- Alors on va où ?, demande le prétendu Quentin.
A cette intervention, elle profite pour détacher son regard du mien et regarde son ami. Pourquoi elle m'évite autant ?
- On va dans une boîte qui s'appelle Stern. C'est la où se déroulent normalement nos aftershows ..., répond mon frère.
- Ouuuh, très VIP tout ça ...
Je ne fais pas vraiment attention à sa remarque, mais le fait que Leila essaye de lui écraser le pied me fait esquisser un sourire. Je regarde Marco, qui se trouve à coté de Quentin. Il lui ressemble beaucoup. Ils ont la même couleur des yeux. Et repenser au gris de ses yeux me donne envie de me perdre dans son regard une nouvelle fois. Je les retrouve sans difficulté. Je lui indique la voiture. On ne va pas rester toute la soirée devant l'hôtel quand même.
- On est beaucoup donc on va se séparer. Nadia et Leila venez avec moi, Tom et Emma. Georg, Gus, Andréas, Marco et Quentin, vous montez dans l'autre voiture, okay ?
- Hein ? Aucune fille avec nous ?, s'exclame Quentin. Partage un peu!
Ce Quentin me fait rire malgré les conneries qu'il sort. Il va bien s'entendre avec Tom je pense ; enfin, avec tous.
- Ne fais pas attention à lui.
Me rassure Leila, et moi j'ai toujours mon sourire accroché aux lèvres. Elle est très mignonne ... et est fort susceptible d'être la victime de Tom si je me base sur le regard qu'il lui lance en ce moment même. Nadia entame le chemin vers la voiture et je la rejoins. Je ne sais pas quoi lui dire, je veux juste marcher à côté d'elle, avec elle ...
- Merci, je laisse échapper.
Mon Merci a l'air de la surprendre car elle me regarde et me demande :
- Merci de quoi ?
- D'être venue.
Les mots sont sortis tous seuls de ma bouche, sans que je puisse me rendre vraiment compte de ce que j'ai dit. Elle me lance un dernier regard chargé de reproches et monte dans la voiture. Je lève mon sourcil: En effet, j'aurai droit à une scène d'après ce dernier regard. Je m'installe dans la voiture à mon tour, suivi d'Emma, Leila et Tom, qui étaient derrière nous. Mais comment peut-elle m'en vouloir autant ? D'accord, j'ai triché pour que l'on se revoie. Ce n'est pas la mort, merde ! Je ne comprends pas sa « phobie » me concernant. Je n'ai pourtant pas été désagréable vendredi. Cette situation me dépasse. Encore toutes ces questions qui me tourmentent. J'ai quand même hâte de pouvoir lui parler en privé, de la voir changer d'émotions dans l'espace de quelques secondes, de la voir s'énerver [bon peut être pas quand même], de la voir sourire, de l'écouter parler, de voir la timidité ressurgir et disparaitre aussi vite elle s'est manifestée, de ...
- Alors tu t'appelles Emma, c'est ça ?, sociabilise Leila.
- Oui, je suis la s½ur d..., s'apprête à répondre Emma.
- D'Andréas, je sais... Enfin, je connais Andréas ... Enfin, non je ne le connais pas, mais étant donné que je suis fan du groupe, bah forcément je connais l'existence de leur meilleur ami. Il est très mignon au passage, je ne l'imaginais pas comme ça...
- Pas aussi craquant que moi, rassure-moi ?, intervient Tom.
- Tom, tu ne vois pas qu'elle me parle à moi ? Et puis si c'est pour faire ce genre de remarques, abstients toi s'il te plaît, le taquine Emma.
Tom affiche son air boudeur devenu habituel lorsqu'il se fait casser.
- Et toi Laila si je ne me trompe ?, continue Emma.
- Leeeeila, c'est pas pareil ..., rectifie Leila, gesticulant.
- Ah d'accord, réplique Emma à son tour, souriante. Et donc toi, tu es la fameuse Nadia ?, interroge-t-elle, s'adressant à Nadia.
Putain merci Emma. Tu ne voulais pas me foutre un petit peu plus la honte ? Non, non ? Je pense qu'elle fera l'affaire ta petite intervention. Je regarde par la fenêtre, ne sachant pas où me foutre. J'ai n'ai qu'une envie : c'est de disparaitre sous Terre. Je ne sais pas comment Nadia a réagit, ni quelle tête elle a fait. J'entends juste le son de sa voix lorsqu'elle répond :
- Euh, je ne sais pas si je suis « la fameuse », mais en tout cas je m'appelle bien Nadia oui ...
- Bah en fait, ça dépend de ce que tu sous-entends par la « fameuse » ?, demande Leila.
