***__Chαpitre 28__ *** « Revivre ces instαnts ne font que brûler mes plαies encore ouvertes ... »

***__Chαpitre 28__ ***  « Revivre ces instαnts ne font que brûler mes plαies encore ouvertes ... »
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« L'expérience αurαit dû m'αpprendre
- si elle αpprenαit jαmαis rien -
qu'αimer est un mαuvαis sort comme ceux qu'il y α dαns les contes,
contre quoi on ne peut rien jusqu'à ce que l'enchαntement αit cessé. »

Proust.

_____POV Nadia


Je descends une fois la douche finie -vêtue d'un simple jogging gris et un t-shirt noir- et me dirige nonchalamment vers la cuisine, maudissant toujours Leila. Mes lèvres s'étirent dans un large sourire lorsque j'aperçois Marco affalé sur le canapé du salon, encore habillé, endormi profondément.

- Chéri, la tornade rousse arrive. Tu ferais mieux de quitter tes rêves en douceur si tu tiens à conserver ta bonne humeur.

Lance-je au passage, poursuivant mon chemin vers la pièce adjacente. Je l'entends vaguement grogner quelque chose mais je suis déjà trop loin. Je me précipite sur le placard et en sors mon futur petit déjeuner. Je m'apprête à le préparer lorsque la sonnette se fait inlassablement entendre.

- C'est bon. J'arrive !

Vocifère-je, laissant à contrec½ur les céréales sur la table. Mes pas endormis me guident vers la porte que j'ouvre en fracas, pour qu'elle arrête d'appuyer sur cette putain de sonnette.

Elle sourit faiblement et laisse tomber sa main dans l'air sur le côté :

- J'avais peur que tu n'entendes pas ...

Je lui réponds par une grimace et retourne dans la cuisine, laissant la porte ouverte derrière moi pour qu'elle rentre. J'entends ses pas pressés me suivre à toute vitesse et fermer la porte rapidement. Je n'ai pas besoin de la regarder pour deviner que ses mouvements débordent d'énergie. Comment elle fait ? Elle n'a pas dormi en plus ! Je ne comprends pas ... Tout corps humain a besoin d'une dose de sommeil quotidienne, pourquoi le sien vient avec la dose intégré ?

Je laisse échapper un soupire, et prépare mon bol de céréales.

- Nad, t'arrêtes de faire le cadavre ?,me lance-t-elle joviale, se servant du jus d'orange.

Je lui adresse un regard fatigué et réponds, machinalement :

- Je ne fais pas le cadavre, je suis un cadavre à neuf heures du ...
- Tu ne comptes pas me demander comment ça s'est passé avec Tom ?

Me coupe-t-elle euphorique, ne pouvant plus se retenir sûrement.

- Je n'ai pas besoin de te le demander Lei ...
- Tu as raison ! C'était ... Je n'ai pas les mots. Indescriptible ... Je ne sais même pas par où commencer. Tu t'en rends compte ? J'ai passé trois heures dans l'hôtel avec Lui. Avec Tom Kaulitz. Le même dont je te parle depuis deux ans ! Cette star, ce guitariste, ce groupe. Je ne réalise pas vraiment encore. En allant à cette soirée, l'idée d'effleurer ses lèvres ne m'avait même pas traversé l'esprit. J'allais les voir. Eux. En vrai. C'est tout ce qui comptait pour moi. Tu te rappelles comment ça a commencé ? On s'est embrassés une fois dans la boîte, mais après plus rien. On délirait, mais je pensais que ça allait s'arrêter là. C'était plus que suffisant pour moi. Ce baiser, dans la piste ... C'était magique. Sur le moment, j'y croyais tellement pas ... Je ... Pour moi je rêvais, et je priais pour pas me réveiller à ce moment là. D'ailleurs, lorsqu'une vilaine larme s'est échappé, il a dû capter que j'étais aux anges et il a dû me prendre pour une débile. Enfin, ce baiser, là, c'était suffisant pour moi, tu sais ? Mais je ne sais plus pourquoi il m'a proposé de finir la soirée avec lui. Ah si, c'est parti d'une connerie sur les filles. Quand il m'a proposé ça, j'ai vraiment ressenti l'envie de lui foutre des baffes. Je pensais sérieusement qu'il se foutait de moi ouvertement. Ca ne se faisait pas. Mais il a insisté, vraiment Nad ! On est sortis de la boîte et il m'a demandé encore de venir avec lui ! Et là, j'ai commencé à comprendre que ce n'était pas un rêve. Que j'allais vraiment finir la soirée avec le fameux guitariste qui me hante depuis une éternité. Donc on est rentrés vers quatre heures, tu es partie tôt quand même toi ... D'ailleurs Bill t'a raccompagné on m'a dit ?

M'interroge-t-elle distraite, soudainement. Je manque de m'étouffer avec les céréales que je digère en l'écoutant. Je ne m'attendais pas à ce que son moulin à paroles dérive sur ma petite personne. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle me parle de Bill. Je détourne le regard, gênée :

- Oui. Mais continue de me raconter.

L'incite-je. Je sais qu'elle ne résistera pas et poursuivra à me parler d'elle et de son amour platonique. De toute façon, je ne parlerai pas de Bill.

- Tu ne m'échapperas pas Nad ... Mais soit. Je continue.

Je soupire, soulagée, et replonge dans mon bol de céréales presque fini. Mais lorsque Leila s'apprête à reprendre son récit, on entend une voix masculine provenant du salon :

- Leila, tu peux aller raconter ton histoire de cul en haut et arrêter de corrompre mon innocence ?
- Non Marcounnet, je suis bien là ! Et donc on arrive à l'hôtel et ...
- Saute les détails alors ! Merci !

Crie alors Marco. Je souris et me lève pour ranger ce qui reste sur la table.

- Oui, bon ... Ton frère a raison, je vais peut-être sauter cette partie. On n'a pas joué au scrabble si tu veux savoir ...

Je me retourne vers elle interloquée, les yeux ronds. Elle a vraiment couché avec lui ? Mais ... Je reste un moment immobile, attendant qu'elle me dise qu'elle rigole. Elle arrive sûrement à lire ma répréhension dans mon regard, car elle reprend :

- N'importe qui aurait fait la même chose à ma place. Excepté toi, car tu es un extra-terrestre.
- Oh, merci du compliment Lei.
- Non mais tu n'as pas un idole comme ça, tu es ...

Dégoutée des mecs, oui. Elle ne fini pas sa phrase, mais elle a pensé la même chose que moi. J'entame le chemin vers ma chambre, et elle s'empresse de faire de même.

- Nad, si seulement tu pouvais comprendre ... Te mettre à ma place ... Oui, je l'idéalise peut-être beaucoup –trop- mais c'est ainsi et ... J'ai réalisé quelque chose de géant pour moi. Même si je suis carrément insignifiante à ses yeux. Enfin, je ne sais pas comment expliquer ...

J'ouvre la porte de ma chambre et, face au bordel qui y habite, je désespère. Je me laisse tomber sur le lit sans pour autant arrêter de l'écouter.

- Je ... Peut-être que si je n'avais rien fait je l'aurais regretté, tu ne penses pas ? Et là, c'est vrai, ce matin, je me suis sentie mal d'avoir cédé aussi facilement, mais au même temps, c'est Tom. Oui, je sais, me regarde pas comme ça, c'est un mec comme un autre pour toi, mais non, pour moi il y a une histoire derrière le nom « Tom Kaulitz », il y a un contexte, il y a ... Tellement de choses. Je m'en suis voulu, je ne vais pas te mentir. Je suis une de plus, et j'essaye de me convaincre que ce n'est pas grave, tu sais ?[

Alors qu'elle parle, elle est toujours débout, figée, planté à l'entrée de la chambre. Elle parle, et fait des gestes de ses mains au même temps. Lorsqu'elle finit sa phrase en m'interpellant, mes yeux se posent sur les siens et j'arrive à lire le tourbillon de sentiments contradictoires qui la traversent. Ses yeux verts obscurs traduisent parfaitement la confusion qui la ronge.

- Tu n'as pas à te justifier Lei. Tu as raison, moi je ne peux pas comprendre ce « fanatisme ». Cela dit, je sais combien c'est important pour toi. Et je comprends. Te connaissant, tu aurais regretté si tu avais refusé. Ne te prends pas la tête ... Je n'irai pas jusqu'à dire « Tu as bien fait » car non, pour moi tu n'as pas bien fait, tu le sais, mais c'est mon côté extra-terrestre qui dit ça ... L'infime côté humain qui me reste te comprend et partage cette joie avec toi. Vraiment. Ca arrive pas à tout le monde se taper son fantasme –qui de plus est une rock star-, hein ?

Elle esquisse un sourire radieux et se jette sur moi, dans un élan d'euphorie.

- Tu es plus humaine de ce que tu crois ! Huuuuh, je t'aime ! Mais tu restes quand même un peu –beaucoup- extra-terrestre !

J'éclate de rire sous son poids et lui pince les bras pour qu'elle me laisse respirer. Ce qu'elle fait immédiatement et s'étale à mes côtés.

- Je te sens soulagée tout d'un coup ... Tu sais, tu n'avais pas besoin de ma bénédiction hein.

Elle se redresse d'un coup et débordante d'une nouvelle énergie, se met à plier les habits qui sont éparpillés un peu partout.

- Si. C'est vrai, pour moi c'était un poids, je ne savais pas si j'avais bien fait, mal fait ... J'avais peur de ce que tu puisses penser ...
- Arrête Lei, je ne me permettrais pas de te juger, j'essaye de te comprendre ... & Ce qui est bien ou mal pour toi, tu devrais le savoir. Si tu penses que tu pourras vivre avec ce souvenir, et faire en sorte que ça reste le plus beau souvenir de ta vie, et bien, tu n'as pas à te poser des questions ... Maintenant si cette nuit va te hanter et te faire déprimer car ça n'a duré que quelques heures, là, je n'adhère pas ... Je te fais confiance, je sais que tu sauras gérer tout ça ...

Elle s'arrête quelques instants, et s'approche du mûr où gisent mes photos. Elle pose un doigt sur une photo de Nikola et Quentin. Doucement, son doigt caresse le doux sourire glacé de Niko.

- T'inquiète. Je pense que la réalité va me rattraper plus vite que prévu, me répond-elle, nostalgique.
- Oh non, tu ne vas pas te mettre à penser à cette espèce de pisseux.

Réplique-je, enfouissant ma tête sous l'oreiller, me disant que ma rousse est un cas désespéré. Si ce n'est pas ce Tom, c'est Niko et vice-versa.

- Cela dit le « Post-it » fait tâche au milieu des pho ...

Commence-t-elle. Mais je ne prête presque plus attention, le sommeil revenant à l'attaque.

- « A défaut de ne pas pouvoir te revoir en vrai, je me suis permis de t'emprunter une photo. Bisous, Bill : ) » , lit-elle à haute voix.

Le prénom « Bill », prononcé par Leila, me fait rapidement quitter mon monde onirique. Bill ? Elle a vraiment dit "Bill" ou je délire ? Je sors un ½il de sous l'oreiller et la vois lire un papier rose –ceux que j'utilise pour la fac-, la bouche ouverte, les yeux écarquillés. Exactement comme elle fait lorsque la situation la dépasse. Lorsqu'elle hallucine complètement. Je ne comprends pas ce qui la fait tirer cette tête de conne, et je ne cherche pas à comprendre. Je me réfugie une fois de plus sous l'oreiller afin de dormir un peu. Mais sa voix –qui me semble lointaine- m'interpelle encore :

- TU NE M'AS PAS DIT QUE BILL ETAIT RENTRE DANS TA CHAMBRE !!!

Crie-t-elle, sautillant sur le lit. Cette fois, sa phrase a atteint mon cerveau. Je n'ai pas trop eu le choix à vrai dire. Mais le fait qu'elle reparle de Bill sans cesse, me rappelle cette soirée avec Lui, alors que j'essaye de ne pas y penser. Et plus exactement, le fait qu'elle sache qu'il était dans ma chambre, fait trépigner mon c½ur frénétiquement. Ces détails, ces images refoulées, ces regards me poignardant jusqu'au plus profond de moi. Comment elle a su ? Je sors subitement ma tête de sous les draps et la regarde effarée. Elle se trouve à côté de moi, ses yeux verts plantés sur moi, exigeant une explication.

- Comment tu...

La fin de ma phrase reste suspendue lorsqu'elle ébranle le petit papier rose de tout à l'heure sous mon nez :

- Là, Nadia ! Je ne comprends pas ... Pourquoi tu ne me dis rien ? Je commence vraiment à me poser des questions !

Des questions sur quoi ? Je lui arrache violemment ce maudit papier qui provoque une telle réaction chez elle et lis ce qu'il y a marqué dessus, d'une écriture qui m'est inconnue.

De « A défaut ... » jusqu'au smiley maladroitement dessiné, mon c½ur s'est arrêté. Ni une seconde de moins, ni une de plus. J'ai du mal à maîtriser ma pauvre respiration. Ces picotements si familiers et si imprévisibles chatouillent chaque parcelle de mon âme. Je lève la vue, par reflexe, cherchant la photo manquante. Mais il y en a tellement, je ne saurais pas dire laquelle.

Étourdie, je referme ma main tremblante sur ce bout de papier. Et j'ai peur. Peur des effets que ce simple papier, ces simples mots produisent en moi.

Leila passe sa main devant mon regard perdu, loin, très loin. Oui, je vois sa main s'agiter devant ma vue, et pourtant ... Je suis ensorcelée. Par tout ce que je ressens.

Ma bouche articule machinalement :

- Lei ... J'ai besoin d'être seule deux minutes. Je t'expliquerai tout après, promis.
- Ca fait une semaine que tu me dis que tu m'explique...
- S'il te plaît ...

