***__Chαpitre 8__ *** « Quel connαrd celui-là ...»

***__Chαpitre 8__ ***  «  Quel connαrd celui-là ...»
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« Cαr bien souvent, pour que nous découvrions que nous sommes αmoureux,
peut-être même pour que nous le devenions,
il fαut qu'αrrive le jour de lα sépαrαtion. »

Proust



_____POV Nikola


Du coin de l'½il je l'aperçois. Elle se trouve dans le somptueux canapé qui se trouve juste en face de nous, à côté de Carol, et elles bavardent depuis un moment. Sans la regarder directement, j'entraperçois ses gestes de la main lorsqu'elle parle et malgré le son de la musique résonnant fortement et couvrant les bruits –et les diverses conversations- qui nous entourent, j'arrive à deviner le son de son rire. Je ne pense pas qu'elle m'ait vu, et c'est tant mieux. Moi je suis avec Quentin et Fab dans le bar, en train d'enchaîner les verres. Je n'écoute plus ce qu'ils disent. Je l'ai évitée toute la soirée parce que je sais qu'elle m'aime encore et la dernière chose que je veux au monde maintenant c'est la faire souffrir. Si l'on s'éloigne peu à peu, elle pourra m'oublier. Pour ma part, je sais que je ne suis plus amoureux d'elle, même si elle me fait quand même toujours de l'effet. ___ Elle s'est levée et se dirige vers la table d'alcools. Elle aurait pu venir chercher son verre ici avec nous, non ? Non, non, tant mieux si ce soir on s'évite mutuellement. Je me concentre à nouveau dans la conversation qui se déroule entre Quentin et Fab. Ils parlent des vacances d'été ; ils commencent l'organisation pour partir tous ensemble comme l'été dernier. Ils remémorent quelques épisodes marrants, et je rigole avec eux. A l'époque je sortais déjà avec Leila, l'ambiance était donc parfaite dans le groupe. Cet été, ça risque d'être tendu niveau ambiance. On ne pourra pas s'éviter éternellement Leila et moi. Je lance un regard fugace vers elle tout en buvant une gorgée de martini et manque de m'étouffer quand je la vois prendre la main de Kevin et le trainer danser avec elle. Mais qu'est-ce qu'elle fout ? Je fronce les sourcils tout en scrutant la scène. Et pourquoi je réagis comme ça ? Il y a deux minutes j'étais en train de me dire que je voulais qu'elle m'oublie et là... Non, je ne veux pas qu'elle m'oublie finalement ! Non, faut que j'arrête d'être aussi égoïste, d'être aussi possessif, de... Mais comme elle le chauffe !!! Ca va pas de danser comme ça ? J'essaye de dévier le regard, sans succès, parce que mes yeux reviennent sur elle immédiatement. Je commence à avoir chaud, je sens la fureur m'envahir doucement. Je repère les mains de Kevin caresser ses cheveux. C'en est trop. Elle va trop loin. Je pose mon verre brutalement et me dirige d'un pas décidé vers elle. Malgré la dense quantité de monde qui se trouve dans la « piste », j'arrive sans difficulté à elle. Avant de prendre sa main brusquement, je lance un regard assassin à Kevin, mais je ne pense pas qu'il ait pu déceler mes envies meurtrières dans mes yeux avec l'obscurité qui nous encercle. Je tire d'elle et sors au jardin de la maison de Max. Elle est vraiment bourrée, parce qu'elle a du mal à ouvrir les yeux et se tient avec difficulté. Je ne pense pas qu'elle ait encore assimilé que c'est moi qui l'ai arraché de l'étreinte de Kevin. Je la regarde toujours avec les sourcils froncés, j'attends qu'elle me donne une explication. A quoi ? Je ne sais pas exactement. Pourquoi elle le chauffait comme ça devant ma gueule ? Elle croise les bras. Ok, je vais donc commencer la partie si elle y tient. Je la vois trébucher vers l'arrière et machinalement je la retiens pour pas qu'elle ne tombe. Je suis si près d'elle, que je pourrais... Non. Je m'éloigne doucement et lui lance, toujours énervé :

- Ca t'éclate de faire la salope comme ça devant tout le monde?

Oops. J'y suis allé un peu fort peut-être. Mais je suis vraiment hors de moi. Ma phrase semble aussi la mettre hors d'elle, parce qu'elle ouvre grand les yeux incrédule et me met une claque de toutes ses forces.

- Non mais ça va pas de me parler comme ça ? Tu te prends pour qui ?, réplique-t-elle, manifestant dans sa voix sa colère.

Cool. On est deux à être énervés. Je pose ma main où elle vient de frapper. La peau me brûle à cause de l'intense férocité dont elle a fait preuve.

- Je suis ton ex, ton ami aussi. Je pense que je peux me permettre de faire ce genre de remarques, répondis-je, toujours énervé.
- Et bah non, tu as tout faux. Tu es mon ex, certes, mais ça ne te donne pas le droit de me parler comme ça. On ne peut pas vraiment dire que tu es mon ami puisque tu m'ignores depuis que tu es arrivé. Si pour toi c'est ça être amis, on n'a pas la même conception de l'amitié !

Elle a toujours une réponse à tout, je ne sais pas comme elle fait. Elle a remarqué que je l'évitais ? Ca montre que je ne la laisse pas si indifférente que ça, comme elle l'a prétendu durant la soirée.

- Si je dis ça c'est pour toi. C'est ça l'image que tu veux donner ?, demandai-je.

Je ne sais pas quoi dire. Et le pire c'est qu'elle sait que je me voile la face.

- Je dansais Niko ! Je ne vois pas où est le mal ! Mais t'inquiète, je te connais. Je sais que ce n'est pas l'image que je puisse dégager qui te préoccupe. Je dirais plutôt que tu es jaloux, mais tu ne l'avoueras jamais, trop arrogant pour ça...

J'allais riposter à sa dernière intervention lorsque un blond sort et se pose tranquillement contre le mûr. Il regarde Leila puis moi et lance :

- C'est toujours l'amour fou entre vous dites donc !

Leila et moi réagissons de la même façon car on le pointe du doigt et rajoutons:

- Toi ta gueule!

Quentin, au lieu de partir, comme toute personne normalement constituée l'aurait fait dans une situation d'orage comme celle-ci, sourit et réplique:

- Ouh qu'est-ce que vous êtes susceptibles ce soir... Faites l'amour, pas la guerre voyons!

Je lève les yeux au ciel. Il s'en fout que la situation se retourne contre lui ou quoi?

- Quentin, mon amour, ce n'est pas le moment de nous faire part de ton incroyable humour, rétorque Leila, agacée.
- Hum, okay je vous laisse les tourtereaux ... mais je vous préviens d'une chose. Vous avez intérêt à arrêter de vous engueuler la plupart du temps parce que cet été on part tous ensemble, que vous vous aimiez ou que vous vous détestiez.

Qu'est-ce qu'il parle de l'été lui, c'est dans huit mois à peu près! Il nous lance un dernier sourire et s'éclipse. Mes yeux reviennent donc sur Leila. Le regard plein de haine qu'elle m'adresse me rappelle où en étions-nous. J'ouvre la bouche pour lui dire que non, je ne suis pas jaloux mais elle est plus rapide:

- Pourquoi tu m'as ignorée comme ça?

Sa colère s'estompe à mesure que la phrase sort de sa bouche, pour la finir dans le ton le plus triste qu'elle puisse émettre. Dans ses yeux je ne décèle plus cette joie de vivre qui les caractérisent. Oh non Leila, je te préfère savoir énervée contre moi et pas démolie comme ça... Il faut donc que je la provoque.

- Je ne t'ai pas ignorée! Arrête de penser que tu es le centre du monde. T'avais qu'à venir me voir si tu en crevais autant d'envie!

Je dis cette phrase dans le ton le plus arrogant possible. Je sais que ça va l'énerver, et qu'elle me haïra dans sa tête... au moins quelques instants. Et ça marche.



_____POV Leila


Quoi? Pardon? J'ai toujours décelé chez lui un brin de vanité mais à ce point? J'écarquille les yeux et lui crie presque:

- Monsieur ne se prend pas pour de la merde, dis donc! Tu me dégoutes à être si arrogant. Mais tu vas tomber de haut Niko, crois moi.

Je m'apprête à rentrer mais il me retient par le bras. Quoi encore? J'ai mal à la tête et j'ai besoin de m'asseoir. Et je suis trop conne, ma voix m'a trahie tout à l'heure quand je lui ai demandé pourquoi il m'avait ignoré. Je lui ai laissé voir ma faiblesse: lui, en l'occurrence. S'il avait des doutes sur l'amour que je lui porte, c'est mort, il peut en être sûr maintenant. C'est ça le problème de l'alcool, c'est que la 'censure' est en mode-off. Sans aucune goute d'alcool dans le sang, je n'aurais jamais demandé "pourquoi tu m'as ignorée?", jamais je me serais rabaissée comme ca. Je me retourne pour voir ce qu'il veut, mais il ne fait que me fixer. Je me libère donc de sa main -de sa patte, oui, c'est mieux- et rentre. Je cherche les toilettes, je pense que je vais vomir. Je marche par le long couloir qui me conduit à eux. Quelqu'un me suit, mais je ne peux pas prendre le temps de m'attarder à regarder de qui il s'agit. J'arrive enfin, et m'agenouille devant les toilettes pour vomir. Ce quelqu'un est rentré et se trouve derrière moi. Il ou elle me tient les cheveux pour pas que je les salisse. Ca y est. Je vomis tout l'alcool consommé. C'est tellement désagréable que les larmes me montent aux yeux. C'est la partie la moins drôle du bourrage de gueule. Je me relève doucement et me rince la bouche dans l'évier. En relevant ma tête de celui-ci, j'aperçois Quentin dans le miroir, derrière moi, le regard préoccupé. C'est donc lui qui m'a suivie.