Mein gott. Elle est pareille qu'Emma cette fille ! Allez, continuez à m'enfoncer un peeeeu plus, c'est fun les filles ! Je lance un regard terrifié à Tom, qui, ce con, toujours aussi compréhensif, affiche un sourire en coin.
- Bah, c'est bien toi la fille qu'il a connu vendredi passé et qui rend notre Beul ..., commence Emma.
- Aaaaaaah les filles .... Euh ... connaissez-vous l'angle sous lequel un satellite peut observer l'Afrique du Sud ?, intervient Tom, remarquant mon malaise ET celui de Nadia.
Emma et Leila le regardent incrédules, se demandant sûrement quelle substance illicite a-t-il consommé ce soir. Putain Tom, t'aurais pu trouver mieux pour dévier le sujet. Toutes les paires d'yeux sont posées sur lui.
- Bah quoi, c'est une question comme une autre... En plus vous ne savez même pas, bande d'incultes, va !, se défend-il.
Emma et Leila se regardent et éclatent de rire à l'unisson de l'absurdité de ses dires. J'ose enfin regarder dans sa direction. Elle a la tête penchée vers ses mains, qui se triturent entre elles. Ce geste attire mon attention vers elles et je les observe quelques secondes. Elle a des très jolies mains, fines et parfaitement soignées. Je reste bloqué sur elles quelques instants. Le fait qu'elle bouge légèrement met fin à mon hypnose sur ses mains et je lève les yeux vers elle. Elle le fait aussi et nos regards se croisent inévitablement. Elle rougit ... Et moi je dois me rappeler comment fait-on pour respirer, à croire qu'il me faut un mode d'emploie.
- Ahem, exagère Tom.
Ce qui me ramène à moi. Je regarde les autres qui, eux, n'ont raté aucune miette de cet échange de regards entre Nadia et moi. Leila me regarde ravie, un sourire accroché aux lèvres. Emma dévisage attentivement Nadia et Tom fixe Leila. Le silence s'installe dans la voiture, mais est vite brisé par Emma, qui, bavarde comme elle est ne reste pas plus de cinq secondes la bouche fermée :
- Et vous faites quoi comme études les filles ?
- Je suis en fac de Sciences de la Communication, s'empresse de répondre Leila.
Sciences de la Communication ? Je ne savais même pas que cela existait, mais ça lui va à merveille je trouve.
- Sciences de la Communication ?, reprend mon double. Je ne savais même pas que ça existait ! Ca consiste en quoi ?
Je souris. Il a eu la même pensée que moi.
- Bah c'est pour travailler plus tard dans la communication d'entreprise, ou la communication publique ... ou Editions et librairies, etc. C'est pas mal, j'aime bien en tout cas !, explique Leila.
Mes yeux se posent sur Tom, qui l'écoute parler, concentré dans ce qu'elle raconte, sans arrêter de jouer avec son piercing. Emma pose ses yeux sur Nadia, attendant sa réponse. J'ai enfin une excuse pour laisser mon regard savourer la beauté de son visage. Alors que je la scrute, elle joue distraitement avec les bouts de ses doigts, et répond tranquillement. Plus aucune trace de cette timidité d'il y a quelques minutes.
- Je suis en fac de Sciences Humaines et Sociales. Je veux travailler dans le milieu Social plus tard, mais je ne sais pas exactement quelle spécialité. Je verrai comment ma vocation évolue, répond-elle. Et toi ?
Ses yeux se posent quelques instants sur moi, ce qui me fait penser qu'elle me pose la question à moi. Mais non, elle regarde Emma tout de suite.
- Je veux faire fac de Psychologie. J'ai encore quelques années devant moi pour y réfléchir de toute façon. Le droit m'intéresse aussi, ou ... Bouah, je ne sais pas encore, finit-elle.
- Moi je suis guitariste à temps plein si jamais ça vous intéresse, intervient Tom.
- Et moi chanteur. Je replique, rentrant dans le jeu de mon double.
- Ouais voilà. On a fait une fac de guitares et de voix, explique Tom, très sérieux malgré les conneries qu'il débite.
- Tsss, c'est bien l'humour Kaulitzien ça. On est arrivés les boulets!, intervient Emma.
On sort tous un à un. Je laisse ma casquette dans la voiture et prends soin de me coiffer. Les autres sont déjà là.
- Vous êtes tous là, c'est bon ? Personne ne s'est perdu en chemin ? On peut y aller ?, demande excité Andréas.
Je vois Gus lui répondre avec un simple hochement de tête. Andréas tourne les talons et se dirige vers l'entrée du Stern. Tom s'empresse de rejoindre Andréas tout devant pour qu'on nous laisse entrer. Georg et Gus parlent avec Quentin et Marco. Emma est avec Leila et moi, tout derrière avec Nadia. Elle m'ignore et se contente d'avancer. Ca commence à m'agacer son attitude.
