***__Chαpitre 38__ *** « ... les jeux de Georg sont dangereux. »

***__Chαpitre 38__ ***  « ... les jeux de Georg sont dangereux. »
*


_____POV Leila


Hum. La sieste en cours tout à l'heure m'a fait un bien fou. Non mais quatre heures de philo sans sieste, ça passe pas ; vous êtes d'accord avec moi ? Tant mieux. En plus, je ne vois pas du tout ce que la philosophie vient faire dans les Sciences de la Communication. Vraiment pas. Enfin bon. Une fois cette journée démesurément longue finie, je m'empresse de rentrer chez moi prendre une douche et me changer pour la soirée de ce soir. Mouhaaha. C'est le soir de ma vengeance. J'espère que tu es prêt Tomichou, à rougir de haine, à m'implorer d'arrêter, à t'avouer vaincu. Car ce soir, c'est encore ma bataille.

*

Je compose le numéro du blond. Après trois sonneries, il décroche.

- Hey Crotouille, on se retrouve chez Nad dans quinze minutes pour aller tous ensemble à l'hôtel.
- Vingt cinq minutes pour moi, je dois faire mon brushing.
- Non mais Tin's, fais pas ta gonzesse, on n'a pas le temps !!!
- C'était pas toi qui disait que toute fille qui se respectait toujours en retard elle était? Et bah alors, applique ta philosophie et laisse moi me faire mon brushing tranquille ! A toute LittleLei.
- Crotouille tu as vingt minutes.
- J'ai dit ...

TUT TUT TUT

*

_____POV Nadia


- Allo ?
- Nad, c'est Niko. Tu vas bien?
- Oh. Niko. Ca va bien et toi?
- Ca peut aller. Je te dérange pas?
- Niko ... Que me vaut l'honneur de ton appel?
- C'est à propos de Leila.
- Quoi? Qu'est-ce qu'il lui arrive? Tu lui as fait quoi encore?
- Non. Non, rien. Je n'ai rien fait. C'est moi qui m'inquiète. Et tu es sa meilleure amie. Si... Comment dire. Si elle avait quelque chose tu le saurais, n'est-ce pas?
- Niko ! Va direct au but !
- Tu n'as rien remarqué de bizarre chez elle ce dernier temps?
- Hum. Niko, tu traînes là. Non, je n'ai rien remarqué. Elle est toujours aussi folle que d'habitude.
- Plus.
- Je sais. Cela s'empire de jour en jour. Alors? Pourquoi tu t'inquiètes? Parles Niko! Tu commences à me faire peur.
- Elle... Elle est venue me voir hier soir et... Enfin. Je crois qu'elle a... Comment dire.
- NIKOLA PARLE ! ...
- ...des hallucinations. Je crois qu'elle s'invente des choses. Fantaisies tu sais. Mais elle y croit. Tu me suis?
- Alors là, pas du tout. Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Elle... Elle m'a sorti qu'elle .. que le gars avec qui elle m'avait trompé en quelque sorte était ... Tom.
- Elle n'hallucine pas. C'est bien Tom.
- Oui. Je sais bien qu'il existe. Je l'ai eu au téléphone ce Tom. Mais, je veux dire. Elle pense qu'il s'agit du Tom de ce groupe là... Tokiochose. Je sais, c'est complètement ridicule, mais elle m'a dit cela hier et ...
- C'est vrai Niko. C'est vrai ... Lei ne souffre d'aucune schizophrénie, ni hallucinations, ni de quoique ce soit de cet ordre là. Elle a juste eu la chance de rencontrer son idole lors ... d'une soirée.
- ...
- Tu es toujours là?
- Je vois. Elle t'a dit de me dire ça.
- Non Niko! Je suis la première surprise dans tout ce bordel, okay? Alors je comprends parfaitement ta stupéfaction. Mais voilà. Tu n'as pas à t'inquiéter pour Lei...
- Si.
- Pardon?
- Justement. Si tout cela est vrai ... Si vous essayez pas de me pigeonner ... Je dois m'inquiéter. Plus que jamais.
- Pourquoi?
- Elle va m'oublier.

*

_____POV Leila


Garant la voiture vite fait, mal fait, je me précipite sur l'allée de la demeure des Ubach; suivie de près de Tinou, qui souffle et s'agite derrière moi.

- Aller Tin's, fais pas la tête. Tu es beau et ton Fast-Brushing est superbe.

J'arrive devant la porte et toque de toutes mes forces. En attendant que l'un des frères vienne m'ouvrir, je me retourne vers Quentin.

- Je n'aime pas me dépêcher lorsque je me prépare, tu le sais. Et tu m'as speedé, voilà le résultat: Je suis de mauvaise humeur.
- T'avais qu'à commencer à te préparer plus tôt ! Et je t'assure que ton brushing est parfait. Ta frange est vraiment une oeuvre d'art!
- Arrête de te foutre de moi.

Je souris face à son air enfantin boudeur. Je m'approche de lui, me mets sur la pointe des pieds et lui plaque un bisou sur la joue, lui remettant la frange en place.

- Bonjour la compagnie, nous salue enfin Marco.

Je me retourne et me jette sur lui pour l'embrasser.

- Et Nadia? Elle est pas encore prête?
- Qu'est-ce que tu fous avec une chaussure dans les mains?
- Oh, c'est celle du poulpe. Je veux pas oublier de lui rendre, alors je l'amène partout avec moi.

Je vois Marco sourire du coin de l'oeil alors que je cherche Nad des yeux. Je me dirige vers sa chambre laissant Marco et Tinou se foutre de ma gueule.

- Nad? Tu es prête? On va partir.

Je rentre sans toquer et la vois assise sur son lit, le regard perdu.

- Nad?
- Je ne sais pas si je vais y aller...
- Tu as dit que tu venais! Alors, tu arrêtes de faire ta shizo et tu viens, un point, c'est tout!
- Mais ..
- Mais rien. C'est bon Nadia. Ils vont pas te manger. On va s'amuser. S'il te plaît..., supplie-je, faisant la tête de chien battu.

Elle soupire et sourit, je sais qu'elle ne résiste pas à cette tête. Je suis comme le petit Chat dans Shrek, vous savez?

- On ne rentre pas tard. Promis?
- Promis.

Je la scrute minutieusement pendant qu'elle prépare ses affaires. Elle a quand même pris le soin de se préparer, se coiffer et se maquiller. Elle essaye juste de refouler, à nouveau, ses envies. Je souris bêtement remarquant qu'elle a sûrement pris énormément de temps pour choisir sa tenue, bien que simple, alléchante. Un jean slim, un haut beige et des ballerines de la même couleur. Sa longue chevelure légèrement bouclée lui tombe en cascade sur son dos. Sentant sûrement mon regard insistant, elle fronce les sourcils posant ses yeux sur moi.

- C'est quoi cette chaussure dans tes mains?
- Le poulpe l'a oublié lundi.
- Tu veux dire qu'il a oublié une chaussure en partant? C'est pas possible.
- Cherche pas. Il n'est pas très normal. Allez, on y va.

*

On gare la voiture pas loin de l'hôtel et on fini le reste du trajet à pied. Marco et Quentin sont dans un délire incompréhensible, et Nadia reste silencieuse. Je presse le pas, et distingue au loin une foule de Fans. Mais on prend la rue à droite et on les perd rapidement de vue. Je connais ce chemin. Je l'ai fait ce soir là. Le soir que je suis rentrée avec Tom. On s'immisce par des petites ruelles et on arrive enfin à l'entrée arrière de l'hôtel. Il y a quand même une dizaine de filles assises par terre. On continue notre chemin vers la porte quand même, comme si on était des habitués de l'hôtel, mais on se fait arrêter tout de suite par les hommes de sécurité planqués devant. Merde. On n'a pas une tête à être riches ou quoi? ... Je soupire. Je pensais que j'en aurais pas besoin, mais ... Si.

- Vous allez où?
- Bah à l'hôtel, ça se voit pas?
- Pourquoi faire ?
- J'hallucine! Pour cultiver des brocolis, tiens!
- Quentin, tais-toi mon ange, lui dis-je, écrasant son pied et ignorant ses grimaces. Je fais signe à l'un des hommes de sécurité de s'approcher et murmure à son oreille. "Je porte pas de culotte".

Puis, comme par magie, ils débloquent le passage -non sans un sourire narquois, et quelque peu pervers- et nous laissent pénétrer dans l'hôtel luxueux. Nad, Marco et Quentin me regardent ahuris; et Quentin n'hésite pas à me demander si j'ai couché avec le vigile. Je souris triomphante et mystérieuse, et les guide vers la chambre du rendez-vous. Celle de Bill. Je ne connais que celle de Tom, mais celle de son double ne doit pas être bien loin. C'est la 214. On prend l'ascenseur, alors que ces boulets -accessoirement mes amis- continuent à me demander comment j'ai fait. Je me mords la lèvre afin de garder le silence malgré mon envie irrépressible de leur dire que c'est Georg tout simplement qui m'a donné un "code". Mais non. Comme ça c'est plus stylé et j'ai la classe.

- Non mais franchement. Quand je vais au supermarché, on me demande pas pourquoi je viens! Cela me paraît é-vi-dent! C'est quoi ces gens.
- Je pense que cet hôtel n'est pas comparable avec un supermarché Tinou.
- Han? Et pourquoi? Non mais. On fait quoi dans un hôtel, à part DORMIR -et des soirées- ? Sa question était complètement absurde!
- On a compris.

On passe devant la 212. Cette chambre. Ta chambre, connard, sale poulpe, espèce de sale crotte ... Espèce de... Tom. Les souvenirs de cette soirée me remontant à la gorge et remuant mes entrailles, je serre ta chaussure entre mes mains et toque à la porte de la 214.

C'est Georg qui m'ouvre un sourire agrippé à ses lèvres.

- Georg! T'aurais pu me donner un autre code! Franchement, tu aurais dû voir leurs têtes de vieux pervers baveux à la retraite! ... J'ai pas l'air conne en sortant J'ai pas de culotte MONSIEUR; dis-je euphorique, me mordant la lèvre aussitôt, remarquant que je viens de dévoiler mon secret à la troupe.
- AAAAh. On comprend maintenant comment tu as fait, coquine. Comme ça, tu portes pas de culotte?
- Bonsoir; répond Georg, souriant et assimilant que je m'en veux d'avoir dit cela devant Nad, Quentin et Marco. La prochaine fois, j'en choisirai un autre, promis. Entrez.

Je regarde autour. Elle est pareille que celle de Tom, un peu moins bordélique, peut être. Enfin, non. Pareil. Je vois Gus et Tom devant la télé. Mes yeux cherchent Bill mais en vain. Georg, ayant remarqué mon geste, s'empresse de m'éclairer.

- Il est encore dans la salle de bain; il se prépare.
- Il a de la chance lui. Personne pour le dépêcher et lui péter les ...
- Ton brushing est à merveille! Demande à Georg tu verras, il s'y connaît, lui. N'est-ce pas?

Je n'attends pas la réponse de ce dernier que je me précipite sur Gus pour le saluer. Il me sourit timidement, puis je m'occupe de Tom. Il ne m'adresse aucun regard, les yeux toujours rivés sur l'écran géant qui orne un des mûrs.

- Salut Tom, dis-je prenant place à ses côtés.

Il me répond d'un signe de la tête, mais reste toujours muet. Putain. Qu'est-ce que j'aimerais le baffer de temps en temps. Très souvent en fait. Je lui mets sa vieille chaussure entre ses mains et m'apprête à partir rejoindre les autres. Mais la voix de Tom m'interpelle.

- C'est toi qui l'avais prise! J'en étais sûr!
- Non Tom, tu croyais que c'était Bill.
- Ouais, bon. Je peux savoir de quel droit tu te permets de me voler ma chaussure sans ma perm...
- Euh. Je t'arrête tout de suite tête de poulpe. TU as oublié ta chaussure. Tu as dû la perdre pendant la bataille. Et estime toi heureux que je te l'ai ramené, j'aurais pu la vendre sur E-bay et devenir riche; et dans ce cas je n'aurais plus besoin de ce "code" débile pour entrer dans ce vieux hôtel tout moche et je pourrais donc rentrer SANS PROBLEME grâce aux biens que ta minable chaussure suppose.
- Je n'ai rien compris.
- Normal, je doute que tes neurones arrivent à survivre dans la jungle qui te sert de coiffure.
- Ca y est. J'ai compris. En eff...
- Bravo! C'est tout un exploit dont j'igno ...
- Tais-toi. En effet tu aurais pu la vendre et donc entrer à cet hôtel "tout moche" sans problème. Mais pourquoi voudrais-tu entrer dans cet hôtel, alors?
- Tu es blond ou quoi? Pour te voir!; réponds-je spontanément.

Assimilant ma connerie, je lève une main que je pose sur mes lèvres afin de m'auto-interdire à continuer à sortir ce genre de phrases. Quant à lui, il sourit, triomphant. J'essaye de me rattraper aussitôt, ne supportant pas ce sourire moqueur sur ses lèvres.

- Pour te voir en tant que guitariste du groupe; mais surtout pour voir le groupe en entier, je veux dire. Tu sais que 99% de ce que je dis, c'est de la merde et que je n'en pense pas un mot, héhé. ET si tu ne le sais pas, et bien tu devrais le savoir.

L'auto-dérision, il va kiffer, et oublier ce que je viens de dire.

- Ouais, tout à fait d'accord avec toi. Mais je crains que cette dernière phrase sortie de tes lèvres fasse partie du faible 1%; tu sais, qui fait partie des choses que tu penses.
- Je crains que non sale poulpe. Il me semble t'avoir déjà dit de ne pas prendre tes rêves pour de la réalité!
- C'est TOI qui me dit ça? Haha.
- C'est ça, marre-toi; tu vas moins rigoler dans quelques heures.

Il arrête de se foutre de ma gueule et arque un sourcil. Mein gott, ce que tu peux être canon avec cette expression d'incompréhension dessinée sur ton visage. Je me mords la lèvre inférieure une nouvelle fois, afin de garder le secret CETTE FOIS.

- De quoi tu parl...
- Salut Leila!, me salue Bill d'une voix joviale. Il apparaît de je ne sais où, se dresse devant moi et plante ses yeux dans les miens, le sourire aux lèvres.
- Oh Salut Bill! Quelle bonne humeur dis donc, rien à voir avec ton jumeau qui est insupportable!
- Je suis beaucoup plus cool que lui en fait ...

M'explique-t-il éclatant de rire, passant son bras sur mes épaules et m'amenant rejoindre les autres. Dans le trajet, il s'arrête au mini bar, me demandant si je veux quelque chose à boire. J'accepte bien volontiers et lui adresse un sourire. Il commence à me servir, alors que je le vois se mordre la lèvre inférieure, lui aussi.

- Bill? Tu essayes de te censurer là? Tu veux me dire quelque chose, peut être?
- Comment tu sais? Enfin, je...
- Parce que je fais toujours la même chose. Je me mords les lèvres pour ne pas parler. Qu'est-ce qu'il y a?
- Est-ce que Nadia t'a dit quelque chose par rapport à ... Hum, à ...
- Toi?
- Exact.
- Non, pas vraiment. Enfin, pas du tout. Elle ne me dit absolument rien te concernant, je peux pas t'aider, désolée. Pourquoi?
- Je ne sais pas. Elle n'est pas venue me dire Bonjour, alors qu'elle a joviiiiialement salué tout le monde. Elle a juste fait comme si je n'étais pas là. Peut être qu'elle m'en veut encore ...

Je souris face à un Bill déboussolé préparant de quoi se mettre dans l'ambiance.

- Nadia est un peu bizarre. Elle est capable de t'ignorer maintenant et dans deux minutes venir te parler comme si de rien n'était. Elle a des humeurs assez changeantes, alors ne t'en fais pas.
- Alors ses transformations sont tout à fait naturelles chez elle! Je pensais que c'était qu'avec moi qu'elle pétait une durite.
- Oui, ses transformations font partie d'elle. Ca te fait peur?, demande-je, acceptant le verre qu'il me tend.
- Au contraire, répond-il, sirotant son verre et se retournant, afin de regarder dans la direction de Nad.

Je me retourne également et m'adosse au Mini Bar. Je vois Nad parler avec Georg, Emma et Quentin. Dans un autre groupe il y a Marco, Gus, Andréas et Tom. Je reviens sur Nadia, qui rit aux éclats avec Georg.

- Elle refuse catégoriquement de me parler de toi. C'est bizarre quand même, dis-je pensive, plus à moi même qu'à Bill.

J'amène mon verre aux lèvres observant Nadia échanger quelques mots avec Emma, désormais.

- Je sais pas pourquoi, je sens qu'elle va m'ignorer toute la soirée.
- Tu lui plais.

Réponds-je distraite, détaillant Emma qui drague ouvertement Quentin. J'entends Bill s'étouffer avec son Vodka. Je me retourne vers lui, souriante.

- Tu vas me dire que tu ne le savais pas?

Bill me regarde incrédule, et buvant des longues gorgées de son verre.

- Elle m'envoie chier tout le temps. Alors, non, je ne suis pas vraiment du même avis. Elle me déteste.
- Mais Bill, tu connais rien aux filles ou quoi? Enfin. Je suis d'accord que Nadia est un cas à part entière, mais même, ça saute aux yeux. C'est pour ça d'ailleurs qu'elle doit te fuir.

Il arque un sourcil interrogateur. Et gott, ce qu'il ressemble à son connard de frère quand il fait ça.

- Billou, une fille ça marche à l'envers. Si elle te dit "non", ça voudra dire "oui". Si elle te dit "fais ce que tu veux", ça veut dire "T'as pas intérêt, fais ce que JE veux", c'est comme le "VAS-Y, FAIS-LE" qui est un défi, pas une permission. Si elle dit "Rien. Il n'y a rien", la tempête approche, car il y a TOUT. "Tout va bien", c'est "Tout va mal". "Je ne veux plus te voir", c'est "Insiste petit con". Alors, je te conseille d'inverser à chaque fois!

Je vois ses yeux encerclés parfaitement d'un noir accablant s'agrandir et ses sourcils se froncer lors des exemples.

- Vous êtes tarées, mon dieu. Je n'arrive pas à vous cerner ... Pourquoi ne pas dire les choses clairement?
- Parce qu'on se doit d'être compliquées et se faire désirer. Vois-tu?
- Non, répond-il haussant les épaules et se servant un autre verre de Vodka. Soit. A partir de maintenant je vais tout inverser.

Je souris et on trinque à la nouvelle résolution Billoutienne.

- Si on était simples et directes comme vous, quel intérêt?
- Je vois ... , dit-il, éclatant de rire.

Nadia a dû entendre le rire de Bill car elle regarde dans notre direction et je lui fais signe de s'approcher. Bill me met un coup de coude mais je survis. Nadia s'excuse timidement de son groupe puis s'avance vers nous, une couleur rosée lui montant aux joues.

- Bonsoir, Bill; le salue-t-elle plantant ses yeux dans les siens.
- Salut ...
- Oh. Tiens. On m'appelle!

Je vois Nadia me menacer du regard "Si tu nous laisses seuls, tu es morte". Mouaha.

- Mon ami Georg, j'arriveeeeee !

Georg se tourne vers moi, ne comprenant pas pourquoi je me dirige vers lui en gueulant comme une demeurée. Tu es censé m'appeler banane. Putain ces mecs, ils comprennent rien.

_____POV Bill


Ok. Très discrète Lei. On y croit tous.

Je me retourne vers Nadia, qui fusille Leila du regard.

- Tu veux quelque chose à boire?
- Non, merci. Je ne bois plus en ta présence.

Je souris, me rappelant la soirée en boîte.

- T'as peur de m'inviter chez toi et me supplier de rester?

La honte s'épanouit sur son tendre visage. Un rose vif colore ses joues délicatement maquillées, et ses yeux gris s'écarquillent innocemment.

- Je ne t'avais pas invité chez moi comme tu dis. Tu t'es invité tout seul.
- Mais tu m'as supplié de rester.
- Tu exagères, me répond elle déviant le regard.

Je souris encore, remarquant que la couleur s'intensifie jusqu'à atteindre cette rougeur dont ses joues se colorent si souvent lorsqu'elle est mal à l'aise.

- Je n'ai pas envie de finir comme l'autre soir, tout simplement; reprend-elle, revenant sur mes yeux, une once de défi éclairant les siens.
- C'est tout à fait légitime. Tu vas bien?; demande-je, brisant l'instant, intimidé soudainement par cette lueur qui se dégage de ses yeux vitreux. Je profite pour me resservir de la Vodka.
- Parfaitement, rétorque-t-elle m'arrachant mon verre des mains et buvant une gorgée.

Ok. Le contraire de "parfaitement" ... Euh, elle va très mal? Elle me rend mon verre et son regard énigmatique se perd dans la pièce.

- Alors, pourquoi tu m'as ignoré? Tu as oublié ce qu'on a parlé lundi?
- Je ne t'ai pas du tout ignoré, de quoi tu parles?

"Je t'ai complètement ignoré. Tu as remarqué, c'est bien".

- Je...
- Bill! Excusez-moi de vous interrompre. J'ai besoin de toi.

La voix de Leila attire mon attention. Je la regarde et mon sourcil nerveux l'incite à continuer.

- Bill... J'ai besoin de savoir où Tom garde son portable normalement. Ne me regarde pas comme ça, c'est juste pour faire un petit petit petit truc. Bill, pas besoin d'arquer ton sourcil, voyons. Je t'ai bien expliqué comment marchaient les Ahem, non? Alors tu me dois bien ça. Ne t'inquiète pas. Biiiiiiill ...

J'hésite face à sa tête rousse espiègle, mais je ne résiste pas bien longtemps.

- Dans ses poches du pantalon.
- Oh putain ça va être dur.

A mes côtés, Nadia rit doucement. Hum. Elles doivent bien se connaître ces deux là. Qu'est-ce qu'elle mijote la rousse ...

- Merci Bill!

Puis, elle tourne les talons et court s'asseoir près de Tom. Je fronce les sourcils regardant la scène.

- Ne t'inquiète pas. Elle ne fera rien de mal, Bill. Elle n'en est pas capable.

Je me tourne vers elle, surpris qu'elle ait senti mon inquiétude.

- Non. Mais je sais pas pourquoi, je sens que ça ne plaira pas à Tom.
- Oh, ça tu peux en être sûr, répond-elle souriante.

Je souris également à mon tour devant cette Nadia qui me regarde rieuse, désormais. Ses transformations me fascineront toujours, je crois. Je replonge dans son regard et me perds dans ses lèvres étirées, prenant une photo mentale de cet instant. La profondeur de ses yeux rieurs me donne le vertige, mais bordel, j'aime cette sensation. Nos sourires s'estompent peu à peu lorsqu'on remarque qu'on est tous seuls les deux à nouveau en train de nous regarder comme des cons. Bref instant yeux dans yeux, sourire pondu aux lèvres, qui ne dure pas longtemps, car Georg se charge de venir le briser.