- Je vais te ramener chez toi choupette. Ca va mieux?, me demande-t-il.
- Oui, ça va, excuse moi d'avoir été désagréable tout à l'heure. Mais tu sais que quand on s'engueule avec Niko, c'est dangereux de s'approcher.
- Allez viens, tu me raconteras la suite passionnante de cette histoire dans la voiture, je te ramène. Je ne te laisserai pas conduire dans ton état. Qu'est-ce qui t'a pris d'autant boire?
- Hum je n'ai pas fait exprès. Quand je me suis rendue compte qu'il fallait que j'arrête, j'étais déjà bourrée tout simplement. Roh, ne me regarde pas comme ça, ça arrive à tout le monde!

Il me prend la main et on refait le petit chemin pour revenir au salon. Je m'empresse de dire au revoir à Max, Fab, Carol, Kevin -qui me lance un regard interrogateur-, et les autres. J'ignore Niko qui pourtant se trouvait avec eux. Je sors et attends Quentin dehors. Il ne met pas longtemps à me rejoindre et on monte dans la voiture. J'ai vraiment la tête qui tourne et je prie pour que le trajet se passe rapidement.

- Pourquoi vous vous êtes pris la tête cette fois?, me demande-t-il, tout en faisant marche arrière pour sortir du parking.

Je me prends la tête entre les mains. Pourquoi on s'est énervés déjà? Ah oui... Je dansais... Mais il n'a pas son mot à dire merde! Si? J'espère que Quentin saura m'éclaircir là-dessus. Je le regarde concentré dans la route et lui dis:

- Il est vraiment bizarre, tu sais? Je dansais avec Kevin et...
- Oui, je vous ai vus aussi. Enfin, je parlais à Niko, qui était censé m'écouter par la même occasion et puis j'ai suivi son regard. Il vous regardait danser, donc j'ai compris. Je le connais trop bien; ça a du le rendre jaloux et il a du te taper une scène... c'est ça?
- Tout à fait. Mais il a fait passer sa jalousie pour de la 'préoccupation' pour moi. Au lieu d'avouer qu'il était jaloux, il m'a traité de salope. D'après lui je dansais comme une salope, et soit disant il ne voulait pas que je dégage cette impression. Je n'ai jamais vu autant de mauvaise foi réunie en une seule personne!
- Hum, en effet. Mais tu sais, il est comme ça. Autant crever que s'avouer qu'il ressent encore quelque chose pour toi. Il a trop d'amour propre. Il a mis fin à votre relation, donc il ne doit plus t'aimer. C'est ça sa logique, tu me suis?
- Non, pas du tout.
- Il est vraiment orgueilleux. Il ne peut pas se permettre de revenir sur ses décisions, parce que tout ce qu'il fait est juste -pour lui-. Il ne reconnaît pas ses erreurs. Je ne sais pas s'il t'aime encore, mais en tout cas il est très possessif avec toi. Tu devrais l'oublier Leilou...
- Han? Mais je l'ai oublié, ne t'inquiète pas. Je..
- C'est à moi que tu essayes de faire gober ça? Je vous connais les deux. Ecoute, ne déprime surtout pas quand tu arrives chez toi, tu vas direct te coucher! Et puis, si tu ne peux pas éviter de penser à Niko, pense à dimanche..., dit-il levant les yeux au ciel.

Une fois arrivés, je lui fais un gros bisou sur sa joue, lui murmure un merci et descends à toute vitesse. Je rentre et ferme la porte derrière moi. Quel connard celui-là. Mais il va payer tout ce qu'il me fait, ça c'est sûr.




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Impressions ?

Un sincère Merci pour tous vos commentaires .
Si vous saviez comme ça me touche .

# Posté le dimanche 30 mars 2008 09:21

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 21:40

***__Chαpitre 9__ *** « Une petite vengeαnce ... »

***__Chαpitre 9__ ***  « Une petite vengeαnce ... »
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_____POV Quentin


Le timide rayon de soleil qui se faufile à travers ma fenêtre et qui ose me frapper en plein visage me réveille. J'ouvre avec difficulté un ½il et regarde l'heure : le réveil indique midi dix. Oh non, ce qui veut dire que dans une heure Leila débarque pour qu'on aille à cette pénible dédicace. Bon, ça ne prendra pas plus de vingt minutes, n'est-ce pas ? Il n'y a pas intérêt non. Alala, qu'est-ce qui m'a pris de m'avoir laissé manipuler par ces deux folles qui me servent d'amies ? Mais bon, faut que je me dise qu'au moins ça lui changera les idées à la petite rousse, et elle arrêtera de penser un peu à ce cher Niko. Je me retourne dans le lit et ouvre les yeux. Faudrait commencer à s'activer. Je souris lorsque je repense à la conversation téléphonique avec Leilou, hier, quand je l'ai appelé pour savoir si elle s'était remise de la veille et si tout allait bien.


__Flash Back__

- Alors ma petite rousse, ça va mieux ? T'as suivi mes ordres au pied de la lettre ? Tu es direct allée te coucher ? Tu n'as plus pensé à Niko ? Tu as tourné la page, c'est bon ?, j'enchainai les questions, manifestant l'hyperactivité de mon cerveau.
- Han ? Trop de questions Tinou, j'ai encore la tête dans le cuculin donc vas y doucement s'il te plait. Humm... Oui Papa, je suis allée me coucher direct. Et puis évidemment que j'ai tourné la page avec Nikola, j'ai carrément commencé un nouveau bouquin !, me répondit-elle joviale.
- Ahhh je te retrouve ! Ca fait du bien...

__Fin du Flash Back__


Un nouveau bouquin... Où est-ce qu'elle est allée chercher cette expression ? Je saute du lit et me dirige vers la salle de bain, direction la douche, histoire de me faire tout beau... Parce que oui, je pars à la chasse. Il y aura plein de filles et... bon, je ne suis pas encore pédophile. Mais une ou deux de dix-neuf ans doit bien avoir, nan ? Bref en tout cas, je vais bien me rincer l'½il et revenir avec quelques numéros... Bah quoi ? Faut voir le côté positif des choses.

Une fois la douche finie, j'enfile un jean usé, un t-shirt rouge, ma veste avec capuche, mes converses et me dirige encore une fois vers la salle de bain pour me coiffer. J'en suis là, devant mon miroir à m'admirer lorsque mon portable sonne. Je jette un coup d'½il : numéro privé. Je me racle la gorge et me concentre pour faire ma voix sexy –on ne sait jamais qui ça peut être- :

- Allo ?
- C'est moi, pas la peine de mettre ta voix-dragueuse-on !!! je suis dehors !!! Viens m'ouvrir !!!

Elle me raccroche au nez. Vous l'avez compris, c'est Leila, qui apparemment ne connaît pas les sonnettes, trop modernes pour elle. Je jette un dernier coup d'½il à mon reflet, approuve satisfait et descends les escaliers. J'ouvre la porte et c'est une Leila toute belle –elle a sûrement pris trois heures pour se préparer- qui me sourit. Rien à voir avec la Leila bourrée et surfaite de vendredi soir.

- Chérie, tu connais les sonnettes ? Ca sert à SONNER lorsqu'on va chez quelqu'un. C'est dingue mais je te jure ça marche ! , lui dis-je, comme formule de Bonjour.
- Merci, je sais à quoi sert une sonnette. Mais le portable c'est plus efficace ! Je suis sûre tu étais devant ton miroir –vu le résultat- à te contempler depuis une heure, et donc tu n'aurais pas entendu si j'avais...
- Ca va, ça va... Allez rentre !
- Quoi rentre? Toi sors plutôt! On va être en retard ! Allez, hop hop !!! Mon Dieu, je vais les revoir !

Je soupire. C'est sûr il n'y a aucune trace de Niko pour le moment. Je prends les clefs de la voiture et celles de la porte et sors, tout en fermant derrière moi. On s'installe dans ma voiture et c'est parti pour le séjour à la crèche, comme j'adore dire.

- Dis Tinou, tu vas être gentil, non ? Je n'aurai pas besoin de garder un ½il sur toi comme si tu étais un petit enfant, n'est-ce pas ?, me demande-t-elle moqueuse.
- Ne t'inquiète pas... Je ne vais faire que prier pour que ça finisse super vite !, répondis-je souriant.

Leila semble satisfaite de ma réponse car elle ne dit plus rien. Elle sort de son sac un CD qu'elle s'empresse de mettre dans l'autoradio. Oh non, c'est un CD d'eux. Ca ne lui suffit pas que je fasse l'effort surhumain d'aller les voir ? Je me retourne vers elle et m'apprête à protester mais elle a les yeux fermés pour mieux savourer et sourit. Je referme la bouche et me reconcentre sur la route. C'est incroyable l'effet que lui fait ce groupe. Elle est en extase. Quelques minutes plus tard, elle ouvre les yeux et me dit :

- Oh et tu sais... Je tiens à te remercier pour vendredi soir encore. Dommage que tu sois mon meilleur ami parce que sinon je t'aurais...
- Oooh ça va, épargne-moi les détails petite coquine !, lui répondis-je un sourire aux lèvres.

Elle se tait une nouvelle fois, le sourire aux lèvres et referme les yeux. Après une demi-heure pénible à écouter un groupe que je n'aime pas du tout, on arrive enfin sur les lieux, et ma torture ne fait que commencer. On galère déjà à trouver une place pour laisser la voiture. Ensuite, lorsqu'on arrive sur place, où normalement le groupe signera les autographes, je commence à halluciner. Il y a tellement de monde !... Enfin, tellement de filles réunies en si peu de mètres carrés ! Ca serait le rêve total si elles ne seraient pas en train de gueuler comme des hystériques. Elles sont vraiment déchainées. Je frôle la crise cardiaque quand Leila s'y met aussi. Oh mon Dieu, c'est pire de ce que je pensais, c'est un vrai cauchemar ! Elle a abusé Nadia de ne pas avoir accepté de prendre ma place aujourd'hui. Oui, parce que bien sûr j'ai essayé d'échapper à ce supplice, sans succès. Je repense à la conversation avec Nadia au téléphone hier :


__Flash Back__

- Nadichou, mon c½ur, mon amour... Tu ne veux pas y aller toi demain avec Leila ? Je te promets, je me sacrifierai la prochaine fois... Mais pas demain, s'il te plait !!! S'il te...
- Nein. C'est ton tour de t'éclater, voyons ! Faut partager ce bonheur qui est de se retrouver suffoquée entre des centaines de filles les unes plus folles que les autres... Oh oui, tu vas adorer ! Sur ce je te laisse, je sors avec mon frère ! Je t'aime, et appelle moi demain pour me raconter ton incroyable expérience, mouhaha !, me répondit-elle visiblement très ravie que ce n'était pas son tour d'accompagner Leila.