Ses yeux s'attendrissent, et sa tête acquiesce. Je l'aperçois sortir de la chambre. Et je me recroqueville enroulée de mes draps blancs.

F u i r .

C'est tout ce que j'essaye depuis longtemps. Pourquoi est-ce si difficile ? Pourquoi tant d'émotions arrivent à s'immiscer en moi alors que j'ai longuement forgé cette carapace ?

Comme si ma propre vie ne m'appartenait pas, comme si elle n'était qu'une pauvre victime du destin, comme si elle n'était que le comble de malchance. Oui, je ne suis plus actrice de ma vie ; je la regarde filer devant mes yeux. Elle ne m'appartient déjà plus depuis longtemps.

Et pourtant, j'essaye encore & encore. De ne pas baisser les bras, de vaincre le destin. De devenir moi-même.

Moi-même ... Ou celle que je veux être.
C'est pareil.

Fuir cette faiblesse, meurtrière. Qui nous tue, à petit feu ...

Bill ... Et cette expression sur son doux visage quand nos regards se transperçaient, comme une phrase doucement murmuré, comme une caresse qui brûle, comme un baiser volé. Cette expression qui ne demande qu'à être prise en compte, qui réclame haut et fort Confiance... Cette expression qui me dit que tout ira bien.

Cette expression que je ne veux pas avoir à voir. Et surtout pas à Subir.

Mes peurs & inquiétudes, mes frustrations & déceptions, mes ressentis & mes blessures se sont emmêlés, formant un n½ud entre elles m'empêchant de faire confiance, de croire en tout, d'aimer, me rendant même amère à la moindre affection.


__Flash Back__


- Tu m'aimes ?, te demandai-je.
- Oui. Je t'aime.
- Jusqu'où ?
- Jusqu'à la Nouvelle Zélande. C'est l'endroit le plus loin où l'on peut aller avant de faire demi-tour.

*

- Tu m'aimes ?
- Oui ... Pourquoi tu me le demandes toujours ?
- J'ai besoin de l'entendre. Tu m'aimes jusqu'où aujourd'hui ?
- Imagine le plus loin que tu peux, ça y est ?
- Oui. Ca y est.
-Et bien, plus loin encore.

*

- Je croyais en Nous.
- Moi aussi je croyais en nous Nad. Moi aussi. Mais toutes mes certitudes se sont effondrées. Je ne sais plus rien. Enfin si, je suis sûr d'une chose : je ne le veux pas.
- Et toutes tes belles phrases ? Ils sont passés où tes mots doux ? Ton amour ?
- Les mots ne sont que des mensonges.
- Alors tu ne m'aimais pas comme tu le prétendais ...
- Ce n'est pas si simple.
- J'y ai cru. Tu as rempli mon c½ur d'illusions, tu le sais ?
- Je le sais. Désolé.

*

__Fin du Flash Back__

Revivre. Revivre ces instants ne font que brûler mes plaies encore ouvertes, encore criantes de désespoir.

Encore aujourd'hui je me rappelle à quel point ça me secouait les tripes la détermination avec laquelle tu prononçais ces trois mots ... « Je t'aime » ...

Damien ...

Instinctivement, je cherche cette photo que tu as prise ce jour là, lorsque tu as sorti cette bague de ta poche et mes yeux embués ont caressé tes promesses. Ce jour là, tu disais vouloir immortaliser ce moment, immortaliser mon air enfantin, mon sourire illuminant mon visage, & ma capacité attendrissante à m'étonner de tout et de rien.

Et mon c½ur acclame défaite lorsque je remarque que c'est celle-ci qui manque, que Bill a emporté avec lui.
Ta photo, Damien.

____________________________________________________

Impressions ?

Je sais que dans ce chapitre -& dans le précédent- il ne se passe pas grand chose, mais je dois introduire leurs passés x) ... Pour la suite ... Huhu.

Alors, j` aimerais savoir ce que vous en avez pensé?
Tout d` abord sur Leila & ses sentiments confus concernant ce qu` elle a fait .

Ensuite sur Nadia & son éternel combat .
& sur Damien, même s` il n`y a qu` un court Flash Back.

Moment préféré ? / Réplique préférée ? : )
( J` adooooooooore xD )

Merci encore pour vos commentaires, Merci : )
A bientôt petites coquines x)

# Online seit Dienstag, 23. September, 2008 um 13:43

Geändert am Donnerstag, 26. November, 2009 um 08:07

***__Chαpitre 29__ *** « Pour vivre, et nes se contenter d` exister ... »

***__Chαpitre 29__ ***  « Pour vivre, et ne pαs se contenter d` exister ... »
*

« On dit que le temps chαnge les choses,
mαis en fαit le temps ne fαit que pαsser
& nous devons chαnger les choses nous-mêmes. »

Andy Warhol

_____POV Leila


Je ferme doucement la porte de sa chambre la laissant déboussolée. Je me dirige vers la chambre de Marco, et me laisse tomber sur le lit. Je laisse échapper un soupir d'incompréhension réprimé. Qu'est-ce que j'ai encore dit pour la mettre dans cet état là ? Le simple fait de mentionner « Bill » la désorbite. Et comment un simple mot peut-il la mettre dans tous ces états ?

Je revois encore ses yeux luisants et un brin préoccupés me rassurer concernant mes hésitations, pour ensuite s'assombrir soudainement, son teint hâlé virer au pâle, et son corps gracile se crisper comme lorsqu'elle est nerveuse et déstabilisée. Je ne peux m'empêcher de me sentir impuissante face à ces élans autodestructeurs qui la rattrapent à chaque fois. On est bien loin de cette joie et cette assurance qui l'enveloppaient autrefois comme un champ magnétique. Bien loin de ces yeux qui regardaient loin devant eux et semblaient se clouer sur le monde, comme s'ils ne voulaient rater aucun mouvement, animés par cette curiosité naturelle qui les habitait. Bien loin de ce sourire collé à ses lèvres à longueur de journée, le genre de sourire à éclairer une ruelle étroite à minuit. Bien loin du feu de l'enthousiasme qui embrassait son visage à n'importe quel moment, au dépourvu.

Loin. Très loin ...

Qu'était-elle devenue ? Désormais, elle craignait tout et rien, se méfiait de la moindre attention, approche ou affection même. Elle se gonflait de peur jusqu'à l'asphyxie.

On dit que le temps guérit les blessures, que tout passe. Damien était passé, certes ; les blessures laissées sur son passage avaient cicatrisé, il n'est restait qu'une légère marque... Mais l'angoisse, la peur, tel un virus, ne semblait pas près de guérir.

Si seulement une rafale de vent pouvait éteindre la flamme de ses souvenirs...

Si seulement elle pouvait ensevelir le souvenir de Damien imprimé au fer rouge dans sa mémoire ...

Pour ne plus se torturer, ne plus vivre enfermée dans sa coquille invisible et impénétrable, ne plus rebondir contre la douleur et le souvenir fantomatique. Pour évacuer toute cette souffrance morale qui coule en elle à flots, qui meurtri chaque millimètre de son corps.

Pour vivre, et ne pas se contenter d'exister ...

Je me redresse, déterminée à aider Nadia à remonter la pente, coûte ce qui coûte. Quitte à me noyer avec elle. Je passe devant la porte de sa chambre toujours fermée, mais décide de ne pas rentrer, pour la laisser encore réfléchir. J'opte pour la deuxième solution : aller taquiner Marcounnet.

Je descends le plus vite que mes pas me le permettent et me dirige vers le salon, où son corps inerte gît mollement sur le grand canapé
.
- Marcooooooooouuuuuuuuu, il est dix heures trente! Debout !

Au son strident de ma voix, brisant l'immaculé silence matinal, il sursaute, son corps semble recevoir un électrochoc. Sa voix pâteuse arrive néanmoins à se faire entendre :

- Putain, c'est pas vrai. T'as déjà fini de raconter ton histoire de cul que tu viens me faire chier ?
- Bah oui Marcoco, je n'ai passé que trois heures avec Tom, ça se raconte vite, tu sais ?
- Nan et veux pas savoir. Veux dormir.
- Pas possible. Moi vouloir parler.
- Les oreilles attentives de Nad sont en grève ou quoi ?
- Pas du tout, voyons. Mais elle est en pleine réflexion avec son Moi intérieur.
- Hein ?

J'esquisse un sourire, tourne les talons et me dirige vers la cuisine, histoire de trouver quelque chose à manger.

C'est perdue dans mes pensées que, machinalement, je sors de mon sac à main -laissé sur la table de la cuisine dès mon arrivée- mon portable. Je regarde distraitement l'écran. Eteint. Ce boulet s'est éteint. Je l'allume, et le laisse sur la table alors que mes pas, mon ventre, et mon attention sont captivés par le frigo. Je m'empare de celui-ci et laisse ma vue s'engouffrer de tant de délices interdites, et me contente de prendre possession du yaourt Yop fruits rouges.

BRRRR . BRRRR .

J'entends vaguement mon portable vibrer, mais je n'y prête pas attention, trop concentrée à préparer mon petit déjeuner.

BRRRR . BRRRR .

Deux messages. J'arrive les gens, je suis o c c u p é e là !

BRRRR . BRRRR .

Je lance un coup d'½il exaspéré vers le portable, comme si c'était sa faute et c'était Lui qui me dérangeait et pas la personne qui vient de m'écrire.

BRRRR . BRRRR .

- Tu vas arrêter de vibrer, oui ? Je peux pas là, tu vois pas que j'ai les mains occupées ?, expliquai-je sidérée au portable, lui montrant mes mains tâchées de Nutella, comme s'il pouvait me comprendre.

Je me retourne donc et continue à préparer mes tartines.

BRRRR . BRRRR .

- Mais tu parles quelle langue, dis moi ? , vocifèrai-je.

Agacée, je m'approche du portable pour voir qui peut bien me casser autant les kiwis.

Je ne suis pas étonnée de lire sur l'écran « Cinq nouveaux messages de Cacaboudin non lus ». J'imagine qu'il a dû les envoyer pendant la soirée, et que je reçois tout d'un coup. Car, à l'heure qu'il est, il doit dormir à poings fermes. Oh, je précise que « Cacaboudin » n'est autre que notre –votre ?- blond de service, aussi connu sous le nom de Tinou, ou Quentin. Cinq messages quand même, qu'est-ce qui lui est arrivé à celui-là ? Je lui manquais tant que ça ?

J'attrape quelque chose pour m'essuyer les mains et m'installe à table pour enfin déguster mon petit déjeuner. Je m'apprête à attaquer également ma correspondance, lorsque Marcoco, endormi, se traîne jusqu'au frigo.

- Tu ... Tu parles à ton portable Lei. A ton portable. T'as songé au Psy ?, me demande-t-il, foutant son nez dans les placards.
- C'est le seul qui m'écoute sans se plaindre, réponds-je, souriante.

Je commence par lire le premier sms de la série, à 5h35 :

« Me dis pas que tu vas dormir chez ce poulpe ridicule ... Arrête de faire ta rousse et reviens tout de suite (Je le dis avec une voix de Méchant. Ahem.) »

Oukkiiii. Le blondinet n'a pas apprécié ma fugue en charmante compagnie, je pense. Vu l'heure il a dû l'envoyer lorsqu'on était encore dans le taxi.

5h58 :

« Quuuuuuoi ? Tu as éteint ton portable sale traître? Madame ne veut pas être dérangée en plus ?
N u l .
Tu p u e s .
Pfff »

6h30 :

« Je ne dors toujours pas. Je m'inquiète sale rousse... Qu'est-ce qui t'a pris d'aller chez lui ? Je suis sûr il t'a drogué, il t'a mis quelque chose dans le verre. Fais-moi un signe de vie dès que POSSIBLE. »

7h06 :

« Bon, tu fais quoi là ? Pourquoi tu ne rallumes pas ton portable ? Hein ? Appelle-moi. Sale crotte (et encore plus sale que d'habitude, IL t'a touché. N'oublie pas de prendre une douche xD) »

8h12 :
« J'en ai marre de compter des moutons là, en attendant des réponses. Tu sais quoi, je vais te chercher. Je trouverai l'hôtel. Et tu vas voir où je vais lui fouttre ses dreads moi. A touti ! »

HAAAAAAAAAAAAN ? Je déglutis ma tartine au nutella qui reste coincée dans ma gorge. A mesure que je lisais le dernier message, mes yeux s'agrandissaient stupéfaits, incrédules et mon sourire se fanait. Je lance un regard rempli de désespoir dans la direction de Marco. Lui, assis en face de moi, m'adresse un regard interrogateur, songeant, sûrement, que je devrais sérieusement consulter un psy.

- Blond ... Tom ... Hôtel !, expliquai-je ahurie.
- Et en allemand ça donne quoi ?, demande-t-il, calmement.

Je pianote le numéro de Quentin que je connais par c½ur, ignorant la question de Marco. Je tapote du pied, angoissée, imaginant toutes sortes de scénarios dans ma tête. Tom et Quentin ensemble ? Ca ne fait pas un bon cocktail, tout ça. Le temps passe trop lentement, et ça ne sonne toujours pas. Aller. Plus vite !

- « Le correspondant que vous chercher à joindre se trouve indisponible pour le moment. Veuillez laisser un message après le BIP sonore. BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIP »

- Sale conne va, j'ai remarqué qu'il était « indisponible », pas besoin de ta voix de machine ! QUENTIN ! Tu es où ? Putain, je vais te tuer, te massacrer, t'égorger, te tortiller les tripes, te ... Enfin, t'as compris, des choses dans ce genre là, pas GENTILLES en résumé ! Tu es fou ou quoi ? Pourquoi tu as éteint ton portable maintenant, hein ? Moi je n'ai pas fait exprès cette nuit, désolée, il s'est éteint tout seul, tu sais qu'il bug. Ton dernier message me fait stresser. Tu n'es pas allé le voir, dis ? Tu n'aurais pas osé t'afficher comme ça Tinou, NAN ? Je viens de recevoir tous tes messages, et voilà, je t'appelle direct, tu as vu ? Bon, à ton tour de me joindre, et .. J'attends encore .. Aller, dix minutes sinon je débarque chez toi ! Appelle-moi sale blond.