- On va jouer à un jeu les gens. Hop Hop. On me suit. Bill, occupe-toi de ramener les bouteilles d'alcool. Nad, occupe-toi des verres.

Sur ce, il repart briser d'autres moments, d'autres conversations, afin de réunir tout le monde au milieu de la chambre. Nadia et moi échangeons un regard surpris. Puis, on s'active et on commence à prendre ce que Georg nous a indiqué.

- Toi qui ne voulais pas boire en ma présence, c'est un peu raté je crois.
- C'est quoi ce jeu?
- Je ne sais pas, mais les jeux de Georg sont dangereux.

Je la vois écarquiller les yeux, puis prendre tous les verres sur le mini bar. On se dirige ensuite vers le salon, où tous les autres sont déjà installés en cercle. Je pose les bouteilles d'alcool au milieu et aide Nadia a poser les verres à côté. On s'assoit, attendant patiemment que Georg explique ce qu'on fout là, autour de bouteilles d'alcool.

- Bien. Je vous explique les règles. Comme vous pouvez le voir ici, j'ai un petit sac où l'on va mettre les questions. Je vais distribuer trois papiers à chacun, sur lesquels vous poserez une question ANONYME à la personne que vous désirez. Lorsqu'on pose une question à Tom par exemple, il peut choisir de REPONDRE ou de BOIRE. Bien sûr, si vous choisissez de répondre, vous êtes en quelque sorte sous serment, sinon il n'y a aucun intérêt au jeu. C'est bon?
- On écrit donc trois questions qu'on pose à qui on veut, c'est ça?, demande Tom.
- Tout à fait.
- Et on peut choisir trois fois la même personne?
- Bien sûr. N'oubliez pas de mettre "Pour Georg: Pourquoi ... ". Capishi ?
- En gros, si on ne veut pas répondre, on fini par terre, bourrés, inconscients, et tout ce qui va avec.
- Yep! Et on ne sait pas qui pose la question. Ok? On commence.

*

- Pour Bill: Tu penses encore souvent à Sascha?



____________________________________________________

Taaadaaaam :D
Moment préféré ? / Réplique préferée ?

Merci, Merci, Merci

pour vos encouragements,

de donner un sens à tout ça ...

d'être là.



Joyeux anniversaire ...
Today c'est les 1 AN de

Et si c'était possible ?

Un an que je me suis lancée là dedans ...
Un an que l'univers de
Bill,
Tom,
Leila,
Nadia,
Georg,
Marco,
Nikola,
Emma,
Gustav,
Damien,
Quentin,
Andréas,

existe.
Personnages qui vivent grâce à vous.

MERCI
à toutes pour vos commentaires .
Vous m'avez vraiment touché .
Vous ...
Pfffiou ... J'en perds mes mots ...


# Online seit Dienstag, 17. Februar, 2009 um 14:00

Geändert am Mittwoch, 25. November, 2009 um 17:22

***__Chαpitre 39__ *** « ... C `est l ` αmour fou ce soir !»

***__Chαpitre 39__ ***  « ... C `est l ` αmour fou  ce soir !»
*

« Si nous en avons fini avec le passé,
le passé n'en a pas fini avec nous. »


_____POV Nadia


Bill regarde apeuré autour de lui, essayant de trouver la source de la question. Ses yeux se posent tout d'abord sur Tom, puis sur Andréas. Un silence pesant s'installe pendant que Bill cherche le responsable. Je sens bien son malaise. Sa respiration devenue saccadée, je baisse la tête sentant combien cette question l'embarrasse.

- Je bois.

Lorsque j'entends cette phrase prononcée d'une voix faible, je lève brusquement la tête et mes yeux se posent inévitablement sur lui. Il fixe le verre que Georg lui rempli puis le boit d'un trait. Je sens mon coeur se serrer piteusement me demandant qui est cette Sascha pour qu'il refuse de répondre à cette question.

- Bien! On continue!; s'exclame Georg pour briser la glace.

Il sort un autre papier. Le coeur aux lèvres après cette première expérience, on appréhende tous la question suivante.

- Pour Leila: Es-tu amoureuse ?

Tous les regards se posent sur elle.

- Je ne sais pas. Peut être.
- Plus de précision ma petite.
- Il y a des fortes chances, oui.
- De qui?
- Cette partie n'était pas marqué dans le papier Georg!

Il sourit, puis ressort un autre papier.

- Pour Tom: Pourquoi me traites-tu ainsi depuis tu-sais-quoi ?

Tom regarde directement Leila.

- Parce que c'est la règle du jeu.

*

- Pour Nadia: Pourquoi as-tu refusé de sortir avec Bill?

Je manque de m'étouffer lorsque la fin de la question arrive à mon cerveau. J'écarquille les yeux et m'éclaircis lamentablement la voix.

- Je... Bill... , je regarde Bill affolée pour qu'il démentisse, mais il est aussi hors service que moi. C'est quoi cette question! Bill n'a jamais tenu ces propos envers moi...
- Si, dans la cuisine, lundi, dit Leila.
- Pas du tout! Bill, dis leur que ce n'est pas vrai!
- Ce n'est pas vrai; articule-t-il avec difficulté.
- Merci Bill, vachement crédible. D'où vous sortez ça?, demande-je, laissant entrapercevoir une pointe d'hystérie dans la voix.
- C'est bon. Pas besoin de vous cacher. On sait tous.
- Non! Je vous jure que ...
- On vous a entendu, que c'était "insensé", et que ce n' "était pas réel" ...

Je fronce les sourcils ne sachant pas de quoi ils parlent, puis j'essaye, une nouvelle fois, de trouver une réponse chez Bill.

- Vous avez fumé quoi les gars?

Mon coeur trépigne d'embaras. Toutes les paires d'yeux sont posées sur nous deux. Elles bondissent de moi à Bill frénétiquement. Je sens mes joues rougir et la chaleur soudaine brûler ma peau, le coeur me monter à la gorge formant un noeud qui m'empêche d'avaler, mes mains tremblent et s'humidifient instantanément, et mes tripes se remuent sans pitié. Bill, remarquant soudainement mon état, sourit malicieusement. Et en plus il s'amuse ce con de tout ce malentendu. Ce n'est PAS drôle, putain. Dans tout ce chaos infernal, ça me revient. La cuisine. Et les phrases.

- AAAAH. Je ... vois. Vous avez ... compris ... n'importe quoi! On parlait d'autre chose.

Bill me fixe, son sourcil arqué, ce putain de sourire à la con en coin. Terriblement amusé.

- On parlait d'amitié... De pourquoi lui et moi on ne pouvait pas être amis.
- Oh. Et pourquoi?
- Non mais Georg, arrête d'essayer de gratter des réponses partout. Ce n'est pas dans le petit papier ta question!

Me sauve Leila. Mais Bill ne cesse de me fixer, jouissant effrontément d'être la source de mon malaise. Je lui murmure un faible "Arrête!", qui a pour effet de lui faire élargir son sourire à la con.

- Bien. Continuons. Pour Emma: Quand diras-tu la vérité à Bill ?

La question détache le regard provocant de Bill sur moi et ses yeux soudain interrogateurs se posent sur Georg, puis sur Emma.

- Quelle vérité?
- Je ne vois pas du tout de quoi ça parle.

Bill arrache des mains le papier à Georg et relit la question à voix haute. Puis, interroge Emma du regard une nouvelle fois.

- Bill, je te promets, je ne comprends pas cette question. Je ne sais pas de quelle vérité la personne parle.
- Tu bois alors.

Bill laisse tomber le petit papier, mais ne répond rien.

*

- Pour Gus: Qui a été ton fameux coup de foudre?
- Je bois.

*

- Pour Tom : Que ferais-tu si tu devais mourir demain?

Tom réfléchit un moment, dans une atmosphère pesante. Puis, approuvant d'un signe de tête sa pensée, ses lèvres s'entrouvrent:

- J'achèterais le dernier modèle Gibson en noir.
- Mon Dieu, ce que tu es con.
- Parce que tu ferais quoi toi?
- Je ne sais pas! Mais pas quelque chose d'aussi ...
- Au moins je sais, moi!
- Ca suffit.

*

- Pour Emma: Pourquoi avez-vous cassé toi et Gus?

Je pose mes yeux sur Emma, puis sur Gus, surprise d'apprendre qu'ils sont sortis ensemble. Je ne les ai vu se parler que très rarement. Sur les lèvres sculptées de la blonde se dessine un sourire narquois, alors que Gus fuit les regards.

- Parce qu'il m'a trompé.

La réponse d'Emma semble avoir l'effet d'une bombe sur la robuste personne du blond. Il ne fuit plus. Il la fusille du regard. Sa passivité caractéristique s'évanouit dans un éclair et ses traits aussi nonchalants d'habitude se crispent et se tordent jusqu'à former une grimace remplie de haine. Son visage pâle rougit abruptement, et ses veines se gonflent démesurément. Mon coeur s'accélère reconnaissant la violence qui s'avoisine. Je me tourne frénétiquement vers Bill, qui observe attentivement Gus, son sourcil haussé, et qui ne remarque pas mon altération. Je me retourne donc vers la personne à ma gauche: Andréas. Je lui prends le bras, et le serre très fort. Gus se lève d'un bond. Mon coeur avec lui. On sent sa colère prête à exploser d'un moment à l'autre. Andréas me susurre je ne sais quoi à l'oreille. Je n'entends rien. Je concentre toutes mes forces afin de chasser les images qui reviennent dans ma tête.

- Quoi? Mais tu es incroyable. Qu'est-ce que tu racontes maintenant? J'en ai marre, de tout ça, de tous ces mensonges, de toi.
- Je rigolais, voyons. Un peu d'humour mon petit blond, dit-elle, suivi d'un rire qui sonne faux. Mais Gus ne change pas d'attitude, il continue à lui cracher toute sa haine dans son regard perçant, impénétrable. Elle regarde la ronde et sourit nerveusement. Tu tiens vraiment à ce qu'on parle devant tout le monde Gus?, demande-t-elle sous un air faussement calme.

Gus s'approche de la blonde, lui attrape le bras et l'oblige à se relever. Je sens Andréas s'agiter à côté de moi.

- A toi de me le dire, Emma. Tu veux qu'on éclaircisse quelques points devant tous?

La blonde ne quitte pas Gus du regard, soudain défiante, possédée par la colère, la rancune, et la haine, elle aussi. D'un mouvement brusque, elle se défait de l'étreinte de Gustav et murmure:

- Ce sont nos affaires. Réglons ça dehors.

Le couple blond disparaît sous un claquement de porte sous les yeux ébahis de tout le monde. L'ambiance pesante reste, le silence règne quelques instants. Les regards fussent dans toutes les directions. Je lâche le bras d'Andréas qui me sourit m'interrogeant du regard. Je lui fais signe de la tête de ne pas s'inquiéter.

- Bon, et bah, c'est la fête dis donc; lance Tom se relevant et partant je ne sais où.
- Putain. Pour que Gus s'énerve à ce point, je préfère pas imaginer ce qu'elle a fait ta soeur Andy.
- C'est pas mes histoires, mais il n'a pas intérêt à la toucher.
- Il ne lui fera rien Andy.
- T'as vu comme il s'est énervé? Je ne serais pas si sûr... Je vais sortir les voir.
- Moi je m'occupe de ranger ici. Quentin tu m'aides?
- Yeap commandant.

Marco se lève pour se réfugier dans le grand canapé. Peu à peu le petit monde assis par terre commence à se disperser. Bill se redresse afin d'empêcher Andréas de sortir de la chambre et s'embrouiller avec Gustav. Il essaye tant bien que mal de le rassurer, mais Andréas s'obstine. Je perds leur conversation et me dirige vers le balcon en face des canapés afin de prendre un peu d'air. La voix de Georg m'interloque.

- Nad, ne va pas dans celui là. Il y a ... des filles en bas. Tu sais, les fans. Si tu veux sortir un peu, sors dans l'autre balcon.
- Oh. Il est où?, demande-je, balayant la pièce du regard.
- Dans la chambre de Bill.

Je fais un tour de 360° sur moi même. Je pensais qu'on était dans la chambre de Bill? Je regarde autour de moi. Ca n'a pas vraiment l'air d'une chambre tout ça. Je cherche le lit, mais en vain. Georg réapparaît dans mon champs de vision par une porte et me signale du doigt une autre porte dans la direction opposée. J'acquiesce d'un mouvement de tête et comprends. C'est une Big chambre cet endroit. Je n'avais pas fait attention aux différentes portes qui arborent la grande salle. Je pousse la porte indiquée d'un geste timide et rentre dans une chambre submergée dans la pénombre. J'avance doucement et heurte des objets de mes pieds. Je sors mon portable afin d'illuminer un peu la pièce et ce que je vois me laisse perplexe. Des habits étalés partout. Par terre, sur le lit immense au milieu, sur les chaises, bureau. Tout. Je cherche une quelconque source de lumière afin de trouver ce maudit balcon. J'entends vaguement la voix de Georg crier.

- Bill! Nadia te cherche!

Dans l'obscurité je fronce les sourcils, pas du tout sûre de ce que je crois avoir entendu. Puis, tout se passe trop vite. J'entends des pas pénétrer dans la pièce. Je reste figée, n'assimilant pas tous ces bruits. Puis un claquement de porte. Une clef tourner. J'écarquille les yeux dans le noir, comprenant qu'on vient de m'enfermer. Je commence à courir vers la porte mais me heurte avec...

- Nadia?

Bill? C'est quoi ce bordel.

*

_____POV Leila


Perdue dans ce labyrinthe de portes, je trouve Tom sortant de la salle de bain. Enfin. Ce n'est pas trop tôt sale poulpe. Je l'attrape par le bras et l'oblige à me suivre dans une espèce de couloir beaucoup trop étroit.

- Euh, tu vas où? C'est un armoire... Oh, je vois. Tu veux qu'on recommence?, me taquine-t-il d'une voix basse et narquoise.
- Tais-toi, m'exclame-je, irritée. Je le plaque contre le mur de ce petit couloir bien trop sombre, réfléchissant à comment je vais faire pour glisser mes mains dans ses poches. J'ai une question, mens-je.
- Ca tombe bien, moi aussi. Il se met subitement à jouer avec son piercing ce qui a le don de me déconcentrer. Je fais l'effort surhumain de fixer ses yeux.
- Très bien. Commence.
- Alors comme ça tu es ... tombée amoureuse?

Sa question me fait froncer les sourcils. De quoi il parle? ... Et ça me revient. La question dans le Jeu de tout à l'heure. Oh ...

- Je ne suis pas "tombée" amoureuse ... Je l'étais déjà avant de te rencontrer, sale blond.
- Tu racontes n'importe quoi. On peut pas être amoureux de quelqu'un qu'on ne connaît pas, à qui on n'a jamais parlé. Tu me connaissais seulement à travers la...
- Non mais qui a dit que je parlais de toi?

Je le sens s'agiter doucement.

- Tu parlais de qui?
- Du mec à qui tu as dit que j'avais couché avec toi, pauvre tâche. Puis quelques secondes de silence s'immiscent entre nous. Aaah... Je vois. Je comprends maintenant pourquoi tu as posé cette question au Jeu. Tu croyais que j'étais...
- Quoi? Je n'ai pas posé cette question moi.
- Ce n'est pas toi qui m'a demandé si j'étais amoureuse?
- Non.

Alors... ? Bref. On verra ça plus tard Lei. Ne perds pas de vue ta mission.

- Tom?, laisse-je échapper dans un souffle me rapprochant de lui, même si l'espace minuscule fait l'affaire. Ce n'était pas ça la règle du jeu.
- Pardon?
- La règle du jeu n'était pas me traiter comme une merde après avoir... tu-sais-quoi.
- Baisé. Tu peux le dire tu sais?
- Ouais bon, si tu préfères. La règle du Jeu était ne plus me revoir. Hélas, le Destin en a décidé autrement.
- Tu parles. Tu l'as un peu forcé le Destin, me nargue-t-il se mordant les lèvres. Putain Tom.
- Quoi? Arrête. Je n'ai pas choisi de retomber sur toi lundi. Je n'étais pas au courant que vous veniez chez Nad. Je te promets, je n'y suis pour rien. Alors pourquoi tu t'obstines à être désagréable avec moi?

Il soupire et fuit mon regard.

- Tu veux quoi au juste? Va au but, ça sera plus rapide.
- Maintenant que tu le dis. Je veux des explications pour lundi. C'est horrible comme tu m'as parlé. Aujourd'hui ce n'était pas pareil. Tu ne m'as pas spécialement adressé la parole mais ce n'était pas aussi méchant que lundi lorsqu'on est sortis dehors. Tu m'as blessé exprès. Alors j'aimerais savoir ce que j'ai fait pour...
- J'étais perturbé de te revoir alors que ce n'est pas dans mes habitudes et...
- Mais ce n'était pas ma faute!
- C'est compliqué. J'ai bien changé d'attitude après, non?
- Soit. Elle est toujours aussi nulle, mais il n'y a plus cette méchanceté gratuite, il est vrai. Mais tu ne t'es toujours pas excusé.
- Et si on changeait les règles du jeu?
- Pardon?

Ses yeux me fixent, et une de ses mains parcourt mon dos. Je frisonne rien qu'à cet contact et me répète sans cesse que je suis là que pour la mission.

- Puisqu'on sera, maaal-heuuuu-reuuuu-seeeeee-meeeeent, obligés de se voir, autant en profiter, tu ne penses pas?

Me dit-il, un sourire séducteur en coin. J'écarquille les yeux et concentre toutes mes forces afin de ne pas lui éclater sa tête d'ange. De ne pas faire en sorte que ma main atterrisse sur sa pauvre joue. J'essaye de contrôler mon impulsivité, de ne pas l'égorger, de ne pas le foutre en morceaux. Je canalise toute mon envie de le frapper dans ma vengeance. Je lui dédie un sourire forcé, alors que ma respiration devient affreusement irrégulière et que mon coeur tambourine face à ce que je m'apprête à faire. Je me mets sur la pointe des pieds et me serre contre lui, alors qu'il pose ses mains sur mes hanches, me serrant contre son bas-ventre. Je pose mes lèvres sur son sourire encore dessiné; sur ce sourire triomphant que je ne manquerai pas de défigurer. Ses lèvres sont tièdes et incroyablement douces. Pendant un instant, j'oublie pourquoi je suis en train de me rabaisser à ce point. J'oublie pourquoi je suis en train de l'embrasser à nouveau après comme il m'a traité. Pendant ce bref instant, il n'y a plus rien autour. Juste lui et moi dans ce couloir trop sombre. Juste lui, moi, et son piercing. Ce putain de piercing qui me rend dingue. Qui est en train de me faire perdre le contrôle, et ma mission. Il entrouvre les lèvres pour approfondir le baiser et j'introduis ma langue pour aller à l'encontre de la sienne. J'oublie de respirer. Son bassin fait des doux va et vient qui me font trembler d'envie. Nos langues s'entremêlent inlassablement, et il s'arrête de temps en temps pour me mordre les lèvres. Mein gott. Je sens ses mains se balader sur mon dos, s'immiscer sous ma chemise. J'en frisonne à nouveau ce qui a pour effet de le faire sourire. Je sens son sourire à la con dans ce baiser que je n'ai pas envie de voir finir. Mais ses mots vrillent soudainement ma tête, "Le respect, ça se gagne", "La facilité". Je le mords à mon tour et arrive enfin à retrouver mes esprits. Tout en continuant à l'embrasser, je glisse mes mains dans ses poches. Je palpe quelques papiers, puis un objet dur. Je devine par sa forme que c'est bien son portable dont il s'agit. BINGO. J'ai réussi! Putain. J'ai réussi! Maintenant il faut que j'arrive à me défaire de son étreinte. Il va falloir faire preuve de beaucoup de .... volonté. Mon Dieu. Pourquoi as-tu mis quelqu'un d'aussi con dans un aussi beau corps?

Faut que j'arrête, faut que j'arrête. Il est con Leila. Pense à ta vengeance... Pense à... Mais je me retrouve piégée dans ses lèvres. Je suis là comme une conne à ne pas pouvoir mettre fin à ce contact diabolique. La douceur de ses baiser me rend folle, je... vais le violer ici si je n'arrête pas! Dans un élan de courage, j'immisce une main entre nos deux corps brûlants, débordants de désir et le pousse doucement. J'ouvre les yeux, et me concentre sur ma respiration quelques secondes. Son baiser reste suspendu dans l'air, et il n'ouvre pas encore les yeux. Qu'est-ce qu'il a l'air inoffensif comme ça. Juste l'air. Il sourit, toujours les yeux fermés. Je profite pour cacher son portable dans mes poches.

- Tom.... Je... Je ne peux pas, désolée, mens-je, posant enfin mes pieds par terre.

Il ouvre enfin les yeux, mais il est encore dans la transe. Ses yeux sont troublés, ainsi que sa respiration. Il me fixe, haussant un sourcil, visiblement ne comprenant pas mes dires.

- Pourquoi?
- Euuh.. Parce que.. Je... Je n'en ai pas envie.
- Mais ...

Je lui fais un dernier sourire forcé et sors de ce petit couloir paradisiaque. Je marche vers le salon, les lèvres gonflées, la chaleur envahissante, les sens ébouriffés, toujours pas remise de mes émotions. Je tourne légèrement la tête, pour voir si Tom me suit, ou pas. Non. Il est resté dans le couloir apparemment. Tant mieux. Je retrouve Georg et Quentin morts de rire au salon. Marco semble s'être endormi sur le canapé. Andréas, pensif, occupe un autre canapé, mâchoire serrée. Pas de trace d'Emma, ni Gus, ni Bill, ni Nadia. NI Bill NI Nadia? J'écarquille les yeux. Je me rapproche de Tinou et Georg qui sont esclaffés de rire, et descendent quelques verres.

- Ils sont où nos tourtereaux?

*


_____POV Bill


- Bill? C'est toi? Qu'est-ce que tu fous là?, me demande-t-elle dans le noir, palpant mon visage pour être sûre qu'il s'agit bien de moi.
- Euh. C'est plutôt moi qui devrait te poser cette question. Aux dernières nouvelles, c'est ma chambre.
- ALLUME QUELQUE CHOSE S'IL TE PLAIT.

Je me dirige vers le mur où se trouve l'interrupteur. Lorsque j'allume, je la vois près de la porte. La lumière semble l'apaiser.

- Oui, pardon. Je suis venue prendre de l'air au balcon.
- On m'a dit que tu me cherchais.

On se regarde un bref instant, puis, on se précipite au même temps sur la porte ... bloquée. Ses yeux me regardent ébahis. Je tape sur la porte.