__Fin du Flash Back__


Je ressens une soudaine envie d'étrangler Nadia de s'être montrée aussi sadique hier. Mais bordel, je suis sûr qu'elle le vivrait mieux que moi tout ça. En plus, il n'y a même pas des belles filles... Et même si j'essayais de les approcher, je ne pourrais pas leur parler avec ce brouhaha qui me déchire les tympans. Je repense à vendredi, lorsqu'elles sont passées chez moi me raconter leurs péripéties. Humm, je crois avoir une idée de comment me venger de Nadia, hehe. En effet, elle avait peut être raison hier... je vais m'éclater après tout ! J'aperçois un homme corpulent qui nous demande de former une file. Toutes ces petites gamines me poussent. C'est incroyable, mais faut qu'elles se calment sinon je ne vais pas hésiter à les écraser hein. Leila vient de se faire une nouvelle amie apparemment parce qu'elle essaye de communiquer avec la fille qui se trouve juste devant elle. C'est à ce moment-là que le groupe apparaît par l'une des portes de derrière. Les vociférations s'amplifient et machinalement je bouche mes oreilles avec mes mains. Les membres du groupe prennent place tranquillement derrière une table qui était déjà préparée, apparemment insensibles à tout ce chaos. Comment ils font ? Même, je dirais que ça les éclate car ils affichent un sourire COLGATE d'oreille à oreille. Mon Dieu, ils sont trop ridicules, surtout celui avec les cheveux, euh comment dire ... on dirait qu'il a mis les doigts dans une prise celui-là. Peu à peu on avance, et je vois des filles sortir en larmes exhibant fièrement leur autographe. Je commence à perdre la patience... J'hésite à partir et attendre Leila dehors, mais non... faut que je me venge de ma chère Nadia. Et c'est bientôt notre tour, donc il faut que je tienne encore quelques minutes.

C'est le tour de la nouvelle copine à Leila et elle court à leur rencontre. Je lève les yeux au ciel, ils ne vont pas s'envoler hein. Je regarde derrière moi, il reste encore une centaine de filles... ils sont loin d'avoir fini de signer. Mais ça ne semble pas les perturber, parce qu'ils ont toujours leur sourire Colgate aux lèvres. Avant que Leila s'éclipse aussi pour aller baver devant eux et demander un autographe, je m'approche d'elle et crie :

- C'est qui le chanteur ?
- Bill, celui qui a les cheveux trop beaux !, me crie-t-elle à son tour.

Les cheveux trop beaux ? Hein ? Aucun des quatre n'a les cheveux trop beaux !!! Elle avance. Je la regarde, elle est tellement heureuse. Elle obtient un autographe des quatre et, à la grande surprise de tout le monde, elle se penche sur la table et fait un bisou rapide sur la joue à l'un des membres. L'homme de la sécurité n'a même pas eu le temps de réagir que Leila est déjà partie. Il fait un geste pour la retenir, mais c'est trop tard mon vieux... faut être plus rapide quand il s'agit de Leila. Mes yeux se posent sur le gars qu'elle vient d'embrasser sur la joue, il sourit. Je m'approche à mon tour de leur table. Ils me lancent un regard étonné. Oui, ça va, je sais que je dois être le seul mec ! Je ne vais pas aller par quatre chemins :

- C'est qui Bill ?, demandai-je, mes yeux cherchant l'intéressé.

C'est celui qui a mis les doigts dans la prise ce matin qui répond, fronçant les sourcils :

- C'est moi... Pourquoi ?
- Tu veux revoir Nadia ?, l'interrogeai-je, l'air de rien.

Le mec de la sécurité lance un regard interrogateur à Bill –du genre « je te le vire celui-là ou pas ? »- et ce dernier lui fait un signe de la main –du genre « non, c'est bon »-. Héhé, je suis VIP.

- Tu connais Nadia ? C'est elle qui t'a demandé de venir ?, m'interroge Bill à son tour, déconcerté.
- Euh... Oui je connais Nadia et non elle ne sait pas que je m'apprête à te passer son numéro, sinon je devrais être en train de prendre le prochain avion -destination un autre continent- pour échapper à une mort certaine... Bref, c'est une longue histoire, tu le veux ce numéro ou tu as déjà oublié de qui je parle ?, demandai-je, laissant apercevoir mon impatience croissante dans ma voix.

Bill semble hésiter. Mais aller boulet, je n'ai pas toute la journée moi ! Finalement il se décide à murmurer un faible « oui » -accompagné d'un levage de sourcil- et je note le numéro de Nadia sur un petit bout de papier que je lui mets entre les mains. Je lui fais un clin d'½il et pars.

Je me dirige vers la voiture en espérant que Leila m'attende là-bas. Je souris en imaginant la tête terrifiée de Nadia en recevant l'appel de Bill. Par contre c'est vrai qu'elle va me tuer, je n'exagérais pas devant Bill. Elle avait qu'à accompagner Leila aujourd'hui et Bill n'aurait pas son numéro, gna !

Leila est déjà là et affiche un sourire éblouissant. A sa grande surprise, moi aussi. Bah oui, je suis trop fier de mon coup ! Elle me saute au cou tout en me gueulant « merci », prise d'un élan d'euphorie. Eh bien, il lui en faut peu !

- De rien ma chère rousse, mais c'est la première et dernière fois. Je comprends pourquoi Nadia n'a pas voulu venir aujourd'hui, c'est invivable !, dis-je, faisant le tour de la voiture et prenant place.
- Ne t'inquiète pas. La prochaine fois c'est au tour de Nadia de venir avec moi. Et tu as vu ? J'ai fait un bisou à Tom ! Le vigile trop con, il a rien vu venir ! Quand il s'est rendu compte que je m'apprêtais à violer Tomichou, il a fait un geste pour m'en empêcher mais c'était déjà fait ! Et pourquoi tu as pris autant de temps pour revenir ? Tu ne leur as quand même pas demandé des autographes, si ?

Wouah. Elle pète vraiment la forme, c'est le moins qu'on puisse dire.

- Oh, non... Tu crois que moi j'aurais demandé un autographe à ces tapettes ? Laisse-moi rire... Non... J'ai fait mieux.

Alors que je lance cette dernière phrase avec un sourire mystérieux, je reprends le chemin de retour. Leila, affolée, me questionne :

- Quentin ! Tu as fait quoi ? Mon Dieu. J'aurais du rester avec toi, j'en étais sûre. Je t'en prie, dis moi ce que tu as fait !
- Rien... Une petite vengeance..., répondis-je calmement.
- HEIN ? Quoi ? De quoi tu parles ? Tu..
- Calme toi, take it easyyy choupette... C'est rien de méchant. Je me suis renseigné sur lequel d'entre eux était Bill et puis, je lui ai filé le numéro de Nadia.... Parce qu'hier elle a fait sa sadique avec moi au téléph...
- Mon DIEU QUENTIN ! Tu es trop fort ! Même moi je n'ai pas eu cette brillante idée ! Qui l'aurait cru venant de ta part ? Comme quoi, tu n'es pas si con que ça mon chéri !!! Tu as donc plus d'un neurone !? Oh je m'emporte, je divague, c'est génial !! Tu as assuré !!! Tu imagines comment elle va réagir ? Je..
- Respire... Et oui j'ai une petite idée de sa réaction... Mais tu ne dis rien, d'accord ! Ca se trouve il l'appelle même pas... Donc ne t'emballe pas ! Et puis je l'ai fait pour la faire chier, pourquoi ça t'enchante autant ?, demandais-je, lui jetant un rapide coup d'½il.
- AWWWW c'est génial !!! Je t'adoooore !!! Pourquoi ça m'enchante ? Parce que regarde... Si Nadia a le numéro de Bill, MOI j'ai le numéro de Bill et si MOI j'ai le numéro de BILL, j'ai le numéro de TOM, et si J'AI le numéro de TOM, TOM a mon numéro... tu me suis ?!!!
- Non. Mais tu es vraiment, mais vraiment atteinte ma pauvre. Mais je t'aime quand même.
- Je sais, je sais... Et puis, c'est trop stylé que ma meilleure amie parle avec le chanteur de mon groupe préféré, c'est si dur à comprendre ? Ca se trouve je peux moi aussi faire sa connaissance et tout et tout et...
- C'est bon... J'ai compris ta logique... Laisse ton c½ur reprendre son rythme normal sinon tu vas me faire une crise cardiaque dans la voiture, et je n'ai pas le temps de t'amener à l'hôpital, je dois passer chez un pote. Je te dépose où ?

Elle semble réfléchir, puis m'annonce :

- Chez NADIA !

Je hoche la tête et prend le chemin pour aller chez Nadia. Le reste du trajet se déroule avec seule musique de fond le CD de Tokio Hotel, et quelques conneries débitées de temps en temps par notre chère rousse.



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Impressions ?

Merci
encore pour vos nombreux commentaires...
Ca fait chaud au coeur savoir que ça vous plait toujours...
Vous êtes adorables .

# Posté le lundi 31 mars 2008 15:43

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 21:42

***__Chαpitre 10__ *** « Tous des sαdiques ... »

***__Chαpitre 10__ ***  « Tous des sαdiques ... »
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_____POV Bill


On est dimanche. La séance dédicaces vient de finir. Et moi j'ai toujours Nadia dans la tête. Donc son «T'inquiète pas, tu verras, demain tu m'auras oubliée » compte pour du beurre ! Depuis vendredi elle me hante. Pourtant j'étais dans un oubliage-intensif et il fallait que ce gars me reparle d'elle ! Et d'ailleurs c'est qui ? Pourquoi il est venu ? Juste pour me passer son numéro ? Je ne comprends rien. Tellement de questions m'assaillissent depuis qu'il a prononcé le mot « Nadia ». Je sors de ma poche le petit bout de papier où se trouve griffonné le numéro de téléphone. Je le regarde bêtement, comme s'il allait me donner les réponses à mes questions.