Je raccroche, le c½ur faisant une interminable course, les mains moites, la voix tremblante. Dans mon agitation, je n'avais pas remarqué la soudaine présence de Nad.

- Oula. Qu'est-ce qu'il a encore fait Tinou pour te mettre dans cet état ?, me demande-t-elle, faisant un bisou sur la joue de Marco.
- Il ... Tom ! Tu vois la merde ?

Explique, ou plutôt essaye-je d'expliquer, faisant des gestes exagérés de mes mains et faisant les cent pas dans cette petite surface.

- Pas trop non, me répond-elle, faisant une grimace.
- Pas grave, pas grave... Esprits du portable, faites qu'il m'appelle ... Quentin, appelle-moi ... appelle-moi ..., agonisai-je.
- Ah ça. C'est son nouveau symptôme. Elle parle au portable maintenant. Et même à la machine du répondeur, intervient Marco, se foutant de ma gueule.
- Elle m'a énervée à toujours répéter les mêmes choses, me défends-je.

Marco et Nad échangent un regard complice et éclatent de rire. Mais pas moi. Pourquoi je stresse autant ? Aller, on respire un bon coup et on réfléchit sereinement. A vrai dire, ce qui m'angoisse c'est que je ne sais pas ce qu'ils se diraient. Si Quentin dirait des conneries, ou pas. Si Tom l'enverrait chier, ou pas. J'essaye de me rappeler s'ils se sont parlé hier soir, mais je ne crois pas. Je ne suis pas sûre. Pourquoi Tinou fouttrait la merde ? Ce n'est pas du touuuuut son genre. Pas du tout. Pas du tout ...

- Bon, les Ubach, ce fut un plaisir vous réveiller, mais j'ai d'autres missions ! Je repasse, ne vous inquiétez pas !

Je plaque un bisou sur les joues des frères Ubach, m'empare de mon sac à main et m'éclipse, aussi vite que j'étais venue.

Dehors, une belle journée baignée d'un soleil radieux s'annonce prometteuse. Je ferme les yeux alors que j'avance à toute vitesse, savourant ces doux rayons de soleil embrasser ma peau. Je ressors mon portable et essaye, une nouvelle fois, de rejoindre le blond ... en vain. Je soupire impatiente et accélère le pas. Les talons commencent à me faire mal mais je n'ai pas le temps de penser à la douleur qu'ils me provoquent, ni de me morfondre.

Les rues sont désertes, à exception de quelques papis et mamies qui sont sortis, afin de ne pas briser leurs rutines insipides, faire les courses, comme exactement tous les week ends de chaque mois. J'esquisse un faible sourire devant leurs airs émerveillés -et profondément pensifs, comme s'il s'agissait de l'achat de l'année- devant les vitrines des poissonneries, boulangeries, etc.

Je tourne à droite et aperçois au loin la maison de Tinou. La voiture de Kristin est garée juste devant, le coffre ouvert. Je suppose qu'elle revient elle aussi de faire ses courses et m'empresse de tuer les quelques mètres qui me séparent de la maison pour venir l'aider. Je la vois sortir de la maison, l'air dépassée, suivie de très près de mini-Quentin, ou Zacharias, au choix.

Elle porte un délicat tailleur blanc, qui ressort ses courbes parfaites, nullement usées par l'âge, ni perdues après trois accouchements. Ses cheveux sont divinement attachés dans un chignon, dégageant ainsi son visage angélique.

Dès qu'elle m'aperçoit, ses lèvres s'étirent dans un franc sourire :

- Oh Lei, comment tu vas ? Ca faisait un moment qu'on ne te voyait pas par ici !, s'acclame-t-elle, me faisant la bise.
- Je suis passée la semaine dernières, vous étiez partis à la montagne il me semble, lui explique-je.

On prend les sacs restants et on entame le chemin vers l'intérieur. J'entends des petites jambes essayer de me rattraper, à la vitesse maximale qu'elles lui permettent:

- Liiillllaaa !, se réjouit Zach, s'immisçant entre mes jambes.
- Zach ! Tu vas la faire tomber, rentre dans la maison, elle arrive. Ah oui, c'est vrai qu'on était partis en expédition familiale à laquelle Quentin a refusé de venir, trop occupé avec sa dernière conquête, me raconte-t-elle, levant les yeux au ciel.

On dépose les sacs dans la cuisine, et je prends Zach dans mes bras, l'attaquant de bisous, ce qui a pour effet le faire partir dans un fou rire. Les chatouilles remplacent rapidement les bisous, et le petit corps se tord dans tous les sens.

- C'est ça que tu voulais, hein ?

Il arrive à articuler un « oui » suffoqué entre ses rires aux éclats. Kristin sourit et range les aliments.

- Dis moi Kris, il est là Quentin ?
- Il me semble que oui, je l'ai entendu arriver ce matin, me répond-elle, calmement.
- Et tu ne l'as pas entendu repartir par hasard ?
- Je ne crois pas. Va le réveiller si tu veux.

Ce que je m'apprête à faire, lorsque le petit blond s'aventure :

- Non, Lila, n'y va pas, il y a sûrement plein de filles avec lui, me dit-il, d'un air grave.

Je souris, attendrie. Il n'a que deux ans et demi et il est déjà corrompu par son grand frère.

- C'est vrai ? Tu crois ? Eh bien on va les virer ces filles !, lui réponds-je sous le même ton.
- Ouiiii, acquiesce-t-il, souriant. Tu leur bottes le cul !, s'enflamme-t-il, imitant le geste de sa petite jambe.
- Zach !, le réprimande sa mère.
- Je verrai ce que je peux faire, le rassurai-je.

Je le pose par terre et me dirige vers la chambre de Quentin. J'ouvre en fracas la porte et soupire soulagée lorsque j'aperçois son corps vêtu seulement d'un boxer répandu sur le lit, les couvertures gisant par terre.

- Q U E N T I N ! Tu n'imagines comme tu m'as fait stresser ! Pour la peine, tu ne mérites pas un sommeil paisible, mais un réveil diabolique !

Je me jette sur lui, et sautille sur son corps dénudé.

- Huuummphs.
- Quentin ! Youhou ! Je suis là ! Tu m'as harcelé toute la nuit et maintenant que je suis enfin là, tu m'ignores ?
- Hhuupphsg.
- J'imagine que ça ne fait que deux ou trois heures que tu dors. J'avais oublié combien c'est impossible te réveiller. Marco et Nad sont beaucoup plus dociles, tu sais ?

Lui explique-je, et attends quelques secondes afin d'obtenir une réponse quelconque. Mais je n'ai même plus droit à ses grognements. Je m'allonge à ses côtés et le regarde quelques instants. Il est tellement mignon quand il dort ... et ne sort pas des conneries. Ses mèches blondes lui tombent sur ses yeux... ces yeux si malicieux lorsqu'ils sont réveillés. Je reste un moment comme ça à le contempler, me disant à quel point il est beau. Et mes doigts -qui semblent avoir une vie propre- s'avancent vers sa joue rosie pour s'y perdre un instant. Perdue dans mes pensées, je vois ses lèvres esquisser un sourire à peine visible. Ce qui me fait revenir à la réalité.

- Quentin ! Tu as souris sale crotte ! Je t'ai vu ! Tu m'entends ? QUENTIN !!!

Je le secoue doucement, mais rien n'y fait. Il est mort ou quoi ? Je l'ai vu sourire pourtant !

- Bon, Quentin ... Je vais rentrer chez moi. Je repasse ce soir, lorsque la Belle au Bois Dormant sera réveillée, d'accord ?

Il ne bouge toujours pas. Il est vraiment dans le coma cette crotte. Et il doit être la seule personne sur terre à sourire dans son sommeil. Je me redresse, prends la couverture par terre, et la mets délicatement sur lui. S'il est là, c'est qu'il n'est pas allé me chercher comme il l'a prétendu. Un sentiment indéfinissable s'immisce en moi. Soulagement ? Je nie avec la tête, sortant lentement de la chambre. Peu importe. Je décide de rentrer chez moi me doucher et dormir un peu.

__Berlin, 21h26__


_____POV Marco



Je prends mon portable, cherche son numéro et appelle. Ca sonne. C'est au bout de la quatrième sonnerie qu'il décroche :

- Allo ?, répond-il.
- Bill ? Je te dérange ?

J'entends des voix derrière, un brouhaha que je n'arrive pas à déchiffrer.

- Oh Salut Marco ! C'est pas Bill en fait ... C'est Georg ! Tu vas bien ?
- Ca va, dure journée de lendemain de cuite quoi. Et toi ?
- Pareil ! En fait là ... Bill ... Il est occupé. Calmez-vous, je suis au téléphone ! Je n'entends rien avec vos conneries ! Désolé. Tu veux que je lui passe un message ?

- Putain Tom. Je t'avais dit quoi ? Pas-cette-fille ! C'était pas dur merde !
- Oh ça va. Me prends pas la tête avec ça ! J'ai déjà assez mal au crâne.
- Et bah t'avais qu'à pas...
- Mais bien sûr ! Et puis quoi encore ? Monsieur est parti plus tôt de la soirée prendre son pied et moi je ...

- Ahem, exclame Georg, dans une vaine tentative de dissimuler la conversation qui a lieu apparemment entre les jumeaux. Un message ?

- Euh, en fait ... Je rappellerai je crois. Je vois que ce n'est pas le moment.
- T'inquiète pas, tout va bien. Dans deux minutes, ils se sautent dans les bras en s'excusant.
- D'accord. Je voulais parler de l'interview que je dois vous faire. Je n'ai pas beaucoup de temps donc je voulais voir avec Bill quand est-ce que ça vous convenait ... Enfin, je ne veux pas que vous preniez ça pour du travail, on ira prendre un verre après.

Dis-je, essayant de faire abstraction de l'enguelade en fond. Mais j'arrive, malgré moi, à entendre quelques bribes de cette conversation mouvementée :

- Je ne vois pas qu'est-ce que ça peut te fouttre, on ne verra plus ces gonzesses !
- Tu es vraiment un sale égoïste de merde.
- Oh. Qui parle.
- Ta gueule.

- Oui donc euh ... Attends, je vois ça avec Gus. Hey, blondinet. Viens. C'est Marco, tu te rappelles qu'il doit nous faire l'interview. Quand est-ce qu'on pourrait la faire ?

Les cris se voient atténués par la conversation entre Georg et Gustav.

- Bah on n'a pas le programme encore, je te rappelle. David nous le donne cette semaine je crois, répond la voix de Gus.

- Ah oui merde ...

- Mais on peut faire ça lundi. C'est un jour Off, nan ? On a qu'aller quelque part pour la faire, pas ici .. Un jour Off à l'hôtel, ça craint.

- Ouais, puis comme ça on n'a pas l'impression de travailler... Tu es un génie ! Alors Marco, tu as entendu ? Lundi, ça te va ?, m'interroge Georg.
- Pas de soucis. Chez moi, vers 16h ?
- Parfait. Dès que l'orage est passé, j'informe les autres. Puis si jamais il y a un changement de plans, on te tient au courant. Oukay ?
- Ok. Merci beaucoup et je m'excuse pour le dérangement.

- Mais tu me saoules à la fin ! Lâche-moi ! , vocifère Tom, claquant une porte.

- Pas de soucis mon vieux. Tchus.

Je raccroche et reste un moment immobile essayant d'effacer de mon esprit la querelle entre les jumeaux. Je sais de qui ils parlaient et c'est pas bon du tout.

____________________________________________________

Impressions ?

Hellow : )

J` espère que ça vous a plu? =$
Oui, j` ai toujours peur de vous décevoir, que ce soit nul ..
Enfin ... Je verrai bien.

Moment préféré ? / Réplique préférée ?

Si vous avez des questions par rapport à l` Histoire -ou personnelles-, n` hésitez pas. Je vous répondrai : )

Merci inifiment pour vos encouragements. Pour tout.
Ce n` est pas seulement grâce au cheminement des mots que mes personnages vivent, mais à vous également .
Danke : )

# Online seit Mittwoch, 01. Oktober, 2008 um 13:08

Geändert am Donnerstag, 26. November, 2009 um 08:14

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__Berlin, 21h26__

_____POV Quentin


- Leila, je viens de me réveiller, je t'en supplie, tu peux faire une toute petite pause ? Une minute de silence, pliz, pliz, pliz ...

L'interromps-je, anéanti par tout ce moulin à paroles. Je détache mes yeux de l'écran et la regarde du coin de l'½il, et, malgré mon air las, son expression effarée m'arrache un sourire.

- Non. Je ne peux pas me taire sinon je vais oublier tout ce que j'ai à te dire !, m'explique-t-elle agitée.
- Tant mieux, ça nous fera des vacances, lancai-je, distrait.

Je m'empare de la télécommande et commence à zapper les chaînes, sans y prêter attention, sans m'attarder sur aucune, sans regarder, la voix de Leila en fond.

- Tu n'as pas besoin de vacances ! Est-ce que tu as une infime idée de la peur que tu m'as infligée ce matin espèce d'ordure ?

Continue-t-elle, sans se laisser décourager par mon air absent, mes yeux rivés sur l'écran de la télévision.

- J'ai une petite idée, oui ...
- Mais, tu comptais vraiment le faire ?!
- Non, ça va pas ? Ca m'aurait pris trop de temps trouver l'hôtel. Hélas, je ne possédais pas « trop de temps ». J'avais d'autres choses à faire.
- Ah bon ? Comme ?, m'interroge-t-elle interloquée.
- Dormir.

Encore une fois, je la regarde du coin de l'½il. Ses yeux s'écarquillent et ses petits poings atterrissent sur mon bras.

