étrange élan de courage et plante mes yeux sur les siens. Un certain mal-aise peint ses traits parfaits et il baisse les yeux, gêné. Je décide de ne pas s'attarder dessus et lui sors, d'une voix joyeuse.
- Je crois qu'il faudra danser, Bill.
Il relève le visage abruptement et me dévisage effaré.
- Quoi?
- Bah c'est ce qu'on avait prévu Kaulitz, lui rappelé-je haussant les épaules.
- Mais je ne sais pas danser ... ; dit-il les yeux ronds, soudainement paniqué.
- Mais si. Tout le monde sait danser. Surtout avec une bouteille d'alcool dans le sang.
- Demi bouteille, l'autre moitié se trouve dans ton sang s'il te plaît.
- Si on veut! Sur piste!
- Noooooooon; me supplie-t-il me faisant les yeux doux.
Quel mauvais perdant, mon dieu. Je roule des yeux et lui attrape la main brusquement, étouffant son rébellion d'une dernière phrase tranchante.
- Je ne suis pas ouverte à la négociation.
Lui dis-je, me dirigeant vers le milieu du salon, et l'entendant vaguement protester derrière moi. Je me rapproche de la masse euphorique avec difficulté, titubante. Me forçant à marcher droit. Les corps nous bascoulent et je risque de perdre l'équilibre à tout moment. C'est là que je me rends compte combien la tâche sera difficile. Je souris puis me retourne vers Bill qui semble perdu du haut de ses deux mètres. Il a son sourcil divinement arqué et ses bras croisés, planté au milieu de la foule dansante. Boudant. Paniqué. Gêné. Je ris le voyant aussi désespéré, ne sachant où se mettre. Puis, je me mords les lèvres, incrédule face à son comportement enfantin. En fait, à chaque fois qu'il fait un pari, il ne compte jamais mener à bout son gage et accepter son statut de perdant. Il part toujours dans l'optique qu'il gagnera. Quelle crotte, comme dirait ma chère Leila. Ses yeux blasés me scrutent et me supplient de le laisser partir de là. Sa mine infantile m'attendris mais je fais non de la tête, souriante. Il fait alors une moue adorable, vraiment embarrassé de se trouver au milieu de tous ces gens entassés. Je m'approche alors de lui, passe une main autour de sa taille et l'entraîne dans ma danse. Cette proximité semble le décoincer légèrement -ou le motiver- car il suit mes mouvements et passe son bras autour de ma taille à son tour, me serrant contre lui. Nos corps se collent alors et suivent le rythme effréné de la musique. Malgré son début timide et incertain, je le sens peu à peu se décontracter et se laisser aller, laissant la musique s'engouffrer dans ses veines. J'introduis les pas à faire et il les imite attentif. Je souris le regardant aussi concentré. Ce n'est qu'au bout de trois ou quatre chansons qu'il se laisse librement guider par le rythme et rive enfin ses yeux sur les miens. Je lui souris, malgré le fait que j'aie l'impression que je vais tomber à n'importe quel moment, que ma tête va exploser, que j'ai terriblement chaud, que les talons me font mal, que je sens que je vais vomir tout l'alcool de mon corps et que j'ai crève d'envie de l'embrasser. Il me rend mon sourire, le sien en coin, comme il a l'habitude de faire. Je fonds. Je baisse le regard et me rapproche de lui une nouvelle fois. Puis je me retourne pour danser dos à lui et ne pas sentir son regard me brûler le visage. Ce regard que je reconnais si bien, lorsqu'il a des idées derrière la tête. Lorsque ces idées rejoignent les miennes, et qu'il s'en rend parfaitement compte. Qu'il jubile en me voyant rougir comme une conne. Qu'il sourit comme un con et qu'il me rend dingue. Son torse se colle à mon dos. Ses mains viennent s'installer sur mon ventre et je ferme les yeux, savourant cette proximité, et me forçant à garder mon sang froid. A ne pas me retourner et l'embrasser sauvagement. Ne pas me laisser aller malgré la prise totale de contrôle de l'alcool sur moi. Je reste consciente malgré la torpeur de mon esprit, malgré le litre d'alcool qui court dans mes veines. Mais la barrière qui nous retient lorsqu'on est sobres n'est plus. Je sais que c'est lui. Je sais qu'en état normal je paniquerais de sentir ses mains caresser mon ventre, je sais que jamais je ne danserais de cette façon avec lui. Mais on laisse toujours aller nos désirs quand on boit. Et merde, j'avais dit que je boirais plus en sa présence. Oui, je me l'étais juré. Pourquoi donc je me suis explosé la gueule à la bouteille, avec LUI, alors? Il y a quelque chose qui cloche et pourtant je n'arrive pas à suivre la logique de mes pensées. J'arrête pas de sourire bêtement, me sentant heureuse. Je soupire, déconcertée. Je sens son souffle se coucher sur mon épaule, et sa joue frôler la mienne. Son visage si près, sa respiration