Mais non, je ne comprends toujours pas. Je repense au blond... Quand je lui ai demandé si c'était elle qui l'avait envoyé, il a dit non, qu'elle allait le tuer si elle savait... c'est absurde ! Tout ça est absurde. Pourquoi il aurait fait ça dans ce cas ? Il s'est sûrement foutu de ma gueule et ce n'est pas le bon numéro. Ou peut être que c'est elle qui l'a vraiment envoyé... mais non, pourquoi elle ne serait pas venue elle-même ? Et puis, si elle n'est pas au courant, si tout ça est une blague de mauvais goût de la part du mec, ça ne sert à rien que je l'appelle, puisqu'elle n'aura pas changé d'avis et ne voudra toujours pas me revoir. Ou peut-être que justement elle a changé d'avis, mais elle n'osait pas venir et elle a envoyé son frère ! Ouais non, trop beau pour être vrai.

Arrrg, ça me prend trop la tête ! Je range à nouveau le papier dans ma poche. Je tourne en rond dans cette chambre immense. Je me passe une main dans les cheveux –signe de ma nervosité- et la retire tout de suite me rappelant que j'ai ce gel dégueulasse. Tout ça me dépasse. Je repense à samedi. La première chose que je me suis dit en ouvrant les yeux le matin c'était « Nadia, tu as tout faux, tu n'es toujours pas sortie de ma putain de tête ! ». Ca m'a énervé. Je me suis encore réveillé de mauvaise humeur hier et j'ai passé une journée horrible... Je ne sais pas comment ils ont fait pour me supporter les gars. Et j'ai donc pris la décision définitive de ne plus penser à son regard enivrant, à son sourire captivant... Résolution qui n'a pas trop marché étant donné que ce matin ma première pensée était encore pour elle : « putain Nadia tu fais chier !!! » ... Pas très galant j'avoue. Mais c'est désespérant ! Malgré ce début de journée agaçant, j'avais réussi à laisser ma mauvaise humeur dans la valise... Et puis là, ce mec... il se permet de faire tomber à l'eau tous mes efforts, comme ça.

Je laisse échapper un soupire d'exaspération. Je m'arrête devant la grande fenêtre qui décore le salon de la chambre. J'aperçois une poignée de fans à l'entrée de l'hôtel. Si seulement elle se trouvait parmi elles.___ Le seul moyen de comprendre quelque chose à tout ce puzzle, c'est d'appeler. Mais non. Je m'apprête à dévorer une nouvelles fois les quelques mètres carrés du salon de mes pas nerveux mais je m'aperçois que Tom me regarde depuis la porte; un regard espiègle posé sur moi. Ca doit faire un moment qu'il m'observe, parce qu'il a l'air de trouver ça comique. Mes yeux retrouvent les siens et son expression change subitement. Il a du lire dans mes yeux ce tourment qui me consomme. Je détourne le regard gêné et fixe une nouvelle fois les fans dehors.

J'entends Tom renfermer la porte doucement et ses pas se rapprocher. Il prend place tranquillement dans le canapé. Je continue à regarder dehors sans voir. Le fait qu'il ne dise rien m'intrigue, je me retourne donc pour voir ce qu'il fabrique. Il s'amuse avec une peluche offerte par une fan lors de la dédicace, que j'ai laissé sur la petite table en entrant. Je me décide à briser le silence.

- Tu en penses quoi ? Je dois l'appeler ?

Il répond tout en continuant à jouer avec la peluche. Il attendait cette question.

- Si cet appel va me rendre mon jumeau, oui, appelle-la ! Non mais Bill tu t'en rends compte à quel point ça n'a pas de sens tout ça ?

Bon Tomi ... Je n'ai pas besoin que tu me fasses la morale, j'ai plutôt besoin du Tomi-psy qui se cache sous tes dreads. Je souris malgré le regard dur qu'il m'adresse. Je comprends pourquoi ça l'irrite autant cette histoire « Nadia » : parce que depuis je suis de mauvaise humeur et je n'arrive plus à être vraiment concentré dans tout ce que nous entreprenons. Il a raison, mais je n'y peux rien. Je me décolle de la fenêtre et m'assieds sur le grand lit. Vas-y Tomi, fais moi la métamorphose en psy !

- Je sais. Mais j'ai vraiment besoin de savoir ce que tu en penses, lui dis-je, l'encourageant à me donner son avis.
- Moi je ne crois pas une seule seconde le fait qu'elle ne soit pas au courant. Elle l'a envoyé. Donc appelle. C'est simple, réplique-t-il.

Ouais c'est vrai que le fait qu'elle ne sache pas c'est suspect quand même.

- Mais imagine j'appelle et...
- Tu sais quoi ?, me coupe-t-il, écris-lui un sms plutôt. C'est plus light. Appeler direct ça va encore la faire fuir. A chaque fois que son téléphone sonnera maintenant, elle va se faire pipi dessus.
- Mouais, sauf si elle n'est pas au courant. Et si ce n'est pas le bon numéro. Ca se trouve il s'est foutu de ma gueule le gars.
- Hein ? Tu crois qu'il se serait fait chier à venir pour se foutre de ta gueule ? Il n'avait pas l'air de nous aduler, donc il n'est pas venu pour nous voir, ça c'est clair. Et quel culot, il ne nous a pas demandé d'autographes !
- Tom... Ta phrase est ridicule. S'il n'aime pas ce qu'on fait, inutile de demander des autographes.
- Ah non mais là tu me fais penser au clin d'½il qu'il ta fait avant de partir ! Ca se trouve il est gay ! Et c'est SON numéro qu'il t'a passé !
- Tomi... ça t'arrive d'être sérieux ? Bon, concentre toi... je lui écris quoi et quand ?

Je le regarde poser son index sur ses lèvres, faisant mine de réfléchir. Je lève les yeux au ciel.

- N'empêche les filles, elles sont vraiment tordues ! Refuser de te revoir et ensuite envoyer son ami gay –oui, c'est une possibilité Bill !- pour qu'il te file son numéro... Je t'avais dit qu'il n'y avait aucune fille sur Terre qui nous résistait !

Bon. Je démissionne. Visiblement, le TOMI-PSY dort profondément et ne veut pas se réveiller ! Il n'y a que le Tomi-Clown au rendez-vous. Tant pis. J'attendrai... Attendre quoi ? Bah je ne sais pas... La révélation ! Il a l'air d'avoir ressenti ma résignation parce qu'il s'empresse de continuer :

- Oh euh... Tu lui écris quelque chose du genre « Salut poupée, c'est le beau, le merveilleux, l'unique –fin bon, pas l'unique- le glorieux Bill Kaulitz, on se voit ce soir? ». Quoique j'hésite pour le « poupée », elle va tomber dans les pommes direct. La pauvre... Non pas la pauvre ! Elle mérite ouais ! De te rendre con et d'avoir envoyé son ami gay ! Et d'être aussi tordue...
- Alala Tom, je me demande comment tu fais pour réussir à mettre autant de filles dans ton lit. Ton « poupée » craint à mort. J'espère pour toi que tu as d'autres techniques sous la main.
- Oh tu sais, je n'ai pas besoin de parler pour qu'elles me suivent... Avec ou sans le « poupée » le résultat y est, dit-il, affichant sont plus beau sourire. Oh et en parlant de filles tombées sous mon charme, tu me fais penser à la fille qui m'a fait le bisou sur la joue et est partie en sprint pour échapper au Grand Loup Saki !

Il explose de rire tout seul. Les monologues, il adore. J'esquisse un sourire, c'est vrai que c'était marrant cet épisode. Saki a failli la tuer sur place. Heureusement qu'elle s'est sauvée. A ce moment là, on frappe à la porte et je me lève pour aller ouvrir. C'est Georg qui s'unit à nous. Il regarde Tom explosé de rire sur le canapé et lance, tout en prenant place à côté de lui :

- Ouh, qu'est-ce que j'ai raté ? Dis Bill, tu caches bien ton jeu... t'es un vrai comique pour l'avoir mis dans cet état !
- Oh non, il rigole à ses propres blagues. J'y suis pour rien , répondis-je, me rasseyant sur le lit.
- Alors Tomichou, tu partages ?, dit-il, se moquant du surnom que quelques fans lui donnent.

Ca le refroidit immédiatement parce qu'il arrête de rigoler et réplique :

- Ne m'appelle pas comme ça!

Pour ensuite reprendre son fou rire. Georg me regarde, inquiet pour la santé mentale de mon double, mais je lui fais un signe de la main, signifiant « laisse tomber, c'est des conneries ».

- Non rien... Je pensais à Saki, la tête qu'il a fait lorsque la rousse m'a embrassé.. C'était énorme, reprend Tom, toujours dans son private trip.
- Ah..., répond Georg, sans donner trop d'importance à l'intervention de Tom. Apparemment reparler de la séance dédicaces lui rappelle quelque chose. Dis Bill, c'est quoi cette histoire de numéro de téléphone et de ... Ladia ?

Ouch. Encore elle.

- Nadia, corrigeais-je, insistant sur le N.
- Oui, peu importe, c'est pareil. Alors ?, continue-t-il.
- Bah euh... c'est la fille de vendredi... Euh pour les interviews tu sais. Elle... Enfin je..., commencai-je.
-T'as un peu du mal hein Billou ?, me coupe Tom. Je vais t'aider. En fait Bill a craqué sur elle ; il lui a demandé de la revoir et elle a dit non !, explique-t-il, s'efforçant de ne pas rire. Tchooo le vent !!! Enfin, c'était LE cyclone de l'année quoi ! Ca se voit qu'il n'a pas l'habitude hein ? Je vais t'apprendre, t'inquiète pas loulou...

Tom me regarde souriant. Goerg, perplexe. Vive la compassion dont mon cher frère fait preuve moi je dis.

- Et ?, demande Georg, fronçant les sourcils et constatant que l'explication de Tom était finie.
- Et bah c'est tout ! Après tu connais la suite... Elle a envoyé le mec parce qu'apparemment Madame a changé d'avis. Toutes pareilles moi je dis , rétorque Tom.
- On ne sait pas si elle l'a envoyé Tom... Bref, je lui écrirai ce soir, intervis-je.
- Bill, tu as demandé à cette fille si elle voulait te revoir, et elle a dit non ?, demande Georg sceptique.