- Ah ouais ? Dormir ?!; le ton de sa voix hausse doucement en crescendo.Tu croyais que Tom m'avait drogué, et « dormir » était plus important que venir me sauver de Tom-le-violeur ?
- Je me suis dit que tu aurais aimé te faire violer par ce ... Tom. Bref. C'est quoi ton délire maintenant ? Tu me brises les noix parce que je ne suis pas venu ?

Lui demande-je, déconcerté. Pour la première fois depuis qu'elle est arrivée, je pose mes yeux sur elle. Ses profonds yeux verts affichent un air confus, et ses sourcils froncés accentuent l'expression. Quelques boucles rebelles viennent chatouiller ses lèvres lorsqu'elle parle, à cause des gestes qu'elle a l'habitude de faire quand elle s'exprime. Elle marque une pause, ouvre plusieurs fois la bouche, mais la referme aussitôt, sans rien dire. Après quelques secondes qui durent une éternité, elle se reprend et mes yeux reviennent sur l'écran :

- Pourquoi tu m'as laissé ce message alors ?, me demande-t-elle désorientée.
- Justement pour ça. Pour que tu flippes à mort, comme j'ai fait cette nuit. On est quittes ! Et puis, j'étais sûr t'allais m'appeler tout de suite en lisant ce message ... D'ailleurs, tu pourrais te montrer plus agréable envers mon répondeur, elle ne t'a rien fait. Tu lui as créé un complexe, figure toi ... « Voix de machine », c'est vexant.

Lance-je pour effacer l'expression boudeuse qui s'était installée sur sa peau lisse quasiment imberbe. Le résultat ne se fait pas tarder : elle sourit, me frappe à nouveau le bras et lance :

- Boulet. Il serait temps que tu personnalises ton répondeur. Ca me saoule tomber sur elle, qu'est-ce que tu veux que je te dise. Et tu pourrais laisser UNE chaîne plus de deux minutes ou c'est trop dur ?
- Tu ne regardes même pas, pourquoi ça te gêne ? Il n'y a rien de toute façon.
- Ah toi, en quinze secondes chrono, tu arrives à juger si un programme est intéressant ou pas ?
- Exact. C'est ça avoir un cerveau plus gros que la moyenne.

Je la vois lever les yeux au ciel, et un léger soupir de résignation s'échappe de ses lèvres. Elle se laisse enfin tomber sur le canapé ; à côté de moi. Ses boucles atterrissent sur mon épaule, et ses yeux verts survolent le monotone écran devant nous :

- Tu ne veux pas savoir comment ça s'est passé avec Tom ?
- Non. Je crois que je peux m'en passer, merci.
- Tu n'avais pas l'air de t'en passer pendant la nuit pourtant.

Je ferme mes yeux quelques instants, afin de reposer mes paupières fatiguées de fixer l'écran. Leila m'enlève des mains la télécommande. Les yeux fermés, je devine la chaîne qu'elle ne tardera pas à mettre dans l'espoir de voir ces gosses sûrement. Lorsque j'entends cette chanson qui m'est si familière, je sais que je n'ai pas tort. C'est bien MTV. Je reste les yeux fermés, savourant ce live d'Oasis.


- Ne change pas, susurre-je.
- Elle est belle cette chanson.

Je ne réponds pas et m'imprègne de la voix de Noel. Cette chanson est l'une des rares qui arrive à me mettre la chair de poule, qui arrive à me faire frissonner jusqu'au plus profond de moi. L'une des seules qui me transporte, qui m'évade loin, très loin. Qui m'emmène ailleurs. Je me demande si Elle ressent ça quand elle les écoute, ces TokioMachin. Je me demande si ce Tom lui procure cet effet avec sa musique. Si elle a l'impression que ses chansons ont été écrites pour Elle. Si ses paroles la touchent à ce point, jusqu'à la faire couler. Jusqu'à l'anéantir complètement.

- Let me be the one who shines with you, chantonne-je doucement.
- And we can slide away, slide away, slide away, away... , reprend-elle.

J'ouvre les yeux pour admirer le live, cette voix.

- I dream of you, and all the things you say... I wonder where you are now?
- Alors sale blond, tu me réponds ?
- Cette nuit j'étais préoccupé. Mais tu m'as l'air entière en fin de compte. Enfin, je n'ai pas TOUT vérifié non plus.

Elle éclate de rire et reprend la chanson avec Noel. Les minutes s'écoulent ainsi. Moi, écoutant la voix de Lei & celle de Noel chanter Ma chanson et elle reprenant les paroles, et faisant de la télécommande un ... micro. Je souris et la regarde faire son numéro.

“and I wanna try now, i wanna make you mine now”


Ces paroles martèlent ma tête comme une migraine, en même temps que Leila les fredonne. Je remets en place cette mèche qui me tombe sur les yeux d'un mouvement de tête exagéré... Comme si je voulais vaporiser ces phrases de mon esprit. Comme si ces phrases ne me parlaient pas. Tel un automate, je demande, coupant son élan artistique :

- Tu vas le revoir ?

Elle s'arrête, se retourne vers moi, et ses yeux brillants m'interrogent.

- Ton Tom. Tu comptes le revoir ?, l'interroge-je, revenant sur l'écran.
- Oh non. Il m'a clairement fait comprendre que c'était fini et archi-fini.

Elle détourne son regard pour reprendre la chanson. Je me sens soulagé et pourtant je ne saurais pas dire pourquoi exactement. Ce sentiment indéfinissable qui s'immisce en moi sans demander la permission m'exaspère. Je cherche à me rassurer et, déterminé à trouver la cause de mon soulagement, je sonde en moi. Je réfléchis à cette nuit. J'arrive à l'apaisante conclusion que je me sens soulagé qu'elle le prenne aussi bien. Qu'elle en parle comme ça, insouciante ... Oui, soulagé que ce calmar ne lui ait pas brisé son c½ur déjà trop fragile. Je m'enfonce dans le canapé, jurant que si ce mec ridicule lui avait fait du mal, je l'aurais tué.

Slide away. Slide away. Slide away.



_____POV Bill


- Mais tu me saoules à la fin ! Lâche-moi !, vocifère Tom, claquant la porte de la chambre.

Pris d'un élan de colère, je me mords la lèvre inférieure pour essayer de me contrôler, pour contenir le tremblement qui trahirait l'impact du reproche ; l'état complètement hors de moi dans lequel je suis. J'essaye de paraître calme, de me retenir, de ne pas aller le chercher & le ramener par les dreads, pour continuer à lui crier à la gueule, mais non. Calme-toi Bill. Je sens cette ombre noire et chaude palpiter au fond de mes yeux. Je sens cette rage qui vibre encore en moi, cette colère qui a pris possession de chaque parcelle de mon corps. S'il y a bien quelque chose qu'on a en commun niveau caractère, c'est principalement ce gros défaut qui est d'être aussi tête de mule l'un comme l'autre. On ne cédera jamais. Je reste figé, le regard dans le vide, fixant cette putain de porte qu'il vient de claquer. Me laissant planté les mots à la bouche. Je déteste quand il fait ça. Cette manie à toujours vouloir avoir le dernier mot m'exaspère. Cette habitude de fuir quand les circonstances le dépassent, de ne pas vouloir affronter les situations qui le dérangent. De toujours vouloir avoir raison. Je serre les poings et laisse échapper un « Scheiße » qui ne passe pas inaperçu aux deux spectateurs qui sont dans la chambre.

- Euh, Bill ... Tu trembles... Es-tu encore parmi nous ?, demande la voix de Georg.

Sa voix posée arrive lentement à me ramener à moi. Je reprends peu à peu mes esprits et mes muscles se décrispent. Conscient d'une douleur soudaine, j'arrête de me mordre la lèvre, qui a légèrement commencé à saigner. Je conduis machinalement un doigt vers elle, pour adoucir la douleur que la morsure m'a provoqué. Mes yeux quittent enfin cette porte inanimée pour se poser sur Georg et Gus, qui me renvoient un regard blasé et insouciant.

- Youhou ? C'est bon Bibi, il va se calmer et revenir tout seul. Parole de scout. Maintenant pète un coup, parce que je dois te parler d'un truc important et j'ai besoin que tu sois en parfaite harmonie, explique Georg.

J'efface d'un signe de la main sa dernière réplique, tourne les talons et commence à marcher dans toute la pièce. Quand je dis que je suis une boule de nerfs, je n'exagère pas. Je suis un nerf sur pattes. Cette histoire me prend la tête. Maintenant Leila va détester Tom, car toutes ses victimes finissent bien par le haïr à un moment ou à un autre. Elles se disent toutes être conscientes et consentantes de ce qu'elles font, mais au fond, elles ont cet infime espoir ridicule que Tom les rappellera. Qu'il ne les oubliera pas. Qu'elles seront l'exception de la règle. Ce qui n'arrive absolument jamais, cela va de soi. Elles finissent donc par le mépriser, se montant la tête contre lui, se disant que c'est le pire des salauds sur Terre. Le haïr pour ne plus l'aimer. C'est con, car ça ne marche pas cette technique. Mais qui n'a pas essayé ? Et si Leila finit par déprécier Tom, elle ...

- Alors pour faire simple et rapide, Marco a appelé. Vu que tu étais très occupé à échanger des opinions avec Poulpy, j'ai répondu. Il voulait fixer le jour de l'interview, tu sais ? J'ai suggéré, enfin, Blondinet a suggéré de faire ça lundi, vu qu'on a la journée de libre. Marco a proposé de faire ça chez lui, ce que j'ai bien entendu accepté... Hum, c'est tout pour ce qui est du côté nouvelles. Tu as tous tes droits d'opposition.

Me lance Georg, depuis le canapé, alors qu'il fait des gestes exagérés de ses mains pour appuyer ses dires. Il parle dans un ton qui se veut sérieux, mais qui ne l'est pas du tout. Je suis en parfaite analyse de ses mouvements, perdu dans mes pensées, quand le fond du message de Georg arrive à mon cerveau. Marco. Marco vient d'APPELER ? Je m'arrête à l'instant même où la question prend forme dans ma tête. Mais avant de paniquer, je veux m'assurer que j'ai bien compris :

- Quoi, quoi, quoi ? Marco a appelé ? Quand ça ?

Georg lève les yeux au ciel et s'étire, l'air fatigué. Moi, le souffle coupé, j'attends sa réponse :

- Il a appelé quand tu ... discutais avec ton jumeau.

J'ai bien compris donc. Mais cela veut dire que ... Oh non. Putain. Putain.

- Mais, il a donc ... ? , essaye-je vainement de l'interroger, mais ma voix n'émet aucun son.
- Ouaaaah ... Un petit peu, mais t'inquiète, rien de très grave, juste quelques petites insultes échappées par-ci, par-là. Je ne pense pas qu'il s'est douté que vous parliez de sa s½ur & company.

PUTAIN. Fais chier. C'est mort, il va tout dire à Nadia. Merde, super. Merci Tom, merci Georg de répondre sur MON PORTABLE. Ma rage d'il y a à peine quelques minutes commence à resurgir. Je laisse échapper un soupire bruyant et recommence à faire les cent pas.

- Et donc ? C'est quand l'interview ?
- Lundi. Dis-moi, t'as un problème au système auditif ou quoi ?
- Où ça ?, demande-je, ignorant sa remarque.
- Chez lui.
- Chez Nadia ?
- On peut voir les choses comme ça effectivement.

Ce n'est plus la rage qui ronge mon être mais cette nervosité qui caractérise le sujet de conversation « Nadia ». L'interview se fera donc chez elle. Ses perles grises me dévisageant ébahissent mes souvenirs, ainsi que ses soupirs, et ses rires. J'entends mon c½ur s'accélérer, rugir rien qu'en pensant à Elle. Je me demande si elle a lu mon mot. Si elle se souvient d'hier. Si elle me hait encore plus, ou pas. Si elle se rappelle de tout ce que je me rappelle moi. Si elle m'en veut, si ...

Mes pensées se voient interrompues par la porte qui s'ouvre en fracas, laissant entrer un Tom plus calme en apparence, un jeu de PlayStation à la main. Mon regard se pose sur lui, mais le sien m'évite. Je soupire encore une fois blasé par son comportement. Je croise les bras, attendant qu'il se décide à me parler. Mais il n'en est rien. Il continue son chemin, vers le canapé où se trouvent Georg et Gus.

- Tu joues ?, demande Tom.

Pas besoin de préciser à qui il s'adresse. Georg et lui sont les seuls du groupe à faire perdurer ce passe-temps dans nos habitudes et passer des heures et des heures sur des jeux vidéo. Georg n'a pas le temps de répondre, que Tom lui a déjà lancé une mannette. Gus, voyant ce scénario habituel prendre forme sous ses yeux, préfère se planquer derrière son ordinateur portable, regarder des films. Et moi, quand ils sont dans ce genre d'activités constructives, je profite pour écrire.

Des pensées, expériences, réflexions, souvenirs.

Je me dirige vers ma valise étalée par terre et sors mon petit carnet.

- Ne fais pas ton mauvais perdant cette fois, balance Georg.
- Je n'ai pas perdu la dernière fois. Tu as triché,réplique Tom.
- Bien sûr.

Un sourire en coin se dessine sur mes lèvres. Encore un défaut non négligeable chez mon double : il déteste perdre. Je prie pour que cette fois Georg le laisse gagner, sinon la nuit s'annonce longue.

Je me pose par terre, entre les jambes de Tom et m'adosse au canapé où il est assis. Je me laisse bercer par cette routine apaisante. Je fixe l'écran quelques instants, perdu dans mes pensées. Leur jeu défile sous mes yeux absents. Leur conversation est en bruit de fond :

- Connard. Tu vas voir. Tu vas rien comprendre, attaque Tom.
- Je n'attends que ça poupée, le taquine Georg.