- Tu comptes bouder toute la soirée ? Non parce que bon ... Si j'ai t'ai « obligé » à venir en quelque sorte c'était pour passer une bonne soirée. Alors si tu as des reproches à me faire, je préfère que tu le fasses maintenant, que tu vides ton sac le plus tôt possible, comme ça, c'est fait et on peut parler et faire connaissance comme des gens normaux.
Elle s'arrête de marcher, ce qui m'oblige à me retourner pour voir ce qu'elle fabrique, ou entendre ce qu'elle a à dire. Je la vois écarquiller les yeux :
- Ce que tu ne sembles pas avoir saisi c'est que moi je ne voulais pas passer cette « bonne soirée » avec toi. Si je suis là, c'est pour mon frère. Et J'hallucine ... Que je vide mon sac pour pouvoir « faire connaissance comme des gens normaux » ? Depuis quand les gens normaux imposent ses caprices aux autres ? Parce que oui, ça ne peut être qu'un caprice ton obstination pour que l'on se revoit ! Tu sais, ce n'est pas parce que tu es une star mondialement connue que ...
Elle commençait à hausser la voix en pleine rue et on allait se faire repérer. Je lui mets mon index sur la bouche, l'incitant à se taire.
- Euh ... C'est plus long de ce que je croyais. On va continuer dedans, comme ça tes cris seront amortis par la musique.
Avant qu'elle ne proteste, je lui prends la main et l'entraîne dans la boîte. Le vigile me reconnait tout de suite et nous laisse entrer sans problème. Tom a dû lui donner nos deux entrées aussi. Je cherche les autres des yeux, mais je ne les vois pas. Ils doivent être allés s'installer quelque part, dans une des zones VIP. La musique rempli l'atmosphère dense qui encercle la boîte. Je traverse la piste de danse, où plusieurs personnes se déchainent et se laissent envahir par le rythme. J'aperçois au loin une porte qui donne accès à la zone découverte. Je serre toujours sa main dans la mienne. Je ne sais pas pourquoi, par reflexe sûrement, j'entremêle mes doigts aux siens. Je me retourne vite fait pour voir si elle arrive à me suivre, mais je n'arrive pas à distinguer son visage. Je continue d'avancer parmi la foule qui nous entoure. Une fois arrivé à cette porte, je la pousse doucement et sors, suivi d'elle, toujours agrippée à ma main. Quelques personnes sont dehors en train de fumer leur clope. Je continue de marcher pour trouver un endroit discret. La musique, atténuée, se fait encore entendre. On arrive à un endroit où il n'y a que deux ou trois personnes en train de discuter tranquillement. Elles ne font pas attention à nous. Je me retourne enfin et la lâche malgré l'agréable chaleur que ce contact me provoquait.
- Je n'avais pas fini !, attaque-t-elle.
- Ah, bah ça, je m'en doutais, lui répondis-je calmement.
Ses yeux gris se transforment une nouvelle fois. Elle me fusille du regard et ses yeux semblent lancer des flammes. Je sais, elle est plus qu'énervée en ce moment même, c'est peut-être ma fin même, mais je ne peux pas éviter de regarder cette transformation fasciné. Je me rapproche instinctivement d'elle, mais elle recule au même temps.
- Je... Je ne sais plus où j'en étais, arrive-t-elle à articuler, malgré la colère qui la ronge.
- Hum, tu ne tiens pas trop à tes reproches alors ...
Dis-je simplement. Mais je crois que ce n'était pas une bonne idée ...
- Ca va pas? Ca me revient ! Tu crois qu'une fois que j'aurai « vidé mon sac » comme tu dis si bien, on parlera comme si de rien n'était et on passera une soirée tranquille et pleine de bonne humeur et...
- Oui... Pourquoi pas ?
Je croise les bras alors que je lance cette simple phrase, ce qui la met encore plus hors d'elle-même.
- Tu m'énerves ! Tu...
- Ca, tu peux me croire, je l'avais remarqué ...
- Chut ! Laisse-moi parler ! Je n'arrive pas à croire que tu vives aussi bien ton chantage, comme si c'était la chose la plus normale au monde. Je n'arrive pas à croire que tu sois aussi arrogant, aussi sûr de toi ... Je n'arrive pas à croire que tu te crois tout permis. Etre une star ne te donne pas le droit d'utiliser les gens à ta guise !