Il fait exprès ou quoi... ? Nan parce que c'est ce qu'on vient de dire. Il veut vraiment mettre l'accent sur ce petit vent qu'elle m'a foutu ? Ouais... Je suis entouré de sadiques.

Je ne réponds pas et Tom fait un geste affirmatif exagéré avec sa tête pour répondre à la question de notre hobbit.

- Et bah ! Qui l'aurait cru ! Il faut de tout pour faire un monde... Une fan qui ne veut pas te revoir. Du jamais vu !!!, s'exclame Georg.

Bon, visiblement il ne voulait pas faire son sadique, mais c'est juste qu'il est un peu lent, l'information a pris son temps pour monter au cerveau.

- Oh mon chou ! Ca a dû faire mal !!!!, rajoute-t-il en explosant de rire.

Ok. Je retire ce que j'ai dit. Tous des sadiques. Je trouve inutile de préciser qu'il ne s'agissait pas d'une fan, il va quand même se foutre de ma gueule.

- Il est où Gugus ?

Demande-je pour dévier le sujet... Car Tom a rejoint Georg dans son délire.

- Oh... Il... est..., commence Georg, mais il a du mal à parler à force de rigoler. Il est ... en plein contact avec la nature... tu le connais... Mais il va bientôt nous rejoindre pour partir pour l'interview.

Je hoche la tête et commence à me préparer. Ils semblent suivre mon exemple car ils partent ensemble de la chambre, tout en rigolant, vers leurs chambres respectives. On a rendez-vous avec David dans une demi-heure. Faudra faire vite.



_____POV Leila


- Non mais je te jure Nadia, t'aurais du voir la tête de Saki quand je me suis approchée sur Tom !!!, lui dis-je, laissant voir mon euphorie habituelle dans ma voix.

On est dans sa chambre, moi allongée sur son magnifique lit géant et elle, installée sur son bureau travaillant sur je ne sais quoi. Ca fait un moment que je suis arrivée et je lui raconte pour la troisième fois la journée avec Tinou. Je vous avais dit que Nadia était vraiment patiente ? Bah je vous le dis. Elle m'écoute parler pendant des heures et ne se lasse jamais de mes conneries... comment elle fait ?! Ca reste un mystère pour moi.

- Hum... J'imagine.... C'est qui Saki déjà ?, demande-t-elle, toujours concentrée sur le travail qu'elle rédige.
- Oh c'est leur garde du corps par excellence, lui répondis-je.

J'allais lui détailler encore l'incroyable beauté de Tom et la mettre au courant sur son extraordinaire talent... Mais non. Je vais la laisser un peu travailler quand même...

Penser à cet amour platonique qui est Tom me fait oublier Niko, ma triste réalité.

- Quentin n'a dragué personne, c'est bon ? Il n'a rien fait comme connerie ?, me demande-t-elle, me sortant de mes pensées.

Oulala si !!! Mais une super belle connerie !!! Mais je suis désolée, ça, tu ne peux pas encore le savoir ma belle ! Si elle savait... Mon dieu. J'ose à peine imaginer. Il peut commencer à réfléchir sur ses dernières volontés, Tinou. Et au fait, faudrait que je l'informe que je compte rester dormir... Ouais, je ne peux pas rater cet appel !!!

- Oh euh... Non, il a été très sage mystérieusement... Je pense qu'il voulait surtout déguerpir au plus vite, tu sais, lui répondis-je.
- Tu m'étonnes...
- Ah et au fait, je reste dormir ce soir... Ca ne te dérange pas ?

Elle détache ses yeux de sa feuille immaculée, me regarde surprise et m'interroge :

- Oui, si tu veux... Mais tu n'as pas cours demain ?
- Si, si... et alors ?, demandai-je, sous mes faux airs innocents.

Elle hausse les épaules et replonge dans sa feuille. Je me demande comment Bill a dû réagir quand Quentin lui a parlé de Nadia. Surtout que Quentin n'a aucun tact avec les personnes du même sexe. Et j'espère que Bill n'a pas pris ça comme une blague. Et s'il n'appelle pas ? Et c'est là, à ce moment même, que le portable de Nadia se met à sonner. Je sursaute, et manque de m'écraser par terre. Mon c½ur a failli me lâcher. Je me redresse et retiens ma respiration en fixant Nadia, qui, elle, me regarde comme si j'étais la pire des psychopathes et répond au téléphone... J'attends...

- Oh Tinou, ça va super et toi ?, réponds-t-elle.

MON DIEU QUENTIN !!! Ce n'était pas le moment pour appeler !! Je laisse mon souffle enfin sortir de mes poumons. Je vais le tuer !!! Il ne va pas bien de me faire peur comme ça ?

- Oh, oui, elle m'a raconté jusqu'au moindre détail, ne t'inquiète pas. Tu t'es bien amusé, hein ?, demande-t-elle sarcastique.

Quentin a du lui sortir une « super » blague parce qu'elle rigole la gorge déployée. Qu'est-ce que j'adore son rire.

- Oui, elle est là, je te la passe... Je travaille moi. Je t'embrasse fort.

Je m'empresse de la rejoindre et lui arrache le portable des mains. Je sors de la chambre pour pas que Nadia m'entende. Elle retourne à son bureau.

- T'as eu peur hein !!! Avoue t'as flippé comme une tarée !!! Hahahaha, me dit-il, joyeux. Je t'imagine trop avoir sauté comme une cinglée...
- Quentin ! Tu as fait exprès en plus ! Mon Dieu, ne fais plus ça ! J'ai vraiment failli mourir !!!, répliquai-je, excitée.
- C'était le but ! Oh et le brun ténébreux n'a pas l'air d'avoir appelé encore parce qu'elle était très agréable au téléphone... Tu as vu ? J'ai pris le risque de l'appeler juste pour te faire peur..., me répond-il, toujours jovial. Qu'est-ce que je ne ferais pas pour toi ?

Un cas. Ce mec est un cas ! Malgré moi, je souris, qu'est-ce que je l'aime quand même !

- Tu vas voir, compte sur moi pour me venger ! Allez je te laisse parce que ce n'est pas tout, mais j'attends un appel moi ! Enfin pas moi, Nadia, même si elle ne le sait pas !! Bisous !

Je raccroche enfin et rejoins Nadia dans la chambre qui n'a pas changé de position, toujours aussi concentrée sur ses feuilles. Je pose son portable à côté d'elle et m'étale une nouvelle fois sur son lit.



_____POV Bill ~Soir~


Bon. L'inspiration pour le sms ne vient pas. Je vais me contenter de lui envoyer quelque chose de simple, de basique... et puis je verrai bien si c'est son numéro.

« Nadia... Ta théorie s'avère fausse. On est dimanche et je ne t'ai toujours pas oubliée. Bill »

Envoyé.



____________________________________________________

Impressions ?

__Merci__
les filles pour tous vos commentaires, je me repète, je sais, excusez-moi, mais je ressens le besoin de vous remercier à chaque fois. Même s'ils commencent sûrement à vous souler mes "Merci".

Ca vous plaît toujours ?

Je vous Aime .

# Posté le vendredi 04 avril 2008 19:57

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 21:47

***__Chαpitre 11__ *** « Je vαis l`étrαngler ... »

***__Chαpitre 11__ *** « Je vαis l`étrαngler ... »
*


_____POV Nadia


- Leilou, tu comptes parler toute la nuit?

La coupe-je, alors qu'elle était en plein monologue sur l'amour. Ce n'est pas le manque d'intérêt qui me fait l'arrêter. Non, parce que j'adore nos conversations philosophiques sur les sentiments humains... mais pas quand j'essaye de dormir et que le lendemain je dois me lever tôt. Ca doit faire une heure que j'ai éteint la lumière et que j'essaye de me laisser envahir par les rêves...en vain. Elle ne s'arrête pas.

- Quoi, tu as sommeil tu vas me dire ? Il n'est que 23h !!, réplique-t-elle. Et puis, tu n'es pas d'accord avec moi ? L'amour nous...
- Oui, oui... Enfin non, je ne suis pas d'accord. L'amour n'est qu'une illusion. Mais je t'exposerai mon point de vue demain, okay? Maintenant mets-toi en « off », parce que je dois me lever tôt demain, la coupai-je une nouvelle fois.

Elle allait répliquer mais elle fut interrompue par mon portable, qui se mit à vibrer. Mon dieu, les gens, les dimanches soirs, n'ont pas quelque chose d'autre à foutre que perturber mon sommeil ou quoi ? Je laisse échapper un soupir et tâte de ma main ma table de nuit. Mais il n'est pas là. J'espère que la personne qui vient de m'écrire a une bonne raison de le faire, parce que je fais l'effort de sortir de mon lit tout chaud et me dirige vers mon bureau. Aveuglée par l'intense obscurité qui m'entoure, je trébuche contre la chaise. Normal, normal j'ai envie de dire. Malgré la douleur que me provoque ce petit incident, j'explore de mes mains le bureau, à la recherche de ce maudit portable. Tiens, Leila ne parle plus d'un coup. C'est que lorsque je m'apprête à abandonner la mission et retourner sous ma couette que je le trouve. Un nouveau sms. Ouais, ouais, ça j'avais compris... Je retourne au lit et m'apprête enfin à le lire. C'est un numéro que je ne connais pas. Je lis...

« Nadia... Ta théorie s'avère fausse. On est dimanche et je ne t'ai toujours pas oubliée. Bill »

Je sens mon visage se décomposer. Ma main laisse tomber le portable sur la couette. Quoi ? C'est quoi ce délire ? Je sens le rythme de mon c½ur s'accélérer, mes muscles se raidissent et mon pouls s'altère. Mes yeux ouverts fixent le noir, le vide. C'est une blague. Je nage en plein délire. Mais ça ne peut être que lui, vu qu'il répond à la dernière phrase que je lui ai sorti vendredi, avant de m'éclipser avec le géant. Lui. Mon dieu. Je dois être en train de rêver... Je délire. Oui, voilà. Leila ne parle plus, donc je dois être en train de rêver. Oui, c'est impossible qu'il ait mon numéro.