Je n'écoute pas. Ou plus. Quelques phrases commencent à prendre forme dans mon carnet, mais je les raye aussitôt. Je décide d'écrire plutôt des mots. J'essaye d'exprimer en quelques mots ce qu'elle réveille en moi. Mais je ne suis jamais satisfait. Je ne les trouve pas. J'arrache feuille après feuille. C'est tellement dur mettre des mots à des sentiments aussi inconnus et bouleversants. Non, ils ne seront jamais à la hauteur. Les mots ne seront jamais assez vrais. Jamais assez représentatifs. Les feuilles froissées commencent à remplir l'espace où l'on se trouve.

Je soupire, j'écris et j'arrache. Et ainsi de suite.

Tom semble sentir ma consternation car il me masse les tempes entre deux niveaux. Je ferme les yeux fatigué. Fatigué de penser à elle et ne pas comprendre. Si je ne comprends pas ce que je ressens, comment l'écrire ?

Instinctivement je sors sa photo de ma poche. Je la regarde quelques instants et revis encore ces moments passés avec elle. Je souffle, énervé. Combien de fois je compte repasser en boucle cette soirée dans ma putain de tête ? Je vais exploser. J'en ai marre que rien ne se passe comme j'aimerais. Marre de ne rien contrôler. Marre de ne rien comprendre. Je balance mon crayon qui s'écrase méchamment sur le pied de Georg. Je n'écrirai pas ce soir. Mais surtout, pas sur Elle.

- Qu'est-ce qui t'arrive mon chou ?, me demande Georg, ne quittant pas les yeux de sa pseudo bataille.
- Rien, réponds-je fermement.

Je les regarde jouer. Je me sens con. Je déteste quand je n'arrive pas à écrire. Ce sentiment d'impuissance, d'anéantissement total.

- L'inspiration reviendra Bill. Ne te prends pas la tête, me dit calmement Tom.

Je ne cherche pas à savoir comment il fait pour savoir ce qui me tracasse et se concentrer sur son jeu débile.

- J'espère. Au fait, lundi, on va chez Marco pour faire cette interview, tu sais ?

L'interroge-je. Il ne semble pas percuter l'information, car il ne fait aucun signe qui prouverait le contraire. Ses yeux rivés sur son jeu, il martyrise sa mannette. Je soupire.

- Putain ! C'est pas vrai ! , vocifère Tom, s'excitant sur sa mannette.
- Tom ? Tu m'as entendu ?
- Non, tu as dit quoi ?, me demande-t-il distrait.
- Moi je dis, ça doit être de famille la sourd-attitude, s'aventure Georg.
- Toi tu dis rien, et tu joues !, lance Tom.
- Mais je joue mon cher, toi par contre, on dirait que tu cuisines, attaque une nouvelle fois Georg.
- Ha Ha. Très drôle. Tu disais Bill ?
- Lundi, on va chez Marco faire l'interview, répètai-je.

Tom, qui cette fois semble avoir digéré l'information, met pause et demande :

- Chez Nadia ?
- Mais pourquoi chez Marco, c'est tout de suite « chez Nadia » pour vous deux ? C'est chez Marco aussi merde !, lance Georg amusé.
- Il y aura Leila ?

Demande Tom, ignorant la remarque de Georg, et, visiblement, ayant compris que oui, chez Marco voulait dire chez Nadia par la même occasion.

- Je ne sais pas. C'est Georg qui a parlé avec lui. Mais je ne pense pas ... Pourquoi elle serait là ?
- Bah parce qu'elle est peut-être fan du groupe ? Nan ? Je dis ça comme ça hein !, répond il en se moquant.
- Ah j'avoue... Désolé, je ne sais pas.

Lui dis-je, laissant ma tête se reposer sur son genou droit.

- Si tu n'avais pas ...
- Ca va, vous allez pas recommencer sales gosses, intervient Georg.
- Georg, il t'a dit Marco si elle serait là ?, demande Tom, inquiet.
- Euh, non, il ne m'a rien dit. Enfin, je ne lui ai pas demandé non plus. Mais qu'est-ce que ça peut te foutre ?
- Rien. Rien ... Mais je préférerais qu'elle ne soit pas là. Mais c'est bon, je l'appellerai demain pour lui demander qu'elle ne soit pas présente.
- Je ne pense pas que ça sera nécessaire, il a entendu notre dispute tout à l'heure. Et oui, Georg, ce grand génie du XXI siècle, a répondu sur mon portable quand tu gueulais que tu n'avais « rien à foutre de ces gonzesses », dis-je, accentuant les dernières mots. Ca va, je pense que le message est passé. Pas besoin d'en remettre une couche.

Tom se retourne vers Georg, pétrifié. Je me retourne à mon tour, pour regarder la scène, amusé que Tom se retrouve dans cette situation embarrassante.

- C' est vrai ce qu'il dit ? Il m'a entendu parler de Leila ?, demande Tom, laissant entrapercevoir une once de panique dans sa voix.
- Euuh ... Oui, mais, à aucun moment tu n'as prononcé son prénom, comment pourrait-il savoir que tes Ô combien agréables propos la concernaient ?, essaye de se défendre Georg, mais sans pour autant être sérieux.
- Mais ! Georg ! Il ne faut pas être Einstein pour deviner qu'on parlait d'elle ! Putain ... Ca y est. Elle va me détester.
- Et alors ? Tu as l'habitude, nan ?
- Oui mais nan ! Nan ! Je ne voulais pas qu'elle ... Enfin. Putain, fais chier..

Son poing fermé atterrit de toutes ses forces contre un pauvre cousin qui se trouvait à sa gauche. Il semble réfléchir un instant puis reprend :

- Et Marco aussi. Après m'avoir entendu parler comme ça de sa s½ur et de son amie ... Il doit pas beaucoup m'apprécier maintenant. Eh merde... Je suis vraiment un boulet.

Le voyant regretter ses mots et se sentir coupable, mon amusement a quitté mes yeux. Je pose mes mains sur ses genoux et lui dis :

- Voilà. Tu as ta réponse. S'il a compris que c'était d'elle que tu parlais, il n'est pas con. Il ne préviendra pas Leila que tu seras là. Tu ne penses pas ? Enfin, c'est mon avis ...

Il me regarde, affichant une expression boudeuse :

- Ouais, mais ...
- Et, si on suit cette logique, il ne lui en parlera pas non plus.

Continue-je afin de le rassurer. Ce qui marche car la panique a déserté les lieux. Il tape Georg derrière la tête dans une espèce de claque qui fait rire Georg. Ce n'était pas l'effet souhaité, mais c'est vrai que pour le coup, Tom s'est mis dans la merde tout seul.

- Si elle est là, je vous tue, dit-il, décrispant ses muscles, un sourire en coin.
- Ouais. Ouais, assume plutôt poupée,le taquine Georg.

Tom essaye une nouvelle fois de lui mettre sa pseudo claque mais cette fois Georg attrape à temps son poignet.

- Assez discuté. Mets « play » que je te passe encore une fois le savon du siècle.
- C'est ça. Tricheur.

Je reviens sur ma position initiale, adossé au canapé de Tom, ma tête sur ses genoux.
Si on suit ma logique ... Nadia non plus ne sera pas là. Tant mieux.

Geh. Geh.

__Berlin, 22h51__


_____POV Marco



Je l'entends rire au téléphone avec Leila. Je décide donc de poiroter encore quelque temps, et aller lui parler quand elle aura fini. J'hésite ... Je ne sais pas si lui dire, ou pas. Le problème, c'est que je ne sais pas du tout ce qu'il se passe entre tout ce monde. Je ne connais pas les enjeux entre les deux camps. Tom, Leila, Bill, Nadia. Mais en tout cas, d'après ce que j'ai entendu, ils se foutent bien de leurs gueules. Dans ce cas ... Il faut que je prévienne ma s½ur, non ? Mais quelles en seront les conséquences ? Et Leila ? Elle tenait tellement à être présente à cette interview ... Mais je ne peux pas la prévenir après ce qu'ils disaient sur elle. Non. Désolé Lei. Enfin, je ne sais pas ... Elle m'en voudra à mort si elle sait –et elle finira par le savoir- que j'ai fait l'interview sans la prévenir. Quant à ma s½ur ... Je préfère qu'elle ne revoie plus Bill, s'il n'en a tellement rien à foutre. La connaissant, il ne pourra lui faire que du mal. Mais pour ça, il faut que je lui dise. Putain. Je sais plus.

J'entends ses pas monter vers sa chambre. Bon. Tant pis, j'y vais. Je sors de ma chambre et la croise dans le couloir. Elle sourit, le portable à la main :

- Qu'est-ce qui te met de si bonne humeur ?
- Oh rien, c'est Leila et Quentin qui me font rire avec leurs conneries. Ils sont tous les deux chez lui. , me répond-elle. Mais toi ? Tu as l'air préoccupé ... Quelque chose ne va pas ?

J'hésite. Une dernière fois. Je me lance :

- Il faut que je te parle.

____________________________________________________

Impressions ?

Dites-moi ce que vous avez pensé du chapitre.
Qu'est-ce que vous avez aimé ou pas aimé.
Personnellement, je le trouve nul. Il pue. Ca craint .
Pardonnez-moi.
"J` essayerai de m` améliorer pour la prochaine fois" :)

Moment préféré ? Réplique préférée ?

"Slide away" est un peu comme "go away" mais plus doux.
La réelle traduction de "Slide away" serait "Glisse" ou "File".
Je l'ai traduit par "Partir" car je voulais faire le parallèle avec la partie de Bill, qui se finit par "Geh".

Merci à celles qui sont toujours là.
Merci pour vos commentaires qui m'encouragent toujours & me motivent ...
Si vous saviez à quel point vos mots me touchent ...
Merci.

# Online seit Samstag, 18. Oktober, 2008 um 19:51

Geändert am Mittwoch, 25. November, 2009 um 17:04

***__Chαpitre 31__ *** «Qu` est-ce qu` il fout là Lui? ... »

***__Chαpitre 31__ ***  «Qu` est-ce qu` il fout là Lui? ...  »
*


_____POV Nadia


- Il faut que je te parle.

Me dit-il, une pointe d'inquiétude perçant sa voix. Ses pupilles préoccupées me dévisagent avec soin. Je ne vois pas qu'est-ce qui peut autant le tracasser, je me limite donc à attendre qu'il se lance. Mes yeux parcourent ses traits empreints d'une angoisse que je n'arrive pas à déchiffrer. Je fouille ces yeux gris tourmentés avec intensité, et pourtant, je n'arrive pas à deviner ce qu'il se passe.

- Oui ? Qu'est-ce qu'il y a Marco ?, l'interroge-je enfin.

Il semble hésiter encore quelques instants puis, d'un geste de la main, il balaye toute importance à la chose.

- Ce n'est pas important. En fait, c'est par rapport à l'interview que je dois faire à ... Tokio Hotel. Je .. Hum... J'ai du mal à imaginer des questions originales.

Un élan de nervosité et de soulagement au même temps s'immisce en moi. Nervosité, car il me fait penser à Lui. Soulagement, car ça n'avait rien de grave. Je tourne les talons et me dirige vers ma chambre. Marco me suit de près et continue sa lancée :

- Je me suis beaucoup renseigné, tu sais, sur le groupe. J'ai lu plusieurs interviews et c'est toujours les mêmes questions monotones et ennuyeuses. Je n'ai pas envie de faire un copier-coller de toutes ces interviews qui traînent sur eux. Ca ne serait pas un projet original. Je veux des questions marrantes, posées par les fans mêmes. Tu me suis ?

Allongée sur mon lit, et couvrant mon visage sous l'oreiller, je l'écoute attentivement. Je hoche la tête dans un signe affirmatif, qu'il arrive à voir par le mouvement de l'oreiller.

- Le problème est : D'où je les sort, ces questions ?, me demande-t-il enfin.
- Demande à Leila.

Propose-je, dévoilant ma tête, le plus normal au monde. Ca me parait évident. Mais, apparemment, cela l'est beaucoup moins pour lui. Il se désordonne ses cheveux cuivrés d'une main dubitative.

- Je préfère ne pas la mêler à tout ça. Je ... Hum... Je préfère qu'elle ne soit pas là.

J'écarquille les yeux manifestant ma surprise :

- Ah bon ? Pourquoi ? Tu sais qu'elle t'en voudra à mort ? Je ne comprends pas ...
- Je sais. Mais Hum,... C'est une condition de leur manager.

Je plisse le front, me redressant soudainement.

- Hein ? Soit plus explicite.
- Leur manager a accepté de faire cette interview à condition que seulement soient présentes les personnes nécessaires au projet. Pas une tierce personne quoi.

Ses yeux évitent les miens, et parcourent ma chambre, inquiets.

- Pourquoi ?, demandai-je déconcertée.
- Question de sécurité, je suppose, m'explique-t-il. Mais bref, ce n'est pas la question. Comment je peux faire ?

Ses yeux se posent enfin sur moi. Je fronce les sourcils. L'impression qu'il me cache quelque chose traverse mon esprit. Mais quoi ?

- Je ne sais pas Marco ... Sans l'aide de Leila, ça va être un peu compliqué. Essaye un forum du groupe, peut-être ?

Lui réponds-je distraite, analysant sérieusement la possibilité qu'il me cache vraiment quelque chose. Son visage éteint il y a quelques secondes s'illumine tout d'un coup :

- Mais t'as raison ! Sur un forum de fans! Merci Nad !

Je me laisse tomber en arrière, débitant un faible « De rien », auquel Marco répond en me plaquant un bisou sur le front. Mes lèvres s'étirent inévitablement dans un léger sourire. Ses pas impatiens commencent à s'éloigner, mais il s'arrête devant la porte avant de partir :

- Dis, tu as cours lundi, non ? Tu ne seras pas là, non ?
- Oui j'ai cours, non je ne serai pas là. Pourquoi ?
- Oh, pas grave. Je voulais qu'on fasse quelque chose tous les deux, mais, on fera ça une prochaine fois !

