*« Si nous en avons fini avec le passé,
le passé n'en a pas fini avec nous. »
_____POV Nadia
Bill regarde apeuré autour de lui, essayant de trouver la source de la question. Ses yeux se posent tout d'abord sur Tom, puis sur Andréas. Un silence pesant s'installe pendant que Bill cherche le responsable. Je sens bien son malaise. Sa respiration devenue saccadée, je baisse la tête sentant combien cette question l'embarrasse.
- Je bois.
Lorsque j'entends cette phrase prononcée d'une voix faible, je lève brusquement la tête et mes yeux se posent inévitablement sur lui. Il fixe le verre que Georg lui rempli puis le boit d'un trait. Je sens mon coeur se serrer piteusement me demandant qui est cette Sascha pour qu'il refuse de répondre à cette question.
- Bien! On continue!; s'exclame Georg pour briser la glace.
Il sort un autre papier. Le coeur aux lèvres après cette première expérience, on appréhende tous la question suivante.
- Pour Leila: Es-tu amoureuse ?Tous les regards se posent sur elle.
- Je ne sais pas. Peut être.- Plus de précision ma petite.- Il y a des fortes chances, oui.- De qui?- Cette partie n'était pas marqué dans le papier Georg!Il sourit, puis ressort un autre papier.
- Pour Tom: Pourquoi me traites-tu ainsi depuis tu-sais-quoi ?Tom regarde directement Leila.
- Parce que c'est la règle du jeu.
*
- Pour Nadia: Pourquoi as-tu refusé de sortir avec Bill?Je manque de m'étouffer lorsque la fin de la question arrive à mon cerveau. J'écarquille les yeux et m'éclaircis lamentablement la voix.
- Je... Bill... , je regarde Bill affolée pour qu'il démentisse, mais il est aussi hors service que moi.
C'est quoi cette question! Bill n'a jamais tenu ces propos envers moi...- Si, dans la cuisine, lundi, dit Leila.
- Pas du tout! Bill, dis leur que ce n'est pas vrai!- Ce n'est pas vrai; articule-t-il avec difficulté.
- Merci Bill, vachement crédible. D'où vous sortez ça?, demande-je, laissant entrapercevoir une pointe d'hystérie dans la voix.
- C'est bon. Pas besoin de vous cacher. On sait tous.- Non! Je vous jure que ...- On vous a entendu, que c'était "insensé", et que ce n' "était pas réel" ...Je fronce les sourcils ne sachant pas de quoi ils parlent, puis j'essaye, une nouvelle fois, de trouver une réponse chez Bill.
- Vous avez fumé quoi les gars?Mon coeur trépigne d'embaras. Toutes les paires d'yeux sont posées sur nous deux. Elles bondissent de moi à Bill frénétiquement. Je sens mes joues rougir et la chaleur soudaine brûler ma peau, le coeur me monter à la gorge formant un noeud qui m'empêche d'avaler, mes mains tremblent et s'humidifient instantanément, et mes tripes se remuent sans pitié. Bill, remarquant soudainement mon état, sourit malicieusement. Et en plus il s'amuse ce con de tout ce malentendu. Ce n'est PAS drôle, putain. Dans tout ce chaos infernal, ça me revient. La cuisine. Et les phrases.
- AAAAH. Je ... vois. Vous avez ... compris ... n'importe quoi! On parlait d'autre chose.Bill me fixe, son sourcil arqué, ce putain de sourire à la con en coin. Terriblement amusé.
- On parlait d'amitié... De pourquoi lui et moi on ne pouvait pas être amis.- Oh. Et pourquoi?- Non mais Georg, arrête d'essayer de gratter des réponses partout. Ce n'est pas dans le petit papier ta question!Me sauve Leila. Mais Bill ne cesse de me fixer, jouissant effrontément d'être la source de mon malaise. Je lui murmure un faible "Arrête!", qui a pour effet de lui faire élargir son sourire à la con.
- Bien. Continuons. Pour Emma: Quand diras-tu la vérité à Bill ? La question détache le regard provocant de Bill sur moi et ses yeux soudain interrogateurs se posent sur Georg, puis sur Emma.
- Quelle vérité?- Je ne vois pas du tout de quoi ça parle.Bill arrache des mains le papier à Georg et relit la question à voix haute. Puis, interroge Emma du regard une nouvelle fois.
- Bill, je te promets, je ne comprends pas cette question. Je ne sais pas de quelle vérité la personne parle. - Tu bois alors.Bill laisse tomber le petit papier, mais ne répond rien.
*
- Pour Gus: Qui a été ton fameux coup de foudre? - Je bois.*
- Pour Tom : Que ferais-tu si tu devais mourir demain?Tom réfléchit un moment, dans une atmosphère pesante. Puis, approuvant d'un signe de tête sa pensée, ses lèvres s'entrouvrent:
- J'achèterais le dernier modèle Gibson en noir.- Mon Dieu, ce que tu es con.- Parce que tu ferais quoi toi?- Je ne sais pas! Mais pas quelque chose d'aussi ...- Au moins je sais, moi!- Ca suffit.*
- Pour Emma: Pourquoi avez-vous cassé toi et Gus?Je pose mes yeux sur Emma, puis sur Gus, surprise d'apprendre qu'ils sont sortis ensemble. Je ne les ai vu se parler que très rarement. Sur les lèvres sculptées de la blonde se dessine un sourire narquois, alors que Gus fuit les regards.
- Parce qu'il m'a trompé.La réponse d'Emma semble avoir l'effet d'une bombe sur la robuste personne du blond. Il ne fuit plus. Il la fusille du regard. Sa passivité caractéristique s'évanouit dans un éclair et ses traits aussi nonchalants d'habitude se crispent et se tordent jusqu'à former une grimace remplie de haine. Son visage pâle rougit abruptement, et ses veines se gonflent démesurément. Mon coeur s'accélère reconnaissant la violence qui s'avoisine. Je me tourne frénétiquement vers Bill, qui observe attentivement Gus, son sourcil haussé, et qui ne remarque pas mon altération. Je me retourne donc vers la personne à ma gauche: Andréas. Je lui prends le bras, et le serre très fort. Gus se lève d'un bond. Mon coeur avec lui. On sent sa colère prête à exploser d'un moment à l'autre. Andréas me susurre je ne sais quoi à l'oreille. Je n'entends rien. Je concentre toutes mes forces afin de chasser les images qui reviennent dans ma tête.
- Quoi? Mais tu es incroyable. Qu'est-ce que tu racontes maintenant? J'en ai marre, de tout ça, de tous ces mensonges, de toi.- Je rigolais, voyons. Un peu d'humour mon petit blond, dit-elle, suivi d'un rire qui sonne faux. Mais Gus ne change pas d'attitude, il continue à lui cracher toute sa haine dans son regard perçant, impénétrable. Elle regarde la ronde et sourit nerveusement.
Tu tiens vraiment à ce qu'on parle devant tout le monde Gus?, demande-t-elle sous un air faussement calme.
Gus s'approche de la blonde, lui attrape le bras et l'oblige à se relever. Je sens Andréas s'agiter à côté de moi.