- C'est pas drôle. Ouvrez!

Mais personne ne répond.

- Je vais les tuer. Je vais les tuer. Toi et tous les Tokio Chose ensemble.

*

_____POV Leila


Georg me fait signe de la tête, désignant une porte au fond. Je hausse les sourcils, incrédule. Puis Quentin m'explique qu'ils les ont enfermés il y a quinze minutes et qu'ils n'arrêtent pas de crier pour qu'on leur ouvre.

- Espérons qu'il ne s'entre-tueront pas.

J'arrache le verre de Quentin de ses mains et boit une gorgée, afin d'oublier que je viens d'embrasser Tom. Andréas se rapproche silencieusement de nous, et s'empare d'une bouteille de bière. Georg l'interroge du regard.

- Ils n'ont pas beaucoup parlé. Enfin ... ils ne se sont pas parlés, ils se sont criés dessus. Le vieux papi de la chambre d'en face est sorti et les a viré. Ils sont donc allés dans la chambre de Gustav.
- Mais... tu as entendu quelque chose? Tu as compris quelque chose à leur guerre?
- Pas grand chose. Ils se comprenaient entre eux, mais j'arrivais pas à suivre. Ils vociféraient. Des insultes toutes les deux phrases. J'ai juste entendu quelque chose par rapport à Sascha. Je n'arrête pas d'y penser. D'essayer de trouver le sens de la phrase.
- C'était quoi la phrase?
- Je ne sais plus. Ils criaient tu sais. Je ne suis pas sûr d'avoir entendu ça en plus. Quelque chose comme "C'est de ta faute pour Bill et Sascha". Mais c'est absurde. Qu'est-ce qu'Emma aurait à voir avec B et S ? Pourquoi ils s'engueuleraient pour Sascha? Je ne comprends rien, et ça me prend la tête. Je ne sais pas s'ils vont rester dans la chambre de Gustav, ou s'ils vont revenir.. Peut être qu'Emma a besoin de moi? Je vais aller voir...
- OUVREZ LA PORTE OU JE TUE BILL KAULITZ ET VOUS N'AVEZ PLUS DE CHANTEUR!

Les regards se tournent vers la porte d'où parvient la voix de Nadia.

- C'est l'amour fou ce soir!

Andréas, surpris, fixe la porte, ne comprenant pas. Puis, il désigne la porte avec son verre.

- Bill. Et Nadia. Là-dedans?
- Forcés.
- Oh putain.
- Comme ça on est sûrs qu'ils ne seront pas interrompus.

On éclate de rire, puis, Andy regarde sa montre.

- Bon, je vais voir ma soeur puis on va partir nous. Il est une heure passée.
- Ok. Vous,vous restez, non?, me demande Georg.
- Euh. Perso, je vois pas trop de lits moi.
- C'est pas un problèèèèème ça!
- Je sais pas trop. Faut que je voie avec Marco, puisque Nadia est hors-jeu.

Je lance un regard vers Marco, qui dort paisiblement sur le canapé, une bouteille de vodka à la main. Cet alcolo.

- Il a l'air hors-jeu lui aussi, me dit Georg souriant. Tom! Tu étais passé où? Tu ne sais pas tout ce que tu as raté!

Georg regarde derrière moi. Mon pouls prend de la vitesse, et je décide de m'éclipser pour accomplir ma mission. Je me retourne, croise furtivement le regard de Tom puis me faufile vers la salle de bain. Je passe à côté de ce fameux couloir et soupire. Je ferme à clef puis sors le portable de Tom. Je ne suis pas surprise de voir une photo de lui avec son jumeau en fond d'écran, les deux faisant des grimaces de tarés. Je crève d'envie de fouiller ses messages. De lire ce qu'il cache. De pénétrer dans son intimité. Mais non, je me contente seulement de me venger. Je pianote à toute vitesse un message. Au moment d'envoyer le message destiné seulement à la gent féminine du répertoire, je me rends compte qu'il a ... 3500 contacts. Mon Dieu. Ca va pas être possible là.

- Désolée Tom. Pas le temps de faire le tri. L'option "Envoyer à tout le répertoire" fera l'affaire.

Envoyé.

Je referme le portable fière de moi. Mais tout d'un coup, le portable commence à vibrer frénétiquement. Je regarde ahurie le portable qui semble possédé. Merde. Les accusés de réception. On en a pour toute la nuit. Héhé. Sorry.___ Je sors de la salle de bain et tombe nez à nez sur ... Tom. Il a ses mains posées sur l'encadrement de la porte, une à chaque côté, bloquant le passage.

- Oh. Tom.. Qu'est-ce que... Que... Je.... Tu.... Ton....
- Quoi?, me demande Tom me fixant. Pourquoi j'ai peur subitement? C'est pas qu'il a l'air imposant, comme ça, planté devant la porte et les sourcils froncés, mais presque. Son portable continue à vibrer frénétiquement dans mes mains, que je cache derrière moi. Je me force de sourire.
- R... rien. Tu peux... me ... me... lai...
- Qu'est-ce qu'il t'arrive? Pourquoi tu balbuties comme ça? Et c'est quoi ce bruit?
- Quel bruit? Je n'entends rien. Laisse-moi passer. J'essaye de me faufiler sous ses bras, mais il me retient.
- Je voulais te dire quelque chose. Mais... Tu as quoi dans les mains?

Je soupire. Je me dis qu'il ne peut pas me tuer, sinon il irait en prison et il ne pourrait pas continuer à vivre son rêve, n'est-ce pas? Tout à fait.

- Je... Je me suis vengé Tom. Tu sais, lundi, quand je t'ai dit que j'aurais ma revanche? C'est fait.

Toujours les sourcils froncés, il me toise minutieusement, essayant sûrement de comprendre quelque chose. Je prends sa main et pose son portable dessus. L'objet qui vibre diaboliquement entre ses mains, semble lui faire oublier de barrer le passage. Je profite de sa stupeur pour partir en courant.

- GEOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOORG SAUVE-MOIIIIIIIII.

*

_____POV Tom


- Elle est où ?! Je vais la tuer. Je vais la... Je fais un geste de mes mains, illustrant ce que je compte faire à son pauvre cou.
- Oula, ça n'a pas l'air beau à voir.
- ELLE EST OU? ELLE A ENVOYE UN MESSAGE A TOUT MON REPERTOIRE, MON TELEPHONE EST DEVENU FOU, IL N'ARRETE PAS DE VIBRER PUTAIN.
- Respire. Expire. Respire. Ex...
- Georg! Dis-moi où elle est sinon je te jure, je vais...
- Elle est partie.

Je serre un poing et me tape sur l'autre main. Je recommence plusieurs fois afin de me défouler. Elle a de la chance de ne pas être ici. Oh que oui. Je n'aurais pas hésité à ...

VRRRR. VRRRR.

- OUI, CA VA, JE SAIS!, je balance mon portable de toutes mes force sur le canapé.

Georg va le chercher, se retenant d'exploser de rire. Je m'assois sur le seule canapé libre et je me masse les tempes pour me calmer. Puis, dans un mouvement brusque, je m'approche du mini bar et prends la bouteille de Tequila. Je reviens sur le canapé, toujours hors de moi.

- Hum. Tu as reçu deux messages.

Je lève brusquement la tête. Il me balance le portable qui vole dans l'air tout en vibrant. J'ouvre. Un message de Saki, et un autre de... ma mère. GOTT.

« Tu me réveilles à deux heures du matin pour me raconter tes histoires de cul sale gosse? »


« Mon coeur, je suis contente pour toi, mais ça ne pouvait pas attendre? Je n'ai pas compris la dernière partie du message. Tu me la présenteras. Je t'aime, Mum »

Je fronce les sourcils. Je me retiens de crier de toutes mes forces si je ne veux pas réveiller tout l'hôtel et que David ne débarque, en prime. Je vocifère des injures à tout va, puis je vais aux "Messages envoyés" pour comprendre ce qu'elle a envoyé.

« J'ai enfin trouvé l'amour. Je veux que tout le monde soit au courant. Je suis tombé amoureux de Leila. Alors, c'est fini entre nous. Désolé. Tom »

La tuer. La tuer. La tuer.

VRRRR. VRRRRR.

« C'est TROP COOL mon pote, mais viens m'ouvrir la porte ou je vous défonce tous »
Bill.

Quoi? Quelle porte? Putain.

La colère monte de plus en plus et je ne sais pas si j'arriverai à la canaliser encore longtemps. Je vais exploser d'un moment à un autre, et c'est pas bon à deux heures du matin. C'est pas bon du tout. Self-control. Tu vas te venger. Elle ne va rien comprendre.

VRRRR. VRRRR.

« Calme tes hormones. C'est mon pied dans ton cul que tu vas enfin trouver. Allez vous coucher les gosse »
David.

- Tu t'en rends compte que j'ai des contacts du travail là dedans? Il y a la Maison de Disques, il y a la presse, il y a ma famille... Je vais la tuer.
- Calme-toi. Demain matin, la première chose que tu fais, c'est envoyer un autre message à tout ton répertoire et dire que c'était une erreur.

VRRRR. VRRRR.

Deux messages.
QUOI, ENCORE.

« Sympa le message. Va te faire fouttre pauvre con. »
Erika.

« Je croyais que j'étais différentes des autres à tes yeux. Je vois que je me suis trompée. Tu m'as bien eu, faut dire. A plus »
Lisa.

Je me mords la lèvre violemment, me jurant qu'elle va me le payer. J'éteins mon portable pour qu'il arrête de me prendre la tête.

Je me lève d'un bond, puis traverse la pièce d'un pas décidé pour partir. Mais je m'arrête au niveau de la porte, lorsque je distingue les chaussures de Leila.

- Georg? Passe-moi ton portable.
- Pourquoi?
- Je veux voir quelque chose.
- Non.
- Vas-y!

Je reviens en arrière, et me plante devant lui.

- Tu veux faire quoi?, me demande-t-il, me donnant son portable.
- Rien. Je veux simplement le numéro de Leila.

Je fouille rapidement le répertoire de Georg, puis trouve son numéro. Je rallume mon portable, enregistre le numéro d'un mouvement habile, et redonne le portable à Georg.

- A demain.

Je n'attends pas sa réponse, et une fois dans le couloir, j'appelle la rousse. Une sonnerie. Puis deux. Elle a le culot de décrocher, en plus.

- Jenevoulaispasl'envoyeràtoutlerépertoirejetepromets,jecomptaisl'envoyerseulementàquelquesfillesmais
quandj'aivuquetuavaistroismillecontacts ....J'ailaissétomber,cen'estpassigrave,___n'estcepas?

- Tu es partie sans chaussures?
- Euh. Oh. Oui. Merde. J'ai oublié mes chausses, c'est con hein. Et puis, tu t'y connais toi ... partir sans chaussure, je dis. Ha... Ha.
- Tu es dans l'hôtel. Je te retrouverai Leila.

*

_____POV Nadia


~Chanson n°4


- J'hallucine! Ouvrez-nous bande de... de..., m'écriai-je, fatiguée de me battre avec la porte et qu'ils nous ignorent. Je regarde du coin de l'oeil Bill, répondre au sms de Tom. Je continue de frapper la pauvre porte verrouillée. Je soupire, accablée, crevée, m'éloigne de la porte résignée et me laisse tomber sur le lit géant qui arbore la pièce. Tes amis sont vraiment nuls.
- Qu'est-ce qui te dit que c'est MES amis qui ont eu l'idée?
- Parce que MES amis jamais m'auraient fait ça!
- Figure-toi que les MIENS non plus!
- Eh ben ils t'ont trahi. Il faudra te faire une raison.

Je croise les bras, hausse le menton, décidée à lui tenir tête, à accuser sa troupe. Quentin, Lei, et encore moins Marco m'auraient fait ça!

Ses yeux fardés de noir me scrutent avec défi, mais il ne répond rien, s'adosse contre le fenêtre et se laisse glisser jusqu'à atterrir par terre. Puis nos regards se confondent à nouveau. Conscients de l'absurdité de la situation, enfermés depuis une heure dans cette chambre gigantesque -bien qu'oppressante-, on se voit épris d'un fou rire.

- Tu sais Bill. Si j'ai accepté cette pseudo amitié entre nous, malgré le risque que tu représentais pour moi, malgré toute cette peur vis-à-vis de toi... C'est parce que lundi j'ai compris. Et ça m'a soulagé.
- Je suis censé comprendre là ? Parce que perso, j'ai pas le décodeur Nadia avec moi. Et puis, y a pas les sous titres donc ...
- Tu es con. Ca vient. M'interromps pas l'anormale. C'est par rapport à ce qu'elle a dit Emma, tu sais ? Quand elle t'a parlé de cette fille. Sascha. Tu as réagis de cette façon que je ne connais que trop bien. Lorsqu'on a été attachés à quelqu'un. Et c'est à cause de cette réaction -qui en dit beaucoup- que j'ai accepté d'être là ce soir.
- Grâce à cette réaction je préfère.
- Si tu le dis. Et puis, tout à l'heure ... Pendant le Jeu. Tu as choisi de boire. Alors, je n'ai plus autant peur.
- Je vois. Ca t'a soulagé le fait de te dire qu'il y avait Sascha dans ma vie. Même si tu ne sais pas qui est Sascha.
- Non, mais vu ta réaction ce n'est pas difficile en déduire son rôle dans ta...
- Ce n'est pas une ex.

Le c½ur au bord des yeux, le souffle en attente, la chaleur m'envahissant, j'attends qu'il poursuive.

- C'est plus compliqué que ça. Je ne suis jamais sortie avec elle. Mais je la connais depuis tout petit. C'est la meilleure amie d'Emma. Je l'ai connu au même temps que j'ai connu Andréas et Emma. Elle... Je ne saurais pas comment la définir. Elle a marqué un long moment de ma vie. Toute une étape. Très longue étape. Elle était ma meilleure amie. Et plus que ça. Avec elle, j'ai tout fait. Sascha, c'était toutes mes premières fois. Mon premier joint. Ma première clope. Ma première fugue. J'ai chanté pour la première fois avec elle. Ma première chanson. Ma première obsession. Mon premier rapport sexuel. Ma première utopie. Mon premier tout. Tout ce que je sais aujourd'hui, je l'ai appris à travers elle et cette relation qu'on avait. Tu te rappelles que la première fois que l'on s'est vus je t'ai dit que la plupart de mes chansons parlaient d'amour car j'en avais beaucoup souffert ? Sascha. Elle a été ma première dépression. Ma première peur. Ma première menace. Mes premiers doutes. Mon premier précipice. Oui, car malheureusement je suis tombé amoureux d'elle. Mais ce n'était pas réciproque. Enfin. C'était assez ambigu entre nous. Elle m'a dit qu'on valait mieux que ça. Que notre relation était beaucoup plus forte que l'amour. Alors, sur un coup de tête, je lui ai dit que je ne voulais plus la revoir. Je me rappelle encore nos derniers mots échangés.

__Flash Back__

- Je suis désolé, mais je ne vois pas une autre issue.
- C'est ça. Casse-toi ! De toute façon je l'ai toujours su ! Qu'un jour tu te barrerais ! Tu as raison tu sais. Nous, c'est de la merde ! Tout ça c'est de la merde !

Je la regardai une dernière fois, puis baissai le regard, sentant inévitablement mes yeux s'embuer. Puis me retournai et fermai la porte derrière moi, les tripes en feu.

__Fin du Flash Back__


- Et je ne l'ai plus revu. A côté de ça, le groupe commençait à avoir vraiment du succès. Vraiment beaucoup. Tout changeait si vite. Ma vie, qui avait toujours été guidée par la présence apaisante de Sascha, prenait un dangereux virage. Son absence, puis le succès. Je ne savais pas gérer tout ça. Si tu savais le nombre de fois que j'ai regretté. De l'avoir extirpé de ma vie ainsi. Alors, quand on veut oublier, on fait n'importe quoi. Je voulais l'oublier. Alors, avec le succès, ça n'a pas été difficile trouver d'autres cibles. J'ai couché avec toutes les filles qui me tombaient sous la main. J'ai baisé à droite et à gauche pour oublier. Mais cela ne me faisait rien. Je l'avais dans la peau. Rien ne me la sortait de la tête. Toutes ces nuits passées aux côtés d'une fille différente chaque soir. Rien. Puis, il y a eu cette rumeur dans la presse. Comme quoi j'étais homosexuel. Ca m'a fait rire au début. S'ils savaient. Mais après ... Ils ont tellement remué tout ça. Tout le monde se posait tellement cette question que j'en suis venu à me la poser moi-même. Et si j'étais homosexuel après tout ? Et que c'est pour ça que toutes ces filles ne me faisaient aucun effet ? Sascha avait-elle été l'exception qui confirmait la règle ? C'était possible. Ca expliquait mon manque d'intérêt envers la gente féminine. Et cela me déprimait. Je ne pouvais pas être gay avec mon métier. Personne n'acceptait cela. Même pas moi. Dans cette longue dépression quant à ma sexualité, j'ai oublié Sascha. Dans cette longue quête de moi-même, elle est restée dans le passé. Elle faisait partie des souvenirs désormais. Et je pense savoir pourquoi je l'ai oublié à ce moment là : Car avant je vivais à travers elle. Lorsque j'ai commencé à me questionner sur moi-même, pour savoir qui j'étais, j'ai vécu à travers moi-même. Je pouvais vivre sans elle. J'ai longtemps cru que j'étais gay. Et j'avais peur que ça se sache. Tellement peur. Tu n'imagines pas à quel point cet infime détail pouvait écrouler mon Monde. Je n'arrivais pas à l'accepter. Pas que je sois homophobe ou quoi que ce soit. Loin de là. C'est juste que ça ne collait pas avec ma vie. Comment réagirait mon entourage ? Mes fans ? J'étais effrayé. J'ai travaillé dur pour arriver où j'en suis aujourd'hui, tu sais ? L'idée de tout perdre me déchirait. J'ai beaucoup souffert. Après Sascha, je ne pouvais pas subir une autre chute. Alors j'allais mal. Je sombrais un peu plus chaque jour, car j'avais peur que mon secret soit dévoilé. Puis, il y a eu toi. Nadia. La seule, à part Sascha ; qui a su ébranler mes sens. Qui a su me couper le souffle dans ce premier regard échangé. Qui a révolté mon c½ur par l'amertume et l'agressivité de ses mots. Qui a fait tambouriner chaque parcelle de mon corps. La seule dont la voix avait le pouvoir de prendre possession de mon esprit, complètement. Alors je me suis accroché à toi. Car tu étais la réponse que je cherchais. Je n'étais pas gay. Je me suis accroché à cet espoir. Toi. Tu représentais cela. La réincarnation des sentiments envolés à jamais. Le c½ur embaumé par cette obsession irrépressible de te revoir, de ces émotions excessives en ta présence. Je me suis raccroché. Une dernière fois. Au début, c'était peut-être pour m'auto convaincre que les filles me plaisaient encore. Mais quand on s'est revus la deuxième fois, en boîte, ça ne révélait pas le même défi. Je le savais. Mes doutes quant à mon orientation sexuelle s'évanouissaient à chaque fois que je croisais tes yeux méfiants. A chaque fois qu'on s'effleurait par mégarde. Inattention qui faisait battre mon c½ur tellement vite qu'il était presque palpable. Mes sens qui s'enflammaient au contact de ta respiration brûlante. Et cette envie massacrante de t'implorer me laisser entrer dans ta vie, de te protéger ; t'aider était ma nouvelle obsession. Je me suis mis à analyser tes refus, ton indifférence, ainsi que tes silences, tes souffles et respirations, tu m'intriguais Nadia. Si tu savais... J'avais perdu tout espoir et tu es apparu. De ton caractère exécrable tu m'as captivé. De ton indifférence tu m'as fasciné. Et c'est égoïste de ma part avoir tant insisté pour entrer dans ton Monde. Car je ne connais pas ton passé. Comme tu m'as dit l'autre soir, tu avais tes raisons. J'avais les miennes. Cela fait de moi un monstre ? Je ne voulais pas te faire du mal. Je ne le veux toujours pas. Si cela peut te soulager, sache que je n'attends rien de toi. A part que tu me laisses une petite place dans ta vie, que tu me laisses savourer tes sourires, tes regards, et admirer tes transformations. Car pour moi tu es importante. Les réponses que tu m'as données sans t'en rendre compte sont importantes. Et toutes les séquelles de ton passé, tous ces hématomes dans ton c½ur, je t'aiderai à les guérir si tu me donnes la permission. Et sinon, je resterai à l'écart, mais avec toi. ___Mais tu sais. Avec du recul. Je me dis que je n'étais pas amoureux de Sascha. Mais plutôt de ce qu'elle représentait à mes yeux. De notre relation platonique. De notre naïveté. De notre innocence. J'étais amoureux de ce Nous inexistant. De ce que cela aurait pu être.
- Je ...
- Ne te sens pas obligée de répondre quoi que ce soit. J'avais envie de te parler de tout ça. C'est une grande partie de moi-même...
- Je ... J'ai une question.
- Dis-moi.
- Tu l'as présenté autrement. Mais en gros, je... Tu t'es « accroché » à moi pour te prouver à toi-même que tu n'étais pas homosexuel ?
- C'est tout ce que tu as retenu ?
- Non. Mais tu peux comprendre que cela me fasse du mal, ou c'est trop demander ?
- Au début je croyais que c'était pour ça. Mais dès le premier regard, tu m'as intrigué. Car pour moi toutes ces émotions s'étaient éteintes depuis bien longtemps. Tu m'as troublé dès le moment où je t'ai vu. Dès les premiers mots échangés. Après, j'ai voulu m'accrocher à cela. Puis, la deuxième fois que l'on s'est vu ; je me suis rendu compte que mes doutes étaient restés loin derrière moi. Que tu m'intéressais comme personne et pas comme preuve. Que tu me fascinais car tu étais toi, toi et cette façon de m'ignorer infroissable, d'être bornée dans l'excès, de m'envoyer bouler toutes les deux phrases, de cette franchise presque palpable dans tes traits, car même si tu es la mauvaise foi en personne, ton visage, tes gestes te trahissent. Oui ... ta mauvaise foi, Nadia. Ta façon à toi de te protéger, sûrement. Mais c'est Toi qui me redonne la sérénité, l'apaisement ; et pas le fait que mon Monde ne courre plus de risques. Et c'est paradoxal, car Dieu sait combien tu m'en fais voir de toutes les couleurs. Le nombre de fois où j'ai eu envie de t'étrangler pour que tu entendes raison. Pour que tu avoues. Pour que tu t'ouvres à moi. Pour faire tomber ton masque.

Ses mots me brûlent. Je sens l'adrénaline envenimer mes veines. Mon pouls. Mon c½ur. Contrariée par tous ces aveux, et conquise à la fois. Ces papillons dans le bas ventre qui me démangent depuis le début de son récit. Cette sensation envahissante, que je ne peux pas gommer malgré moi.