Il sort de la pièce et je l'entends claquer la porte de sa chambre, à côté. Je fronce encore une fois les sourcils, préoccupée. Et s'il mijotait vraiment quelque chose ? Il était tellement bizarre ... Et s'il me mentait? Non, je secoue la tête, afin d'éliminer cette possibilité. C'est absurde. Pourquoi il ferait ça?

Mon portable me sort de mes pensées. Je l'attrape avidement et c'est sans surprise que je lis le nom de Leila affiché. C'est un message :

« N'oublie pas pour lundi. Si tu me laisses plantée, je te fais ta fête ! Bisous grosse »

Je laisse échapper un soupire de fatigue. Mes paupières sont incroyablement lourdes et, dans un dernier rassemblement de forces ultime, je m'arrache du lit afin de mettre mon pyjama. Une fois la mission accomplie, je m'affale sur les draps, et m'enroule en eux, afin d'entamer ma douce et longue nuit.

Je m'interdis de lui dédier mes dernières pensées de la journée. Sans succès.

Et je rêvais de lui.

*

__Dimanche, 09h15__

Une clarté jaune s'esquisse cruellement par la fenêtre de ma chambre. Luminosité qui me réveille, de mauvaise humeur. Machinalement, et accompagné de quelques injures, je cache mon visage engourdi sous les draps. Je déteste être réveillée par la lumière matinale. D'autant plus que je déteste les dimanches. Jours où l'on ne fait rien, afin de se reposer, et se préparer pour la semaine imminente ; où l'on fait les devoirs, où l'on guette son portable sans cesse afin de voir si cette personne nous a écrit.

Voilà à quoi se résuma cette monotone journée dépourvue de sens.

A dormir la plupart du temps, afin de continuer à nager dans les rêves.

A écrire les deux dissertations pour mercredi.

Et, surtout, à chasser son image de mon crâne. Expulser, taire, gommer. Ce sourire permanent collé à ses lèvres. Ces mains parfaitement blanches. Ces prunelles inlassablement curieuses. Ce regard encerclé de noir. Ces moues affreusement séductrices. Et ces brusques vagues d'émotions en sa présence.

*

__Lundi, 16h25__

Je commence à perdre patience. Je jette, pour l'énième fois, un rapide coup d'½il à ma montre. 16h25. Vingt minutes de retard ! C'est du Leila tout craché. J'aurais dû m'en douter. Je lance un regard en arrière, histoire de distinguer une tête connue, afin de tuer le temps. Devant l'énorme bâtiment qui constitue ma fac, il y a une foule incroyable d'adolescents qui ont fini les cours, mais qui restent pourtant quelques instants à parler entre eux. C'est l'heure de pointe, comme dirais-je. Je souris bêtement. Ces foules se forment seulement vers 13h, 16h et 19h. A d'autres moments de la journée, il n'y a pas un chat. Normal, c'est l'heure où les cours finissent. Je soupire, et abandonne l'idée de trouver quelqu'un, c'est presque impossible étant donné la multitude de visages. Je me retourne donc et guette la voiture de Leila sur le parking. Rien. Mes yeux survolent sans prêter vraiment attention les gens qui se dirigent vers leurs voitures garées.

Et je manque un battement de c½ur lorsque mes yeux sont capturés par cette voiture, que je ne connais que trop bien.

Mon c½ur s'acharne, s'abat cruellement pour sortir. Mon souffle augmente rudement sa cadence, tellement, que j'ai peur d'épuiser l'air qui m'entoure. Mais cela change vite, car en moins d'une minute, le contraire se produit: j'ai terriblement du mal à respirer. J'ai l'impression que mes poumons se rétrécissent à chaque bouffée d'air. Ou, au contraire, que tout l'air du monde ne suffirait pas pour les remplir maintenant, tout de suite.

Une dense bouffée de chaleur s'empare de mon être. Je sens une soudaine sueur perler mon front, et quelques petites gouttes couler le long de mes tempes. Et je suis à deux doigts de m'évanouir en ce moment même. J'efface les perles de sueur du revers de la main et essaye de détacher mon regard, mais, inexorablement, j'aperçois ses yeux qui me fixent dans le rétroviseur. C'est la panique qui prend sauvagement possession de mon corps, et mes jambes, frêles, tremblent légèrement. Il ne détache pas ses yeux des miens, et moi, je n'arrive pas à le faire. Comme magnétisée envers ces yeux qui m'ont tant fait souffrir.

Je ne sais pas d'où surgit la force, mais je me retourne brusquement, afin de ne plus voir ce regard persistant posé sur moi. Je ferme les yeux et prie pour que Leila arrive, et vite.


_____POV Marco


__ 16h05__

Ils s'installent confortablement dans le salon, où je leur ai gentiment indiqué. Cela ne m'empêche pas de garder un ½il méfiant sur les jumeaux. J'aurai une conversation sérieuse avec les deux plus tard ; ça ne servirait à rien refroidir l'ambiance dès le début. Décontracté, je leur demande s'ils veulent quelque chose à boire. Je prends note : tous du coca. Je souris et me dirige vers la cuisine. Alors que je manie les canettes entre mes mains, j'aperçois distraitement leur voiture devant la maison, où deux gorilles sont assis sur les sièges de devant et les attendent en gardant un ½il suspect sur les environs.

Lorsque je reviens au salon, ils parlent entre eux. Je distribue les canettes et m'assois à mon tour, en face d'eux.

- Alors, bonne fin de week end ?, leur demandai-je.
- Boulot quoi. Hier on a dû enregistrer deux émissions qui auront lieu les semaines à venir. Et une séance photo, dévastatrice, m'explique Georg. Et aujourd'hui, jour OFF ! Enfin !
- Merci les gars d'être venus. Et surtout d'avoir accepté de m'accorder cette interview. Vraiment, je ne sais pas comment j'aurais fait sinon.
- T'inquiète, ça nous dérange pas. Tu seras accepté dans ton école avec ce travail ?

La voix de Bill est emplie d'une énergie débordante. Je le toise et me rends compte qu'il dévisage chaque coin du salon, comme s'il cherchait quelque chose de particulier, ou comme s'il avait peur que quelqu'un sorte de derrière un tableau. Trac sûrement dû à la vie agitée qu'ils mènent.

- Non, ce n'est pas sûr. Ils évalueront ce travail et s'ils me considèrent digne de leur école, seulement à ce moment là, je serai accepté.

Je ne peux m'empêcher d'expliquer la démarche avec une once de mépris. C'est vrai. J'ai failli passer à côté de mon rêve à cause de ses conneries d'épreuves de merde. Ils se prennent pour qui pour juger si je serai ou non un bon journaliste ? Je secoue la tête et me reprends :

- Mais pour cela, je vous explique. Je veux faire quelque chose d'original. J'ai lu des centaines –et je ne rigole pas, c'est incroyable la quantité d'interview qui circulent sur vous- d'interviews, afin de vous connaître un peu mieux et surtout, pour ne pas faire la même chose. Ca serait trop facile copier une interview et le présenter comme si c'était mon travail. Enfin, je pense qu'ils vérifient quand même. Cela dit, je ne vous poserai pas le genre de questions dont vous avez l'habitude. Ca sera des questions posées par vos fans mêmes. Oui, j'ai encore fait mes recherches et j'ai réussi à avoir la coopération de plusieurs de vos fans, qui sont très sympas, par la même occasion.

Je débite tout ce flux de paroles, en dévisageant un à un. Ils me regardent tous les quatre et hochent la tête de temps en temps. Lorsque j'arrive au compliment sur ses fans, un sourire se dessine sur leurs visages concentrés. Encouragé par la complète attention qu'ils me prêtent, je poursuis :

- N'hésitez pas à répondre sincèrement, avec humour, sans peur. L'interview ne sera en aucun cas publiée, donc pas la peine d'être conditionnés à donner les réponses que les fans attendent !

A ces mots, la bouche de Bill s'étire dans un grand O, qui laisse voir la plupart de ses dents. Son expression laisse sous entendre un « Mais comment oses-tu ? On dit toujours la vérité ! » théâtrale. Tom, lui, sourit, apparemment d'accord avec ce que je viens de dire. Je lève la main, amusé :

- Pas la peine de me sortir des choses de l'ordre « Ca fait cinq ans que je n'ai pas de copine ». Soyons honnêtes, nos culs, c'est pas du poulet.

Bill rigole, ainsi que les trois autres. J'arrive peu à peu à les mettre à l'aise et à créer l'ambiance que je voulais pour cette interview. Ils rigolent, opinent et se contredisent.

Avant de commencer, on échange quelques impressions sur la vie qu'ils mènent. On enchaîne sur le week end qui vient de toucher à sa fin, ainsi que sur la soirée de samedi. J'ai la légère impression que Bill se raidit lorsqu'on parle de la soirée, mais je suis vite submergé par la conversation de Tom et Georg pour y prêter vraiment attention. Je demande des nouvelles d'Andréas, qui, à ma grande surprise, me passe le bonjour. Georg me propose de passer les voir à l'hôtel mercredi soir, invitation à laquelle j'accepte avec plaisir. Gus me parle avec une certaine réserve de ses projets pour les vacances de noël, qui approchent à grand pas. Lorsque le mot « vacances » arrive aux oreilles de Bill, il intervient enthousiaste et me fait part énergiquement de ses projets à lui.

- Avec Tom on hésite, tu vois ? On veut partir loin, dans une île perdue, où il n'y aurait personne. Enfin, je dis ça, mais les paparazzis arrivent toujours à suivre notre trace, explique-t-il, laissant entrapercevoir une trace d'agacement. Donc on en est là, toujours à la recherche de ...
- MARCOOOO, on a trop ...

Bill arrête son interminable discours à la vue de quelqu'un derrière moi, qui, à la voix, j'identifie comme ma s½ur. Quant à elle, elle s'arrête également lorsqu'elle arrive au salon, et sa phrase –qui m'était apparemment destinée si je me base au MARCOOOO vociféré il y a à peine quelques secondes- demeure en suspense. Les deux voix se sont éteintes au même moment, et j'en déduis que c'est dû aux regards respectifs qui se sont croisés. Je me retourne, et la vois plantée à l'encadrement de la porte, la bouche ouverte, ses yeux gris grandement ouverts, et, comme je l'avais prédit, fixant Bill, incrédule. Derrière elle, une tignasse flamboyante, fait à son tour apparition. On assiste au même spectacle, car Leila laisse tomber maladroitement ses livres et une main atterrit sur ses lèvres. Mais cela ne dure qu'une millième de seconde, car elle l'enlève pour finir la phrase de ma s½ur, ahurie :

- .... Trop faim.

Je me retourne cette fois pour scruter Bill et Tom. Bill semble hypnotisé, et ; malgré la surprise, un timide sourire s'épanouit sur ses lèvres. Quant à Tom, il joue nerveusement avec sa casquette, lance quelques coups d'½il réprobateurs à Leila et cache, pour finir, entièrement son visage derrière sa casquette. Georg et Gus, eux, sont pliés de rire. Georg, tordu, fini par s'écraser par terre, alors que Gus essaye tant bien que mal d'étouffer ses rires. Je ne sais quelle réaction opter, quel camp choisir. Pitié & compassion, face aux moues ahuries de Lei et Nad ou bien me foutre de la gueule de cons que Bill et Tom affichent -et joindre Georg et Gus par la même occasion-.


_____POV Nadia


__ 16h31__

J'essaye vainement de reprendre mes esprits. De ne pas penser qu'il se trouve à quelques mètres de moi. Que ses yeux m'ont percé le temps d'une éternité. Que j'ai failli mourir en reconnaissant sa voiture. Des bruits de klaxons me font revenir sur Terre. Je me retourne avidement, n'osant pas regarder dans sa direction. Je reconnais rapidement la voiture de Leila et m'empresse de la joindre. Mes pas trébuchent maladroitement, mais je ne m'arrête pas. Je fonce vers la voiture de Lei et une fois assez près, j'ouvre la portière avec une violence inutile.

- Houlà. Tu as vu un mort vivant ou quoi ?, me demande la jolie rousse, démarrant.
- TU ES EN RETARD, PUTAIN.

Braille-je paniquée. Plus par peur que par réel reproche. Elle écarquille les yeux, faisant l'innocente :

- C'est la faute à Quentin ! Cet espèce de con ne me laissait pas partir. Mais qu'est-ce qui t'arrive ?
- Concentre-toi sur la route, tu as le don de faillir écraser les gens quand ils traversent.

Arrive-je à articuler, reprenant mes sens. Ses yeux affolés me quittent pour prendre en compte mes conseils. Mon souffle et mon c½ur reprennent peu à peu leur rythme. Elle ne dit plus rien et attend impatiemment que je parle. Je ne sais pas combien de temps s'écroule avant que je m'en remette complètement. Mes yeux cloués sur le paysage qui défile, je lance, d'une voix qui se veut calme :

- Il y avait Damien sur le parking.

A ma grande surprise, elle freine brusquement et, colérique, répond :

- Quoi ?! Je vais aller le chercher cette raclure à chiottes ! Qu'est-ce qu'il foutait là ? HEIN ? Je vais le défoncer, tu vas voir. Tu n'as rien à craindre !

Elle commence à faire demi-tour ; ses yeux désorbités, on dirait une cinglée qui vient de s'échapper de l'hôpital psychiatrique. Je pose machinalement mes mains sur le volant, pour arrêter sa man½uvre.

- Laisse-moi faire, je vais le massacrer ! Le trucider ! Le descendre ! Le triturer ! Le ... , s'écrie-t-elle.
- Arrête de faire ta Super-Leila, c'est bon. Il doit être déjà parti ! Et même s'il est encore là, je n'ai pas envie de revoir sa tronche, s'il te plaît !