- A toi de me le dire, Emma. Tu veux qu'on éclaircisse quelques points devant tous?La blonde ne quitte pas Gus du regard, soudain défiante, possédée par la colère, la rancune, et la haine, elle aussi. D'un mouvement brusque, elle se défait de l'étreinte de Gustav et murmure:
- Ce sont nos affaires. Réglons ça dehors.Le couple blond disparaît sous un claquement de porte sous les yeux ébahis de tout le monde. L'ambiance pesante reste, le silence règne quelques instants. Les regards fussent dans toutes les directions. Je lâche le bras d'Andréas qui me sourit m'interrogeant du regard. Je lui fais signe de la tête de ne pas s'inquiéter.
- Bon, et bah, c'est la fête dis donc; lance Tom se relevant et partant je ne sais où.
- Putain. Pour que Gus s'énerve à ce point, je préfère pas imaginer ce qu'elle a fait ta soeur Andy.- C'est pas mes histoires, mais il n'a pas intérêt à la toucher.- Il ne lui fera rien Andy.
- T'as vu comme il s'est énervé? Je ne serais pas si sûr... Je vais sortir les voir.- Moi je m'occupe de ranger ici. Quentin tu m'aides?- Yeap commandant.Marco se lève pour se réfugier dans le grand canapé. Peu à peu le petit monde assis par terre commence à se disperser. Bill se redresse afin d'empêcher Andréas de sortir de la chambre et s'embrouiller avec Gustav. Il essaye tant bien que mal de le rassurer, mais Andréas s'obstine. Je perds leur conversation et me dirige vers le balcon en face des canapés afin de prendre un peu d'air. La voix de Georg m'interloque.
- Nad, ne va pas dans celui là. Il y a ... des filles en bas. Tu sais, les fans. Si tu veux sortir un peu, sors dans l'autre balcon.
- Oh. Il est où?, demande-je, balayant la pièce du regard.
- Dans la chambre de Bill.Je fais un tour de 360° sur moi même. Je pensais qu'on était dans la chambre de Bill? Je regarde autour de moi. Ca n'a pas vraiment l'air d'une chambre tout ça. Je cherche le lit, mais en vain. Georg réapparaît dans mon champs de vision par une porte et me signale du doigt une autre porte dans la direction opposée. J'acquiesce d'un mouvement de tête et comprends. C'est une Big chambre cet endroit. Je n'avais pas fait attention aux différentes portes qui arborent la grande salle. Je pousse la porte indiquée d'un geste timide et rentre dans une chambre submergée dans la pénombre. J'avance doucement et heurte des objets de mes pieds. Je sors mon portable afin d'illuminer un peu la pièce et ce que je vois me laisse perplexe. Des habits étalés partout. Par terre, sur le lit immense au milieu, sur les chaises, bureau. Tout. Je cherche une quelconque source de lumière afin de trouver ce maudit balcon. J'entends vaguement la voix de Georg crier.
- Bill! Nadia te cherche!Dans l'obscurité je fronce les sourcils, pas du tout sûre de ce que je crois avoir entendu. Puis, tout se passe trop vite. J'entends des pas pénétrer dans la pièce. Je reste figée, n'assimilant pas tous ces bruits. Puis un claquement de porte. Une clef tourner. J'écarquille les yeux dans le noir, comprenant qu'on vient de m'enfermer. Je commence à courir vers la porte mais me heurte avec...
- Nadia?Bill? C'est quoi ce bordel.
*
_____POV Leila
Perdue dans ce labyrinthe de portes, je trouve Tom sortant de la salle de bain. Enfin. Ce n'est pas trop tôt sale poulpe. Je l'attrape par le bras et l'oblige à me suivre dans une espèce de couloir beaucoup trop étroit.
- Euh, tu vas où? C'est un armoire... Oh, je vois. Tu veux qu'on recommence?, me taquine-t-il d'une voix basse et narquoise.
- Tais-toi, m'exclame-je, irritée. Je le plaque contre le mur de ce petit couloir bien trop sombre, réfléchissant à comment je vais faire pour glisser mes mains dans ses poches.
J'ai une question, mens-je.
- Ca tombe bien, moi aussi. Il se met subitement à jouer avec son piercing ce qui a le don de me déconcentrer. Je fais l'effort surhumain de fixer ses yeux.
- Très bien. Commence.- Alors comme ça tu es ... tombée amoureuse?Sa question me fait froncer les sourcils. De quoi il parle? ... Et ça me revient. La question dans le Jeu de tout à l'heure. Oh ...
- Je ne suis pas "tombée" amoureuse ... Je l'étais déjà avant de te rencontrer, sale blond.- Tu racontes n'importe quoi. On peut pas être amoureux de quelqu'un qu'on ne connaît pas, à qui on n'a jamais parlé. Tu me connaissais seulement à travers la...- Non mais qui a dit que je parlais de toi?Je le sens s'agiter doucement.
- Tu parlais de qui?- Du mec à qui tu as dit que j'avais couché avec toi, pauvre tâche. Puis quelques secondes de silence s'immiscent entre nous.
Aaah... Je vois. Je comprends maintenant pourquoi tu as posé cette question au Jeu. Tu croyais que j'étais...- Quoi? Je n'ai pas posé cette question moi.- Ce n'est pas toi qui m'a demandé si j'étais amoureuse?- Non.Alors... ? Bref. On verra ça plus tard Lei. Ne perds pas de vue ta mission.
- Tom?, laisse-je échapper dans un souffle me rapprochant de lui, même si l'espace minuscule fait l'affaire.
Ce n'était pas ça la règle du jeu. - Pardon?- La règle du jeu n'était pas me traiter comme une merde après avoir... tu-sais-quoi.- Baisé. Tu peux le dire tu sais?- Ouais bon, si tu préfères. La règle du Jeu était ne plus me revoir. Hélas, le Destin en a décidé autrement.- Tu parles. Tu l'as un peu forcé le Destin, me nargue-t-il se mordant les lèvres. Putain Tom.
- Quoi? Arrête. Je n'ai pas choisi de retomber sur toi lundi. Je n'étais pas au courant que vous veniez chez Nad. Je te promets, je n'y suis pour rien. Alors pourquoi tu t'obstines à être désagréable avec moi?Il soupire et fuit mon regard.
- Tu veux quoi au juste? Va au but, ça sera plus rapide.- Maintenant que tu le dis. Je veux des explications pour lundi. C'est horrible comme tu m'as parlé. Aujourd'hui ce n'était pas pareil. Tu ne m'as pas spécialement adressé la parole mais ce n'était pas aussi méchant que lundi lorsqu'on est sortis dehors. Tu m'as blessé exprès. Alors j'aimerais savoir ce que j'ai fait pour...- J'étais perturbé de te revoir alors que ce n'est pas dans mes habitudes et...- Mais ce n'était pas ma faute!- C'est compliqué. J'ai bien changé d'attitude après, non?- Soit. Elle est toujours aussi nulle, mais il n'y a plus cette méchanceté gratuite, il est vrai. Mais tu ne t'es toujours pas excusé.- Et si on changeait les règles du jeu?- Pardon?Ses yeux me fixent, et une de ses mains parcourt mon dos. Je frisonne rien qu'à cet contact et me répète sans cesse que je suis là que pour la mission.