- C'était qui ?

QUOI ? Elle ... Je ne rêve pas. Elle vient de parler. Mais comment est-ce possible ? Et là, tout d'un coup, j'assimile. Leila. Aujourd'hui. Elle les a vus. Elle lui a passé mon numéro ! Putain. Je me redresse brutalement et me lève pour allumer la lumière. Je sens la colère monter en moi. Elle est cachée sous la couette. Mais oui, mon dieu, c'est elle ! Comment a-t-elle osé ? Je fonce sur elle.

- C'est toi ! Pourquoi tu as fait ça !? Leila putain, je vais te défoncer !! Sors de là !!!

Je prends mon oreiller et commence à lui donner de coups pour qu'elle sorte.

- Je suis innocente, je te jure, je n'ai rien fait moi !!!

Lance-t-elle avec difficulté, suffoquée sous la couette. Je laisse échapper un petit rire hystérique.

- Ah bon !? Ce n'est pas toi !? Qui alors ? Le pape ?

Je commence à perdre le contrôle de moi et ce n'est pas bon signe. Faut que je me calme. J'arrête de l'attaquer avec l'oreiller et me laisse tomber sur le lit. Je me prends la tête entre les mains. Non... j'y étais arrivée merde. Leila sort un ½il de sous la couette pour estimer le danger.

- Je ne vois pas pourquoi ça t'énerve autant... C'est...C'est juste un sms tu sais..., dit-elle dubitative.

C'est juste un sms ? Je vais l'étrangler. Mais non, faut que je me calme j'ai dit.

- Mais merde Leila, pourquoi tu as fait ça ? Explique moi, tu as quoi pour ta défense, vas-y !
- Je... Je ne sais pas. Je n'ai pas fait exprès, répond-elle après quelques instants d'hésitation.

ELLE SE FOUT DE MA GUEULE. Respire Nadia... Tu ne peux pas commettre un meurtre, tu gâcherais ta vie... Il.. se rappelle de moi. Bill... Oh non. Ce sms va me torturer pendant longtemps, même si je ne réponds pas.

- Je trouve injuste ce que tu as fait. C'est complètement égoïste, tu sais ? J'avais réussi ! Enfin bon, presque...
- Hein ? Tu avais réussi à quoi ?

Merde. J'ai pensé à voix haute...

- A rien..., dis-je dans un murmure à peine audible.
- Je... Je peux savoir ce qu'il a écrit ?, ose-t-elle me demander, bien que timidement.

Elle n'attend pas que je réponde qu'elle cherche le portable sur le lit. Pourquoi elle demande si de toute façon elle fera ce qu'elle voudra ? Je la regarde faire. Son visage se transforme en lisant le sms. Sa peur face à ma colère laisse place à la stupéfaction. Elle écarquille les yeux et ouvre la bouche. Ses yeux se posent sur moi, qui la regarde accablée, pour ensuite revenir sur le message. Et ainsi une nouvelle fois. Alala, elle ne peut pas halluciner avec la bouche fermée ? Elle aurait l'air moins conne. Je soupire. Qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Je..

- C'est... c'est incroyable Nadia. Je n'arrive pas à y croire... C'est... Mon dieu, je n'ai pas de mots pour décrire pour une fois ! Je ne sais pas quoi dire... Oui, moi non plus je ne croyais pas que cela pouvait être possible, et pourtant... Tu t'en rends compte de ce qu'il dit ? ... Et de quelle théorie il parle ?

Je l'observe parler. Elle parle lentement, pas en mode-hystérique comme d'habitude.

- Lorsqu'il m'avait demandé de le revoir et que j'avais répondu non, je lui avais dit de ne pas s'inquiéter, qu'il m'aurait oubliée le lendemain, expliquai-je irritée.

Peu à peu je reprends mes esprits, même si l'envie de la tuer sur place ne m'a pas quittée.

- Mon dieu... Nadia... Tu comptes faire quoi ?, me demande-t-elle incrédule.
- Aller dormir. Et crois-moi, ça ne va pas se passer comme ça. On réglera nos comptes demain.

Je me lève pour aller éteindre la lumière et retourne au lit. Quant à elle, elle reste figée dans la même position, sceptique. Je lui arrache le portable des mains, et le pose sur la table de nuit. J'entreprends de dormir, même si je sais que ca va être une longue bataille. Ce fichu sms déclenche en moi un débat interne sur ce que je dois faire désormais. Je suis consciente que la question ne devrait même pas se poser. Je ne devrais pas répondre. Mais je sais que si je ne le fais pas, ça va me poursuivre longtemps ce sms. Très longtemps. Je n'ai pas changé d'avis, je ne veux pas le revoir, alors pourquoi est-ce que tout ça me perturbe autant ? J'en ai marre. Je n'ai jamais ressenti autant d'émotions contradictoires au même temps. De quel droit elle s'est permis de me faire ça ? Ce qui est sûr, c'est que je vais mettre du temps pour passer l'éponge. Non, pas que je sois rancunière, mais parce qu'elle n'a même pas idée de tout ce que je ressens.

Je sais qu'elle est encore assise à côté en train d'halluciner et qu'elle n'ose pas me parler, car je risque de la manger crue. Elle a bien raison. J'ai envie de relire son sms... mais non. Bonne nuit Nadia. Arg... à quoi bon me souhaiter bonne nuit, je ne dormirai pas.


________________________________________________________


J'ai dû relire le sms une centaine de fois. J'ai dû appuyer sur répondre une cinquantaine de fois, pour ensuite appuyer sur le bouton rouge « annuler ». Ma journée a été plus que pénible. Je n'ai réussi à m'endormir qu'à cinq heures du matin et mon réveil a sonné deux heures plus tard. Je suis quand même allée en cours. Même si je n'ai pas écouté un mot, ce qui m'inquiète. Ca ne me ressemble pas. La journée a été longue mais je suis enfin chez moi. Toute la journée à penser à lui. Je me retrouve dans la situation de départ. Mais j'ai décidé que je n'allais pas lui répondre. Ce week-end j'avais presque réussi à l'oublier, donc pourquoi je n'y arriverais pas encore une fois ? Je soupire. Je me dirige vers la cuisine histoire de me faire quelque chose à manger. J'y retrouve Marco fouillant le frigo. Apparemment il a les mêmes intentions que moi.

- Salut Nad, me salue-t-il, sans décoller les yeux du frigo.
- Salut, réponds-je dans un ton neutre, m'asseyant sur la table de la cuisine.

Il sort les restes d'hier soir et les met au four.

- T'en veux ?, me demande-t-il, me lançant un regard.

-Ouais...

Je le regarde faire, perdue dans mes pensées. Oui la décision est prise... Je ne vais pas lui répondre. Je pourrais même effacer son sms pour être sûre de ne pas le faire sous un coup de tête, vu que je n'ai pas enregistré son numéro. Hum..

- Tu n'as rien à me demander ?, m'interroge-t-il me sortant de mes pensées.
- Hein ? Non, pourquoi ? Je devrais ?, répliquai-je.
- Plutôt oui. On est lundi. Ca ne te dit rien ?

Mmm... Lundi... Ca fait trois jours qu'il me hante... Mais encore ? Bah rien... Un anniversaire ? Un.. Oh mon Dieu ! Son entretien ! Comment est-ce que je peux être aussi égoïste ? Je ne pense qu'à moi... Merde, merde Nadia, tu es trop une banane.

- TON ENTRETIEN ! Mon Dieu, excuse moi... J'ai un peu la tête ailleurs... Alors !!? Raconte moi comment ça s'est passé !, demande-je, tout d'un coup euphorique.

Mais lorsque ses yeux tristes se posent sur moi, je comprends direct.

- Eh bien... C'est mort. Ils m'ont dit que pour être accepté dans cette école prodige faut que je présente un dossier. Mais pas n'importe quel dossier. Faut que je fasse une interview à une star mondialement connue. Ils veulent que je la sorte d'où la star, hein ? Tu m'expliques ? Je ne cache pas des stars dans mon tiroir, ni sous le lit, ni dans mes poches. Ca m'énerve Nadia. C'est impossible ce qu'ils demandent. En gros, cette école n'est réservée qu'à une élite. Ceux qui ont des contacts. Qui ont du fric. Je suis tellement déçu, tu ne peux pas savoir. Tout ça... tous ces efforts, pour rien..., m'explique-t-il abattu.

Je le regarde anéanti se laisser tomber sur une chaise. Je sens ma gorge se serrer face à cette image qui s'offre à moi. Il a l'air tellement déçu, dévasté. Les larmes me montent aux yeux et je me redresse pour aller le rejoindre. Je le serre dans mes bras. Je ne sais pas quoi lui dire pour le réconforter, de toute façon il n'y a rien à dire. Il ne mérite pas cet échec, pas lui. Je lui fais un bisou sur les cheveux cherchant les mots pour lui dire qu'il trouvera une autre école. Toutes les écoles de journalisme ne demandent pas quelque chose de si exigeant pour être admis, non ? Et là.. Je repense à Bill. Bill ... Lui. Il est une star, non ? Mon dieu ! Comment est-ce que je n'y ai pas pensé avant ? Je sens l'adrénaline monter en moi. Je n'ai qu'une envie, c'est de voir mon frère sourire. Je me décide donc à lâcher dans un murmure.

- Marco... Attends... Moi.. Je... Je connais.. Enfin non, je ne le connais pas mais... J'ai le numéro de Bill...
- Hein ? C'est qui Bill ?, m'interroge-t-il, se détachant de mon étreinte pour me regarder dans les yeux.
- Bill.. Euh le chanteur des Tokio Hotel. Je ne connais pas son nom désolée.

C'est horrible. Je ne veux pas utiliser Bill pour que mon frère soit admis, mais je n'ai pas le choix. Je suis partagée entre le bonheur que me procure revoir une étincelle d'espoir dans les yeux de mon frère et l'horrible idée d'utiliser Bill. Mon Dieu...

- Tu es sérieuse Nad ? Comment ça se fait ? Tu m'as rien dit..., réplique-t-il, perplexe.
- Oui. Je suis sérieuse. Je ne t'ai rien dit parce que je l'ai connu que ce vendredi et puis... Je ne veux pas en parler pour le moment, d'accord ? Mais je te promets que je t'expliquerai tout.