Elle semble m'écouter car elle arrête de forcer. Je lâche le volant et me rassois convenablement sur mon siège. Elle reprend le chemin et moi, soulagée, je reprends ma contemplation du paysage. Je l'entends respirer bruyamment :

- Qu'est-ce qu'il faisait là ? Tu crois qu'il voulait te parler ?, m'interroge-t-elle soucieuse.
- J'en sais rien. Enfin, il connaît des gens à ma fac ... Ca m'étonnerait qu'il soit venu pour moi.
- Il n'a pas intérêt s'il tient à sa vie, crois-moi.

Un faible sourire se dessine sur mes lèvres malgré moi, face à l'image d'une Super-Leila enfilant sa cape rouge, son collant bleu, le slip par-dessus et filant à ma rescousse.

- Et ça te fait rire toi ?, me demande-t-elle ébahie.
- Non Lei. Je suis la première à qui ça ne fait pas rire. Je souris parce que je t'aime. Mais trente minutes de retard, tu les vois passer, crois moi !
- Je suis désolée ! Quentin m'a obligé à finir sa dissertation à sa place x_x. J'étais son otage jusqu'à ce que j'aie fini.

Je souris encore. C'est vrai, Quentin a la phobie des dissertes. Il nous a toujours pris en otage moi, Lei ou Marco pour les faire à sa place.

Le reste du chemin, j'écoute attentivement les péripéties de Leila concernant ses trois heures minables de cours aujourd'hui. Elle m'explique comment elle a réussi à manipuler le professeur à sa guise, et ainsi changer le jour du partiel.

On arrive enfin et elle gare la voiture maladroitement à quelques mètres de la maison.

- Tu imagines ? C'est inadmissible ! Elle est payée pour ça ! Je te jure, j'ai eu envie de lui foutre sa canne au ...
- J'imagine.

La conversation avait désormais viré à son professeur d'anglais, qui avait refusé –injustement- de lui corriger un devoir. Elle semblait exaspérée par l'attitude du professeur, et ses mains dansaient dans l'air, appuyant ses dires. J'aperçois vaguement une voiture noire garée en face de la maison, mais je n'y prête pas attention. J'ouvre la porte, suivie de Leila et me dirige vers le salon, afin de trouver mon chouette frère, qui a sûrement préparé quelque chose à manger :

- MARCOOOO, on a trop ...

Je me stoppe net quand mes yeux se posent sur cette crinière noire beaucoup trop familière –malgré moi-. Ses prunelles emplies de surprise me fixent également. Lui aussi était apparemment en train de parler, car sa bouche reste en suspense, mais ses lèvres s'étirent rapidement dans un léger sourire. Je reste figée, anéantie. Qu'est-ce qu'il fout là L U I ?

Une bouffée de terreur m'attaque cette fois. Mon c½ur, mon souffle, mon pouls, mon taux d'adrénaline. Tout y passe. Tout est touché, atteint. J'entends des rires à côté, mais qui me paraissent irréellement lointains. Je ne sais pas à qui ils appartiennent. Je suis trop assommée pour dévier mon attention ailleurs. Je sens Leila à côté de moi, aussi stupéfaite que moi par la scène qui se déroule sous nos yeux hébétés. Ensuite, un bruit assourdissant que je ne distingue pas.

- ... trop faim.


____________________________________________________

Impressions ?


Ce chapitre vous a plu? =$
Si oui ou non, argumentez vos réponses.
Ca m'aidera à m'améliorer =)

Réplique préférée ? / Moment préféré ?

Merci
pour tous vos commentaires, as usual.
Merci
de me donner le sourire en vous lisant.

See you soon poulettes.

Petit clin d'oeil à Sam ... ("Super-Leila")

# Online seit Freitag, 31. Oktober, 2008 um 21:26

Geändert am Mittwoch, 25. November, 2009 um 17:05

***__Chαpitre 32__ *** «Et toi petit con, tu crois que tu n` es pαs fαcile ? ... »

***__Chαpitre 32__ ***  «Et toi petit con, tu crois que tu n` es pαs fαcile ? ...  »
*

« On est puni pαr où on α désiré,
toujours. »

Gabrielle Roy

_____POV Marco


Un silence glacé flotte dans la pièce. Seuls les rires démoniaques de Georg et Gus se font entendre, vainement dissimulés. Georg essaye tant bien que mal de se rassoir correctement, mais lorsqu'il relance un regard à la scène, il repart dans son fou rire et continue de s'écrouler sur Gus. Ce dernier est plus discret, mais il n'arrive pas non plus à retrouver son sérieux. Tom et Bill sont toujours figés ; Tom est toujours caché sous sa casquette et l'éphémère sourire de Bill s'est fané face au regard orageux de Nadia. Leila ... Leila je la sens venir. Elle va exploser. D'un moment à l'autre. J'ose un regard dans sa direction. Ses yeux verts brament férocement ... Ca ne devrait pas ...

- MARCO, tu es MORT !, braille-t-elle.

Tarder ...

Elle me fusille du regard. Instinctivement, mes yeux se posent sur Nad, essayant d'émettre un appel à l'aide. Mais Nad ne semble pas appartenir à ce monde. Ses traits reflètent une colère que je n'arrive pas à discerner. Elle n'a pas quitté Bill du regard, et un éclat de fureur traverse ses pupilles devenues fauves, habitées par une rage meurtrière. L'intensité de sa colère pourrait presque le brûler. Je lance un regard à Bill, qui, à ma grande surprise, soutient son regard, les yeux brillants & défiants. Dans une tentative de fuir la bataille visuelle entre Nadia et Bill, je croise furtivement le regard colérique de Lei. Je reviens donc sur ma s½ur, qui n'a toujours pas bougé d'un poil. Euh, Nad ? Ce n'est pas le moment de faire un duel visuel avec Bill, j'ai besoin de toi, la Rousse va me tuer.

Comme si mes pensées l'avaient atteinte, Nadia pose vélocement ses perles –inhabituellement plus grises que d'habitude- sur moi, dans un dernier regard de haine concentrée, bien trop accumulée, tourne les talons et disparaît du champ de vision. Je lance un regard interrogateur à Bill, mais celui-ci se pince les lèvres formant une ligne mince et serre la mâchoire.. Euh, on m'explique là ?

- Eh bien, je vois qu'on fait la fête sans moi.

Lance Leila, battant exagérément des paupières et brisant, pour mon grand bonheur, cette horrible ambiance. Elle s'avancer gracieusement vers nous, oubliant complètement ses livres par terre. Elle s'assoit à mes côtes et poursuit :

- Qu'est-ce qui te fait autant rire Georg ? Le fait que je n'étais pas invitée ? Et Tom, sors de ta cachette, je t'ai vu. La prochaine fois, trouve-toi un endroit où tes tentacules et tes robes ne se voient pas.

Je revois Tom remettre sa casquette sur place, et ses joues virer au rouge vif. Il ne répond rien et évite grossièrement le regard de Leila. Quant à Georg et Gus, ils ont enfin réussi à se tenir sur place, se contentant de sourire bêtement.

- Bon, et si on commençait ?,dis-je pour détendre l'atmosphère austère.
- Commencer quoi MarcoTraître ?, m'interroge Leila, une pointe de reproche perçant sa voix.
- Euh ... Le ... La ... L'interview, essaye-je d'expliquer.
- Oh, tiens, tiens, commence-t-elle, ironique, la « fameuse » interview à laquelle j'étais censée ...
- Lei, on réglera ça après, tu veux bien ? Ce n'est pas le moment.

Elle se retourne brusquement vers moi, et ses boucles fouettent son visage crispé. Elle me fusille du regard encore une fois. Je sais qu'elle m'en veut. Terriblement. Et que je devrai endosser tout son ressentiment contre moi plus tard. Je soupire accablé.

- Alors Georg, pourquoi tu rigolais autant ?, m'ignore-t-elle

Georg, interloqué, élargit son sourire :

- Oh cela n'avait rien à voir, Gus m'a raconté une de ces blagues ... C'est un vrai comique quand il veut.

Leila le dévisage, affichant une expression voulant clairement dire « Je ne crois pas une seconde à la connerie que tu viens de sortir, mais on va faire comme si », et ne répond rien.

Je regarde Bill, qui a l'air ailleurs. Sa mâchoire toujours crispée, il guette les escaliers par où Nadia s'est enfouie. J'arrive, après quelques secondes d'insistance, à capter son regard :

- On peut y aller ?
- Ouais. C'est bon, se limite-t-il à répondre, se massant les tempes.
- Ok. Et toi, tu ne dis pas un mot, c'est clair ?

Dis-je, m'adressant à la rousse à côté de moi. Elle fait un rapide signe de la tête et je commence à feuilleter mes feuilles, afin de trouver les questions que j'ai préparé. Le silence se réinstalle, les regards furtifs fussent. Sauf Tom, qui regarde avec grand intérêt ses baskets.

Je me racle la gorge avant de commencer, et prépare mon stylo, pour écrire à toute vitesse les réponses, même si j'ai prévu d'enregistrer également.

- Bien. Rappelez-vous que ce ne sera en aucun cas publié et que c'est des questions posées par vos propres fans. Je vous épargne donc du inexorable « Pourquoi Tokio Hotel ? ».

Les gars sourient ; Bill semble se détendre peu à peu et Tom relève le visage vers moi, évitant soigneusement de croiser une certaine paire d'yeux verts.

- C'est parti: « Pourquoi vous vous acharnez toujours sur ce pauvre Georg alors qu'avec les coupes de Bill et Tom y'a de quoi bien se marrer? »

J'essaye de toutes mes forces de garder mon sérieux, car après tout, il s'agit d'un travail important pour mon école de journalisme. Et pourtant, les questions des Fans sont toutes du même genre. Ca va être dur. Je lève la vue, Georg est reparti dans un fou rire. Bill écarquille les yeux. C'est Tom qui décide de prendre la parole :

- Quoi ? Ils ont quoi mes cheveux ? Ils sont très bien. Je ne vois pas ce qu'ils ont de drôle. Ceux de Bill, je comprends, il met les doigts dans la prise, mais les miens ?
- Ta coupe ne ressemble à rien Tom, attaque Bill.
- Non mais tu t'es regardé dans un miroir mon gars ?, se défend Tom.
- Pour répondre à la question, Bill et Tom se prennent bien trop au sérieux pour rigoler d'eux-mêmes. Alors qu'avoir le sens de l'humour, c'est avant tout rigoler de soi même, explique fièrement Georg.

Je note à toute vitesse, alors qu'ils se chamaillent entre eux. J'entends Leila sourire discrètement à mes côtés.

- « Bill, est-ce tu bronzes de temps en temps ? Parce que depuis le début j'te vois blanc comme une aspirine donc j'me pose des questions. »

Comme à son habitude, Georg explose de rire. Gus sourit discrètement. Tom rejoint Georg dans son délire et Bill s'acharne pour ne pas rigoler lui aussi.

- Je n'ai pas trop le temps pour bronzer à vrai dire. Entre deux concerts, c'est un peu limite, si tu vois ce que je veux dire. On travaille onze mois de l'année. On a que deux semaines de repos en décembre et, pour prendre des couleurs, c'est un peu short.
- Tu pourrais rajouter des UV à tes soins quotidiens, nan ?, s'aventure Georg.

Bill tente de mettre une claque sur la tête de Georg, mais ce dernier l'esquive agilement.

- « Tom, que ressentirais-tu si des fans t'offrais je sais pas moi .... des brocolis ? »

Tom rigole, mais se redresse aussitôt pour répondre :

- Euh ... C'est un cadeau comme un autre. J'essaierais de trouver la signification du Brocoli. Les fans réfléchissent beaucoup aux idées des cadeaux. J'essaierais de savoir pourquoi du « brocoli », dit-il en souriant, mais je doute que je le conserverais celui-ci, ça pourrit et c'est pas bon.
- « Avez-vous des complexes physiques ? Si oui, lesquels? »

Bill allait prendre cette fois la parole, mais Tom le devance :

- Oh non, je suis tellement parfait, Georg, lui, peut en dire beaucoup par contre.
- Et c'est reparti ..., lance Georg.

J'entends vaguement Leila rire à c½ur ouvert à mes côtés. Pourtant,elle ne dit pas un mot, et je sais combien c'est dur pour elle.

- Des complexes ? Oui. Mes dents. Je n'aime pas mes dents., confesse Bill.
- Mais on les voit pas boulet, réplique Tom.
- Moi je les vois. Je ne les aime pas.
- Moi je n'ai pas de complexes, reprend Tom, prenant un air sûr de lui.

J'attends encore quelques instants avant de passer à la question suivante, pour voir si Georg ou Gus s'aventurent à répondre, mais non.

- « Gustav quand est-ce que tu vas te décider à parler dans les ITW ? »

Ils partent tous les quatre dans un délire. Bill tape de ses mains, Tom tombe légèrement sur Bill. Georg penche sa tête en arrière :

- Je parle seulement quand j'ai quelque chose d'intéressant à dire. Et puis, je n'aime pas être en avant. Les jumeaux adorent, moi je déteste, ça tombe bien.
- Et puis surtout, les questions des journalistes, faut dire ce qui est, sont ennuyeuses à mourir. On laisse les grumeaux s'éclater, prendre leur pied à dire de la merde puis nous, on fait une sieste les yeux ouverts !, explique Georg.

Je souris et continue :

- « Gustav, t'en as pas marre des vannes de Tom ? T'aimerais pas le gifler de temps en temps ? »

Rires générales une nouvelle fois.

- Oh que si. Mais pas en public. Je préfère garder mon image de sage et le descendre en toute intimité.
- Pfff n'importe quoi. Il ne ferait pas de mal à une mouche Gustinet, s'aventure Tom, et puis, mes blagues sont trop bonnes. C'est quoi ce délire !
- Je ne ferais pas de mal à une mouche parce que je me retiens la plupart du temps. Sinon, surtout les Kaulitz, ils passeraient leur temps flanqués contre le mûr.