- Puisqu'on sera, maaal-heuuuu-reuuuu-seeeeee-meeeeent, obligés de se voir, autant en profiter, tu ne penses pas?Me dit-il, un sourire séducteur en coin. J'écarquille les yeux et concentre toutes mes forces afin de ne pas lui éclater sa tête d'ange. De ne pas faire en sorte que ma main atterrisse sur sa pauvre joue. J'essaye de contrôler mon impulsivité, de ne pas l'égorger, de ne pas le foutre en morceaux. Je canalise toute mon envie de le frapper dans ma vengeance. Je lui dédie un sourire forcé, alors que ma respiration devient affreusement irrégulière et que mon coeur tambourine face à ce que je m'apprête à faire. Je me mets sur la pointe des pieds et me serre contre lui, alors qu'il pose ses mains sur mes hanches, me serrant contre son bas-ventre. Je pose mes lèvres sur son sourire encore dessiné; sur ce sourire triomphant que je ne manquerai pas de défigurer. Ses lèvres sont tièdes et incroyablement douces. Pendant un instant, j'oublie pourquoi je suis en train de me rabaisser à ce point. J'oublie pourquoi je suis en train de l'embrasser à nouveau après comme il m'a traité. Pendant ce bref instant, il n'y a plus rien autour. Juste lui et moi dans ce couloir trop sombre. Juste lui, moi, et son piercing. Ce putain de piercing qui me rend dingue. Qui est en train de me faire perdre le contrôle, et ma mission. Il entrouvre les lèvres pour approfondir le baiser et j'introduis ma langue pour aller à l'encontre de la sienne. J'oublie de respirer. Son bassin fait des doux va et vient qui me font trembler d'envie. Nos langues s'entremêlent inlassablement, et il s'arrête de temps en temps pour me mordre les lèvres. Mein gott. Je sens ses mains se balader sur mon dos, s'immiscer sous ma chemise. J'en frisonne à nouveau ce qui a pour effet de le faire sourire. Je sens son sourire à la con dans ce baiser que je n'ai pas envie de voir finir. Mais ses mots vrillent soudainement ma tête, "Le respect, ça se gagne", "La facilité". Je le mords à mon tour et arrive enfin à retrouver mes esprits. Tout en continuant à l'embrasser, je glisse mes mains dans ses poches. Je palpe quelques papiers, puis un objet dur. Je devine par sa forme que c'est bien son portable dont il s'agit. BINGO. J'ai réussi! Putain. J'ai réussi! Maintenant il faut que j'arrive à me défaire de son étreinte. Il va falloir faire preuve de beaucoup de .... volonté. Mon Dieu. Pourquoi as-tu mis quelqu'un d'aussi con dans un aussi beau corps?
Faut que j'arrête, faut que j'arrête. Il est con Leila. Pense à ta vengeance... Pense à... Mais je me retrouve piégée dans ses lèvres. Je suis là comme une conne à ne pas pouvoir mettre fin à ce contact diabolique. La douceur de ses baiser me rend folle, je... vais le violer ici si je n'arrête pas! Dans un élan de courage, j'immisce une main entre nos deux corps brûlants, débordants de désir et le pousse doucement. J'ouvre les yeux, et me concentre sur ma respiration quelques secondes. Son baiser reste suspendu dans l'air, et il n'ouvre pas encore les yeux. Qu'est-ce qu'il a l'air inoffensif comme ça. Juste l'air. Il sourit, toujours les yeux fermés. Je profite pour cacher son portable dans mes poches.
- Tom.... Je... Je ne peux pas, désolée, mens-je, posant enfin mes pieds par terre.
Il ouvre enfin les yeux, mais il est encore dans la transe. Ses yeux sont troublés, ainsi que sa respiration. Il me fixe, haussant un sourcil, visiblement ne comprenant pas mes dires.
- Pourquoi?- Euuh.. Parce que.. Je... Je n'en ai pas envie. - Mais ...Je lui fais un dernier sourire forcé et sors de ce petit couloir paradisiaque. Je marche vers le salon, les lèvres gonflées, la chaleur envahissante, les sens ébouriffés, toujours pas remise de mes émotions. Je tourne légèrement la tête, pour voir si Tom me suit, ou pas. Non. Il est resté dans le couloir apparemment. Tant mieux. Je retrouve Georg et Quentin morts de rire au salon. Marco semble s'être endormi sur le canapé. Andréas, pensif, occupe un autre canapé, mâchoire serrée. Pas de trace d'Emma, ni Gus, ni Bill, ni Nadia. NI Bill NI Nadia? J'écarquille les yeux. Je me rapproche de Tinou et Georg qui sont esclaffés de rire, et descendent quelques verres.
- Ils sont où nos tourtereaux? *
_____POV Bill
- Bill? C'est toi? Qu'est-ce que tu fous là?, me demande-t-elle dans le noir, palpant mon visage pour être sûre qu'il s'agit bien de moi.
- Euh. C'est plutôt moi qui devrait te poser cette question. Aux dernières nouvelles, c'est ma chambre.- ALLUME QUELQUE CHOSE S'IL TE PLAIT.Je me dirige vers le mur où se trouve l'interrupteur. Lorsque j'allume, je la vois près de la porte. La lumière semble l'apaiser.
- Oui, pardon. Je suis venue prendre de l'air au balcon. - On m'a dit que tu me cherchais.On se regarde un bref instant, puis, on se précipite au même temps sur la porte ... bloquée. Ses yeux me regardent ébahis. Je tape sur la porte.
- C'est pas drôle. Ouvrez!Mais personne ne répond.
- Je vais les tuer. Je vais les tuer. Toi et tous les Tokio Chose ensemble.*
_____POV Leila
Georg me fait signe de la tête, désignant une porte au fond. Je hausse les sourcils, incrédule. Puis Quentin m'explique qu'ils les ont enfermés il y a quinze minutes et qu'ils n'arrêtent pas de crier pour qu'on leur ouvre.
- Espérons qu'il ne s'entre-tueront pas. J'arrache le verre de Quentin de ses mains et boit une gorgée, afin d'oublier que je viens d'embrasser Tom. Andréas se rapproche silencieusement de nous, et s'empare d'une bouteille de bière. Georg l'interroge du regard.
- Ils n'ont pas beaucoup parlé. Enfin ... ils ne se sont pas parlés, ils se sont criés dessus. Le vieux papi de la chambre d'en face est sorti et les a viré. Ils sont donc allés dans la chambre de Gustav.- Mais... tu as entendu quelque chose? Tu as compris quelque chose à leur guerre?- Pas grand chose. Ils se comprenaient entre eux, mais j'arrivais pas à suivre. Ils vociféraient. Des insultes toutes les deux phrases. J'ai juste entendu quelque chose par rapport à Sascha. Je n'arrête pas d'y penser. D'essayer de trouver le sens de la phrase.- C'était quoi la phrase?- Je ne sais plus. Ils criaient tu sais. Je ne suis pas sûr d'avoir entendu ça en plus. Quelque chose comme "C'est de ta faute pour Bill et Sascha". Mais c'est absurde. Qu'est-ce qu'Emma aurait à voir avec B et S ? Pourquoi ils s'engueuleraient pour Sascha? Je ne comprends rien, et ça me prend la tête. Je ne sais pas s'ils vont rester dans la chambre de Gustav, ou s'ils vont revenir.. Peut être qu'Emma a besoin de moi? Je vais aller voir...- OUVREZ LA PORTE OU JE TUE BILL KAULITZ ET VOUS N'AVEZ PLUS DE CHANTEUR!Les regards se tournent vers la porte d'où parvient la voix de Nadia.