Il sourit tellement heureux, et me prend dans ses bras, euphorique. Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour le voir toujours noyé dans ce bonheur ?

- Nadia, tu me sauves... Je t'aime, tu ne sais pas à quel point je t'aime ! Je ne mérite pas une s½ur aussi géniale... aussi parfaite !!!
- Ouais, bon... N'en rajoute pas hein. Et... Je te passe le numéro, mais t'emballe pas trop, je ne sais pas s'il dira oui...

Ses yeux me regardent pétillants de joie. Je suis heureuse de le voir comme ça. Mais je me déteste au même temps de me retrouver dans cette situation. Je sors mon portable de ma poche et lui passe le numéro. Excuse-moi Bill... Bon, si ça le dérange il n'a qu'à dire non et puis c'est tout... Pas la peine de culpabiliser comme ça, non ? Au moins, j'aurais fait tout mon possible pour mon frère. Je le regarde s'éloigner et mon c½ur s'accélère.

- Tu vas où ?, demandai-je d'une voix tremblante.
- Bah je vais l'appeler ! Faut que je règle ça tout de suite. Je n'ai qu'une semaine & demie pour le faire. Je vais lui dire que je suis ton frère, sinon il va m'envoyer balader. Merci... Nadia.

Il revient sur ses pas, me fait un bisou sur le front et disparaît derrière la porte. Il va lui dire que c'est mon frère ? Oh non. Bill va me détester... Je ne lui ai même pas répondu le message que je passe son numéro à mon frère dans son unique intérêt. Je me dégoute. Mais, que pouvais-je faire ? Je ne pouvais pas laisser mon frère détruit comme ça. Je serre avec frénésie mes mains entre elles, jusqu'à me faire mal. Les larmes sont une nouvelle fois au rendez-vous. Je me laisse tomber sur la chaise. Pourquoi est-ce que je ne contrôle plus rien ?

Me dire qu'ils sont en train de parler en ce moment... ça me tue. Je me lève et contrôle la bouffe qui chauffe toujours dans le four. C'est presque prêt. Je marche d'un bout à l'autre de la pièce, ce stress me ronge. Et puis merde, qu'est-ce que ça peut me foutre que Bill me déteste ? Non.. Ce n'est pas vrai Nadia... Ca te fout quelque chose. Ta mauvaise foi te perdra. Oui... ma mauvaise foi me perdra. De toute façon, je ne le reverrai jamais. Oui, il faut que je me dise ça. Je commence à avoir du mal à respirer. Je me précipite sur le four et sors les vieux spaghettis d'hier. Je les regarde éc½urée. Je n'ai plus faim. Je les dépose sur la table et sors de la cuisine. Il faut que je sorte de la maison, que je prenne de l'air, que je me calme. Mais lorsque je m'apprête à fermer la porte d'entrée derrière moi, mon frère me retient par le bras. Nos yeux se retrouvent. Il me fixe pendant un moment et moi j'attends qu'il annonce le verdict. Mon c½ur n'a jamais connu un tel rythme. Vas-y Marco, s'il te plaît... Je n'en peux plus...

- Il a dit qu'il est d'accord que si tu acceptes de le revoir.



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# Posté le dimanche 06 avril 2008 10:34

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 21:48

***__Chαpitre 12__ *** « Têtu, moi ? Tout à fαit ... »

***__Chαpitre 12__ *** « Têtu, moi ? Tout à fαit ... »
*

_____POV Nadia


- Il a dit qu'il est d'accord que si tu acceptes de le revoir.

Je manque un battement de c½ur. Cette phrase résonne dans ma tête provoquant un désagréable écho sans fin. Ce mec est vraiment, mais vraiment obstiné. Il ne va donc pas lâcher prise ? Comment peut-il être aussi capricieux? Pourquoi il se fait chier avec moi ? Je passe d'un état de nervosité sans frontières à une colère extrême. Il se prend pour qui ? Comment peut-il m'obliger à le revoir ? Et dire qu'il y a quelques minutes je lui demandais pardon –télépathiquement- d'avoir passé son numéro à mon frère. Dire que je me sentais coupable... Il va m'entendre ce cher Bill. Il se croit vraiment tout permis et ça m'irrite.

Mon frère continue de me fixer, m'implorant de son regard. Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ?

- Alors là..., commençai-je, me débarrassant de son bras qui me retient.

Apparemment mon frère a deviné mon agacement –et mon imminent refus-, parce qu'il me coupe :

- Nad... J'ai vraiment besoin de cette interview. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre vous, mais je te demande de faire ce dernier effort pour moi. Je t'en supplie...

Insiste-t-il, baissant les yeux, pour ensuite retrouver mon regard posé sur lui. Putain. On revient à la case de départ: le regard de Marco est rempli de désillusion. Je vais égorger Bill, oui. Je vais le revoir que pour mettre deux trois choses au clair qu'il n'a pas l'air d'avoir saisi.

- D'accord...

Laisse-je échapper dans un soupir de résignation. Mon frère, pris d'un élan d'euphorie, me serre dans ses bras tellement fort que j'ai du mal à respirer. Il me murmure des interminables « merci » et des « Tu es la meilleure » à l'oreille toutes les deux secondes. Je suis contente pour lui, vraiment, même si je n'arrive plus à extérioriser. Je me détache de son étreinte, tout en lui dédiant un dernier sourire –forcé- et me dirige vers ma chambre. Lorsque je m'apprête à claquer la porte, je me rends compte que Marco m'a suivi. Quoi encore...

- Tu veux bien m'expliquer ce qu'il s'est passé avec ce mec ?, me demande-t-il, préoccupé.
- Rien. Il ne s'est rien passé. Je ne le connais pas, répliquai-je du tac au tac.
- Pourquoi alors il veut te revoir ?, m'interroge-t-il levant son sourcil... Ce qui me rappelle le visage de Bill.
- Je ne sais pas. On s'est parlé vingt minutes vendredi lorsque j'ai accompagné Leila les voir. Et puis voilà, expliquai-je blasée.

Il ne répond plus rien, analysant visiblement l'information. Il réfléchit, toujours le sourcil levé. Moi je me laisse tomber sur le lit, pensant au message que je compte lui envoyer.

- Et pourquoi ça t'agace tellement le revoir ?, demande-t-il innocemment.

Boum. La question fatidique. Je ne peux pas lui sortir tout mon speech sur l'effet qu'il me fait hein ? Trop long et pas envie de m'étaler là-dessus.

- Je n'ai pas envie, c'est tout. Mais je le ferai pour ton interview, ne t'inquiète pas. Je.. Je vais travailler un peu, donc si ça ne te dérange pas, tu peux...
- Ouais. J'y vais de toute façon. Ah, Leila a appelé plein de fois aujourd'hui, lance-t-il, se dirigeant vers la porte de ma chambre. Merci encore Nad ...

Me dit-il me lançant un regard perçant. Je fais un signe de tête et il ferme la porte derrière lui. Je ferme les yeux, je suis tellement fatiguée, faut que je rattrape ma nuit ce soir. Inévitablement, la condition de Bill envahit mes pensées. Il m'énerve. Machinalement je cherche mon portable dans mes poches et, déterminée cette fois, j'écris :

« Je ne fonctionne pas au chantage. Nadia »

J'hésite quand même avant d'envoyer. Ce n'est pas vrai puisque je vais accepter... mais juste pour qu'il sache que son attitude m'a vraiment énervée. Envoyé.



_____POV Leila


- Quentin, ta gueule, écoute moi !!!, le coupai-je. Je n'arrive pas à la joindre... J'ai appelé chez elle toute la journée, et sur son portable elle ne répond pas, pour changer... Tu crois qu'elle m'en veut ?
- Ah bah ça, tu peux le croire... Je ne comprends toujours pas pourquoi tu ne lui as pas dit que c'était moi ? Tu me la refais s'il te plait ?, rétorque-t-il malicieusement.

Je lève les yeux au ciel. Il fait exprès ou quoi ? Nan parce qu'il faudrait qu'il active ses deux-trois neurones, ça fait mal à mon crédit répéter les choses cinq fois pour que ça rentre dans sa tête de blond.

- Parce qu'on sait tous les deux qu'elle t'aurait tué Tinou. Moi c'est différent. Elle a un faible pour moi et puis je suis irrésistible quand je lui fais les yeux doux et je sais qu'elle me pardonnera plus facilement qu'à toi... Et..
- Un faible pour toi ? Elle a un faible pour moi ouais ! C'est plus cohérent en tout cas. Elle n'est pas lesbienne aux dernières nouv...
- Quentin !!! Aide-moi, je t'ai sauvé de ta mort. Elle était vraiment énervée tu sais... Elle ne m'a jamais fait la gueule... Il faut que je trouve le moyen de me faire pardonner...
- Tu sais quoi, je vais l'appeler et lui dire que c'est moi qui l'ai fait et...
- Non !!! Quentin, sérieux, tu ne tiens pas à ta vie ou quoi ?

Il s'arrête quelques instants puis reprend :

- Je ne vois pas pourquoi tu es plus avantagée que moi. Pourquoi elle me tuerait moi ?

Je soupire. Il a vraiment une mémoire de poisson rouge.

- Je te rappelle le coup-Damien ? Elle a mis du temps à te pardonner et là, ça serait pire...
- Ah oui en effet. J'avais oublié ce petit incident Damienesque.
- Petit incident ?
- Fin' bon, chacun sa notion de « petit » hein... Mais je lui dirai que c'était une blague... Faut pas tout prendre au premier degré rooh..
- Non mais « Bill » c'est un sujet très sensible apparemment. Ne me demande pas pourquoi, je ne sais pas. Bon, Quentin, tu vas te décider à m'aider, parce que c'est pas que je suis en train de niquer tout mon crédit pour t'entendre débiter des conneries mais... presque.
- Hum... Tu veux que je l'appelle ? Et que je plaide ton innocence ?
- Voui, tout à fait, sans avouer ta culpabilité, évidemment. Tu plaides mon innocence ET la tienne.
- C'est un peu compliqué ce que tu me demandes là..., dit-il, d'une voix douce.
- Mais non ! Tu lui dis qu'elle exagère, qu'elle donne trop d'importance à tout ça... Que je n'ai pas fait exprès... Que...