- Pourquoi tu me dis tout ça ?
- J'ai besoin de parler. C'est ma manière à moi de m'excuser de m'être immiscé dans ta vie sans ta permission. L'honnêteté.
- Je ne m'attendais pas à tous ces aveux. Enfin, à tout cela...
- Ca te fait peur ?
- Ca devrait ?
- Je ne sais pas Nad. Je ne sais pas ce qu'il se passe dans ta tête... Enlève le masque.
- Je comprends mieux pourquoi tu t'es obstiné alors.
- Ton tour de m'aider à comprendre tes éternelles réticences ? Même si, en boîte, tu m'a quelque peu éclairé. Déception amoureuse.
- Il n'y a pas que cela. Enfin. J'ai été déçue oui. Mais pas seulement de l'amour. De la vie, de l'être humain en général.
- C'est aussi noir que ça ta vision des choses ?
- Hum. Je ne sais pas très bien ce que je t'ai raconté ce soir là, lorsqu'on était dehors ...
- Moi si. Tu ..., il marque un temps, comme s'il attendait que je l'arrête si je ne voulais pas en parler. Je ne dis rien. Je veux, moi aussi, lui montrer qui je suis. Une partie, tout du moins. Tu m'as parlé de la relation entre tes parents. Puis, Damien.
- Par où commencer. Sache Bill, que je ne vais pas autant me dévoiler que toi. Je ne peux pas. Je tiens à cacher mes faiblesses. Je tiens à continuer à faire semblant d'être forte. Nous étions très unis comme famille. Vraiment. Mon enfance est une période de ma vie qui m'est restée gravée avec tellement de détails. Alors que mon adolescence ... Je ne me rappelle pas grand-chose, si ce n'est que le fameux Damien. Mon enfance ... J'aimais plus que tout mon père. Je... Il était tout pour moi. Tu connais le complexe d'¼dipe ? Eh bien, chez moi c'était le complexe d'Electra aigue. Le lien qui m'unissait à mon père était unique, inébranlable. Mon père était ma vie. Je ne me réveillais que pour le voir sourire. Je ne saurais pas décrire l'amour qu'une fille peut ressentir envers son père. C'était mon idole. Je voulais lui ressembler. Je voulais être comme lui. Car à mes yeux il était parfait ; il était le souffle qui me donnait l'existence. Tu sais, on dit que c'est à partir de la relation qu'une fille a avec son père qu'elle construira son destin en tant que femme. C'est cette relation qui va cimenter son existence. Et voilà ce que je suis aujourd'hui. Je vis dans la peur, car il a cassé cette image. La peur que tout mon monde, mes croyances, mes illusions puissent s'envoler comme s'est envolé ce père. Car, lui aussi, c'était une certitude. Lui aussi. Car, à l'origine, qu'y a-t-il de plus sûr qu'un père? Et que fait-on quand les certitudes, le mot « certitude » n'a plus sa place ? Lorsque tout est éphémère et plus rien ne dure ? Ainsi, tout devient passager ou court le risque de disparaître. C'est ça que je suis devenue. Un doute sur pattes. Hum. Pas facile dans la vie de tous les jours. Pas facile quand on doit prendre des décisions. Pas facile vivre dans l'inconnu, la peur et l'insécurité.
- Que s'est-il passé pour qu'il s'envole comme tu dis ?
- As-tu des souvenirs d'avant tes cinq ans ? Car moi j'en ai. Des tonnes. Mes cinq premières années sont les plus heureuses de ma vie. C'est incroyable ma mémoire avant mes cinq ans. On était la famille parfaite. Puis, à partir de cet âge là, mon père s'est mis à boire. Beaucoup. Enormément. Il y avait des problèmes entre mes parents depuis quelque temps, mais je ne les connais pas. Je n'ai jamais eu l'occasion de parler avec ma mère de cela. Et moi, j'étais trop petite à l'époque pour comprendre leurs éternelles disputes. Et puis un jour, il l'a frappé. Mon père. Lui, mon ange gardien, l'avait frappé. Il n'arrêtait pas. Je me souviens que Marco me tirait du bras pour qu'on aille se refugier sous le lit. Je ne voulais pas. Je voulais lui dire d'arrêter. Je voulais qu'il devienne mon père. Je me rappelle la sensation encore de mes larmes brûlantes sur mon visage. Ma peur. Mon impuissance. Tout. Jusqu'au moindre détail. Je me rappelle ... Après ce jour là ; ma mère avait changé. C'est comme si son âme était morte ce jour là. Je ne l'ai plus revu sourire. Cette harmonie qui flottait dans l'air avait était brisée, massacrée, assassinée. C'est bouleversant se réveiller un jour et se dire que ... Ma mère n'était plus ma mère et mon père n'était plus mon père. Ils nous avaient oublié. Puis, mon père a sombré dans l'alcoolisme. Et ma mère... Ma mère l'aimait trop. Tellement Bill. Je ne savais pas qu'aimer autant était possible. Elle ne vivait que pour lui. Marco et moi, on n'existait plus. C'est avec les années que je me suis rendue compte à quel point ma mère était lâche, faible et ... Dépendante. Le pire Bill; c'est ça. La dépendance. L'addiction. Mon père était sa drogue, son âme. Son monde, son univers. Son tout. Il a recommencé. Il a continué à la frapper. Jusqu'au jour où il est parti. Sans un mot. Ce jour là, je me rappelle très bien aussi. Je l'ai attendu pendant des heures assise au bord de la fenêtre ; fixant la pluie qui ravageait la nuit. J'ai attendu ... Mais au fond, je savais Bill. Je savais qu'il ne reviendrait pas. A six ans, j'avais compris qu'il ne nous aimait plus. Que connaît un enfant à l'amour à cet âge là? Beaucoup plus de ce qu'on ne le croit. Alors que je priais pour que ses pas franchissent la porte d'entrée, j'entendais ma mère crier, hurler comme une folle. Elle aussi, elle le savait. Et pourtant, elle l'aimait. Elle l'a aimé jusqu'au dernier jour. Il n'est jamais revenu. Et elle, un beau jour de mai ... Elle n'a pas rouvert les yeux. Elle était partie, aussi. Marco m'a toujours dit qu'elle est morte de tristesse. Car elle n'avait pas pu supporter le départ de Papa. Mais moi, je crois qu'elle a mis fin à sa vie elle-même. Je ne suis pas sûre, comme je ne suis sûre de rien. Mais Bill, est-il possible de mourir de tristesse ? Et puis. Nous, on était rien, alors ? Je sais qu'on n'était pas à la hauteur de son amour envers Papa, mais on était ses enfants. Elle était censée nous aimer, putain. Non. C'est bon. Laisse-moi pleurer. Ne t'approche pas. Je t'en supplie, ne t'approche pas. Je ... Je ne connaitrai jamais pourquoi il est parti. Pourquoi ils se sont détruits de la sorte. Pourquoi ont-ils cessé de nous aimer. Pourquoi notre famille s'est écroulée. Pourquoi les disputes ont commencé. Pourquoi est-elle morte. Pourquoi on ne la rendait pas heureuse. Je ne saurai jamais pourquoi elle l'aimait autant. Pourquoi il ne l'aimait plus. Pourquoi il ne nous aimait plus. Rien Bill. Je ne sais rien de ma famille. J'étais tellement petite. Tu sais, aujourd'hui, j'ai appris à accepter tout cela. J'aimerais juste mettre des explications, des mots à ma souffrance. J'aimerais comprendre ce qu'il s'est passé. J'aimerais revenir en arrière et dresser l'oreille. Peut être qu'ainsi, j'aurai pu les aider. Peut-être que j'aurais pu empêcher mon père de partir. Peut être que j'aurai pu rendre ma mère heureuse. Peut être. Tu vois, tout n'est que « peut-être ». Quand ma mère est morte, à mes sept ans, Marco et moi avons déménagé chez ma grand-mère maternelle. A partir de là, je n'ai plus de souvenirs. Enfin si. Ma vie a été trop fade, pleine de désillusions. Quand on accumule les désarrois, il ne nous reste pas grand-chose. Quand Marco a eu ses dix-huit ans, on est partis. Il a vendu la maison de notre enfance et puis on s'est acheté cette petite maison qu'on a maintenant. Et voilà. Ca a toujours été lui et moi. Et Leila et Quentin, bien sûr. Et dans tout ce bordel ; mon incertitude et ma haine contre le Monde, j'ai connu Damien. Et, je peux te dire, que peut être la seule, l'unique certitude de ma vie, c'est que je ne serai jamais victime de la Dépendance. Mais cette partie, ça sera une autre fois... Je n'ai plus les forces. Ne dis rien Bill. J'ai horreur de la pitié des gens.

Il me sourit et se rapproche.

- Je ne dis rien. Je suis là, c'est tout.

Il me serre contre lui. Je sens la chaleur apaisante que son corps émane. Je m'y refugie. Ca fait tellement du bien. Ca faisait tellement longtemps que je n'avais pas senti cela. J'aimerais m'endormir là et me réveiller lorsque mes blessures auront guéri. Lorsque le temps aura fait son travail. Mais le temps ne semble pas faire son effet sur moi. Pourquoi ?

- Bill ?
- Hum ?
- Serais-je vaccinée contre le temps ?

J'imagine qu'il ne doit rien comprendre à ma question. Mais peu importe. Tant qu'il l'écoute et la partage avec moi.

- Non Nad. Le temps pansera tes blessures, fais-moi confiance. Tu n'oublieras pas ton passé, mais tu apprendras à vivre avec. C'est comme lorsqu'on pardonne, mais qu'on n'oublie pas. Dans ton cas, on guérit, mais on n'oublie pas. Oublier tout ça est impossible car c'est une grande partie de toi-même.
- Merci de m'avoir écouté.
- Tu as fait de même.
- Je te verrai bien en Psychologue Kaulitz ; je visualise l'image de Bill sur la chaise à côté d'un divan, et je ris. Quoique non, avec tes cheveux, c'est chaud.

Il rit.

- Tu t'es pas mal dévoilée en fin de compte.
- C'est ta tête d'ange qui veut ça.
- Ouh. Je prends ça pour un compliment. Tu m'en fais pas souvent alors faut que j'en prenne note.
- C'est le premier d'ailleurs.
- Non, non.
- Ah bon ?
- Mes mains. Et mes yeux. Mais tu étais bourrée. Tu as raison, ça ne compte pas.
- J'ai dit ça ? Mon Dieu. Je ne boirai plus jamais en ta présence!
- Arrête, tu es mignonne quand tu bois.

Je souris et me défais de son étreinte. Assez profité là. Je le vois se dresser et regarder l'heure. Ouh. Il doit être tard. Ou tôt plutôt. Je n'ai jamais été aussi en forme pourtant. Ca doit faire cinq ou six heures maintenant qu'ils nous ont enfermés ces traîtres. Je ne sais pas. J'ai perdu la notion du temps en parlant du passé.

- Parfait ! Viens, je veux te montrer quelque chose ; me dit-il, m'offrant sa main pour que je me relève.

Je la prends après quelques secondes d'hésitation. J'entrelace mes doigts aux siens, que je ne peux m'empêcher d'admirer. Je le suis. Il se dirige vers le fameux balcon qui nous vaut le séjour en prison. Il ouvre doucement les portes qui donnent au balcon. On sort, puis il met un pull à lui sur mes épaules.

- Tu as déjà vu le jour se lever à Berlin ? Regarde. On va y assister dans quelques minutes. J'ai déjà fait cela plusieurs fois. C'est magnifique. Et quand ça arrive, je me sens tellement insignifiant. Plus rien ne compte face à cette beauté. Tu dois voir ça.

Je l'observe fascinée. Il parle comme un enfant qui veut faire découvrir son nouveau jouet. Je souris. Et suis son regard. J'admire le soleil à l'horizon pointer les premiers rayons. Je sens l'air frais narguer mes narines. Peu à peu, il commence à faire jour. Je contemple la beauté de la nature. Il a raison. Qu'est-ce qu'on se sent insignifiant et puissant au même temps. En paix ... Oui. J'aime. J'aime cet instant. A cet instant, je peux dire que j'aime la vie. Juste pour ces moments là. Juste par cette beauté excitante.

- Je savais que tu reprendrais goût, même l'instant de quelques secondes.

Je ris. Il est fort notre cher Mufasa, pas en mode Mufasa. Je ris encore plus en pensant cette connerie.

- Tu devrais rire plus souvent.
- Je n'aime pas les risques.
- Hum. Il me faut les sous-titres.
- Rire c'est risquer de paraître. Pleurer, c'est risquer de paraître fragile. Aller vers quelqu'un, c'est risquer de s'engager. Exposer ses sentiments, c'est risquer d'exposer son moi profond. Présenter ses idées, ses rêves aux autres, c'est risquer de les perdre. Aimer, c'est risquer de les perdre. Aimer, c'est risquer de ne pas être aimé en retour. Vivre c'est risquer de mourir. Espérer, c'est risquer de désespérer. Essayer c'est risquer d'échouer. C'est pourquoi j'essaye de faire rien de tout cela ; finis-je dans un sourire face à son air incrédule.
- D'abord, tu es folle. Ensuite, si on suit ta logique, on doit se priver de vivre ; puisque vivre c'est risquer, que ça te plaise ou non. Qu'est-ce qu'une vie sans risques ? Celui qui ne risque rien ne fait rien, n'a rien et n'est rien. Il peut éviter la souffrance mais n'apprend rien ; ne ressent rien ; ne peut ni changer ni se développer ; ne peut aimer ni vivre. C'est être enchaîné. Tu deviens esclave et tu trahis ta liberté. Pour moi, seuls ceux qui risquent d'aimer sont libres.

Putain Bill. Tu ne pouvais pas mieux répondre. Et Dieu sait combien j'ai envie de t'embrasser maintenant grâce à tes belles paroles. Hélas, la réalité l'emporte.

- Très belle réponse. A débattre. Mais pas à six heures du matin, lorsque mes neurones ont envie d'aller se coucher dans ce grand lit ultra-archi-luxueux.
- Ils ont de la chance tes neurones. Ils vont bien dormir ce soir. Les miens devront se contenter de la moquette.
- Elle est super la moquette aussi ! Ils n'ont pas à se plaindre, je te rassure.
- Je te fais confiance.

Il me sourit ; puis lance un dernier regard à la ville sous nos pieds. « Je te fais confiance ». Si tu savais Bill l'importance de ces mots ... Qu'est-ce que j'aimerais pouvoir prononcer cette phrase un jour à quelqu'un. Je soupire. Il rentre. Moi, je reste quelques minutes encore pour admirer la vue, Berlin. Malgré tout, j'aime cette ville. Oui, je l'aime.

Je rentre et ferme la porte vitrée doucement derrière moi. Je vois Bill sortir d'une porte, vêtu d'un jogging bleu et un t-shirt blanc. Je souris. Niveau sexy-attitude j'ai vu mieux.

- Te moque pas car celui que je vais te passer est pire !

J'écarquille les yeux. Je le vois me lancer un jogging orange fluo avec des traits verts. J'éclate de rire.

- Sympa le jogging.
- Je sais. Rien de mieux pour dormir qu'un bon jogging fluorescent.

Je souris et saute sur le grand lit. Wahouh. C'est ... indescriptible. Puis, je le vois lui se coucher par terre. Je ne peux m'empêcher de rire encore. Il a l'air pitoyable. Je lui jette quelques oreillers.

- Il paraît qu'on dort mieux avec !
- Je me coucherai moins con ce soir.

Je m'accoude au bord du lit et le regard quelques instants ; pendant qu'il essaye de trouver LA position. Puis, il plante son regard dans le mien... On ne dit rien, on ne fait que se regarder pendant quelques minutes qui me paraissent une éternité.


- Au fait, je me lèverai sûrement vers neuf heures, on doit voir David.
- Ouais. S'ils ouvrent la porte ...
- Je ... n'avais pas pensé à ça. Il faudra bien qui'ils ouvrent à un moment ou un autre.
- Mouai. Bonne chance. Tes amis sont tarés.
- C'est les tiens.
- Bonne nuit Bill. Enfin, c'est plus la nuit. Bonne sieste.
- Toi aussi.

Je lui dédie un dernier sourire, puis me retourne dans le lit. Je savoure la fraîcheur des draps, des tièdes rayons de soleil qui se faufilent à travers la fenêtre, malgré l'épais rideau qui la couvre. Du lit immaculé, de sa grandeur, des oreillers somptueux. C'est avec ce sourire béat que la soirée s'achève.

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WOUDOU :D
Je suis vraiment , -vraiiiiment- désolée pour mon retard.
Merci à toutes pour votre présence, et vos jolis commentaires.
Merci. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Pour tout.

Alors ce chapitre. PIOUF. Ce que j'ai galéré à l'écrire.
Je ne suis toujours pas satisfaite, mais il faut bien poster un jour, nan ?
Il est très long. En fait, j'ai fusionné deux chapitres. J'espère que ça vous va... ? :$

La partie dans le balcon entre B & N est inspiré (et quelques parties sont restées intactes) d'un proverbe Indien.

Je veux tout savoir. Ce que vous avez pensé de chaque partie.
Gus / Em's - Lei / Tom - Nadia / Bill - Georg / Georg XD (Je l'aime lui)
Moment préféré ? Réplique préferée ?
J'ai hâte de vous lire.
De savoir si ça vous a plu.
Vos impressions.
Vos ressentis...
Everything.


Sascha, alors? Heureuses d'avoir découvert qui était-elle ? Mais c'est pas fini ;)

& Quant aux passés de B & N ?
Tell me everything. I'm here.
Je veux des loooongs commentaires pour cette loooongue suite ^^

Love you.
Et vous remercie (L).

Chapitre 40 :
« Que le meilleur gagne »
Basé presque entièrement sur Leila & Tom.

Laura, le chapitre sera posté cette semaine :)

Nouvelle Couleur pour Andréas .
L'autre me tapait sur le système ; celle là aussi =_=
Donc sa couleur reste très susceptible de changer
.

# Online seit Dienstag, 24. März, 2009 um 15:50

Geändert am Samstag, 28. November, 2009 um 06:49

***__Chαpitre 40__ *** « ... Que le meilleur gagne »

***__Chαpitre 40__ ***  « ... Que le meilleur gagne »
PARTIE I
*
*


_____POV Leila


10h07

Une douleur aiguë et terriblement bousillante aux tempes m'arrache d'un sommeil profond et réparateur. Un bruit incessant me tenaille la tête sans pitié. Des voix font un horrible écho sans fin. Des voix que je ne connais pas; à part la mienne. Des rires. Des fragments d'images en spirale. Toujours les yeux fermés, je me prends la tête entre les mains, priant pour que ces voix se taisent. Priant pour que la douleur s'estompe. Pour que le silence refasse surface. Pour que le sol arrête de bouger sous moi. Je n'ose pas ouvrir les yeux, de peur d'être dans une montagne russe. La lueur scintillante du soleil m'agresse. Je gémis de douleur, et fous ma tête sous un grand oreiller. Un grand oreiller? Mais où suis-je? Je pousse quelques cris encore sous la couette, maudissant cette montagne russe qui tient à me faire vomir. Et depuis quand on a des oreillers sur les montagnes russes?

- Aiiie... Aiiieee... Chut!!!!
- Ah, la gueule de bois ... J'ai connu ça dans ma jeunesse.

J'ouvre abruptement les yeux. Je ne vois rien, c'est tout noir. Normal, tu es sous un oreiller Lei. Mais ... cette voix? C'est quoi cette fois? Est-elle encore dans ma tête? Serais-ce mon imagination qui s'obstine à me jouer des tours? A me torturer?

- Alors, on sort de sa grotte la roussette? On compte faire la grasse mat' alors qu'il fait un temps merveilleux? Il faut profiter. Je vais t'amener une aspirine.

Whaaaaat ? Je rêve? Je ... je suis morte? Tom m'a-t-il enfin trouvé hier soir, et donc m'a tué? Je secoue ma tête doucement. J'essaye de me rappeler de ce qu'il s'est passé hier soir. Tom ... Baiser... Ouais, ça, j'aurais pu oublier hein. Franchement, ma mémoire elle sélectionne bien ce qu'elle veut garder et ce qu'elle ne veut pas, cette garce. Et mon avis là dedans? Hein? C'est MA mémoire, je devrais avoir le droit de veto, je devrais avoir mon mot à dire! Continuons. Tom... Baiser... Ouais, on a compris... Vengeance... Courir... Chaussures? Rapport entre courir et chaussures s'il vous plaît? Ah ouais. En effet. Je suis sortie en courant de la chambre, et je n'ai pas pris la peine de prendre mes chaussures. Ce qui a indiqué à Tom que j'étais dans l'hôtel. Courir. Echapper Tom. Premier réflexe? Chambre d'en face. Chambre d'en face? Et on m'a ouvert? A deux heures du matin? Je fronce les sourcils.

- Voilà ma petite. Une bonne aspirine et ça passe.

Je sors brusquement de sous l'oreiller grotte, et tombe nez à nez avec... un vieux pépé de cent ans à peu près. Mein gott. Qu'est-ce que j'ai encore fait? Qu'est-ce que je fous là? Mon DIEU.

__Flash Back__

Je frappe frénétiquement sur la première porte qui me tombe sous la main. Il s'avère être celle d'en face. Je ne pense pas à l'heure. Je ne pense pas qu'il peut s'agir d'un pervers chronique -riche pervers pour être dans cet hôtel- qui me coupera en morceaux. Je...

- Ca va. Ca va. J'arrive! ; crie une voix de l'intérieur.

Plus vite. Plus vite. J'entends la voix de Tom s'élever dans la chambre derrière moi. Mon coeur fait la course. J'ai peur qu'il me lâche tellement la cadence prend de l'ampleur. Tiens le coup mon amour, je te promets, je te ferai plus des gros flips comme ça. Pardonne-moi mon coeur. Je.. Un papi ouvre enfin la porte, interrompant ma conversation avec mon coeur. Il est vêtu d'un somptueux peignoir en soie bleu marine et me regarde de haut en bas; me toisant avec méfiance, fronçant les sourcils, et refermant un peu plus la porte, afin de maintenir la distance. Nan mais pépé, ai-je l'air d'un tueur en série, d'une cambrioleuse, d'un violeur camouflé ou quelque chose dans le genre ou quoi?