- C'est l'amour fou ce soir!Andréas, surpris, fixe la porte, ne comprenant pas. Puis, il désigne la porte avec son verre.
- Bill. Et Nadia. Là-dedans?- Forcés.- Oh putain.- Comme ça on est sûrs qu'ils ne seront pas interrompus. On éclate de rire, puis, Andy regarde sa montre.
- Bon, je vais voir ma soeur puis on va partir nous. Il est une heure passée.- Ok. Vous,vous restez, non?, me demande Georg.
- Euh. Perso, je vois pas trop de lits moi.- C'est pas un problèèèèème ça!- Je sais pas trop. Faut que je voie avec Marco, puisque Nadia est hors-jeu.Je lance un regard vers Marco, qui dort paisiblement sur le canapé, une bouteille de vodka à la main. Cet alcolo.
- Il a l'air hors-jeu lui aussi, me dit Georg souriant.
Tom! Tu étais passé où? Tu ne sais pas tout ce que tu as raté!Georg regarde derrière moi. Mon pouls prend de la vitesse, et je décide de m'éclipser pour accomplir ma mission. Je me retourne, croise furtivement le regard de Tom puis me faufile vers la salle de bain. Je passe à côté de ce fameux couloir et soupire. Je ferme à clef puis sors le portable de Tom. Je ne suis pas surprise de voir une photo de lui avec son jumeau en fond d'écran, les deux faisant des grimaces de tarés. Je crève d'envie de fouiller ses messages. De lire ce qu'il cache. De pénétrer dans son intimité. Mais non, je me contente seulement de me venger. Je pianote à toute vitesse un message. Au moment d'envoyer le message destiné seulement à la gent féminine du répertoire, je me rends compte qu'il a ... 3500 contacts. Mon Dieu. Ca va pas être possible là.
- Désolée Tom. Pas le temps de faire le tri. L'option "Envoyer à tout le répertoire" fera l'affaire.Envoyé.
Je referme le portable fière de moi. Mais tout d'un coup, le portable commence à vibrer frénétiquement. Je regarde ahurie le portable qui semble possédé. Merde. Les accusés de réception. On en a pour toute la nuit. Héhé. Sorry.
___ Je sors de la salle de bain et tombe nez à nez sur ... Tom. Il a ses mains posées sur l'encadrement de la porte, une à chaque côté, bloquant le passage.
- Oh. Tom.. Qu'est-ce que... Que... Je.... Tu.... Ton.... - Quoi?, me demande Tom me fixant. Pourquoi j'ai peur subitement? C'est pas qu'il a l'air imposant, comme ça, planté devant la porte et les sourcils froncés, mais presque. Son portable continue à vibrer frénétiquement dans mes mains, que je cache derrière moi. Je me force de sourire.
- R... rien. Tu peux... me ... me... lai...- Qu'est-ce qu'il t'arrive? Pourquoi tu balbuties comme ça? Et c'est quoi ce bruit? - Quel bruit? Je n'entends rien. Laisse-moi passer. J'essaye de me faufiler sous ses bras, mais il me retient.
- Je voulais te dire quelque chose. Mais... Tu as quoi dans les mains?Je soupire. Je me dis qu'il ne peut pas me tuer, sinon il irait en prison et il ne pourrait pas continuer à vivre son rêve, n'est-ce pas? Tout à fait.
- Je... Je me suis vengé Tom. Tu sais, lundi, quand je t'ai dit que j'aurais ma revanche? C'est fait.Toujours les sourcils froncés, il me toise minutieusement, essayant sûrement de comprendre quelque chose. Je prends sa main et pose son portable dessus. L'objet qui vibre diaboliquement entre ses mains, semble lui faire oublier de barrer le passage. Je profite de sa stupeur pour partir en courant.
- GEOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOORG SAUVE-MOIIIIIIIII.*
_____POV Tom
- Elle est où ?! Je vais la tuer. Je vais la... Je fais un geste de mes mains, illustrant ce que je compte faire à son pauvre cou.
- Oula, ça n'a pas l'air beau à voir.- ELLE EST OU? ELLE A ENVOYE UN MESSAGE A TOUT MON REPERTOIRE, MON TELEPHONE EST DEVENU FOU, IL N'ARRETE PAS DE VIBRER PUTAIN. - Respire. Expire. Respire. Ex...- Georg! Dis-moi où elle est sinon je te jure, je vais...- Elle est partie. Je serre un poing et me tape sur l'autre main. Je recommence plusieurs fois afin de me défouler. Elle a de la chance de ne pas être ici. Oh que oui. Je n'aurais pas hésité à ...
VRRRR. VRRRR.
- OUI, CA VA, JE SAIS!, je balance mon portable de toutes mes force sur le canapé.
Georg va le chercher, se retenant d'exploser de rire. Je m'assois sur le seule canapé libre et je me masse les tempes pour me calmer. Puis, dans un mouvement brusque, je m'approche du mini bar et prends la bouteille de Tequila. Je reviens sur le canapé, toujours hors de moi.
- Hum. Tu as reçu deux messages.Je lève brusquement la tête. Il me balance le portable qui vole dans l'air tout en vibrant. J'ouvre. Un message de Saki, et un autre de... ma
mère. GOTT.
« Tu me réveilles à deux heures du matin pour me raconter tes histoires de cul sale gosse? »
« Mon coeur, je suis contente pour toi, mais ça ne pouvait pas attendre? Je n'ai pas compris la dernière partie du message. Tu me la présenteras. Je t'aime, Mum »
Je fronce les sourcils. Je me retiens de crier de toutes mes forces si je ne veux pas réveiller tout l'hôtel et que David ne débarque, en prime. Je vocifère des injures à tout va, puis je vais aux "
Messages envoyés" pour comprendre ce qu'elle a envoyé.
« J'ai enfin trouvé l'amour. Je veux que tout le monde soit au courant. Je suis tombé amoureux de Leila. Alors, c'est fini entre nous. Désolé. Tom »
La tuer. La tuer. La tuer.
VRRRR. VRRRRR.
« C'est TROP COOL mon pote, mais viens m'ouvrir la porte ou je vous défonce tous »
Bill.
Quoi? Quelle porte? Putain.
La colère monte de plus en plus et je ne sais pas si j'arriverai à la canaliser encore longtemps. Je vais exploser d'un moment à un autre, et c'est pas bon à deux heures du matin. C'est pas bon du tout. Self-control. Tu vas te venger. Elle ne va rien comprendre.
VRRRR. VRRRR.
« Calme tes hormones. C'est mon pied dans ton cul que tu vas enfin trouver. Allez vous coucher les gosse »
David.
- Tu t'en rends compte que j'ai des contacts du travail là dedans? Il y a la Maison de Disques, il y a la presse, il y a ma famille... Je vais la tuer.- Calme-toi. Demain matin, la première chose que tu fais, c'est envoyer un autre message à tout ton répertoire et dire que c'était une erreur.VRRRR. VRRRR.
Deux messages.
QUOI, ENCORE.
« Sympa le message. Va te faire fouttre pauvre con. »
Erika.
« Je croyais que j'étais différentes des autres à tes yeux. Je vois que je me suis trompée. Tu m'as bien eu, faut dire. A plus »
Lisa.