Les rires de Georg résonnent dans le petit salon. Je profite de sa bonne humeur pour poser une question le concernant :

- « Georg a quand une nouvelle coupe ? »

C'est Tom qui reprend le fou rire de Georg. Bill sourit malicieusement.

- Ah, tu rigoles moins tout d'un coup, arrive à articuler Tom.
- Pas de nouvelle coupe, ça va pas ? Vous n'avez pas idée le temps précieux que je passe à entretenir mes cheveux. Ils resteront comme ça. Point barre.
- Ah bah, faudrait peut-être y réfléchir sérieusement mon poussin.

Georg se précipite sur Tom, et appui sur sa casquette, cachant ainsi le visage souriant de Tom.

- « Bill, pourquoi es-tu toujours à côté de la question? Ce que tu déjeunes le matin on s'en fout un peu quoi »

Tom s'étouffe dans un « C'est trop vrai !!! ». Bill, faussement surpris, répond :

- En fait ils posent toujours les mêmes questions, alors des fois ça saoule, par exemple on en a marre de répondre toujours à "Pourquoi Tokio Hotel ?", et Tom se sent toujours obligé de sortir des conneries, remarque si on ne vannait pas Georg qu'est-ce qu'on s'ennuierait...
- Tu es à côté de la question là Billou, attaque Georg.
- Naaan ! C'est pas vrai !
- Il adore parler pour ne rien dire en fait, explique Gus.
- Nan, nan. En fait, la vérité c'est que ... Certaines questions m'importunent. Je réponds donc à côté de la plaque, mais je fais un gros pâté, ce qui fait que le journaliste n'a rien compris & il passe à autre chose ! C'est pas une idée de génie ça ?
- Eh oui, si vous saviez toutes nos techniques pour éviter les questions imposables ou pour partir quand on se fait royalement chier !, lance Tom mystérieux. Soit Bill pars dans un BIG bla-bla de la mort qui tue, sans aucun rapport, soit je parle de cul –les journalistes adorent, ils croient qu'ils ont le scoop de l'année-, soit, et ça c'est Georg qui s'en charge, on reçoit un coup de téléphone URGENT ! & on doit malheureusement partir !

Ils éclatent de rire comme des gros gamins fiers de leur coup. Je cesse de me retenir, et me laisse emporter par leurs conneries. Leila est effondrée également à mes côtés. Lorsque tout le monde retrouve un peu son calme, je poursuis :

- « Bill,tu te maquilles & tu te fais les ongles, est-ce tu te fais des petits masques hydratants (ou autres) de temps en temps aussi ? »

Tom se fout une nouvelle fois de la gueule de son jumeau, ainsi que Georg :

- Rolala. Qu'est-ce qu'elles sont curieuses ces fans dis donc ! Où est le mal à se maquiller ? A prendre soin de soi ? A se faire une manucure de temps en temps ? A...
- Attention Marco, il te fait le coup là, lance Tom.
- Rah mais non. Bon okay, oui, je fais des masques. Ca va. Et toi Leila, tu répètes ça, tu es morte.
- T'inquiètes Billou, ça ne sortira pas de ma bouche à condition que tu me passes tes secrets beauté.
- Mouais, à négocier, répond-il souriant.
- Tu n'as pas le choix mon chou.
- Tu crois ? J'ai des armes aussi ...
- Ahem , les interrompt Tom.

Je marque une pause pour me retrouver dans mes papiers.

- « Parlez-vous de vos fans entre vous ? »
- Ca arrive. Surtout Tom et Georg. Ils aiment commenter la beauté ou mocheté de telle ou telle fille. Ca les éclate. Gus & moi, beaucoup moins. On fait rarement attention à ça lors des séances dédicaces etc...
- Sauf la dernière fois, hein Billou ?, murmure Georg.

Murmure que tout le monde a entendu. Je commence peut-être à comprendre ce qu'il se passe entre Bill et Nadia. Bill met un coup de coude dans les côtes de Georg.

- « Tom, sincèrement, tu t'es déjà prit un râteau quand tu voulais t'amuser dans ta chambre d'hôtel avec une Fan ? »

Les yeux de Tom se posent pour la première fois sur Leila. Il la fixe pendant quelques instants, puis, avec une pointe de reproche dans la voix, sans la quitter des yeux, répond:

- Non. Jamais.
- Non mais si c'était le cas, il ne le dirait pas Poulpy. Il est trop fier pour ça ! , s'exclame Georg.

Tom quitte le regard de Leila et recommence à l'ignorer, comme il s'efforce à faire depuis le début de l'interview. Je sens Lei à côté de moi se remuer inquiète, incertaine.

- Ce n'est pas vrai tout ce qu'on raconte sur moi. Faut se méfier, reprend Tom. Il y a Tom le personnage, la Star, et Moi. Et ce « moi » est loin d'être celui qu'on croit.

Je note avec soin ces dernières phrases. Je ne vois pas vraiment le rapport avec la question, mais j'analyserai plus tard. D'après ce regard insistant ... peut être un message envers Leila ? Je ne sais pas. Et ce n'est pas le moment de m'y attarder. Je lis mes deux questions qui me restent. J'hésite à poser la suivante. Après tout, c'est une question comme une autre.

- Hum, « quels sont les Tue-l'Amour, pour vous ? »

Je vois Tom jouer avec le bout de ses doigts, le regard perdu :

- La facilité.

Bill s'agite dans le canapé nerveusement et s'empresse de répondre afin que Tom n'en rajoute plus :

- Tue l'amour ? Hum ... Faut que la fille soit vraiment féminine, qu'elle ...
- Non mais Bill, qu'est-ce qu'il ne faut pas qu'elle soit justement ... , lui explique Georg.
- Il ne faut pas qu'elle ... qu'elle mente. Je n'aime pas les mensonges.
- Tu es le premier à mentir Billou.
- Oui, mais Elle, elle ne doit pas mentir.
- Seulement toi t'as le droit, c'est ça ?
- Mais non. Je ne mens pas à mes proches, seulement à la presse, voyons.
- Qu'elle ronfle, surgit Gus.
- Pour moi c'est les pieds. Si elle a des pieds moches, c'est mort, explique sérieusement Georg.

Je souris. Je me lance pour la dernière question :

- « Êtes-vous vraiment heureux de ce que vous faites ? »

Bill prend un air sérieux avant de répondre :

- C'est une question difficile, et on pourrait passer des heures à répondre. De ce qu'on fait ? Oui. Bien sûr, on aime toujours faire de la musique, partager, faire des concerts. Après, tout ce qu'il y a derrière, c'est autre chose. L'univers de la musique est très dur. La pression est infernale. La maison de disques est odieuse. Parfois on a envie de tout arrêter, de se reposer, de respirer. Mais, on se ressaisi vite ; on est conscients de la chance qu'on a. Vivre son rêve n'est pas à portée de main pour tout le monde.
- Bill a raison sur le revers du décor. Le fait de ne pas avoir une vie privée nous déprime parfois. D'être encadrés par tant de personnes ... De devoir toujours être à la hauteur. De faire en sorte qu'on ne passe pas à l'oubli. C'est un perpétuel combat, continue Georg.
- On travaille tout le temps. On ne s'arrête jamais. Et les fans veulent toujours plus, plus, plus. Je ne sais pas si elles ont conscience de tout ce qu'on fait. On pourrait croire qu'on passe notre temps à poser & signer des autographes. Mais non & même ça c'est fatiguant. Devoir sourire quand on a qu'une envie : dormir, c'est affreux, reprend Tom.

Je tourne le regard vers Gus, pour voir s'il souhaite rajouter quelque chose, mais il se limite à hocher la tête.

- Mais, malgré tout ça, la musique passe avant tout. C'est ça qui est important.

Conclu Bill professionnellement. Je lui dédie un sourire et laissant enfin reposer mon poignet, je lance :

- Eh bien c'est tout. Merci beaucoup pour votre franchise, et votre bonne humeur. Merci. Je ne sais pas comment vous revaudrai ça.
- T'inquiète, ça nous a fait rire les questions des fans. Dis, je peux passer aux toilettes, si ça ne te dérange pas ?
- Bien sûr.

Je me lève et indique du doigt le chemin à Georg. Il s'éclipse par la porte. Je vois Tom se lever et déambuler dans la pièce. Bill, hésite quelques instants puis se rapproche :

- Je .. Je peux monter dire quelque chose à ta s½ur ? Elle ne semblait pas très contente de me voir.

Je fronce les sourcils. J'hésite. Je me rappelle surtout de la conversation au téléphone.

- Euh ... Bill, par rapport à ça ... J'aimerais échanger quelques mots avec toi.

Il me regarde surpris, haussant les sourcils.

- Pas de problème.

Je lui fais signe de me suivre vers la pièce d'à côté.

_____POV Leila



Bill et Marco partis je ne sais où, Tom, Gus et moi restons dans le salon. Le silence s'installe doucement mais sûrement une nouvelle fois ; seulement bercé par les pas de Tom qui se balade. Je ne supporte plus devoir fermer ma gueule et me retenir de lui cracher toute ma rage à la figure. A quoi il joue ? Pourquoi tous ces sous entendus ? Pourquoi me traite-t-il de la sorte ? Pourquoi il m'a ignoré pendant les deux heures ? Pas un regard, un mot. Rien. C'est comme si je n'étais pas là. Comme si je n'existais pas. Pourquoi toute cette méchanceté gratuite ? Je pince mes lèvres pour essayer de me retenir, encore. Je ne comprends pas. C'était pas lui qui m'avait demandé de se quitter « en bons termes ». C'est ce que je croyais. Et là, il me poignarde par son indifférence. « La facilité ». Connard. ____ Je vois Georg revenir du couloir. Il s'assoit joyeusement à côté de Gus et échange silencieusement quelques mots avec lui. Malgré la haine qui me ronge, je souris en les voyant. Georg est tout un personnage.____ Je me lève brusquement, et me dirige vers Tom. Il m'énerve. Et je compte bien lui faire savoir. Je ne prends pas la peine de lui dire que je veux lui parler en privé, je le pousse violemment vers une porte qui mène au jardin. Au début, il résiste et me lance un regard d'incompréhension. Il semble lire dans mes yeux « Ferme ta gueule et avance » parce qu'il avance à contrec½ur. Je prends soin de fermer la porte derrière moi. Il fait presque nuit. Cela ne m'empêche pas de déceler clairement une étincelle de reproche dans ses yeux obscurs. Mais, c'est une blague ou quoi ?

- C'est quoi ton délire ? Explique-moi tout de suite, parce que je te jure que je t'égorge sur place sinon.
- Ouh. Tente toujours.
- Tu arrêtes de jouer au con ? C'est pas toi qui m'as dit « Je veux pas que tu partes énervée » BlaBla? Et là ? Tu t'es amusé à m'ignorer grossièrement. Vraiment, tu n'as aucun respect mon gars. Mais j'imagine qu'il doit avoir une explication, alors je t'écoute. Vas-y.
- Le respect, ça se gagne. Et je n'ai rien à t'expliquer. Je fais ce que je veux.

Ses mots me poignardent mais je me contiens de ne pas lui sauter dessus pour l'achever. Je ne comprends rien.

- Le respect, ça se gagne ? Ah oui , répliquai-je, laissant échapper un rire hystérique, le fameux « Tue L'amour » de Tom Kaulitz: La facilité. Laisse-moi rire. Et toi petit con, tu crois que tu n'es pas facile ? Je n'ai pas trop galéré non plus à ce que je sache.
- Me fais pas chier Leila.


J'écarquille les yeux, anéantie :

- Mais putain. Tu es vraiment con. C'est quoi ton problème ? Tu ne partiras pas d'ici sans m'avoir donné une explication à ce comportement. Je ne mérite pas être traitée comme ça.
- Je ne te dois rien. Oublie que tu m'as vu ce soir. Je t'ai dit que je ne revois jamais les filles avec qui je baise, okay ?

Cette fois, je n'arrive pas à me retenir. Ma haine me déstabilise ; mon corps se dérobe sous la pression contenue. Je sens la colère monter de plus en plus, mais je ne contrôle plus rien. Une claque férocement violente atterrit sur sa joue. Sans que je l'ai prémédité. Sans que je puisse stopper ce reflexe. Il se limite à me fixer, posant sa main sur sa joue douloureuse.

- Je ne savais pas que vous veniez, sale con. Je n'ai pas fait exprès d'être là si tu veux savoir. Et puis même, avant d'être « fan » de toi et de ta petite gueule de merdeux, je suis Fan de votre groupe. Je suis restée pour l'interview parce que j'admire ce que vous faites. ET pas pour ta vieille gueule d'ange.

Un bref silence nous sépare. Lorsqu'il voit que je ne rajouterai rien, il répond :

- T'as fini ? Je peux rentrer ?

Je ne réponds pas. Je baisse les yeux pour qu'il ne les voie pas se remplir cruellement d'eau. Il me pousse légèrement pour se forger un passage et rentre, refermant à son tour la porte et me laissant dehors, abasourdie.

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Bonsoir :)
& voilà enfin la fameuse interview =p
Je veux touuuuuut savoir .
Ce que vous en avez pensé .
Tout. Tout :D

Moment préférée / Réplique préférée ?

& surtout ... Des hypothèses pour le soudain & inattendu comportement de Tom ?

& aussi . J'ai rajouté des couleurs pour les dialogues (histoire de mieux se retrouver).
Vous préférez avec ou sans ? Ou simplement comme avant?
(Ouais, moi & mes questions existentielles xD)

__Merci__
pour tous vos commentaires.
Je ne me lasserai jamais de vous remercier.

# Online seit Samstag, 15. November, 2008 um 11:28

Geändert am Mittwoch, 25. November, 2009 um 17:09