- Excusez-moi Monsieur mais... j'ai besoin de votre aide! Il faut que vous me cachiez jusqu'à ce que la tempête soit passée. En fait, je suis dans l'hôtel avec mes parents et ils sont en train de se disputer, de s'entre-tuer même vous savez, et ils crient beaucoup, alors, ça vous dérange pas si j'attends quelques minutes à l'abris d'une mort certaine? Je vous promets je suis inoffensive; je ne sais pas de quoi j'ai l'air à cet instant même, mais j'ai beaucoup couru c'est pour ça. Je vous promets je me coiffe à l'intérieur, je suis plus jolie et moins bavarde. Je ne veux surtout pas vous tuer, et surtout pas abuser de votre.... âge. Ni de votre gentillesse. Ni de votre innocence. Vous avez l'air d'un Papi formidable et compréhensif et...
- Tais-toi un peu et rentre jeune fille.

J'affiche un de mes plus beaux sourires. Extrêmement soulagée. J'entends le Papi fermer la porte derrière nous. Tout est allumé dans cette chambre. Il ne dormait pas? Mon Dieu. Et si c'est lui le méchant après tout? Parce qu'un vieux pépé est censé dormir à deux heures du mat ....

- Tu ne me déranges pas. Je suis insomniaque tu sais. A cet âge, on ne dort plus beaucoup.

Ohhh... D'accord. Pas de tueur en série. Je regarde autour de moi. Même si je connais les chambres de Tom et Bill maintenant, cette chambre est encore plus luxueuse. Incroyablement bien rangée, chaque chose a sa place au centimètre près; les lustres brillent au-dessus de nos têtes. Je me retourne, et il me fait signe gentiment de m'asseoir sur l'un des canapés qui ornent le grand salon. Ils ne sont pas comme ceux de la chambre de Bill, qui eux sont en cuir blanc. Ceux là sont en bois massif, et d'une autre époque. J'observe fascinée autour de moi. Mes yeux finissent par se poser sur cette cheminée en marbre. Je soupire. Mon coeur a complètement changé de rythme. Lui aussi, savoure ce moment d'admiration.

- Je ne voulais pas vous déranger vous savez. Je suis vraiment désolée de débarquer comme ça, à ces heures de la nuit. Et surtout, je ne voulais pas vous effrayer. Je...
- Tu avais dit que tu étais moins bavarde ; me coupe-t-il, souriant. Son visage ridé, et ses grands yeux bleus m'inspirent confiance. Oui, il a l'air gentil. Tu as une tête espiègle. Tu aurais dû te voir, à l'encadrement de la porte, ta chevelure enflammée flottant en désordre , tes grands yeux ouverts et brillants, comme ceux d'un enfant lorsqu'il vient de commettre une espièglerie et échappe à la fessée. Comment t'appelles-tu jeune fille?
- Leila, enchantée Monsieur. Je sais, j'ai une petite idée de ma tête après une course ... Heureuse de ne pas vous avoir fait peur. A deux heures du matin, c'est pas évident. Même si ma tête me trahit, je vous promets que je ne viens de commettre aucune espièglerie ! J'ai passé l'âge, voyons. Je suis en Fac de communication, vous savez? Oh. Excusez-moi. Comment vous appelez-vous?
- Karl. Et arrête de me vouvoyer voyons. Je ne suis pas aussi vieux que j'en ai l'air. Enfin si. Mais je préfère que tu me tutoies.

Je souris. Je suis contente d'être tombée sur lui. J'allais lui avouer que je lui avais menti lorsqu'il m'a ouvert la porte mais mon portable se met à vibrer. Je fais signe à Karl de m'excuser une seconde. Je regarde l'écran: Un numéro que je ne connais pas. C'est Tom. Meingott. Je remplis mes poumons d'une grande bouffée d'air et déballe à toute vitesse:

- Jenevoulaispasl'envoyeràtoutlerépertoirejetepromets,jecomptaisl'envoyerseulementàquelquesfillesmais
quandj'aivuquetuavaistroismillecontacts ....J'ailaissétomber,cen'estpassigrave,___n'estcepas?

- Tu es partie sans chaussures?
- Euh. Oh. Oui. Merde. J'ai oublié mes chausses, c'est con hein. Et puis, tu t'y connais toi ... partir sans chaussure, je dis. Ha... Ha.
- Tu es dans l'hôtel. Je te retrouverai Leila.

Il me raccroche au nez. Je reste figée quelques instants; les entrailles en vrille. Et s'il me retrouve? Je m'en fous. J'ai super-pépé pour me défendre. Et putain. Qu'est-ce que je suis conne. Comment j'ai pu oublier mes chaussures juuuuste DEVANT la porte. Karl se dirige vers le mini bar et se sert un whisky. Je le regarde faire, perdue dans mes pensées.

- Karl, ça ne vous dérange pas m'inviter un petit verre? J'ai une de ces soifs!
- J'ai de l'eau pour toi jeunne fille.
- Mais non, Karl, sois cool. Tu crois que j'ai jamais bu un verre de Whisky ou quoi?

Il me regarde et réprime un sourire, désapprouvant d'un signe de tête la jeunesse de nos jours.

- Vraiment petit alors.

J'observe ses gestes majestueux et disciplinés remplir les verres avec une telle élégance que je me perds dans l'admiration une nouvelle fois. Il se rapproche, pose un mini verre sur mes mains, puis repart s'asseoir en face. Il boit une gorgée puis regarde mes pieds, fronçant les sourcils.

- Oh oui. Dans ma course, j'ai oublié mes chaussures. En fait, je vous ai... , sous son regard réprobateur, je reprends. Je t'ai menti Karl. Je suis désolée mais sinon vous... Tu ne m'aurais pas laisser entrer. C'était une question de vie ou de mort. En fait, oui, j'ai fait quelque chose et j'échappais en quelque sorte à une espèce de fessée mais enfin. Là c'était pire. Ce n'était pas la fessée, c'était la mort. J'ai fait une petite blague à un ami. Enfin, que dis-je, ce n'est pas un ami. C'est un ennemi. Tu vois le genre? Je ne loge pas dans cet hôtel, et je suis encore moins avec mes parents. Je suis venue passer une soirée avec des amis qui eux logent ici, et j'ai ...
- Les Tokio là?
- Tu connais ?!
- Bah ouais. Je suis un vieux à la mode, qu'est-ce que tu crois ; il sourit fier de lui. Non. Mais comment ignorer leur existence quand ils forment un tel tumulte à l'entrée ? C'est pas croyable quand même. Toutes ces filles pendant des jours, à l'entrée. Et les parents? Ils sont où les parents? Je ne comprends pas. Elles ne mangent pas? Elles ne font pas pipi? Ne se douchent pas? Elles peuvent rester une semaines plantées là. Est-ce normal? Cela n'arrivait pas à mon époque. C'est nouveau. C'est cette génération qui est ...; il s'arrête un temps, pour boire une gorgée de son verre. Puis il reprend de plus belle. Je les croise souvent dans les hôtels. Ces quatre gosses machiavéliques. Je sais qu'il y a l'hérisson juste en face. Comment fait-il pour garder ses cheveux en l'air? Il défi vraiment la loi de la gravité. Ils sont vraiment en l'air! Je les ai vu de mes propres yeux! Et tous ces colliers. Et les ongles noirs? Il a les ongles noirs, as-tu remarqué? Va savoir que signifient les ongles noirs à cette époque.

Je ne peux m'empêcher de rire en l'écoutant parler la jeunesse "décadente" et de Bill.

- Ils sont tous dans cet étage. Ces gosses s'amusent à sonner à ma porte pendant la nuit, et partir en courant. C'est à chaque fois le même rituel. Ils croient que je dors. Mais je ne dors pas beaucoup. Et à chaque fois qu'ils me croisent dans un hôtel, ils ne peuvent pas s'empêcher de me faire le coup. Ou sinon ils commandent un tas de choses qu'ils font venir ici. Alala. Ils n'ont aucune pitié du pauvre vieux que je suis. Et tu sais, c'est surtout celui avec les robes, les pantalons au genoux, c'est toujours lui qui a ces idées diaboliques. Quand on se croise, que ce soit dans les couloirs, l'ascenseur ou encore au restaurant, celui avec les robes ne peut pas s'empêcher de rire, comme si je n'étais pas au courant que c'est lui. Comme si je ne savais pas que je suis leur cible préférée. Mais je peux te confier un secret?
- Karl... Come on.
- Je leur ai déjà fait le coup moi aussi. Quand je n'arrive pas à dormir, je vais tambouriner à leur portes. Mais eux ne se doutent pas que c'est moi. J'ai l'air sérieux, moi. Je n'ai pas les ongles noirs, ni tous ces colliers. Ils ne doutent pas de moi. Hehehe.

Je souris et finis mon verre de Whisky. Je crois que c'était le verre de trop. Déjà que j'ai pas mal bu avec les autres... Ma tête commence à tourner. Mais qu'est-ce que c'est bon.

- Allez Karl, je te paye une autre tournée.
- Une autre quoi?

*

- Tu comprends? Je suis amoureuse de Nikola, mais j'ai embrassé Tom!
- C'est lequel Tom déjà?
- Le démon déguisé en Ange, avec les robes.
- Ah oui. Je vois.
- Alors je ne sais plus trop. Je hais Tom, car il me traite vraiment très mal, tu sais Karl? Je suis sûre qu'à ton époque, les mecs comme Tom n'existaient pas non plus. Les salauds de ce genre ... Profiteurs, manipulateurs, craquants, difficiles, arrogants. Mais tu es d'accord avec moi que ce qu'il m'a dit lundi, ça ne se fait pas, n'est-ce pas? Non. Et pourtant, il y a cette attirance irrépressible, oppressante, qui est bien là, malgré moi, malgré lui. Il y a quelque chose qui fait qu'on revient l'un envers l'autre. On se déteste, c'est vrai. Mais ... à vrai dire. Je suis contrariée. Il y a ce petit quelque chose qui fait que je m'accroche sans le vouloir à lui. Inexorablement. Mais j'aime Quentin... Oulala, qu'est-ce que je dis. Haha. Quentin. Non, Karl, ne me regarde pas comme ça; Quentin c'est mon meilleur ami seulement. Ouais, autant hésiter entre deux c'est normal, mais trois, ça passe pas, je suis d'accord avec toi. Non, je me suis trompée. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit Quentin. Je voulais dire que j'aime Nikola. J'ai vécu tellement de choses avec lui. Mais parfois je me demande si je ne suis pas accrochée justement à ce __« Nous » __d'avant, que je ne veux pas laisser partir. Peut-être que ce n'est plus comme ça maintenant. Qu'il n'y a plus de sentiments. Peut être que c'est notre passé ensemble qui fait qu'on reste quand même suspendus à cette relation et qu'on a peur d'y mettre un terme. Qu'on a peur de laisser s'estomper complètement. On a peur de la laisser partir pour de bon , car... et si on s'aime toujours mais qu'on ne valorise pas assez ce qu'on vit? Oh. Karl, c'est compliqué l' amour. Et ça, à n'importe quelle époque. Oh que oui [ ... ] Tu crois que je n'aime plus Nikola? Qu'est-ce qui te fait dire ça Karl. Arrête. Je sais pas ____[ ... ] Non mais, t'es marrant toi. C'est normal que je vois Tom lorsque je ferme les yeux. Il veut me TUER. Pourtant ce n'est pas si grave ce que j'ai fait, tu en penses quoi? C'est lui qui exagère. Et lui, alors. Il a dit à Nikola que j'avais couché avec lui. Karl, tu es un papi moderne, ne fais pas cette tête. « COUCHER avec quelqu'un », répète après moi « coucheeeer aveeeec quelqu'uuun ». Et encore je suis gentille. Si tu entendais Tom parler de ça. Scandaleux [ ... ] Quoi Quentin. Pourquoi tu me parles de Quentin? Oh oui, bien sûr que je m'entends bien avec lui. C'est l'Homme de ma vie, mais dans le sens l'Ami de ma vie. Ca existe pas ça? Ca devrait. Tinou est... Non mais pourquoi on parle de Quentin. On s'en fout [ ... ] Alors il est blond, très blond, il a une frange qui me fait délirer, un petit nez parfait ... quoi? Oui, bah oui. Je le trouve beau. Il est beau. Mais pourquoi tu dérives sur Quentin?. Oui, il a les yeux bleus. Non pas clairs. Bleu intense, tu sais? Quentin est un vrai ami; il sera toujours là pour moi, et je serai toujours là pour lui. L' amour c'est compliqué. Pas l'amitié. Mon amitié avec Quentin et avec Nadia c'est ce que j'ai de plus précieux à mes yeux. Comment ça l' Amitié c'est compliqué aussi? Non mais Karl, t'as fumé quoi là. L' Amitié c'est simple. On s'aime, et c'est tout. Sans prise de tête. Alors que l' Amour. Il nous oblige à nous poser des questions, tout le temps. Tu ne te poses jamais des questions? Moi si. Tout le temps. L' Amour c'est une prise de tête constante, éternelle, perpétuelle. Et pourtant. Pourtant. Il nous déploie de la confiance qu'on a de nous même, ils assassine notre amour propre ; ils nous détruit et nourrit au même temps, il nous tue, Karl. C'est là le paradoxe humain. On a cette soif d' Amour qui nous déchire [ ... ] Ce n'est pas une vision noire de l' Amour. Loin de là. Karl, je suis réaliste. L' Amour fou, heureux, il dure combien de temps? Peu. Trop peu. C'est quoi trois, quatre, dix ans dans une vie? Il nous fait plus de mal que du bien. Il est vrai. Mais, il a tout compris, ce connard. Car le bien, l'infime bien qu'il nous procure, ça en vaut le coup. Oui, qu'est-ce que ça en vaut la peine, putain. C'est le souvenir heureux qui chasse la peine et les regrets. Qui l'emporte. Et ce sourire fébrile qui nous colle à la peau lorsqu'on est amoureux. Et cette sensation d'enivrement, ce pouvoir qu'il a d'affoler nos coeurs. De les faire battre à une cadence démente. De les rendre ivres. De les faire trépigner d'impatience. De les assoiffer de lui, car il nous dicte nos besoins. Ce pouvoir de faire frémir nos coeurs de désir. De les faire palpiter frénétiquement au même temps que l'adrénaline monte et envenime notre sang. De les cogner contre nos regrets, ou celui des autres. De les faire vibrer de jalousies. De les faire frissonner, trembler, tressaillir de crainte ; car quand on aime, on a peur. Peur de toucher à la fin. Peur que la réalité nous rattrape plus vite que prévu ; plus brutalement que prévu. Ce pouvoir qu'il a de les empoisonner d'illusions. De les gonfler d'espoir. De les brutaliser, les faire saigner. De les poignarder de douleur. De les faire douter. De les faire sombrer dans la dépendance. De les heurter à nos erreurs. Ne me dis pas que l' Amour est bénin, Karl. Non, ce n'est pas du pessimisme, il n'y a pas de personne plus joyeuse que moi sur Terre. Je suis réaliste [ ... ] Pardon? ... Si Nikola fait passer mon coeur par tous ces états? Je ne m'étais pas posée la question Karl. Tu as raison, là est ma réponse à tout. La réponse était si près, si palpable, sous mon nez, et pourtant, je n'ai rien vu. Je déteste quand ça m'arrive ça. Quand on se pose tout un tas de questions, et que les réponses, les solutions se trouvent sous nos yeux. On a besoin qu'on nous éclaire parfois, tu as raison. Les faits sont là Karl. L' Amour berce nos joies et nos peines [ ... ] Arrête. Je n'y crois pas. Raconte-moi alors. Ton Amour à toi. Raconte-moi ton histoire, fais-moi rêver.

*

__Fin du Flash Back__

Je le regarde attendrie lorsque tout me revient ; ma philosophie à quatre heures du matin, bourrée. Lui et l' Histoire de sa Vie. Je lui souris, malgré la douleur toujours omniprésente. J'accepte le verre d'eau qu'il me tend et l'aspirine.

- Je ne boirai plus jamais!
- Oh. C'est ce qu'on dit tous les lendemains de cuite ma belle. Ohlala, comment je parle. Tu n'es pas une bonne fréquentation jeune fille.

Je ris. Mes yeux se posent sur la grande horloge en dessus de la cheminée. 10h10. Mein gott . Je finis le verre d'eau d'une traite.

- C'est toi qui n'es pas une bonne fréquentation Monsieur Karl von Shleswig-Holstein-Sonderburg-Augstenburg. Paye ton nom. Je ne me suis pas trompée dans l'ordre, ça va? Oh et puis ils pouvaient pas faire plus court?

Il rit aux éclats, alors que je saute du lit pour me planter devant la glace qui me renvoie un reflet rouge, vert et pâle. De mes doigts, j'essaye de donner une forme à ma tignasse rebelle.

- La vie m'attend , dis-je distraite, alors que j'essaye d'arranger le mieux que je peux mon piteux reflet.
- Reviendras-tu rendre visite à ce pauvre vieux "formidable et compréhensif" ? Feras-tu attendre la Vie de temps en temps?

Je tourne sur mes talons satisfaite d'avoir réussi à dompter mes cheveux. Il est assis sur cette chaise majestueuse. Je m'approche de lui, et lui souris.

- Bien sûr. Tu ne te livreras pas de moi aussi facilement.
- Prends soin de toi. Et tiens ce Tom à carreau. Compris?
- Oui, chef.
- Et garde BIEN mon secret. Ne leur dis pas que je suis rentré dans leur jeu.
- Promis.

Je plaque un bisou sur son front et me décide à partir. Lorsque j'arrive au niveau de la porte, il lance, fidèle à lui même:

- Et tu me diras comment l'hérisson fait avec ses cheveux pour les maintenir dans l'air! Perce le secret.

Je souris une dernière fois et sors dans le couloir. Je regarde à gauche et à droite: Pas de Tom avec une hache en vue. Je traverse le couloir et toque à la porte de Bill. Je tape fort pendant cinq bonnes minutes, afin de réveiller la troupe. Je colle l'oreille pour voir si j'entends du mouvement dedans, mais rien. Alors, je continue à frapper, de plus en plus fort. La voix de Nad me parvient enfin. OUF. J'attends patiemment, sautillant sur place. Elle m'ouvre enfin, la tête dans le cuculin, vêtue d'un .... jogging fluorescent. C'est Bill le coupable. Ca se sent à des kilomètres.

Je l'embrasse rapidement sur la joue, alors qu'elle a du mal à ouvrir complètement les yeux.

- Bonjour ! Tu es toute seule? Où sont les autres? Pitié, dis-moi que Tom n'est pas là.

Je me dirige aux canapés, où je vois Marco dans exactement la même position qu'hier soir. Il n'a pas bougé d'un poil. Je m'assoies tranquillement, alors que Nadia reste figée devant la porte, fronçant les sourcils.

- Tu viens de rentrer là?
- Heu. Ouais? J'étais dehors, j'ai passé dedans. C'est ce qu'on appelle "entrer", en effet. Nad, tu es droguée ou quoi?

Elle balaie ma question d'un geste de la main et s'approche.

- Non mais. Tu étais où? Tu n'as pas dormi ici?
- Non mais poupée, je te rappelle que la Chambre était occupée par Madame et Monsieur B...
- On nous a enfermés. Ce n'est pas notre fau...
- Arrête. Ils ont osé faire çaaaa... ? Mon Dieu. J'halluci...
- Ouais. Ne fais pas style Lei. J'imagine que tu étais dans le coup.
- Pas du toooooout. Je n'aurais jamais osé. Ca doit être Georg, ou Tom, tu sais.
- Ouais. SES amis quoi. J'en étais sûre. Mais alors, où as-tu dormi ?
- Oh c'est une longue histoire. J'ai dormi dans la chambre d'un vieux pépé trop sympa.

Ses yeux gris s'agrandissent stupéfaits.

- C'est vraiment une longue histoire! Héhé. Alors, ils ne sont pas là les Toki? Et Tinou? Où es Tin's?

Elle regarde autour.

- Je ne sais pas. Tu viens de me réveiller. Bill n'est pas dans la chambre et je n'ai pas vu T... MON DIEU. On est jeudi ! Jeudi matin !
- On t'a vraiment droguée je crois.
- LEILA! On a cours ! Putain.

Je la vois courir vers la porte du fond. Non mais elle croit que je vais aller en cours moi? La blague.

- Nad's? Tu ne trouves pas ça bizarre que Bill ne soit pas là? Ni personne d'ailleurs?

Elle revient habillée, et cherche frénétiquement ses chaussures.

- Ils avaient une réunion à 9h. Ils doivent y être.
- Tu m'as l'air renseignée dis donc. Cette soirée enfermée avec Bill m'a l'air d'avoir été TRES riche, tiens tiens.

Elle me fait un regard assassin, puis s'approche de Marco pour le réveiller.

- Non mais Nad! On ne va pas partir sans Tinou d'amour!
- Va le chercher dans les chambres de Gustav, Georg ...
- Cocotte, à part celle de Tom, je ne connais pas les autres.
- SUPER.
- Non mais relaaax, take it easy. Ecoute. Ecoute moi Nadia Ubach! Tu ne peux pas aller en cours maintenant! C'est trop tard. Il va être onze heures. Tu ne sèches jamais, ça ne te fera pas de mal, voyons. Prends ça comme un jour de congé, hé? Parfait. C'est quoi ce bruit? Un portable qui vibre! C'est peut-être celui de Tom, qu'il a abandonné dans la chambre parce qu'il en avait marre, haha. Qu'est-ce que c'était bon n'empêche.

Nadia me regarde comme si j'étais cinglée.

- C'est le mien. De quoi tu parles?
- De ce que j'ai fait à Tom hier. Tu te rappelles que Lundi il a répondu sur mon portable et a parlé à Nikola?
- Ouais?
-Eh bien. Je me suis vengée. Je me suis débrouillée pour prendre son portable. Ne me demande pas comment, j'ai oublié ! Et donc, j'ai envoyé un message du genre "Je suis amoureux de Leila" et je l'ai envoyé à tout son répertoire. Depuis, son portable est devenu fou à cause des accusés de réception. Mais je pense qu'il a dû saturer pauvre portable. Paix à son âme.
- Tu as fait ça? Mon dieu Leila ; tu m'inquiètes parfois. Il va te tuer.
- Mais non. Super Georg, Super Tinou, Super Marco, Super Gus, sont là pour me protéger. C'était quoi alors le message que tu viens de recevoir?
- C'était Bill.
- Oouhouhou. Petit message du matin après une nuit tumultueuse ?

Elle fronce les sourcils et rit face à mes conneries.