Je me mords la lèvre violemment, me jurant qu'elle va me le payer. J'éteins mon portable pour qu'il arrête de me prendre la tête.
Je me lève d'un bond, puis traverse la pièce d'un pas décidé pour partir. Mais je m'arrête au niveau de la porte, lorsque je distingue les chaussures de Leila.
- Georg? Passe-moi ton portable.- Pourquoi?- Je veux voir quelque chose.- Non.- Vas-y!Je reviens en arrière, et me plante devant lui.
- Tu veux faire quoi?, me demande-t-il, me donnant son portable.
- Rien. Je veux simplement le numéro de Leila. Je fouille rapidement le répertoire de Georg, puis trouve son numéro. Je rallume mon portable, enregistre le numéro d'un mouvement habile, et redonne le portable à Georg.
- A demain.Je n'attends pas sa réponse, et une fois dans le couloir, j'appelle la rousse. Une sonnerie. Puis deux. Elle a le culot de décrocher, en plus.
- Jenevoulaispasl'envoyeràtoutlerépertoirejetepromets,jecomptaisl'envoyerseulementàquelquesfillesmais
quandj'aivuquetuavaistroismillecontacts ....J'ailaissétomber,cen'estpassigrave,___n'estcepas?- Tu es partie sans chaussures?- Euh. Oh. Oui. Merde. J'ai oublié mes chausses, c'est con hein. Et puis, tu t'y connais toi ... partir sans chaussure, je dis. Ha... Ha.- Tu es dans l'hôtel. Je te retrouverai Leila.*
_____POV Nadia
- J'hallucine! Ouvrez-nous bande de... de..., m'écriai-je, fatiguée de me battre avec la porte et qu'ils nous ignorent. Je regarde du coin de l'oeil Bill, répondre au sms de Tom. Je continue de frapper la pauvre porte verrouillée. Je soupire, accablée, crevée, m'éloigne de la porte résignée et me laisse tomber sur le lit géant qui arbore la pièce.
Tes amis sont vraiment nuls.- Qu'est-ce qui te dit que c'est MES amis qui ont eu l'idée?- Parce que MES amis jamais m'auraient fait ça!- Figure-toi que les MIENS non plus!- Eh ben ils t'ont trahi. Il faudra te faire une raison.Je croise les bras, hausse le menton, décidée à lui tenir tête, à accuser sa troupe. Quentin, Lei, et encore moins Marco m'auraient fait ça!
Ses yeux fardés de noir me scrutent avec défi, mais il ne répond rien, s'adosse contre le fenêtre et se laisse glisser jusqu'à atterrir par terre. Puis nos regards se confondent à nouveau. Conscients de l'absurdité de la situation, enfermés depuis une heure dans cette chambre gigantesque -bien qu'oppressante-, on se voit épris d'un fou rire.
- Tu sais Bill. Si j'ai accepté cette pseudo amitié entre nous, malgré le risque que tu représentais pour moi, malgré toute cette peur vis-à-vis de toi... C'est parce que lundi j'ai compris. Et ça m'a soulagé. - Je suis censé comprendre là ? Parce que perso, j'ai pas le décodeur Nadia avec moi. Et puis, y a pas les sous titres donc ...- Tu es con. Ca vient. M'interromps pas l'anormale. C'est par rapport à ce qu'elle a dit Emma, tu sais ? Quand elle t'a parlé de cette fille. Sascha. Tu as réagis de cette façon que je ne connais que trop bien. Lorsqu'on a été attachés à quelqu'un. Et c'est à cause de cette réaction -qui en dit beaucoup- que j'ai accepté d'être là ce soir. - Grâce à cette réaction je préfère.- Si tu le dis. Et puis, tout à l'heure ... Pendant le Jeu. Tu as choisi de boire. Alors, je n'ai plus autant peur.- Je vois. Ca t'a soulagé le fait de te dire qu'il y avait Sascha dans ma vie. Même si tu ne sais pas qui est Sascha.- Non, mais vu ta réaction ce n'est pas difficile en déduire son rôle dans ta...- Ce n'est pas une ex.Le c½ur au bord des yeux, le souffle en attente, la chaleur m'envahissant, j'attends qu'il poursuive.
- C'est plus compliqué que ça. Je ne suis jamais sortie avec elle. Mais je la connais depuis tout petit. C'est la meilleure amie d'Emma. Je l'ai connu au même temps que j'ai connu Andréas et Emma. Elle... Je ne saurais pas comment la définir. Elle a marqué un long moment de ma vie. Toute une étape. Très longue étape. Elle était ma meilleure amie. Et plus que ça. Avec elle, j'ai tout fait. Sascha, c'était toutes mes premières fois. Mon premier joint. Ma première clope. Ma première fugue. J'ai chanté pour la première fois avec elle. Ma première chanson. Ma première obsession. Mon premier rapport sexuel. Ma première utopie. Mon premier tout. Tout ce que je sais aujourd'hui, je l'ai appris à travers elle et cette relation qu'on avait. Tu te rappelles que la première fois que l'on s'est vus je t'ai dit que la plupart de mes chansons parlaient d'amour car j'en avais beaucoup souffert ? Sascha. Elle a été ma première dépression. Ma première peur. Ma première menace. Mes premiers doutes. Mon premier précipice. Oui, car malheureusement je suis tombé amoureux d'elle. Mais ce n'était pas réciproque. Enfin. C'était assez ambigu entre nous. Elle m'a dit qu'on valait mieux que ça. Que notre relation était beaucoup plus forte que l'amour. Alors, sur un coup de tête, je lui ai dit que je ne voulais plus la revoir. Je me rappelle encore nos derniers mots échangés. __Flash Back__
- Je suis désolé, mais je ne vois pas une autre issue. - C'est ça. Casse-toi ! De toute façon je l'ai toujours su ! Qu'un jour tu te barrerais ! Tu as raison tu sais. Nous, c'est de la merde ! Tout ça c'est de la merde ! Je la regardai une dernière fois, puis baissai le regard, sentant inévitablement mes yeux s'embuer. Puis me retournai et fermai la porte derrière moi, les tripes en feu.