saccadée frappant mes épaules dénudées, son corps suivant mes courbes. Je me retourne alors vers lui, impatiente. Il sourit comme un con, tel je l'avais imaginé étant dos à lui. L'envie de lui effacer ce sourire me brûle les entrailles. Rien qu'à l'idée je sens mon rythme cardiaque se décupler. Mon taux d'adrénaline grimpe cruellement alors que je fixe ces lèvres interdites quelques instants et sens mon coeur se gonfler de désir. Je ne sais pas s'il le fait exprès ou pas, mais sa langue humidifie ses lèvres lentement et je me sens défaillir sur place. Son bras encerclant ma taille retient mon corps titubant. Je relève la vue vers lui et je décèle au fond de ses yeux cette même lueur de désir irrépressible. Nos soufflent se mélangent et semblent supplier la même chose. Il baisse la tête lentement et pose son front sur le mien. Nos yeux restent accrochés, victimes de ce désir irrésistible, de cette attirance incoercible. Tentation condamnée. Avides et affamés. Mais le mouvement de ses lèvres attire mon attention et je lis sur ses lèvres une phrase silencieuse. Suis-moi. Je hoche lentement la tête, bouillant d'impatience. Il se détache alors de mon corps, regarde autour, s'empare de ma main et se dirige je ne sais où. Mes pas tremblants le suivent excités, et mes doigts s'entremêlent aux siens, serrant l'étreinte. Nadia ... Nadia. Qu'est-ce que tu fais? Sais-tu que demain tu auras envie de te tirer une balle si jamais tu ... Je secoue la tête, refusant de penser à demain. Refusant de souffrir à l'avance. Refusant de me retenir. Mes lèvres me brûlent impatientes de goûter les siennes. Mon corps frémi anxieux de sentir ses mains le découvrir. Mon coeur s'ébranle pressé de sentir son souffle anéantir le mien. Je suis ses pas, nerveuse et surexcitée, impatiente. Hors de moi. Rongée par le désir, amplifié par l'alcool. Des escaliers qui montent. Une porte qui s'ouvre et se renferme. Obscurité. Et lui qui me plaque contre la porte de la chambre et cherche mes lèvres dans la noirceur de la pièce. Je lève le visage vers lui avidement et nos lèvres se rencontrent enfin, mettant fin au supplice. Elles s'emmêlent violemment, assoiffées, altérées et insatiables. Son corps se colle au mien avec force et je tire de son t-shirt pour effacer toute distance entre nous. Sauvagement, nos lèvres retrouvées se dévorent sans pitié. Sans contrôle. Sans conscience. Sa langue joue avec la mienne, et lentement, je me sens chanceler dans ses bras, faiblir sous ses baisers indomptables. Défaillir sous son emprise et le désir vorace qui nous ronge. Nos corps se détachent de la porte et on cherche le lit dans le noir de nos pas aveugles. Nos lèvres ne se délient pas pour autant, toujours prisonnières entre elles. Mon corps bascule contre un meuble et je me retrouve rapidement allongée sur ce lit, son corps sur le mien. Ses mains tremblantes de désir parcourant mes courbes. Ses lèvres me quittent et je laisse échapper un soupir incontrôlable, sentant mes sens disjoncter complètement, mon pouls faiblir et meurtrit due à la cadence démente de mon coeur. Une chaleur envahir chaque parcelle de mon corps. Ses lèvres descendent le long de mon cou, posant des longs baisers, sa langue faisant frémir chaque cellule de ma peau brûlante. Mes muscles subissant cet abattement général, impuissants. Défaillants. Affaiblis. Soumis. Je tire la tête vers l'arrière, agonisant sous ses baisers humides. Sentant le désir m'étouffer intensément. Alors que ses lèvres parcourent mon corps, ses mains viennent lentement défaire ma robe. J'arque mon dos cette fois-ci pour lui faciliter la tâche et sa main descend l'ouverture éclair agilement. Il relève alors le visage vers moi et ancre ses yeux flamboyants sur les miens, ardents. Fervents. Un regard échangé qui dure une éternité puis ses lèvres retrouvent ma peau fiévreuse, remontant vers mes lèvres. Mes mains glissent sous son t-shirt et mes longs doigts survolent son ventre plat, le faisant tressaillir doucement. Je tire de son t-shirt vers le haut, ce qui l'oblige à s'arrêter, et m'aider à l'enlever. Je jette le bout de tissus au sol et et je rate quelques battements de coeur lorsque je sens son torse chaud venir s'allonger sur moi. Je pose la paume de mes mains sur ce torse immaculé et descends lentement vers sa ceinture. Je le sens retenir sa respiration au dessus de moi et je souris. J'entreprends alors de défaire sa ceinture, entendant le rythme saccadé de son souffle. Il descend alors une main vers la mienne, la remonte vers son torse et la pose au niveau de son coeur. Il chuchote dans un souffle entrecoupé:
- Tu le sens? Tu le rends fou.