Le rire de Quentin à l'autre bout du téléphone m'interrompt. Bah quoi ? Qu'est-ce que j'ai encore dit ?

- Tu veux que je lui dise que tu n'as pas fait exprès ? Le numéro de Nadia serait-il tombé de ta poche par hasard ?, dit-il, insistant sur ce dernier mot, dans un ton moqueur. ET Bill l'aurait trouvé par hasard !!? Putain, qu'est-ce qu'il fait bien les choses le hasard, continue-t-il sous un ton ironique. Il est pas con. Dans ce cas, pourquoi il ne met pas dans ma route une fille canon, drôle, intelligente, parfaite, sincer...
- Chéri, il te l'a déjà mis dans le chemin depuis très longtemps, rétorquai-je, entrant dans son jeu. Elle est rousse et... non trop intelligente pour toi. Bref ! Arrête de me déconcentrer ! T'as raison, oublie l'argument de « je n'ai pas fait exprès », le hasard ne fait jamais aussi bien les choses. Bon Quentin, tu sauras te débrouiller, non ?
- Huuuum ouaiiis... Y a moyen... Huuum qu'est-ce que je suis bien là sur mon...
- Chuuut ! Je ne veux pas savoir ce que tu fais !, le taquinai-je. Allez, salouuute, appelle moi plus tard si tu as des news !
- Ouais, tchous petite crotte !
- Arrête de me voler les expressions !
- Aha, c'est cela oui.
- Arg... Tu...Ciao Quentin !!
- Ciao mon amour.

Je raccroche définitivement. Ouf, qu'est-ce que c'est dur maintenir une conversation sérieuse avec lui. Ca coûte toujours cher. Parce qu'il faut aller la chercher la phrase sérieuse entre toutes les conneries qu'il sort. Parfois je me demande lequel des deux est pire, lui ou moi ? J'ai un gros doute quand même. Ah, je laisse échapper un soupire.

Je pense à Nadia. Je ne comprends pas pourquoi elle m'en veut autant. Je ne comprends pas du tout sa réaction en fait. Il y a quelque chose qu'elle ne me dit pas. Parce que sinon ça n'a pas de sens tout ça. Elle a vraiment failli me tuer juste parce que j'ai passé son numéro à un putain de beau mec. Quelle fille normalement constituée réagirait comme ça ? Hein ? Qu'on m'explique... Mon portable vibre me faisant sursauter. Ca, c'est Quentin, il a sûrement oublié de me raconter la blague du jour... C'est un sms.

« Excuse-moi pour l'autre jour. Faut qu'on parle. Niko »

Mon c½ur se met à battre à la chamade. Je retiens ma respiration relisant le sms, pour constater que non, je n'ai pas de vision, il vient de m'écrire. Oh non... Pourquoi il se manifeste maintenant lui ? J'avais commencé un nouveau bouquin merde !! Mais, son message m'intrigue. Faut qu'on parle de quoi ?



_____POV Bill


Cette fille est vraiment un mystère. Et faut que j'arrête de penser à elle là, parce qu'en pleine interview lancer un lapsus de l'ordre « Nadia », ça ne le fait pas trop. Pour une fois je laisse les autres répondre à ma place, mais j'exige le micro de temps en temps, pour pas éveiller des soupçons et qu'on lance des rumeurs comme quoi je suis dépressif, ou au bord du suicide, ou encore que je veux quitter le groupe. Oui, les journalistes, raconter de la merde, ils adorent. Donc je souris, comme d'habitude sans vraiment être là.

Je suis sûr qu'elle ne comptait pas me répondre le sms d'hier soir. Mais pourquoi... il était plutôt sympa. Donc j'en déduis que vraiment elle n'était pas au courant et... qu'elle ne veut toujours pas me revoir.

Je repense à cette conversation que j'ai eu avec son frère il y a une heure, un peu moins. Nous faire une interview pour être admis dans son école... Ca ne me dérange pas, faudra négocier avec David par contre. Et qu'elle accepte de me voir évidemment. Je me sens un peu mal d'avoir dû utiliser le chantage, mais là... elle ne pourra plus refuser. Têtu, moi ? Tout à fait. Je veux la revoir, je la reverrai. Je suis peut-être obstiné mais elle aussi. On ne va pas s'en sortir comme ça. Je ne peux éviter d'esquisser un sourire à la seule idée de savoir que je vais la revoir. Maintenant c'est sûr. Elle le fera pour son frère.

Je sens mon portable vibrer dans ma poche. Ouch... Ca doit être elle... ou son frère. Je le sors discrètement de ma poche, faisant mine de me gratter. Oui, je sais, pas super comme idée, mais bon. Je le pose sur le canapé entre Tom et moi, entre nos jambes, de façon à ce que la personne qui nous fait l'interview ne puisse pas le voir. Je galère un peu pour accéder à la messagerie vu que je m'efforce de regarder dans les yeux la journaliste tout en souriant. Je ne sais même pas ce qu'ils racontent là ! Faisant mine de réfléchir à une de ses questions cette fois, je pose mes yeux sur l'écran de mon portable. C'est elle.

« Je ne fonctionne pas au chantage. Nadia »

Putain. Elle n'a pas l'air de se réjouir de mon petit chantage. Mais que voulait-elle que je fasse ? Je ne pouvais pas faire autrement ! Et si elle croit que j'allais laisser tomber, elle peut encore rêver !

- Et vous, Bill, qu'en pensez-vous ? Vous êtes bien silencieux, me demande la journaliste.

MERDE. Je lance un regard furtif à Tom, que seul lui peut comprendre. Un regard de panique. Il comprend très vite la situation et s'empresse de prendre la parole :

- Non mais ce n'est pas important ce qu'il en pense. Le tombeur du groupe c'est moi. Donc, les filles n'ont qu'à tomber amoureuses de moi pour ne pas souffrir, c'est vite vu.
- Ouais, ce genre de question est le genre de Tom, dis-je supposant qu'il s'agit encore une connerie avec des filles, tout en me forçant de sourire.
- Mais est-ce que vous, Bill, pourriez-vous sortir avec vos fans ? J'insiste sur cette question parce que c'est celle qu'on reçoit le plus souvent, m'interroge une nouvelle fois la journaliste.

Sortir avec des fans ? Encore cette question ? Evidemment que non.

- Bah oui, c'est tout à fait possible. Ca peut arriver, on ne sait jamais. Mais avec le rythme de vie qu'on mène, ça serait difficile...

Et me voilà parti dans mon speech quotidien. Je le connais par c½ur. Non mais pourquoi ils posent toujours les mêmes questions débiles ? Ils enregistrent pas nos réponses ou quoi ? Mon portable vibre une nouvelle fois alors que je suis en plein speech sur je ne sais plus quoi. Ah oui, sur mes relations sentimentales. Oui, je réfléchis à un truc et parle d'une autre chose au même temps. Faut que je conclus vite ma phrase parce que j'aimerais lire la personne qui vient de m'écrire.

- Tout ça pour dire, que oui, c'est possible.

Finis-je avec un sourire. Elle me lâche enfin des yeux cette cruche et je peux me focaliser sur mon portable, toujours caché discrètement entre nous. C'est un sms du frère de Nadia :

« C'est bon. Elle a accepté. Merci beaucoup, je t'appelle demain pour qu'on puisse organiser tout ça.
Marco »

Yes ! Elle a accepté ! C'est l'unique chose que je retiens du message. Je souris comme un con. J'aimerais répondre au sms de Nadia, mais l'interview est loin d'être finie. Piouf.

- Qu'aimez-vous faire le 14 février, jour de la Saint Valentin ? Vous, par exemple, dit-elle en me désignant.

Dormir.

- Oh eh bien... J'aime passer ce jour avec ma copine ; passer toute la soirée à matter des films romantiques sous la couette avec elle, avec plein de pop-corn...

Elle est pas relou celle-là. Pas du tout ! Qu'est-ce qu'elle s'en fout de savoir ce qu'on fait ce jour là précisément ? Les 364 jours restants de l'année j'aime dormir aussi –ou le passer avec « ma copine et le pop corn »-. Question débile encore. Tout en écoutant d'une oreille le reste de l'interview, je pianote comme je peux sur le portable la réponse à Nadia. Après quinze minutes pour écrire trois phrases, je finis enfin. Je lance un regard au portable qui affiche « Envoyé » et continue à sourire.



_____POV Nadia


Alors que j'essaye tant bien que mal de garder mes yeux ouverts pour finir le dossier que je dois rendre cette semaine, mon portable vibre. Mon c½ur s'emballe à la seule idée que c'est Bill qui vient de répondre mon message. Mais c'est un appel. Je jette un coup d'½il : Quentin. Je laisse échapper un soupir de soulagement.

- Quentin, mon chéri, je suis occupée, appelle peut-être dans la soirée ! Biso...
- Oh... Moi aussi tu me manques trop tu sais ! Et je suis trop content de t'entendre moi aussi !
- Quentin...
- Attends, c'est quoi cet accueil ? Je voulais te parler de...
- Leila ? Ce n'est pas la peine. Et je n'ai vraiment pas le temps de gaspiller mon temps à parler de ces conneries.
- Wouaaah ce n'est pas une blague, tu es vraiment énervée. Je débarque chez toi dans vingt minutes, faut qu'on parle sérieusement nous deux.
- Hein ? Non ! De quoi ? On n'a rien à...

Il... Il m'a raccroché à la gueule ce sale blond ! Merde... Il ne manquait plus que ça ! Quentin en mode-médiateur entre Leila et moi. On n'a pas besoin d'un intermédiaire... Je ne veux pas... Mon portable me sort de mes pensées une nouvelle fois. Je regarde l'écran : un nouveau sms. Mon Dieu... Bill a répondu :

« Tu fonctionnes comment alors ? Parce que j'ai beau chercher, je ne trouve pas. Désolé, je n'avais pas le choix. On peut se voir ce soir ?
Bill. »



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Impressions ?

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pour tous vos commentaires...

Danke vraiment ...

J'adore vous lire .

# Posté le mercredi 09 avril 2008 17:07

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 21:50