__Fin du Flash Back__
- Et je ne l'ai plus revu. A côté de ça, le groupe commençait à avoir vraiment du succès. Vraiment beaucoup. Tout changeait si vite. Ma vie, qui avait toujours été guidée par la présence apaisante de Sascha, prenait un dangereux virage. Son absence, puis le succès. Je ne savais pas gérer tout ça. Si tu savais le nombre de fois que j'ai regretté. De l'avoir extirpé de ma vie ainsi. Alors, quand on veut oublier, on fait n'importe quoi. Je voulais l'oublier. Alors, avec le succès, ça n'a pas été difficile trouver d'autres cibles. J'ai couché avec toutes les filles qui me tombaient sous la main. J'ai baisé à droite et à gauche pour oublier. Mais cela ne me faisait rien. Je l'avais dans la peau. Rien ne me la sortait de la tête. Toutes ces nuits passées aux côtés d'une fille différente chaque soir. Rien. Puis, il y a eu cette rumeur dans la presse. Comme quoi j'étais homosexuel. Ca m'a fait rire au début. S'ils savaient. Mais après ... Ils ont tellement remué tout ça. Tout le monde se posait tellement cette question que j'en suis venu à me la poser moi-même. Et si j'étais homosexuel après tout ? Et que c'est pour ça que toutes ces filles ne me faisaient aucun effet ? Sascha avait-elle été l'exception qui confirmait la règle ? C'était possible. Ca expliquait mon manque d'intérêt envers la gente féminine. Et cela me déprimait. Je ne pouvais pas être gay avec mon métier. Personne n'acceptait cela. Même pas moi. Dans cette longue dépression quant à ma sexualité, j'ai oublié Sascha. Dans cette longue quête de moi-même, elle est restée dans le passé. Elle faisait partie des souvenirs désormais. Et je pense savoir pourquoi je l'ai oublié à ce moment là : Car avant je vivais à travers elle. Lorsque j'ai commencé à me questionner sur moi-même, pour savoir qui j'étais, j'ai vécu à travers moi-même. Je pouvais vivre sans elle. J'ai longtemps cru que j'étais gay. Et j'avais peur que ça se sache. Tellement peur. Tu n'imagines pas à quel point cet infime détail pouvait écrouler mon Monde. Je n'arrivais pas à l'accepter. Pas que je sois homophobe ou quoi que ce soit. Loin de là. C'est juste que ça ne collait pas avec ma vie. Comment réagirait mon entourage ? Mes fans ? J'étais effrayé. J'ai travaillé dur pour arriver où j'en suis aujourd'hui, tu sais ? L'idée de tout perdre me déchirait. J'ai beaucoup souffert. Après Sascha, je ne pouvais pas subir une autre chute. Alors j'allais mal. Je sombrais un peu plus chaque jour, car j'avais peur que mon secret soit dévoilé. Puis, il y a eu toi. Nadia. La seule, à part Sascha ; qui a su ébranler mes sens. Qui a su me couper le souffle dans ce premier regard échangé. Qui a révolté mon c½ur par l'amertume et l'agressivité de ses mots. Qui a fait tambouriner chaque parcelle de mon corps. La seule dont la voix avait le pouvoir de prendre possession de mon esprit, complètement. Alors je me suis accroché à toi. Car tu étais la réponse que je cherchais. Je n'étais pas gay. Je me suis accroché à cet espoir. Toi. Tu représentais cela. La réincarnation des sentiments envolés à jamais. Le c½ur embaumé par cette obsession irrépressible de te revoir, de ces émotions excessives en ta présence. Je me suis raccroché. Une dernière fois. Au début, c'était peut-être pour m'auto convaincre que les filles me plaisaient encore. Mais quand on s'est revus la deuxième fois, en boîte, ça ne révélait pas le même défi. Je le savais. Mes doutes quant à mon orientation sexuelle s'évanouissaient à chaque fois que je croisais tes yeux méfiants. A chaque fois qu'on s'effleurait par mégarde. Inattention qui faisait battre mon c½ur tellement vite qu'il était presque palpable. Mes sens qui s'enflammaient au contact de ta respiration brûlante. Et cette envie massacrante de t'implorer me laisser entrer dans ta vie, de te protéger ; t'aider était ma nouvelle obsession. Je me suis mis à analyser tes refus, ton indifférence, ainsi que tes silences, tes souffles et respirations, tu m'intriguais Nadia. Si tu savais... J'avais perdu tout espoir et tu es apparu. De ton caractère exécrable tu m'as captivé. De ton indifférence tu m'as fasciné. Et c'est égoïste de ma part avoir tant insisté pour entrer dans ton Monde. Car je ne connais pas ton passé. Comme tu m'as dit l'autre soir, tu avais tes raisons. J'avais les miennes. Cela fait de moi un monstre ? Je ne voulais pas te faire du mal. Je ne le veux toujours pas. Si cela peut te soulager, sache que je n'attends rien de toi. A part que tu me laisses une petite place dans ta vie, que tu me laisses savourer tes sourires, tes regards, et admirer tes transformations. Car pour moi tu es importante. Les réponses que tu m'as données sans t'en rendre compte sont importantes. Et toutes les séquelles de ton passé, tous ces hématomes dans ton c½ur, je t'aiderai à les guérir si tu me donnes la permission. Et sinon, je resterai à l'écart, mais avec toi. ___Mais tu sais. Avec du recul. Je me dis que je n'étais pas amoureux de Sascha. Mais plutôt de ce qu'elle représentait à mes yeux. De notre relation platonique. De notre naïveté. De notre innocence. J'étais amoureux de ce Nous inexistant. De ce que cela aurait pu être.- Je ...- Ne te sens pas obligée de répondre quoi que ce soit. J'avais envie de te parler de tout ça. C'est une grande partie de moi-même...- Je ... J'ai une question. - Dis-moi.- Tu l'as présenté autrement. Mais en gros, je... Tu t'es « accroché » à moi pour te prouver à toi-même que tu n'étais pas homosexuel ? - C'est tout ce que tu as retenu ?- Non. Mais tu peux comprendre que cela me fasse du mal, ou c'est trop demander ?- Au début je croyais que c'était pour ça. Mais dès le premier regard, tu m'as intrigué. Car pour moi toutes ces émotions s'étaient éteintes depuis bien longtemps. Tu m'as troublé dès le moment où je t'ai vu. Dès les premiers mots échangés. Après, j'ai voulu m'accrocher à cela. Puis, la deuxième fois que l'on s'est vu ; je me suis rendu compte que mes doutes étaient restés loin derrière moi. Que tu m'intéressais comme personne et pas comme preuve. Que tu me fascinais car tu étais toi, toi et cette façon de m'ignorer infroissable, d'être bornée dans l'excès, de m'envoyer bouler toutes les deux phrases, de cette franchise presque palpable dans tes traits, car même si tu es la mauvaise foi en personne, ton visage, tes gestes te trahissent. Oui ... ta mauvaise foi, Nadia. Ta façon à toi de te protéger, sûrement. Mais c'est Toi qui me redonne la sérénité, l'apaisement ; et pas le fait que mon Monde ne courre plus de risques. Et c'est paradoxal, car Dieu sait combien tu m'en fais voir de toutes les couleurs. Le nombre de fois où j'ai eu envie de t'étrangler pour que tu entendes raison. Pour que tu avoues. Pour que tu t'ouvres à moi. Pour faire tomber ton masque. Ses mots me brûlent. Je sens l'adrénaline envenimer mes veines. Mon pouls. Mon c½ur. Contrariée par tous ces aveux, et conquise à la fois. Ces papillons dans le bas ventre qui me démangent depuis le début de son récit. Cette sensation envahissante, que je ne peux pas gommer malgré moi.
- Pourquoi tu me dis tout ça ?- J'ai besoin de parler. C'est ma manière à moi de m'excuser de m'être immiscé dans ta vie sans ta permission. L'honnêteté. - Je ne m'attendais pas à tous ces aveux. Enfin, à tout cela... - Ca te fait peur ?- Ca devrait ?- Je ne sais pas Nad. Je ne sais pas ce qu'il se passe dans ta tête... Enlève le masque.- Je comprends mieux pourquoi tu t'es obstiné alors.- Ton tour de m'aider à comprendre tes éternelles réticences ? Même si, en boîte, tu m'a quelque peu éclairé. Déception amoureuse.- Il n'y a pas que cela. Enfin. J'ai été déçue oui. Mais pas seulement de l'amour. De la vie, de l'être humain en général.- C'est aussi noir que ça ta vision des choses ?- Hum. Je ne sais pas très bien ce que je t'ai raconté ce soir là, lorsqu'on était dehors ...- Moi si. Tu ..., il marque un temps, comme s'il attendait que je l'arrête si je ne voulais pas en parler. Je ne dis rien. Je veux, moi aussi, lui montrer qui je suis. Une partie, tout du moins.