- Tu es bonne à enfermer, Mon dieu. On n'a pas passé une nuit "tumultueuse" ! Vous avez loupé votre effet, je crois!
- Quoi "vous" ! "Eux" tu veux dire!
- Allez Lei.
- Alors?
- Bah rien. On a parlé toute la nuit. C'est tout.
- Quoi? C'est tout ?! Mais moi aussi j'ai parlé toute la nuit avec Karl !!
- Karl ?
- Le Papi ! Je veux dire, moi j'ai parlé toute la nuit avec Karl, c'est compréhensible, mais parler toute la nuit avec quelqu'un qui nous plaît à mort... Deux personnes qui ...
- Qui rien du tout. Et il me plaît pas "à mort". Allez, bouge tes fesses, on va les rejoindre.
- Quuuoi? Où ça? Qui?
- A ton avis? Ils vont aller déjeuner au restaurant en bas. Et Bill vient de m'envoyer un sms pour me dire qu'on se retrouve en bas dans quinze minutes.
- Whaaat? Attends, je vais pas descendre toute pas coiffée et toute pas belle. T'as amené du maquillage?
- Toujours dans ma poche; roulant des yeux.
- ROLALA ... HAAAn, mais attends. On a de la chance d'être dans la chambre de Bill ! Mouhaha. Viens avec moi, tu es toute pâle. Remets un peu de couleur.

Je lui prends la main et me dirige vers la salle de bain dans la chambre. J'hallucine devant la quantité de maquillage qui repose sur les petits étagères accrochés au mur de la salle de bain. Dix minutes suffisent pour qu'on soit présentables.

( __Partie II,
juste en BAS__)

# Online seit Dienstag, 31. März, 2009 um 12:24

Geändert am Samstag, 11. Juli, 2009 um 16:38

***__Chαpitre 40__ *** « ... Que le meilleur gagne »

PARTIE II
*

- Marcounet, tu arrête de faire ton beau au bois dormant ? Tu viens déjeuner?
- Hmmm.
- Très bien. Je prends ça pour un non. Appelle-nous quand tu es réveillé.

Je l'embrasse sur la joue, puis je me dirige vers la porte, pour mettre mes chaussures. Je fronce les sourcils voyant qu'elles ne sont plus à la place où je les ai laissées hier.

- Nadia, tu as vu mes chaussures? Je les ai lai...

Mon coeur manque un battement. Il... Il n'a pas pu faire ça. Il...

- J'HALLUCINE !
- Mais qu'est-ce qu'il t'arrive maintenant?!
- Il a planqué mes chaussures!
- Attends. Calme-toi. Ne hystérique pas, elles doivent être quelque part dans la chambre ...
- Non, non, non. Je suis sûre qu'il les a.... Hier il m'a appelé quand j'étais dans la chambre de Karl. Il m'a dit que j'étais partie sans chaussures. Mon Dieu! Comment je fais maintenant ? Je vais pas descendre pieds nus ? Mon dieu, ce mec est HORRIBLE. Je le hais. Je le hais. Je le hais. Comment je fais Nad ... ? Je... , je m'adosse au mur, accablée.

Contre toute attente, elle se met à rigoler. Pardon?

- Pourquoi tu ris? C'est horrible ! On est dans un hôtel super luxueux, je ne vais pas descendre sans chaussures, c'est hors de question!
- Toi et Tom. Vous êtes pareils. Ca va être une longue guerre.

J'attrape ma tête entre mes mains, désespérée.

- Il sait parfaitement que tu ne voudras pas descendre sans chaussures. Il aura gagné. Descends pieds nus Lei.
- QUOI? Non mais t'as fumé? Hors de question.
- Lei. Ecoute-moi. Il a tout prévu. Tout calculé. Tu ne vas pas le laisser gagner cette partie, si?

Je tape violemment sur le mur.

- JE LE HAIS PUTAIN DE MERDE DE MES DEU...
- Chut! Arrête espèce de folle. Calme-toi. Et ça ne sert à rien taper le mur, tu vas te blesser.
- Marre, marre ... J'en ai marre. Il me tape sur le système. Je... , je commence à sangloter, vraiment dépassée par son obstination. Agacée . Déboussolée. Enervée.
- Ne te mets pas dans cet état juste pour des chaussures Leila ...
- Mais ce n'est pas ça! C'est qu'il m'énerve! Il m'énerve à un point, tu n'as pas idée. Il se trompe sur toute la ligne avec moi. Je te jure Nadia, il va m'entendre. Il va m'entendre. Je vais descendre pieds nus, lui montrer que j'en ai rien à fouttre de lui. Et ... il va regretter. Crois-moi.
- Vous êtes aussi obstinés l'un comme l'autre. Alors remets-toi sur pieds. Et montre lui la Leila guerrière que tu es.
- Tu as raison. Il va regretter de m'avoir déclaré la guerre. Tom 2, Leila 1. Mais ce n'est pas fini. C'est loin d'être fini connard.
- C'est comme ça que je t'aime! Allez.

On sort de la chambre, puis on prend l'ascenseur. Je ravale mes insultes et ma haine. Il faut être astucieuse, intelligente. Je vais lui montrer qui des deux est le plus malin, le plus brillant, le plus obstiné. Il veut jouer à ça? Très bien. On va jouer. Arrivées au rez de chaussée, on regarde partout. Pas de signe du restaurant. On croise quelques clients de l'hôtel qui ne manquent pas de jeter des regards curieux puis désapprobateurs à mes pieds. Ne dis rien. Ne dis rien Leila. Souris. Ils ne peuvent pas comprendre. Nadia demande des renseignements à la réception qui nous désigne le chemin vers le restaurant. On avance. Je baisse les yeux. Il y a trop de monde. Je n'arriverai pas. Nadia me susurre un " On voit rien, ne t'inquiète pas. Lève la tête " . J'obéis. Je me gonfle de courage. Il ne va pas piétiner ma fierté, ce pauvre con. On rentre. Une ambiance chaleureuse et remplie de conversations s'offre à nous. Le restaurant est énorme. Des centaines de tables blanches, parfaitement décorés. Les lustres énormes décorent délicatement la grande salle. La plupart c'est des hommes en costard qui ne font pas attention à nous. Merci Dieu. Je cherche la touffe de Bill. Puis, une main, au loin, nous fait signe. Ils pouvaient pas se cacher un petit peu plus, non? Mon pauvre coeur commence à s'altérer. J'aperçois la casquette de Tom ; il est de dos à nous. Mon coeur frémit dans tous les sens. Mais pas de peur comme je pensais ce matin. Non. De colère. De rancune. De ressentiment. Je reconnais immédiatement cette tête blonde platine aux côtés de Georg. Tinou. Tu es là. Ouf. J'inhale longuement. On arrive à leur table qui est énorme; d'autres gens vont arriver plus tard, peut-être. Il n'y a que Gus, Bill, Tom, Georg et Quentin.

- Bonjour!, dis-je, le plus jovialement possible.

Je m'assois à côté de Georg, en face de Tom ... Surprise, petit con. Je suis bel et bien devant toi. Je le fixe, un faux sourire agrippé aux lèvres. Il me sourit à son tour, triomphant. Puis, il regarde sous la table, pour s'assurer qu' il a gagné. Idiot. Si tu crois que tu vas me pourrir la journée à cause d'une petite paire de chaussures, tu te trompes.

- Quelle belle journée !
- Tu as bien dormi? Tu as dormi où du coup? Je pensais que tu allais revenir dans la chambre de Bill, alors je t'ai attendu jusqu'à cinq heures, par là.

Je me tourne vers Georg, honteuse et me sentant coupable de ne pas l'avoir prévenu.

- Oh non, c'est vrai ??!! Excuse-moi Georg. J'aurais dû te prévenir que j'étais saine et sauve. J'ai dormi dans la chambre de Karl.

Tom, qui était en train de se servir de l'eau dans sa coupe, verse le verre maladroitement. Accident qui attire mon attention, mais je continue à m'adresser à Georg.

- C'est qui Karl?
- C'est ... ; remarquant Tom lever la tête vers nous, je décide de modifier un petit peu la vraie version. Un mec que j'ai croisé dans le couloir quand je courais. Je me suis excusée lui expliquant que j'étais en terrible danger. J'allais continuer ma route pour descendre à la réception et demander la chambre de Gustav ... mais il a insisté pour me cacher. Je ne comptais pas y passer la nuit; mais voilà. On n'a pas vu le temps passer qu'il faisait déjà jour ! Il était très mignon. Très ...
- Leila. Tu as passé la nuit dans la chambre d'un mec que tu ne connais pas ?! Mais tu es inconsciente ou quoi?
- Tinou, ne t'inquiète pas. J'étais vraiment un sûreté. C'est quelqu'un de bien. On doit se revoir d'ailleurs.

Je lance un regard à Tom, qui fait genre de sécher ce qu'il a renversé, mais je sais qu'il ne perd pas une miette de la conversation. Il lève la vue juste à ce moment là et je lui souris. Dans ta gueule.

- Mais. Vous m'expliquez là? Je n'ai pas trop compris pourquoi tu es partie en courant de la chambre?
- Ils ne t'ont pas raconté?
- On était en réunion avec David le matin. Donc pas trop eu l'occasion.

Georg s'empresse de raconter à Bill et Gus toute l'histoire. Bill, surpris que j'aie osé faire ça, fait des moues qui lui donne un air enfantin adorable. Il hausse son sourcil ; puis il les fronce. Il recommence à plusieurs reprises. Parfois, il ouvre la bouche, incrédule. Il écoute attentivement lorsque Georg décrit l'énervement de Tom. Bill lance des regards à son double toutes les deux secondes. Puis il éclate de rire.

- Tout le répertoire?? Tom ! Mon Dieu! Tu es folle Leila.

Tom reste plongé dans son assiette, remuant la nourriture intacte et ne lève pas la vue vers son jumeau.

- Je suis sûr que Maman a répondu le message. Et qu'elle ne va pas arrêter d'appeler pendant toute la journée afin d'obtenir tous les détails. C'est bien son style.

Je m'étouffe avec mon verre d'eau et commence à tousser frénétiquement. Georg, à côté de moi, me tapote gentiment le dos. Je n'avais pas pensé ... à sa mère. Mon état s'empire lorsque j'aperçois David, accompagné de Saki et d'un autre garde du corps que je ne connais pas, arriver dans la grande salle, et se diriger vers nous. Lui aussi. Lui aussi a sûrement reçu le message. Mein gott. Il faut que je disparaisse, et vite de cette table. Je m'apprête à me glisser sous la table et fuir quand une idée fantastique fait irruption dans mon esprit. Je continue à sourire alors que Tom me lance de regards noirs.

- Bien. Je vois qu'on a de la compagnie. Maintenant qu'on a pu parler et organiser le concert privé de ce soir, j'aimerais clarifier certains points.

Lance David lorsqu'il arrive à table. Il prend place à côté de Quentin, à qui il salue rapidement d'un signe de la tête.

- Ca vous arrive de vous coucher tôt? De dormir, un peu?
- De temps en temps.
- Hier encore, vous vous êtes couchés tard. Alors que vous avez une journée bien remplie aujourd'hui. Tom, tu m'expliques ton sms s'il te plaît? C'est qui cette Leila?

Tom s'apprêtait à répondre mais je me précipite:

- C'est moi! Bonjour David. Tu es beaucoup plus mignon en vrai, tu sais? Tu ne fais pas du tout ton âge.

David se penche sur Quentin pour m'examiner. Je lui souris et lève mon verre d'eau vers lui.

- Oh, merci. Je sens qu'on va bien s'entendre. Alors c'est toi la fameuse Leila du message. Tiens, tiens. Une rousse. Très bon choix Tom. Très jolie. Mais tu m'expliques LE besoin de m'envoyer ce message à deux heures du matin ?
- Ce n'est pas ...
- On était quelque peu éméchés tu sais. La jeunesse. On voulait que tu le saches. Le plus tôt possible. J'espère qu'il ne t'a pas trop dérangé.
- Vous avez de la chance que je n'arrivais pas à fermer l'oeil. Si ce message m'avait réveillé ... Ca se serait passé autrement. Mais sans vouloir être trop insistant. Vous vouliez que je sache quoi au juste? Enfin, c'est quoi votre délire?
- Comment ça? Quel délire? On sort ensemble!

Au tour de David de s'étouffer avec ce qu'il ingurgite. Tom me regarde pétrifié, les yeux exorbités. Je murmure, afin qu'il n'y ait que lui qui puisse entendre:

- Surprise.

Le fou rire de Georg, uni à celui de Saki attire mon attention. Wahouh. Saki qui rigole ! Je n'avais jamais vu ça avant. Bill se mord la lèvre inférieure, et me regarde perplexe. Nadia me fusille du regard. Okay, ma blague fait juste rire Georg et Saki je crois.

- Tom. Conversation sérieuse dans dix minutes dans ma chambre. Les autres, allez vous préparer, on part dans trente minutes.
- David, elle dit ...
- TOM, pas ici. Il y a trop de monde. Et reste discret jusque là. Suis-je clair? Allez. Dépêchez-vous.
- Un plaisir David , finis-je, souriante; alors qu'il me lance un regard noir. Oops. Il m'aime plus trop je crois. Et ton "On va bien s'entendre" il est passé où ? !

Quentin, Georg, Bill, Gus et Nadia s'empressent de quitter la table.

- A très bientôt !
- C'est ça, me répond David.

Youhou. Vive la bonne humeur. Je commence à partir, suivie de Tom. De très près. Tiens, c'est drôle, je ne pense plus à mes pieds nus. Il est tellement énervé que j'entends sa respiration bruyante derrière moi. J'accélère le pas. Là, je commence à avoir un petit peu peur. Un peu beaucoup peur. Mon coeur commence à s'asphyxier de frayeur. Cours Leila. Dès qu'on quitte le restaurant, je tourne à droite et cours, afin de rejoindre l'ascenseur le plus vite possible. Il est là, portes ouvertes, un couple à l'intérieur. Je sprint les quelques mètres qui me séparent de l'ascenseur puis appuie sur tous les boutons, sous les yeux ébahis du couple de Papi's. Je n'ai pas le temps de réfléchir. Mais Tom est beaucoup trop rapide. Lorsque les portes se ferment juste devant lui, il arrive à les bloquer avec ses bras. Je suis morte. Je suis morte ... Il rouvre les portes toujours sous les yeux effrayés du couple âgé. Il rentre, sourit aux personnes âgées puis m'assassine du regard. Ca va faire mal. Le trajet est trop court. La petite lumière en haut indique " 2ème " accompagné d'un joyeux TINT . Quelle ironie. Je prends une bouffée d'air puis , lorsque les portes se rouvrent, je sors en courant vers la gauche. Il est sorti aussi. Il court derrière moi. Je ne sais pas trop par où aller. Tous les couloirs se ressemblent et je ne connais pas l'hôtel. Et ça arrive. Mauvais choix. J'aurais dû tourner à droite. Je me retrouve dans une impasse. On se retrouve devant les portes d'un autre ascenseur. Mon Dieu, cet endroit est immense. J'essaye de récupérer le rythme de ma respiration. Je sens sa main empoigner brusquement mon bras et m'obliger à lui faire face. Lui aussi récupère son air. Il me planque brutalement contre les portes de l'ascenseur et me bloque. Ses mains sur mes poignets désormais me serrent très fort. J'ai mal.

- A quoi tu joues?

Ses traits du visage sont durcis par la fureur et je vois sa mâchoire se serrer fiévreusement. Je ne l'avais jamais vu comme ça. Il me fait peur. Respire Leila. Il ne peut pas te faire du mal. Il ne faut pas qu'il voie que tu as peur. Je lève le menton et lui fais face. Ses yeux, hypnotisés par la haine, se remplissent de férocité, de cette rage qui le ronge, qui lui sort par chaque pore de sa peau.

- A quoi JE joue? A toi de me le dire Tom. Ce n'est pas moi qui ai commencé tout ça. Ce n'est pas moi.
- Tu as dépassé les limites.
- Quelles limites, Tom? Et pourquoi c'est toujours toi qui fixe les règles, les limites, et toute cette merde ? Pourquoi? Tu as voulu jouer à ça. Très bien. Jouons, Tom.

Il laisse échapper un petit rire hystérique. Ses muscles s'adoucissent peu à peu pour laisser place à une obstination malsaine s'emparer des ses traits et remplir la couleur amende de ses yeux. Je lis cet acharnement dans ses yeux sombres. Cet entêtement palpable dans ce sourire en coin qui fait son apparition. Je ne saurais dire s'il me fait plus peur avec cette expression machiavélique sur le visage que lorsqu'il est vraiment hors de lui.

- Tu vas regretter Leila. Crois-moi.
- Tiens. C'est la même chose que je me suis dis tout à l'heure. Eh bien. Que le meilleur gagne. Pas de limites.

Ses yeux s'écarquillent sceptiques, et il laisse échapper un rire incrédule. Rire qui résonne dans ce silence diabolique qui s'installe quelques instants.

- Tu es folle à lier. Et tu vas me rendre dingue.
- C'est la règle du jeu.

Ses prunelles troublées me quittent quelques secondes pour revenir tout de suite me fixer cruellement. Il se mord la lèvre et sourit à nouveau. De ce sourire qui m'effraie, qui mord mes entrailles.

- Très bien. Jouons, Leila. J'impose une limite. Juste une.
- Libre à moi de refuser.
- Ne tombe pas amoureuse de moi.

Laisse-t-il échapper d'une voix imprégnée d'une prétention débordante, et approchant périlleusement son visage. Je ris d'un rire nerveux. Il se prend pas pour de la merde. Qu'est-ce j'aimerais lui botter le cul, là.

- Aucun risque pauvre tâche. Et ... pareil pour toi.

Il rit à son tour. On ne fait que rire, alors que ça n'a rien de drôle. Qu'on est en train de signer notre pacte de mort. Que je sens que plus d'une fois j'aurai envie de le massacrer de mes propres mains. De l'abattre. De l'achever. De l'assassiner. De l'empoisonner. De l'exterminer. De le flinguer. De le guillotiner, lapider, lyncher, trucider, annihiler, assommer ...

- Aucun risque.
- Très bien.

Il s'approche dangereusement de moi, et même si je sais qu'il ne m'embrassera pas ; je ne peux empêcher mon pouls de s'accélerer. Ses lèvres sont à quelques centimètres ridicules. A ce moment là, les portes de l'ascenseur s'ouvrent. Ce qui fait que Tom et moi perdons l'équilibre, mais un homme nous retient. Je murmure un merci, sentant le rouge monter à mes joues. La honte. L' Homme lève la vue vers nous ... Mais c'est ...

- Tiens Leila. Toujours dans les couloirs. Bonjour Tom.
- Comment vous ... Bonjour euh ...
- Karl. Appelle-moi Karl.

Il nous fait un clin d'oeil puis reprend son chemin. Mes joues prennent la couleur de mes cheveux à peu près. Tom se retourne vers moi, affichant un sourire victorieux.

- Il est un peu ridé ton Karl, dis donc.

Me lance-t-il, commençant à s'éloigner de moi. Je reste un moment figée, le regard absent.

Super.

Je soupire irritée. Je t'adore Karl, mais fallait vraiment que tu passes à ce moment là ?

- Tsss.

Je m'apprête à rejoindre la chambre de Billoute, mais je me rends compte que je suis perdue. Dans ma course je n'ai pas fait attention au chemin. J'accélère le pas, afin de rattraper Tom.

- Tooom? TOOOM ?

Mais il n'y a aucune trace du poulpe. Merde. Je regarde les numéros des chambres afin de me repérer. 298. Et moi je dois aller à la 214, il me semble. Ah ouais. On s'est un peu éloignés. Pourquoi il n'y a pas des panneaux indicateurs? Hein? Cet hôtel craint.

_____POV Tom


- Je te dis que ce n'est pas vrai David! Elle a envoyé ce sms pour m'énerver. Arrête de t'exciter pour rien! Elle s'est foutu de ta gueule!
- Et c'est qui cette gosse pour se fouttre de ma gueule?
- Heu. Elle s'appelle Leila ... Elle...
- J'avais compris qu'elle s'appelle LEILA! Non mais elle sort d'où ?
- C'est une amie à une amie de Bill. Enfin, quelque chose comme ça. C'est une fan aussi.
- UNE fan ? Non mais Tom, tu as perdu la tête ou quoi?
- Il ne se passe RIEN avec elle.

David se passe une main nerveuse sur ses cheveux. Il longe la chambre d'un extrême à l'autre, vociférant depuis dix minutes ; même après que je lui aie dit que ce n'était pas vrai. Il s'agenouille devant moi, unissant ses mains devant son visage, fronçant les sourcils.

- Tom. Je pensais que ce sujet était très clair. Vous devez être très discrets concernant les filles. Tom. Tom. Je m'occupe de plein de choses au même temps pour EN PLUS faire le baby-sitteur. Tu comprends? C'est à VOUS de gérer ça. Mais tu te rappelles ce qu'on en a parlé par rapport aux filles? T'en es toujours conscient, pas vrai?
- Oui David. Pas de filles " officielles ". Ca va nuire notre carrière et bla bla bla, bla bla bla...
- BLA BLA BLA NON ! On travaille DUR pour qu'une rousse effrontée et insolente vienne fouttre son nez là dedans. Et tu pouvais pas choisir MOINS visible ? Putain ...

Il se lève d'un bond et reprend les cent pas. Je soupire, et fais un tête négatif de la tête.

- Arrête de t'inquiéter pour rien. Il n'y a pas de quoi, Je t'assure. Elle traîne de temps en temps avec nous car on s'entend bien avec ses amis.
- C'est qui l'autre? La brune?
- Nadia.
- Rôle ?
- Amie de Bill.
- Juste amie ou " amie " comme Leila ?
- Juste AMIE ! Et pourquoi les guillemets pour Leila?
- Allez Tom.

Je soupire à nouveau, plus bruyamment que prévu. Il commence à m'énerver.

- On en avait parlé. Je pensais que vous aviez compris. Les coups d'un soir. OK. Du moment que vous ne vous le revoyez pas. Du moment que ça reste discret. Mais pas ça Tom. Pas ça ... Tu es inconscient. Je ne sais pas si as idée de l'ampleur des dégâts.
- Lâche-moi avec Leila putain. C'EST MEME PAS UN COUP D'UN SOIR, C'EST RIEN. RIEN !
- Hé. Tu me parles autrement.

Il se plante à nouveau devant moi. Je me lève, décidant que cette conversation est terminée.

- Réfléchis avec la tête Tom. Avec la TETE. J'espère que j'ai bien été clair?
- TRES. A tout à l'heure.
- Dans cinq minutes, dans le hall d'entrée.

Je lui lance un dernier regard puis lui tourne le dos. Putain, elle pouvait pas PLUS me fouttre dans la merde, la rousse.

_____POV Leila


- Excuse-moi Bill, me regarde pas comme ça. Je voulais faire chier T...
- J'avais compris. Mais réglez vos affaires personnelles entre vous. David va le défoncer.
- Il n'a que ce qu'il mérite.
- Non mais Lei. Il ne s'agit plus que de Tom là. Mais du groupe. David va sûrement vouloir nous sermonner après le concert.
- Quel concert?
- On fait notre dernier concert de l'année ce soir. Mais c'est un concert privé. Il n'y aura que des amis, de la famille, quelques contacts de travail. Vous voulez venir? ; demande-t-il posant son regard sur Nadia . La question la prend au dépourvu . Elle ouvre grand les yeux et la bouche pour répondre mais je sautille déjà sur place.
- Quelle question ! On ne manquera pour rien au monde un concert privé !
- Très bien. A une condition. Tu vas voir David et tu lui expliques qu'il s'agissait d'une vengeance entre amis, rien de méchant. Tu insistes sur le mot " Amis " , ça a le don de le calmer.