Je souris et remercie Dieu d'être dans la pénombre et complètement bourrée. Sinon mes joues aurait pris le feu à cet instant même. Je laisse ma main dans la sienne quelques instants, glissant mes doigts le long des siens, et essayant de retrouver une respiration stable. M'accrochant à lui. Ses lèvres attrapent les miennes de nouveau et je m'abandonne à lui, encore. Ma main libre continue à défaire sa ceinture et après quelques instants je réussis. Je tire brusquement d'elle, la sortant des passants de son pantalon. Elle atterrit par terre faisant un bruit sourd. Mon coeur s'enflamme palpant les boutons de son pantalon. Alors que Bill commence à tirer de ma robe et moi à déboutonner son pantalons, soumis l'un à l'autre, la porte de la chambre s'ouvre en fracas. On sursaute surpris. Surprise qui laisse rapidement place à l'embarras. Putain. Je me cache rapidement sous Bill, qui lui tourne le visage vers la porte, irrité.
- Si tu n'avais pas fait ta maligne, tu aurais évité la douche.
- Si tu n'étais pas aussi con, tu aurais évité l'eau des ch...
- Bill?
- NADIA?
ENFIN >_<
Je hais la mise en page, vous le savez, nein ? --'
Ca me gonfle les ovaires à un point ... o_0
BONNNNSOIIIIIIR Sweetiiiiiiieeeees
Je m'excuse pour ce retard XXL. Vraiment. Toutes mes excuses de vous avoir fait autant attendre!
J'ai repris les cours & c'est ma dernière année alors autant vous dire que je n'ai plus autant de temps pour ESCP comme avant.
Anyway, je vais essayer de poster chaque deux semaines, des chapitres moins longs (cinq à dix pages) même s'il ne se passera pas forcément des choses croustillantes (Je ne peux pas enchaîner action sur action).
Je refuse de laisser tomber mais je ne dispose pas de tout le temps dont je voudrais lui consacrer.
Chaque chapitre prend en moyenne autour de 20h & je ne peux plus faire ça.
Alors, réduction des Chapitres, mais régulièrement.
Ca vous va? :)
Ensuite, j'espère que vous allez bien depuis le temps ?
Vous m'avez réellement BEAUCOUP BEAUCOUP manqué *_* ...
Ca me fait tellement plaisir reposter, & vous retrouver, vous avez pas idée !
Je suis toute excitée à l'idée de prendre de vos nouvelles & savoir ce que vous en pensez, revivre le Chapitre à travers vos yeux <3
Merci pour tout, vos commentaires & votre présence. Pour tout ...
Merci aux nouvelles lectrices, ainsi qu'aux anciennes, celles qui passent TOUS les jours, les fantômes (la forme?),à mes clickeuses professionnelles, toutes toutes, toutes ! MERCI.
Petit rituel, c'est parti :
✩ Quentin / Leila ?
Surprises de la réaction de L ? Ou des explication de Q?
✩ Lyah / Georg ?
✩ Tom / Emma ?
✩ Emma / Leila ?
✩ Emma / Sascha?
✩ Leila / Nadia / Bill ?
✩ Tom / Leila ? (hihi)
✩ Bill / Nadia ?
✩ MOMENT PREFERE / REPLIQUE PREFEREE ?
J'espère que ce Chapitre sera à la hauteur de vos attentes, perso' il ne me plaît pas plus que ça =/
J'ai beaucoup d'idées pour le Chapitre 49 (& la fin est écrite!) alors il ne devrait pas tarder.
Je vous embrasse fort :)
PS: Je recherche l'adresse de "Lili" ; tu me l'avais déjà donné il y a quelques temps.
Je suis tellement une boulette, que je ne la retrouve plus >_<
Alors si tu passes encore par ici & que tu te reconnais, je wait :)
(Je tenais à réagir à ton commentaire, remember?)
Spécial Merci à "EVA" tes commentaires étaient adorables <3 !
I MISSED YOU ♥