Tu m'as parlé de la relation entre tes parents. Puis, Damien.- Par où commencer. Sache Bill, que je ne vais pas autant me dévoiler que toi. Je ne peux pas. Je tiens à cacher mes faiblesses. Je tiens à continuer à faire semblant d'être forte. Nous étions très unis comme famille. Vraiment. Mon enfance est une période de ma vie qui m'est restée gravée avec tellement de détails. Alors que mon adolescence ... Je ne me rappelle pas grand-chose, si ce n'est que le fameux Damien. Mon enfance ... J'aimais plus que tout mon père. Je... Il était tout pour moi. Tu connais le complexe d'¼dipe ? Eh bien, chez moi c'était le complexe d'Electra aigue. Le lien qui m'unissait à mon père était unique, inébranlable. Mon père était ma vie. Je ne me réveillais que pour le voir sourire. Je ne saurais pas décrire l'amour qu'une fille peut ressentir envers son père. C'était mon idole. Je voulais lui ressembler. Je voulais être comme lui. Car à mes yeux il était parfait ; il était le souffle qui me donnait l'existence. Tu sais, on dit que c'est à partir de la relation qu'une fille a avec son père qu'elle construira son destin en tant que femme. C'est cette relation qui va cimenter son existence. Et voilà ce que je suis aujourd'hui. Je vis dans la peur, car il a cassé cette image. La peur que tout mon monde, mes croyances, mes illusions puissent s'envoler comme s'est envolé ce père. Car, lui aussi, c'était une certitude. Lui aussi. Car, à l'origine, qu'y a-t-il de plus sûr qu'un père? Et que fait-on quand les certitudes, le mot « certitude » n'a plus sa place ? Lorsque tout est éphémère et plus rien ne dure ? Ainsi, tout devient passager ou court le risque de disparaître. C'est ça que je suis devenue. Un doute sur pattes. Hum. Pas facile dans la vie de tous les jours. Pas facile quand on doit prendre des décisions. Pas facile vivre dans l'inconnu, la peur et l'insécurité. - Que s'est-il passé pour qu'il s'envole comme tu dis ?- As-tu des souvenirs d'avant tes cinq ans ? Car moi j'en ai. Des tonnes. Mes cinq premières années sont les plus heureuses de ma vie. C'est incroyable ma mémoire avant mes cinq ans. On était la famille parfaite. Puis, à partir de cet âge là, mon père s'est mis à boire. Beaucoup. Enormément. Il y avait des problèmes entre mes parents depuis quelque temps, mais je ne les connais pas. Je n'ai jamais eu l'occasion de parler avec ma mère de cela. Et moi, j'étais trop petite à l'époque pour comprendre leurs éternelles disputes. Et puis un jour, il l'a frappé. Mon père. Lui, mon ange gardien, l'avait frappé. Il n'arrêtait pas. Je me souviens que Marco me tirait du bras pour qu'on aille se refugier sous le lit. Je ne voulais pas. Je voulais lui dire d'arrêter. Je voulais qu'il devienne mon père. Je me rappelle la sensation encore de mes larmes brûlantes sur mon visage. Ma peur. Mon impuissance. Tout. Jusqu'au moindre détail. Je me rappelle ... Après ce jour là ; ma mère avait changé. C'est comme si son âme était morte ce jour là. Je ne l'ai plus revu sourire. Cette harmonie qui flottait dans l'air avait était brisée, massacrée, assassinée. C'est bouleversant se réveiller un jour et se dire que ... Ma mère n'était plus ma mère et mon père n'était plus mon père. Ils nous avaient oublié. Puis, mon père a sombré dans l'alcoolisme. Et ma mère... Ma mère l'aimait trop. Tellement Bill. Je ne savais pas qu'aimer autant était possible. Elle ne vivait que pour lui. Marco et moi, on n'existait plus. C'est avec les années que je me suis rendue compte à quel point ma mère était lâche, faible et ... Dépendante. Le pire Bill; c'est ça. La dépendance. L'addiction. Mon père était sa drogue, son âme. Son monde, son univers. Son tout. Il a recommencé. Il a continué à la frapper. Jusqu'au jour où il est parti. Sans un mot. Ce jour là, je me rappelle très bien aussi. Je l'ai attendu pendant des heures assise au bord de la fenêtre ; fixant la pluie qui ravageait la nuit. J'ai attendu ... Mais au fond, je savais Bill. Je savais qu'il ne reviendrait pas. A six ans, j'avais compris qu'il ne nous aimait plus. Que connaît un enfant à l'amour à cet âge là? Beaucoup plus de ce qu'on ne le croit. Alors que je priais pour que ses pas franchissent la porte d'entrée, j'entendais ma mère crier, hurler comme une folle. Elle aussi, elle le savait. Et pourtant, elle l'aimait. Elle l'a aimé jusqu'au dernier jour. Il n'est jamais revenu. Et elle, un beau jour de mai ... Elle n'a pas rouvert les yeux. Elle était partie, aussi. Marco m'a toujours dit qu'elle est morte de tristesse. Car elle n'avait pas pu supporter le départ de Papa. Mais moi, je crois qu'elle a mis fin à sa vie elle-même. Je ne suis pas sûre, comme je ne suis sûre de rien. Mais Bill, est-il possible de mourir de tristesse ? Et puis. Nous, on était rien, alors ? Je sais qu'on n'était pas à la hauteur de son amour envers Papa, mais on était ses enfants. Elle était censée nous aimer, putain. Non. C'est bon. Laisse-moi pleurer. Ne t'approche pas. Je t'en supplie, ne t'approche pas. Je ... Je ne connaitrai jamais pourquoi il est parti. Pourquoi ils se sont détruits de la sorte. Pourquoi ont-ils cessé de nous aimer. Pourquoi notre famille s'est écroulée. Pourquoi les disputes ont commencé. Pourquoi est-elle morte. Pourquoi on ne la rendait pas heureuse. Je ne saurai jamais pourquoi elle l'aimait autant. Pourquoi il ne l'aimait plus. Pourquoi il ne nous aimait plus. Rien Bill. Je ne sais rien de ma famille. J'étais tellement petite. Tu sais, aujourd'hui, j'ai appris à accepter tout cela. J'aimerais juste mettre des explications, des mots à ma souffrance. J'aimerais comprendre ce qu'il s'est passé. J'aimerais revenir en arrière et dresser l'oreille. Peut être qu'ainsi, j'aurai pu les aider. Peut-être que j'aurais pu empêcher mon père de partir. Peut être que j'aurai pu rendre ma mère heureuse. Peut être. Tu vois, tout n'est que « peut-être ». Quand ma mère est morte, à mes sept ans, Marco et moi avons déménagé chez ma grand-mère maternelle. A partir de là, je n'ai plus de souvenirs. Enfin si. Ma vie a été trop fade, pleine de désillusions. Quand on accumule les désarrois, il ne nous reste pas grand-chose. Quand Marco a eu ses dix-huit ans, on est partis. Il a vendu la maison de notre enfance et puis on s'est acheté cette petite maison qu'on a maintenant. Et voilà. Ca a toujours été lui et moi. Et Leila et Quentin, bien sûr. Et dans tout ce bordel ; mon incertitude et ma haine contre le Monde, j'ai connu Damien. Et, je peux te dire, que peut être la seule, l'unique certitude de ma vie, c'est que je ne serai jamais victime de la Dépendance. Mais cette partie, ça sera une autre fois... Je n'ai plus les forces. Ne dis rien Bill. J'ai horreur de la pitié des gens.Il me sourit et se rapproche.