Mon sourire se fâne progressivement. Je ne peux m'empêcher de faire une grimace ... David ? Euh ...

- Mais Bill! Il me déteste. Il va me tuer.
- Il n'avait pas l'air de t'intimider tout à l'heure. Allez. Houst ! Chambre 220.

J'affiche une mine boudeuse. Il ne m'intimidais pas car j'étais guidée par la haine que je ressens envers Tom, mais là ... Bill ... Pas ça. S'il te plaît ...
Mais il est déjà parti préparer ses affaires. Nadia parle discrètement avec Quentin et Marco. Gus et Georg parlent sur qui y aura ce soir. Personne ne compatis avec MOI. GRRRR.

Très bien. Allons voir ce David. Même pas peur. Je tourne les talons décidée. Dans mon élan déterminée, j'ouvre brusquement la porte et tombe sur Tom, qui s'apprêtait à toquer. Toujours là au mauvais moment lui. Je plisse les yeux, pour qu' il comprenne que je suis toujours énervée et donner plus de véracité à ma phrase.

- Je vais voir David, mais parce que BILL me l'a demandé. Pas pour toi.

Sur ces derniers mots, je le pousse pour me forger un passage. Il ne dit rien et rentre dans la chambre. Me revoilà repartie dans ce labyrinthe de portes.

_____POV Tom


- Je vais voir David, mais parce que BILL me l'a demandé. Pas pour toi.

Respire Tom. Ne réponds rien, garde ton calme, sinon tu risques de ne pas arriver à te contrôler et lui fouttre un point dans la figure. Elle s'éclipse.

Je m'approche de Gus et Georg qui parlent de ce soir. J'écoute leur conversation d'une oreille, repensant à la discussion avec David. Il ne va pas me lâcher la grappe avec elle. Faut que je trouve une solution .. Faut ... Mon portable sonne. Je le sors de ma poche et regarde d'un air distrait le petit écran qui affiche "Maman". Oh non. Super.

- Allo ?
- Bonjour mon chéri, je ne te dérange pas ?
- Non mais là on va partir en fait, on va faire les répétitions pour ce soir. Tu seras là, non?
- Oui. Bien sûr que je serai là. T'as même pas deux minutes pour ta maman d'amour ?

Je soupire. Je la vois venir.

- Deux minutes.
- Ca me suffit ! Je t'appelle pour te parler du message d'hier soir. Malgré l'heure, d'ailleurs que faisais-tu aussi tard? Enfin, peu importe. Malgré l'heure, il m'a vraiment fait trop plaisir Tom ! J'suis tellement contente pour toi mon coeur. Ce soir on aura tout le temps de bien discuter de tout ça; mais sache que j'attendais le jour où tu me dirais ça avec impatience. A toi et à Bill, il vous manque que ça pour être complètement heureux. L' Amour fait mûrir Tom. Tu as besoin de mûrir. J'étais tellement heureuse ce matin que j'ai appelé Gordon pour lui raconter la nouvelle !
- Maman, t'as pas fait ça ...
- Si ! Du coup, il s'est débrouillé lui aussi pour être là ce soir. Et l'heureuse élue, elle sera là ?
- Maman, il s'agit d'un ...
- Elle est comment ? Brune, blonde ?

Je me passe une main sur le visage me rappelant combien je déteste Leila. La voix de Bill derrière me sauve.

- On doit y aller ! Aller, on se bouge !
- Oh, c'est Bill. Tu lui passeras le Bonjour, d'accord mon amour ?
- Ouais, et juste ...
- On en parle ce soir ! Amène-là qu'on fasse sa connaissance ! Je t'aime.

TUT. TUT. TUT.

GOOOOOOOOOOOTTTTTTTTTTTTT .

Comment je vais me sortir de là MAINTENANT. Si elle me laissait parler au téléphone aussi, ça serait pas mal. Putain ... Je suis dans la merde. Elle s'y croit trop. Merde. Merde ... Bon. Il faut que je réfléchisse. Je trouverai bien quelque chose. Heureusement que Leila ne sera pas là ce soir. Et à ma mère ... Je lui dirai que ... Putain. Je sais pas. Leila, leila ... leila.

_____POV Bill


- Tu viens alors, ce soir? , lui demande-je, profitant que les autres nous dépassent.
- Je ne sais pas trop. Si Leila réussit à convaincre David, pourquoi pas. Ca finit pas tard, n'est-ce pas ?
- Vers minuit je pense. Tu es sûre que ça va ? .. Depuis qu'on s'est rejoint au restaurant je te sens distante.
- On parlera ce soir Bill. D'accord ?

Heu . D'accord ... Elle est où la Nadia d'hier soir ? Elle va me rendre fou cette fille.
J'acquiesce d'un signe de la tête.

Tom s'arrête devant nous puis pose une paire de chaussures dans les mains de Nadia, sans dire un mot, puis reprend sa place tout devant. Elle sourit et continue à marcher silencieusement. C'est quoi ces chaussures ?

On se retrouve rapidement dans l'entrée, où tout le monde y est, sauf David et ... Leila.

- Bon. On va y aller nous.
- On doit attendre Leila.
- Rolala. Elle est où maintenant ?
- Elle ...

Juste à ce moment là, on la voit arriver un sourire vainqueur sur le visage. Elle a réussi. Mon dieu. Comment elle a fait ?

- Tout est réglé. En marche.

J'embrasse rapidement Nadia sur la joue, ainsi que Leila et fais un signe de la main à Marco et Quentin.

- A ce soir ! ; balance-t-elle d'une voix joviale.

Tom me regarde pétrifié. Le groupe de Nad & co sortent par la porte de derrière, alors que nous, on décide de passer par devant ; afin de signer quelques autographes et faire acte de présence. J'entends les pas de mon jumeau se presser, arriver jusqu'à mon niveau et me susurrer , d'une voix colérique.

- COMMENT CA, A CE SOIR ?

Je n'ai pas le temps de répondre, que nous voilà sortis parmi la foule bruyante, souriants.

*

____________________________________________________

Saluuuuuut :D
Alors là, vous pouvez pas dire que je n'ai pas fait vite (a)
Je n'écris plus sur Word ; alors je n'ai aucune notion de la longueur du chapitre ...
J'ai écris , écris, écris jusqu'à ce que je trouve qu'il fallait passer au Chapitre 41 :)
Huhuhu.

ALORS !!
Tout d'abord; je vous REMERCIER pour vos commentaire au Chapitre précédent.
Ils m'ont vraiment touché. Tous. Sans exception.
Je ne m'attendais pas à ce qu'il vous plaise autant :$
Merci pour celles qui ont fait l' effort de me laisser un commentaire (:

& ce chapitre , alors ?
Je me suis éclatée à l'écrire ; T & L me font délirer ...
Moment préféré ? / Réplique préférée ?
Pronostics quant à la soirée ?
& qu'avez vous pensé de la longue tirade de Leila lorsqu'elle est bourrée about
Tom, Nikola, Quentin & l' Amour?

Je veux encore des loooongs commentaires ;
car vous vous en êtes très bien sorties ;
& que j'ai adoré, chéri, apprécié, aimé vous lire :D

Je vous embrasse TRES fort

# Online seit Samstag, 06. Juni, 2009 um 08:10

Geändert am Donnerstag, 26. November, 2009 um 06:48

***__Chαpitre 41__ *** « ... Si seulement ... »

***__Chαpitre 41__ ***  « ... Si seulement ...  »
PARTIE I
*


_____POV Emma


- Qu'est-ce que tu fous là?; l'interroge-je fixant ses grand yeux innocents ; l'empoignant par le bras et l'obligeant à me suivre dans un endroit plus discret.

La foule savoure la dernière chanson de la soirée, les yeux rivés sur la scène; alors personne ne fait attention à nous lorsqu'on se faufile parmi eux, vers le fond de la salle.

- Bill ne veut pas te voir. Tu m'expliques qu'est-ce que tu fais là?

Son regard reste impénétrable, absent. Je la secoue pour qu'elle me réponde ; regardant autour de nous pour voir si quelqu'un nous observe.

- Je ne suis pas venue pour Bill. Je veux la voir elle.
- Mais tu es folle ! Si Bill te voit, il...
- Je sais. Mais comprends-moi, tu m'as tellement parlé d'elle et de tout ce qu'il se passe entre eux, que je veux ..., j'ai besoin voir à quoi elle ressemble. Je ne reste pas. Je veux juste ... la voir.
- Ca te servira à quoi? Ca va te faire plus de mal qu'autre chose. Je la prendrai en photo si tu veux, mais tu dois partir avant qu'on ne te voie.
- Non, Emma. Je sais que tu t'inquiètes pour moi, et je t'ai toujours écouté. Mais là, il faut que j'apprenne à prendre des décisions toute seule, et que j'en assume les conséquences. Sinon, je ne m'en sortirai jamais. Je suis décidée à la voir de mes propres yeux. J'en ai besoin, tu comprends?

Je laisse échapper un soupire d'irritation. La situation me glisse des mains. Elle est déterminée à voir Nadia.

La dernière chanson du groupe touche à sa fin. Ce qui signifie que Bill se baladera partout comme il sait si bien faire ; et s'il tombe sur elle... Je suis dans...

- Je ne lui parlerai pas. Juste voir à quoi elle ressemble, de loin. Elle est venue, n'est-ce pas? Tu la vois?
- Oui, elle est sûrement venue étant donné qu'ils ne se quittent plus depuis deux semaines ... ; réponds-je exaspérée, une pointe d'agacement imprégné dans la voix.

Elle pose un instant ses yeux sur moi.

- Tu n'as pas l'air de la porter dans ton coeur.
- Et toi non plus, Sascha; tu ne dois pas. Elle monopolise Bill, elle...
- Je ne la connais pas. Et puis si Bill a trouvé en elle ce qui lui manquais alors tant m...
- EMMA ! Hey! C'est nous! ; m'interpelle une voix que je reconnais rapidement; sans que j'aie à tourner le regard.

Mon coeur se paralyse quelques instants, mon sang se glace, ma respiration devient lourde. Elle est avec ... Nadia.

_____POV Leila


La dernière chanson touche à sa fin. Je soupire ivre de tant d'émotions; savourant de l'adrénaline encore présente dans mon sang. Ils n'ont joué que cinq chansons. Cinq misérables chansons... Le temps est passé si vite. Peu importe. Ce soir restera gravé dans ma mémoire à jamais. Concert court, un public calme mais chaleureux. Sans ces cris qui te déchirent les tympans lors des concerts typiques du groupe. Non, personne ne crie. La petite cinquantaine de personnes déguste ce moment avidement. L'ambiance est pourtant électrique. C'est leur musique qui provoque cet effet, qui enivre la petite salle.

Je suis seule, devant la scène ; du côté de Georg ; qui ne s'est pas gêné pour me faire des grimaces et quelques sourires de temps en temps. Quant à Tom... Je me suis interdit lui accorder ne serait ce qu'un seul regard. Mais j'ai craqué. Une fois. Je l'ai vu hypnotisé par sa guitare ; ses doigts dansants sur les cordes, la musique s'engouffrant dans ses veines. J'ai soupiré. D'agacement. D'exacerbation. Et je l'ai banni de mon champs de vision, encore une fois.

Je décide de rejoindre Nadia, qui elle, a préféré rester tout derrière; seule, elle aussi. Marco et Tinou ne sont pas venus, ce soir. Tous deux assurant ne pas être Fans de leur musique.

Je me forge un chemin parmi le groupe de personnes agglutinées près de la scène. Je me dirige vers l'endroit où je l'ai laissé il y a une demi heure.
Je la distingue; elle n'a pas bougé.

- Wahouh! Tu ne sais pas ce que tu as raté; dis-je euphorique.
- J'ai autant écouté le concert que toi, Lei.
- Non, non, non; être tout devant c'est toujours plus magique, plus vrai, plus intense. Tu aurais dû venir avec moi.
- Je suis bien là et j'ai très bien entendu.
- Oui, mais être juste devant, c'est complètement une autre expérience, crois-moi. Et puis, tu aurais croisé le regard du brun ténébreux et...
- Ouais, ouais, ouais. Hélas, je ne voulais croiser aucun regard, figure-toi.
- Tu as aimé ? Avoueeeeee; tu ne peux pas dire le contraire; tu ne peux pas ne pas aim ...
- Ca va. Il a vraiment une belle voix Bill.
- HAAAAAAAN, j'en étais sûre, youhouuuuu ; maintenant tu pourras venir avec moi à tous les con...
- Exagérons pas. Bon, on y va?
- Fais pas ta crotte, voyons. Maintenant c'est la soirée. L'after. La Fiesta. On va dans...
- Lei, qu'est-ce que tu veux qu'on foute là? On ne connaît personne.
- Mais si! On connaît eux ... Et ... Bon, tu as raison. On ne connaît pas grand monde. Mais on est deux êtres humains dotés d'une grande sociabilité; alors allons conquérir le Monde; allons faire des connaissances ; allons mettre du Punch; illuminons cette soirée .. Soyons l'étincelle de la Nuit. SOYONS ...
- Heu ouais. Mais, à part ça, soyons réalistes. Ils seront avec leur amis, leur famille, et tout ; on est de tr...
- Attends! Il y a une tête familière là-bas! C'est Emma!
- Super ...
- Ouais, bon, j'ai pas trouvé mieux. Allez!

On se dirige vers la blonde, qui semble submergée dans une conversation palpitante; avec une fille qui nous tourne le dos.
Pas grave, on impose notre base.

_____POV Nadia


- EMMA! C'est nous! ; crie jovialement Leila.

Je réprime un sourire. Cette fille est vraiment un cas. Elle débarque comme une fleur, s'en contre fichant de savoir si elle dérange, ou pas.

Quelques têtes se tournent vers nous face à la surexcitation de la rousse. Mais elle n'y prête pas vraiment attention.

- Oh, Leila. Tiens, vous êtes venues ; nous salue Emma, d'une voix incertaine.
- On n'aurait pas manqué ça pour rien au Monde! Un concert privé ... J'en tremble encore, tu n'as pas idée. C'est juste Wahouh. En plus, il n'y a pas beaucoup de monde, c'est tellement magique .. On peut vraiment profiter du moment calmement. C'est autre chose que de les voir en vrai concert; avec tout un tas de furies autour et ...
- C'est clair que c'est vraiment pas pareil ... , l'interrompt songeuse la fille qui se trouve avec Emma.
- Tu es Fan, toi aussi ? OOH TROP BIEN!; s'écrie Leila, tapotant de ses mains et sautillant sur place. Enfin quelqu'un qui peut comprendre à cent pour cent ce que je ressens!!! YOUHOUUU; s'enflamme-t-elle, sautant sur les bras de la blonde qui accompagne Emma. Tu sais, je ne connais pas d'autres fan's du groupe, d'où le fait que je sois en extase devant toi, tu m'excuseras, hein. C'est l'émotion! Ca fait trop plaisir, quoi. Tu t'appelles?; fini-t-elle enfin, souriante.
- Et si on allait prendre quelque chose à boire?, s'enquiert Emma.
- Sascha, et toi?
- Leila; enchantée; répond-elle toujours surexcitée ... Alors, tu es une amie d'eux? Comment ça se fait que tu es ici? Alors, moi, si tu savais! C'est vraiment une longue histoire. En fait, tout a commencé lors d'une séance ...

La voix de Leila s'éteint peu à peu dans ma tête. Tout ce qui m'entoure s'éteint progressivement, le monde qui m'encercle semble s'évanouir, pour ne laisser qu'elle comme seul et unique plan. Mon regard reste figé sur cette fille prénommée Sascha qui sourit timidement face au moulin de paroles de Leila. Son prénom résonne dans ma tête; et les paroles de Bill resurgissent à toute vitesse, en parallèle. Mon coeur se tourne dans tous les sens, assimilant que c'est bien elle. Je suis déconnectée du Monde, suspendue dans cette contemplation; mes yeux fixant ce sourire dessiné sur ses lèvres; ses yeux brillants, ses timides hochements de tête. Plus aucune voix n'arrive à mon cerveau. __Aucun bruit. __Aucun son. __Je suis congelée de l'extérieur, brûlant de l'intérieur; incapable de me sortir de cet état de léthargie. De cette inertie qui m'empêche de partir en courant. De cette torpeur qui m'empêche de lui demander violemment pourquoi, pourquoi elle n'est pas revenue vers Bill. De cette atonie qui m'inhibe de la secouer, lui crachant tous les reproches que Bill n'a jamais eu l'occasion de faire. De cet engourdissement qui me prohibe de lui sauter dessus et lui crier de s'en aller; de ne pas revenir, de ne pas lui refaire du mal. Malgré la faible lumière qui scintille, je l'aperçois très clairement. Je vois ses lèvres bouger; et ses yeux se poser enfin sur moi. Je n'entends pas ce qu'elle dit, pourtant. C'est que lorsque Leila pose sa main sur mon épaule, inquiète, que j'arrive à reprendre le contrôle de moi même. Le bruit m'entoure à nouveau; les voix dansantes remplissent l'ambiance électrique, une suave musique de fond anime la salle.

- Ca va choupette?
- Oui. Désolée. Tu disais?
- Je demandais comment tu t'appelais, toi; me dit-elle, souriante.
- Bon. Vous voulez vraiment pas qu'on aille boire quelque chose?
- Nadia... Je m'appelle Nadia.

Son sourire se terni et son visage flétri comme si je venais de lui annoncer que quelqu'un venait de mourir. Je ne comprends pas vraiment son changement. Pourtant, j'ai l'impression qu'elle sait qui je suis. C'est impossible.

- Nadia ... Enchantée; me répond-elle, d'une voix machinale; d'un sourire forcé; et passant par cet état léthargique que je viens de vivre.

On se regarde quelques instants, se dévisageant. Moi, me retenant de l'agresser; elle me scrutant soigneusement.

- Je... Excusez-moi. Je vais aux toilettes; annonce-t-elle d'une voix tremblante.

Quant à moi, je tourne rapidement les talons, à la recherche de Bill; laissant Leila les mots à la bouche, avec Emma.

_____POV Tom


Je finis de ranger minutieusement mes guitares, lorsque quelqu'un me prend fougueusement dans ses bras par derrière.

- Toooom! Tomi, Thomas Kaulitz, ça faisait tellement longtemps !

Le visage de ma mère s'engouffre dans mon cou; remontant vers ma joue et me faisant des bisous fiévreusement. C'est tout elle. Je soupire, embarrassé qu'elle ait ces élans affectifs devant tout le monde. Je la pousse doucement pour me retourner vers elle et l'embrasser rapidement sur la joue.

- Maman, tu peux éviter de me violer en publique.
- Je suis ta mère, je fais ce que je veux! Tom ,tu as tellement grandi!
- On s'est vu il y a une semaine, maman. Arrête ton délire.
- Mais j'ai l'impression que tu as encore pris des centimètres, c'est fou.

Je souris.

- Tu as cette impression à chaque fois que l'on se voit. Si on t'écoutait, je ferais déjà plus de trois mètres; la taquine-je, roulant des yeux.
- Oh. Le concert était génial! J'en ai eu les larmes aux yeux tout au long. Toi et Bill, vous êtes ...
- Ouais. Ouais. Viens, on va aller chercher quelque chose à boire; je suis déshydraté.
- Je suis si fière de vous, Tom...

Je lui souris une nouvelle fois, puis on se dirige ensemble vers le bar de la salle. Je croise plein de visages familiers, à qui j'adresse un sourire, ou un signe de tête. Ma mère à mes côtés n'arrête pas de parler du concert. Je commande deux bières au barman; puis me plonge entièrement dans la conversation.

- Vous devriez faire ce genre de concerts plus souvent.
- C'est pas à moi qu'il faut le dire. C'est David qui se charge de ces choses, tu le sais.
- Oui. Oui ... Alors, ça y est. Tu es en vacances. Vous avez décidé ce que vous allez faire, avec Bill?

Je réponds non de la tête, m'adossant au bar, balayant la salle du regard. J'aperçois Bill au loin avec Andréas, et Phil.

- Non, on essaye de ne pas trop décider à l'avance, sinon ça se sait.. On verra.
- Mais vous êtes là pour les fêtes, n'est-ce pas? Car cette année, on a prévu une réunion avec toute la famille; plus celle de Gordon; alors j'aimerais que vous soyez là; tu sais.
- Je ne sais pas Maman; je ne sais pas ce que je vais faire demain, alors je peux pas te dire où je serai dans un mois.

Je bois une gorgée, puis tourne ma tête vers elle; qui me regarde avec un sourire béat sur les lèvres. Je fronce les sourcils, devinant à son expression quel sera le prochain sujet de conversation. Je dévie le regard afin de réfléchir à ce que je vais dire. Mais la question qui lui brûle les lèvres se concrétise.

- Alors, elle est où? Regarde, me demande-t-elle; tournant sur elle. Je me suis fait toute belle pour lui faire bonne impression. Tu as vu ça?; Je fais une grimace, cherchant mes mots. Comment lui dire que... Tom, ne me regarde pas comme ça, je te promets que je serai sage devant elle, que je ne parlerai pas trop; que je me ferai discrète. Mais j'ai vraiment envie de la rencontrer. Connaître la fille qui a su percer ton monde, et réveiller ton coeur. Tu sais, je me suis toujours dit que Bill serait le premier de vous deux à avoir une copine, tomber amoureux, et tout ça. Mais, je suis agréablement surprise. Tu m'étonneras toujours Tom. Je suis fière de toi, dans tous les aspects. Le succès ne t'est pas monté à la tête, vous savez gérer votre quotidien et votre rythme à merveille; alors, je suis heureuse que tu aies trouvé le temps d'aimer quelqu'un. Car, même si je suis ravie que vous vous consacrez entièrement à votre carrière; l' Amour c'est indispensable Tom. Et je suis enchantée que tu t'en sois rendu compte. Tu me rends heureuse, Tomi.

Elle marque enfin un temps d'arrêt, pour reprendre son air.

- Je... Elle. Hum, comment dire.
- Oui?

M'incite-t-elle, ouvrant grand les yeux, élargissant son sourire, tapotant mon épaule. Putain, c'est plus dur de ce que je pensais.

- Tu en fais un peu trop, maman. C'est juste une fille de rien du tout, tu sais.
- Tom, ne dis pas ça, voyons. Je n'en fais pas trop. Mon premier Amour a été ton père; et il m'a fait le plus beau cadeau du monde, en double, en plus.