Je la regarde vociférer toute sa haine envers moi. Son beau visage est rouge de colère et elle tremble légèrement. Je ressens un lourd pincement au coeur et un noeud se forme dans mon estomac. Je m'en veux d'être la cause de sa rage. Mil formules d'excuses défilent dans ma tete, mais aucune en ressort. Je ne sais pas comment m'y prendre. Je ne sais pas quoi lui dire ... Elle a tort. Je ne suis pas comme ça, comme elle le prétend. Je fixe ses yeux, et j'arrive encore à déceler cette furie qui s'y installe dès qu'elle me voit. Je soupire face à ce sentiment d'impuissance, à ce manque de mots. Je tente plusieurs fois de dire quelque chose, mais aucun son. Je passe nerveusement ma main sur mon front, et essaye de reprendre le rythme normal de ma respiration. Quant à elle, elle se limite à me dévisager, ses lèvres tremblant d'emportement encore ... C'est dans cette observation de ses lèvres que je lance enfin:
- Bon, calme-toi... Je... Je ne voulais pas te mettre dans cet état. Et surtout, je ne voulais pas que tu penses tout ça de moi. Je dois t'avouer que je ne comprends pas ta phobie envers moi. Pour le chantage, d'accord ... Je m'en excuse, je ne savais pas comment faire pour te revoir. Ce n'était pas un caprice, non, je t'assure. J'y tenais. Ne me demande pas pourquoi, je tenais à te revoir. C'était important pour moi. Je sais très bien que ce n'était peut-être pas le meilleur « chemin ». Mais comment aurais-je pu faire ?
- T'aurais pu respecter mon refus. Tu ne sais pas pourquoi j'ai refusé.. Tu ne sais rien ! Et... Tu t'es quand même permis de...
Elle s'arrête quelques instants. La colère semble s'estomper peu à peu. Je ne comprends plus rien. Mes mots ont-ils réussi à traverser cette paroi Anti-Bill? Je reprends :
- Bah non, je ne sais pas pourquoi tu refusais... Je ne savais pas qu'il y avait une raison particulière ... Je pensé que c'était un simple « non » parce que tu ne me connaissais pas, c'est tout ... Et non, je ne pouvais pas me contenter de cela, d'un « non » gratuit comme ça. Je ne pouvais pas savoir qu'il y avait vraiment une raison ... Excuse-moi.
Ses yeux se posent sur les miens. Et cette colère qui y habitait n'y est plus. Je me perds dans son regard et attends qu'elle me réponde quelque chose... Elle se mord la lèvre inférieure et soutient mon regard. Dis quelque chose s'il te plaît...
- C'est facile s'excuser ..., lance-t-elle abattue.
- C'est pourtant des excuses sincères. Néanmoins, je t'avoue que je suis quand même content que tu sois en face de moi, en train de m'engueuler à tout va, de crier comme une folle ... Non, je ne suis pas masochiste, mais ça me fait plaisir que tu sois là ... J'aime bien tes transformations.
Cette fois, les mots sont venus tous seuls ...
- Hein ? Quelle transformation ?, m'interroge-t-elle, d'une voix calme cette fois.
J'esquisse un sourire, qui la fait rougir, mais pas de colère cette fois. Elle dévie le regard. Je baisse moi aussi les yeux, content de me rendre compte que je lui fais de l'effet quand même.
- Je peux savoir pourquoi tu ne voulais absolument pas me revoir ?
Je n'aurais peut-être pas dû poser cette question, mais c'était plus fort que moi.
- Je ..., commence-t-elle, gênée.
Nos yeux se confondent une nouvelle fois. Je ne la presse pas et me contente d'attendre qu'elle se décide à se lancer. Je profite pour la dévisager, comme j'adore faire. Cette gêne soudaine me fait craquer ...
- Je ne veux pas en parler.
Lance-t-elle finalement. Nos regards restent accrochés quelques secondes, qui me semblent éternels, et mon c½ur bat tellement fort que j'ai peur qu'elle l'entende malgré les centimètres qui nous séparent. Je hoche la tête et lance :
- Comme tu veux. Bon allez viens, on va aller boire quelque chose et rejoindre les autres ...
Je m'apprête à prendre le chemin de retour, mais je m'arrête et lui demande :
- Plus de haine ? Plus de rancune ? On signe la paix ?, demandai-je, un sourire en coin.
Elle me lance un regard perçant, accompagné d'un sourire malicieux tracé sur ses belles lèvres et reprend le chemin du retour, me laissant planté là, comme ELLE adore faire. Euh, je suis censé comprendre quoi là ?
J'espère qu'elle vous plaira quand meme =$ ...
Merci
infiniment pour tous vos commentaires ...
remplis de compliments,
encouragements,
humour,
& j'en passe ...
Merci de respecter mon travail =)
Encore une fois, je vous demande de me faire part de votre passage préferé =)
J'adore !! Danke !
Love You ...