Mon coeur palpite avec déchaînement. Je ne sais pas comment tourner la phrase. Je ne sais pas m'y prendre. Je ne veux pas voir ce sourire s'affaisser; ni ses illusions crouler.

- Alors, ne sous estime pas ta première expérience amoureuse. Compris? Alors, elle est comment? Je veux tout savoir! Elle est brune, ou blonde ?
- Blonde; laisse-je échapper.

La tête rousse qui me vaut tout ce quiproquo se dessine dans mon souvenir ; l'imaginant blonde, soudainement. Je secoue la tête afin de chasser son image.

- Oh! Blonde! Je le savais. Tu as toujours eu un faible pour les blondes. Elle est là, ce soir?
- Heu. Elle... Elle n'est pas encore arrivée; mens-je.

Putain. Qu'est-ce que je suis en train de faire. Pourquoi n'arrive-je pas à dire tout simplement qu'il s'agit d'un malentendu ? Elle me facilite pas la tâche, non plus. Je bois une nouvelle gorgée de la bière qui se trouve entre mes mains.

- Et tu l'as rencontré comment? Et c'est officiel ? Comment ça se passe à ce niveau là? La presse est au courant? Et Comment l'a pris David? Oh, tiens, il y a Gordon là bas.

Elle fait des signes extravagants pour qu'il la voit. Gordon l'aperçoit; et elle lui fait signe d'approcher. Oh non. Ils vont s'y mettre à deux. Il faut que je me sauve et vite. Je murmure rapidement que j'ai une envie pressante; et m'empresse de m'éloigner du bar.

- Toom?

*

_____POV Nadia


Ca doit faire dix minutes que je poireaute parmi tous ces visages inconnus afin de trouver Bill. Je commence à perdre patience quand un main me rattrape par le bras. Je me retourne et soupire soulagée quand je vois qu'il s'agit de Bill; qui me sourit de ses yeux fardés de noir. Il me tend un verre remplit d'un liquide que je ne prends pas la peine d'identifier; je lui prends la main et tire pour qu'il me suivre. Je cherche un endroit à l'abris des regards curieux. On se planque derrière la scène où ils ont joué il y a quelques minutes. Je fronce le sourcils, ne sachant pas s'il faut lui dire ou pas.

- J'espère que si tu m'as amené dans ce coin si sombre et caché de tout le monde ce n'est pas pour m'engueuler. Je veux bien savoir pourquoi tu as été distante avec moi ce matin; mais je ne veux pas subir la Nadia folle qui me déteste. Alors, dis-moi ce que tu avais à me dire, mais sous la Nadia douce et sensible que tu caches si bien.
- Bill.. Ce n'est...
- Ne me dis pas que tu regrettes de t'être confié à moi hier soir; car je te jure que je te fais une scène ici même. Oui, j'admire tes transformations; mais je ne peux pas reconquérir ta confiance tous les jours non plus. Je ne regrette pas de t'avoir parlé de mes peurs, et de mon passé. J'espère que toi non plus. Et tu sais, j'ai même remercié Georg de nous avoir enfermés. Pas la peine de faire cette tête, oui, c'était son idée, c'est la faute de mon clan, mais s'il ne l'avait pas fait, on n'aurait pas pu se dévoiler comme on l'a fait alors, je l'ai vraiment rem...
- Bill, tu parles trop.
- Je sais. C'est juste que ... Ce n'est pas ton genre me prendre par la main, de m'amener dans un endroit calme, à l'abris de tout le monde; alors j'ai le pressentiment que ce que tu vas me dire ne va pas du tout me plaire. J'essaye donc de t'en dissuader avant que ces phrases que je vais détester ne traversent tes lèvres. Ne me dis pas quelque chose qui va m'attrister, énerver ou ... Je ne sais pas. Ne dis rien. J'ai aimé cette soirée avec toi; j'ai aimé découvrir un peu plus de celle que tu caches, que tu protèges sans cesse. Je veux que ça reste comme ça; quand je pense à hier soir, je vois ton sourire avant de t'endormir. Et si maintenant tu as changé d'avis, et que tu ne veux plus me revoir, je m'en fous; je ne te crois pas. Tu es condamnée à supporter ma présence. Et si tu regrettes pour hier, ne me le dis pas, s'il te plaît; ne dis rien qui pourrait gâcher ce souvenir. Nadia, je suis vraiment bien avec ...
- Sascha est là.
- toi ...

Finit-il enfin. Malgré l'obscurité qui nous entoure, je vois ses yeux s'agrandir démesurément. J'entends sa respiration lutter pour retrouver un rythme régulier. Je m'approche de lui afin de distinguer mieux son visage et de déchiffrer ce qu'il peut ressentir. Il arque son sourcil.

- Ce n'est pas possible, Nadia. Elle ... Elle n'est jamais venue à aucun de nos concerts. Ca fait trois ans qu'elle ne met plus les pieds où on traîne; alors c'est impo...
- Je te jure, Bill. Elle est là. Elle était avec Emma, tout à l'heure. Je ... Je ne savais pas s'il fallait te le dire ou pas. J'ai eu peur que tu tombes nez à nez avec elle; et ça aurait été pire, Bill. Je me suis mise à ta place; si Damien était quelque part près d'ici, aux alentours, j'aimerais qu'on me prévienne, pour partir en courant dans l'autre sens. Mais toi ... Je pense qu'après avoir digéré la nouvelle, tu voudras sûrement la voir pour ... parler... de votre " rupture " aussi radicale... De toutes les choses qui n'ont pas été dites, qui sont restées dans le s...
- C'est toi, qui parle trop là.
- Oh. Je sais. Je.. Ca m'a fait bizarre l'avoir en face de moi. Je ne m'étais pas préparée psychologiquement. Alors, je suis là en train de te dire tout ça pour que tu te prépares psychologiquement, toi.. Tu..
- Pourquoi ça t'a fait bizarre?
- Je ne sais pas, Bill. Par rapport à tout ce que tu m'as dit. Tu vas sûrement vouloir la voir, parce qu'elle est importante pour toi et je comprends parfaitem...
- Nadia. Nadia... calme-toi.
- Je suis très calme. Qu'est-ce que tu insinues? Qu'avoir vu cette Sascha ça m'a produit un faux contact entre mes neurones et que je déraille complètement; alors que c'est toi qui devrait être en panique?!
- Tu l'as très bien formulé, dis donc; répond-il souriant.

Non mais j'hallucine. Moi je suis en panique total à sa place, et lui, il sourit comme un con? Je soupire. Très bien. Si c'est comme ça, je vais le laisser dans sa merd...

- Elle était importante pour moi, nuance. Tu réagirais comme ça, à ma place, car toi tu as une phobie avec le passé; mais moi, j'ai passé outre.
- Oh ... Ca ne va pas te faire ... du mal, la revoir?
- Non.
- Ca va rien te faire du tout?
- Non.
- Tu ne voudras pas lui parler... de comment ça s'est fini?
- Non.
- Tu peux arrêter de sourire comme un con?
- Non plus.
- BILL!

Il s'efforce d'effacer son sourire béat; et durcit ses muscles afin de les garder sur place. Mais réprimer un sourire, c'est vraiment pas son fort. Il tient dix secondes, avant de se laisser aller à nouveau, et retrouver ce sourire en coin qui m'énerve.

- Pourquoi tu souris, au juste?
- Parce que tu as paniqué, pour Sascha.
- J'ai paniqué parce que à ta place, j'aurais paniqué ; alors, j'ai paniqué à l'avance, et pour deux. Je dis vraiment n'importe quoi. Conversation finie. Enfin, non ... Tu es sûr que ... Ca ne te fait rien du tout savoir qu'elle est là ? Je ne comprends pas, à vrai dire... Moi, je...
- Oui, je suis sûr, Nadia. On réagit différemment car on maintient des rapports différents avec nos passés. Toi ton passé te hante ; moi j'ai tiré un trait.
- Mais ça ne t'intrigue pas ? Savoir pourquoi elle n'est jamais revenue, ou... Je ne sais pas moi! Vous aviez une relation spéciale et ça s'est effondré comme un ridicule château de cartes, en un rien de temps. Je ...
- Non, ça ne m'intrigue pas. Ca m'avancerait à quoi? Trois longues années sont passées. On ne se connaît plus. Et c'est elle qui n'a pas voulu me revoir après qu'on se soit engueulés. Moi j'ai essayé de m'excuser plein de fois; et elle a refusé de m'entendre. Alors, je ne regrette rien. Plus aujourd'hui, en tout cas.
- Oh ... D'accord. J'ai cru ... que tu allais vraiment flipper si tu savais qu'elle était là ... J'ai cru que ta relation avec elle te remonterait à la gorge et que tu...
- Tu as mal cru.
- Arrête de sourire Bill; ça me ..
- Produit un faux contact ?

Je ne peux m'empêcher de rire, nerveuse et soulagée au même temps.

- Tu voulais me parler de quoi, ce matin?
- Ah ça ... Ca n'avait rien à voir avec toutes les ... possibilités qui se sont dessinées dans ta tête et que tu m'as cité au début de la conversation, tu sais. Je n'ai pas changé d'avis sur rien du tout; et je ne regrette pas t'avoir parlé de ... moi. J'étais un peu tendue par rapport à Leila et ton frère. Bill , dis-moi. Tu crois que Tom lui fera du mal? Je m'inquiète pour elle. Ils sont tellement bornés ...
- Hum. Je ne veux pas te mentir ... Il ...
- Bill? C'est toi? Mais qu'est-ce que tu fous caché ici? ET... Tu es ... accompagné? Oh mon Dieu, le scoop !!!!!!!! Ta mère va mourir de joie ce soir.
- Non, Gordon, reviens ici ! GORDON ! Excuse-moi Nadia, c'est mon beau père ; il ... Faut que j'aille le rattraper.

Je ris, alors que Bill part en courant derrière le présumé Gordon.

*

_____POV Leila


- Georg, arrête de faire cette grimace, elle me fait peur je te dis!

Il la refait une nouvelle fois. Je dévie le regard et mets une main sur son visage, afin de le cacher et protéger le reste du Monde de sa grimace horrible. Emma est avec nous, le regard absent. Elle n'a pas dit un mot depuis que Nadia et ma super nouvelle coupine Sascha, sont parties. D'ailleurs, où est passée Nadia?

- Georg, tu sais que j'ai fait ami-ami avec une connaissance à vous tout à l'heure? ; ma phrase semble sortir Emma de sa torpeur et me lance un regard noir. Heu. Fallait pas le dire ? ..
- Ah bon? Qui ça?

Je m'apprêtais à répondre lorsque quelqu'un se joint à nous.

- Bonsoir Emma, Bonsoir Georg. Et bonsoir ... Tu t'appelles?
- Leila.
- Bonsoir Leila. Dis-moi Georg, tu n'aurais pas vu un de mes deux jumeaux? Ils sont introuvables depuis tout à l'heure; alors on est à leur recherche avec Gord... LEILA? Tu t'appelles LEILA tu viens de dire ?

Je bats les paupières exagérément, ne comprenant pas pourquoi la femme plantée devant moi s'enflamme sur mon prénom.

- C'est ce que j'ai dit Madame. Ca ne vous convient pas?
- Mais tu es la Leila de mon Tomi?

BOUM. Là, là je comprends. C'est leur mère. Oh Gott. Je n'avais pas prévu cela. Il faut que je me sauve. Que je parte en courant. Il faut que je ...

- Tout à fait Simone. C'est elle. En personne !

Je fusille Georg du regard, puis reviens sur le visage chaleureux de Simone; qui me dévisage avec intérêt.

- Enchantée ma belle, je suis Simone, la mère des jumeaux. Tom m'a beaucoup parlé de toi, tu sais?

J'imagine. Surtout pas en bien, c'est ça ?

- Mais il ... m'a dit que tu étais blonde, tiens, c'est drôle.
- Blonde ?!

BLONDE? Sale poulpe, tu vas voir où je vais te fouttre tes blondes, moi.

- Il a sûrement voulu dire blonde dans sa tête.

Je reviens sur Georg une nouvelle fois, lui adressant un faux sourire. Je me concentre à nouveau sur Simone, qui me scrute toujours souriante. J'inhale une grande bouffée d'air puis me lance.

- Très drôle Georg. Ecoutez Simone, l'autre soir, j'ai ...
- LEILAAAAA. Mon amour. Tu es là ; me coupe Tom, apparaissant de nul part.

Il m'a traité de quoi là?

- TOM ! Mais où étais-tu passé ? Avec Gordon on n'arrête pas de vous chercher. Et Bill aussi, il a disparu. Tom, regarde sur qui je viens de tomber par hasard ? La fameuse Leila. Je ne sais pas où tu as vu qu'elle était blonde, sérieux.
- Oh, heu .. C'est un petit trip entre nous. C'est clair, plus rousse, tu meurs.
- Vraiment, vous allez tellement bien ensemble !

Georg n'arrête pas de rigoler depuis le début, mais Simone ne semble pas s'en rendre compte, hypnotisée par le couple que formons le poulpe et moi.

- Madame, je vais vous dire ce qu'il...

Tom m'écrase le pied, me faisant comprendre que je dois fermer ma gueule. Mais qu'est-ce qui lui prend lui, maintenant? On va pas jouer à ce jeu là. Pas devant sa mère. Ca ne se fait pas. Je ne comprends rien.

Lorsque nos regards se croisent, j'essaye de lui faire passer le message Qu'est-ce que tu fous, pauvre tâche . Pour toute réponse, il m'écrase le pied une nouvelle fois.

J'hallucine. Georg arrête de rire, ou je t'en colle une.

- Tu voulais dire Leila?
- Que ... Heu... ; je plante mon regard dans celui de Tom, qui ouvre grand les yeux comme si je pouvais lire le message dans ses pupilles. Comme si le message défilait sur ses prunelles obscures. Je soupire face au regard insistant qu'il m'adresse. Ca me fait très plaisir vous rencontrer, Madame. Tom m'a également beaucoup parlé de vous. Il n'a que ça à la bouche "Maman, ma maman me manque" ; "Je veux ma maman" ; "Je vais appeler Maman".
- Ooooh. C'est vrai, Tomi?

Elle se penche sur Tom pour le prendre dans ses bras. Je souris victorieuse voyant Tom très malaise et embarassé. Il repousse gentiment sa mère et profite qu'elle me dévisage à présent pour me lancer des regards noirs.

- Il faut que Gordon voit ça; dit-elle détachant enfin son regard de moi, et regardant autour. Je profite de ce moment pour susurrer à Tom:

- Qu'est-ce que tu fous, ça va pas? Comment tu..
- Tais-toi.

Simone revient sur nous, ravie. Mon coeur failli faire un bond quand je sens le bras de Tom m'encercler la taille. Les yeux de Simone brillent face au spectacle qui se déroule sous ses yeux ensorcelés.

Tom, enlève tes sale pattes de ma taille, ou tu vas m'entendre.

- Dites-moi tout! Comment vous êtes vous rencontrés?
- Hum... Elle... Je...
- En fait, j'ai un ami journaliste. Cet ami a dû interviewer le groupe. J'étais là. Ce fut le coup de foudre, n'est-ce pas, Tom?
- Complètement; bafouille-t-il.
- Il m'a avoué avoir toujours préféré les rousses.
- Vraiment ?

Tom se voit obligé de hocher la tête, mais il se pince les lèvres sûrement souffrant de toute cette situation ridicule.

- Vous êtes tellement mignons ensemble; je vous jure. Leila, dis-moi, afin qu'on puisse bien se connaître, ça te dirait de venir manger à la maison, ce week end? On pourra faire plus ample connaissance et dans un contexte beaucoup plus calme.
- Non, non, non, non, non, non.

Je souris malicieusement remarquant le profond malaise de Tom. Tu t'es mis dans la merde tout seul Tomi. La situation me plaît beaucoup plus tout d'un coup.

- Bien sûr ! Avec plaisir Madame.
- Appelle-moi Simone, je t'en prie. Samedi soir, ça vous va?
- Non Maman, non.
- Pourquoi pas, Tomi? Moi, ça me va mon chéri. Allez. Dis oui ; supplie-je fixant Tom, savourant ce moment de supplice.
- D'accord ... ; lâche-t-il, dans un soupir, entre ses dents.
- Il peut rien me refuser; ce n'est pas adorable?; m'exclame-je, souriante.
- C'est incroyable. Jamais j'aurais imaginé voir Tom comme ça Leila. Tu as beaucoup de chance.
- Oh je sais. Ca n'a pas été facile du tout le conquérir. C'est un garçon très difficile, vous savez.
- Complètement. Encore, parlez-moi de vous. Ca fait combien de temps?
- Heeu .. Ca doit faire, pas longtemps. Héhé. C'est nouveau. ______ Ca fait même pas cinq minutes ma vieille.
- Je vois, je vois. Et comment a réagi l'entourage?
- Maman, et si on continuait cette conversation samedi? Tu nous monopolises, alors qu'on a du monde à voir. On sera tout à toi samedi soir.

Simone unit ses mains devant sa poitrine, toujours ce sourire heureux collé sur les lèvres. Mon Dieu Tom, en quoi tu m'as embarqué; pauvre femme.

- Très bien. Allez vous amuser, alors. Georg, pourquoi ris-tu autant?
- C'est... leur tête. Ils ont une drôle de tête, vous ne trouvez pas, Simone?
- Oh non, ils sont adorables ensemble.

Puis Georg glousse fébrilement à nouveau. Tom et moi le fusillons du regard; pour ensuite adresser des faux sourires à Simone. On allait enfin partir, quand quelqu'un se joint à nous, encore.

- Je viens de voir Bill, caché avec une fille; derrière la scène. Il s'en passe des choses ce soir moi je dis. Oh c'est toi la copine de Tom; alors?

Me demande-t-il souriant. Mon Dieu. Pour la première fois de ma vie, j'aimerais me cacher sous terre. Je m'apprête à répondre, mais Georg attire notre attention car il commence à taper de ses mains, prisonnier d'un fou rire frénétique.

- Maman! Ce n'est pas vrai ; se défend Bill, arrivant essoufflé juste après l' Homme qui vient de se joindre à nous.
- Qu'est-ce qui n'est pas vrai Bill?
- Bah, je sais pas. Ce qu'il t'a dit.
- Que tu étais avec une fille.
- Ah, ça oui; répond-il désinvolte. __Billou, tu ne connais pas Maman-Simounnette-Je-veux -tout-savoir ou quoi. Je n'aurais pas répondu ça à ta place.

Simone se tourne complètement vers Bill. Ses yeux s'écarquillent, et ses joues se colorent d'excitation. L'adrénaline s'engouffre dans ses veines une nouvelle fois.

- Bill ! Toi aussi?
- Moi aussi, quoi?
- Tu as une copine ?
- Trop pas. Qui a une copine ?

Simone se tourne alors vers Tom et moi; la main du poulpe toujours entourant ma taille. Les yeux de Bill, incompréhensifs, se posent sur nous, puis sur sa mère. Pour revenir sur nous. Il comprend alors que Tom n'a pas osé dire la vérité à sa mère. Et ouai, niveau lâche-attitude, on a le Champion parmi nous.

- Oh.
- Tu la connais, Leila, n'est-ce pas? Elle vient manger à la maison samedi.
- Sérieux ? ; demande Bill stupéfait et me lançant un regard interrogateur. Je hausse les épaules, voulant clairement dire " Ta mère est impossible; ce n'est pas ma faute ". Oui, oui. Je la connais, bien sûr.
- BREF. Nous on va vous laisser ; Bill a sûrement beaucoup de choses à vous dire sur la fille derrière la scène; lance Tom commençant à faire demi-tour.

Bill lance un regard assasin à Tom. " Ce n'est pas parce que TU es dans la merde qu'il fallait m'y amener avec toi " ...Héhé. Vive la solidarité entre jumeaux. Tom et moi réussissons enfin à quitter ce groupe infernal.

Il retire enfin sa main de mon corps. Il se dirige vers un coin du bar, où il commande une autre bière.

- Sale poulpe ; viens ici immédiatement.

Il se retourne, irrité, puis hausse un sourcil, me défiant à l'engueuler devant tout le monde. Je regarde autour, et remarque en effet, que plusieurs visages se sont tournés vers nous lors de ma gentille phrase précédente. Je leur dédie un sourire puis reviens sur Tom, qui boit sa bière tranquillement. Non, tu as raison; je préfère que ça reste entre nous, en fin de compte. Faire semblant d'être ta copine devant ta mère est déjà assez insupportable ; alors jouer ce rôle devant tout le monde, c'est hors de question.

Je me rapproche de lui, pour que personne ne nous entende. Il est adossé au mur, une main enfouie dans sa poche, l'autre tenant sa bière.

- Tu es con ou quoi? Pourquoi tu n'as pas dit la vérité à ta mère? ; lui dis-je à l'oreille. Il se baisse quelques centimètres pour faire de même.
- Tu voulais que je lui dise quoi, dis-moi? Qu'une conne a pris mon portable et s'est amusé à envoyer ce sms débile à tout le monde?
- Qu'une belle rousse s'est vengée pour tout ce que tu lui avais fait! C'est pas difficile à dire, pourtant! Ca ne se fait pas, Tom ; tu es en train de lui mentir.
- Je n'avais pas le choix, d'accord. Je comptais lui dire, mais elle parle trop. Elle m'a sorti tout un discours sur l' Amour et je ne sais quoi d'autre comme connerie. Elle est trop dans sa bulle. Alors ... Dans une semaine, je lui dirai que c'est fini; que ça n'a pas marché, puis voilà, résolu. Et qu'est-ce qui t'a pris d'accepter le dîner? Tu as vraiment les fils qui se touchent, toi.
- C'est toi qui m'a embarqué là dedans. Fallait que je mette mon petit grain de sel.
- Tu sais où je vais te mettre ton petit grain de sel?
- Au même endroit où je compte mettre ta main la prochaine fois que tu me prends par la taille ?
- On doit parler du même endroit, en effet. Mais pourquoi tu as accepté? On est dans la merde par TA faute.
- Tu sais, Tom, c'est paradoxal car ce petit jeu de faire semblant m'insupporte, tes pattes sur moi m'insupportent, tes faux sourires m'insupportent, mentir à ta mère m'insupporte, être ta complice m'insupporte, devoir faire semblant de t'apprécier m'insupporte et pourtant ; j'ai envie de le faire, juste pour ... t'insupporter ; lui explique-je, m'éloignant de son corps afin de voir son visage. Ses yeux surpris me fixent; prêts à objecter, à me contredire, mais je décide d'avoir le dernier mot, alors j'esquisse un rapide sourire narquois, puis m'éclipse à la recherche de Nadia.

*

( __Partie II,
juste en BAS__)

# Online seit Freitag, 10. April, 2009 um 21:36

Geändert am Donnerstag, 26. November, 2009 um 08:42