- Je ne dis rien. Je suis là, c'est tout. Il me serre contre lui. Je sens la chaleur apaisante que son corps émane. Je m'y refugie. Ca fait tellement du bien. Ca faisait tellement longtemps que je n'avais pas senti cela. J'aimerais m'endormir là et me réveiller lorsque mes blessures auront guéri. Lorsque le temps aura fait son travail. Mais le temps ne semble pas faire son effet sur moi. Pourquoi ?
- Bill ?- Hum ?- Serais-je vaccinée contre le temps ?J'imagine qu'il ne doit rien comprendre à ma question. Mais peu importe. Tant qu'il l'écoute et la partage avec moi.
- Non Nad. Le temps pansera tes blessures, fais-moi confiance. Tu n'oublieras pas ton passé, mais tu apprendras à vivre avec. C'est comme lorsqu'on pardonne, mais qu'on n'oublie pas. Dans ton cas, on guérit, mais on n'oublie pas. Oublier tout ça est impossible car c'est une grande partie de toi-même. - Merci de m'avoir écouté.- Tu as fait de même.- Je te verrai bien en Psychologue Kaulitz ; je visualise l'image de Bill sur la chaise à côté d'un divan, et je ris.
Quoique non, avec tes cheveux, c'est chaud.Il rit.
- Tu t'es pas mal dévoilée en fin de compte.- C'est ta tête d'ange qui veut ça.- Ouh. Je prends ça pour un compliment. Tu m'en fais pas souvent alors faut que j'en prenne note.- C'est le premier d'ailleurs.- Non, non.- Ah bon ?- Mes mains. Et mes yeux. Mais tu étais bourrée. Tu as raison, ça ne compte pas.- J'ai dit ça ? Mon Dieu. Je ne boirai plus jamais en ta présence!- Arrête, tu es mignonne quand tu bois. Je souris et me défais de son étreinte. Assez profité là. Je le vois se dresser et regarder l'heure. Ouh. Il doit être tard. Ou tôt plutôt. Je n'ai jamais été aussi en forme pourtant. Ca doit faire cinq ou six heures maintenant qu'ils nous ont enfermés ces traîtres. Je ne sais pas. J'ai perdu la notion du temps en parlant du passé.
- Parfait ! Viens, je veux te montrer quelque chose ; me dit-il, m'offrant sa main pour que je me relève.
Je la prends après quelques secondes d'hésitation. J'entrelace mes doigts aux siens, que je ne peux m'empêcher d'admirer. Je le suis. Il se dirige vers le fameux balcon qui nous vaut le séjour en prison. Il ouvre doucement les portes qui donnent au balcon. On sort, puis il met un pull à lui sur mes épaules.
- Tu as déjà vu le jour se lever à Berlin ? Regarde. On va y assister dans quelques minutes. J'ai déjà fait cela plusieurs fois. C'est magnifique. Et quand ça arrive, je me sens tellement insignifiant. Plus rien ne compte face à cette beauté. Tu dois voir ça.Je l'observe fascinée. Il parle comme un enfant qui veut faire découvrir son nouveau jouet. Je souris. Et suis son regard. J'admire le soleil à l'horizon pointer les premiers rayons. Je sens l'air frais narguer mes narines. Peu à peu, il commence à faire jour. Je contemple la beauté de la nature. Il a raison. Qu'est-ce qu'on se sent insignifiant et puissant au même temps. En paix ... Oui. J'aime. J'aime cet instant. A cet instant, je peux dire que j'aime la vie. Juste pour ces moments là. Juste par cette beauté excitante.
- Je savais que tu reprendrais goût, même l'instant de quelques secondes.Je ris. Il est fort notre cher Mufasa, pas en mode Mufasa. Je ris encore plus en pensant cette connerie.
- Tu devrais rire plus souvent.- Je n'aime pas les risques.
- Hum. Il me faut les sous-titres. - Rire c'est risquer de paraître. Pleurer, c'est risquer de paraître fragile. Aller vers quelqu'un, c'est risquer de s'engager. Exposer ses sentiments, c'est risquer d'exposer son moi profond. Présenter ses idées, ses rêves aux autres, c'est risquer de les perdre. Aimer, c'est risquer de les perdre. Aimer, c'est risquer de ne pas être aimé en retour. Vivre c'est risquer de mourir. Espérer, c'est risquer de désespérer. Essayer c'est risquer d'échouer. C'est pourquoi j'essaye de faire rien de tout cela ; finis-je dans un sourire face à son air incrédule.
- D'abord, tu es folle. Ensuite, si on suit ta logique, on doit se priver de vivre ; puisque vivre c'est risquer, que ça te plaise ou non. Qu'est-ce qu'une vie sans risques ? Celui qui ne risque rien ne fait rien, n'a rien et n'est rien. Il peut éviter la souffrance mais n'apprend rien ; ne ressent rien ; ne peut ni changer ni se développer ; ne peut aimer ni vivre. C'est être enchaîné. Tu deviens esclave et tu trahis ta liberté. Pour moi, seuls ceux qui risquent d'aimer sont libres.Putain Bill. Tu ne pouvais pas mieux répondre. Et Dieu sait combien j'ai envie de t'embrasser maintenant grâce à tes belles paroles. Hélas, la réalité l'emporte.
- Très belle réponse. A débattre. Mais pas à six heures du matin, lorsque mes neurones ont envie d'aller se coucher dans ce grand lit ultra-archi-luxueux. - Ils ont de la chance tes neurones. Ils vont bien dormir ce soir. Les miens devront se contenter de la moquette.- Elle est super la moquette aussi ! Ils n'ont pas à se plaindre, je te rassure.- Je te fais confiance. Il me sourit ; puis lance un dernier regard à la ville sous nos pieds.
« Je te fais confiance
». Si tu savais Bill l'importance de ces mots ... Qu'est-ce que j'aimerais pouvoir prononcer cette phrase un jour à quelqu'un. Je soupire. Il rentre. Moi, je reste quelques minutes encore pour admirer la vue, Berlin. Malgré tout, j'aime cette ville. Oui, je l'aime.
Je rentre et ferme la porte vitrée doucement derrière moi. Je vois Bill sortir d'une porte, vêtu d'un jogging bleu et un t-shirt blanc. Je souris. Niveau sexy-attitude j'ai vu mieux.
- Te moque pas car celui que je vais te passer est pire !J'écarquille les yeux. Je le vois me lancer un jogging orange fluo avec des traits verts. J'éclate de rire.
- Sympa le jogging. - Je sais. Rien de mieux pour dormir qu'un bon jogging fluorescent. Je souris et saute sur le grand lit. Wahouh. C'est ... indescriptible. Puis, je le vois lui se coucher par terre. Je ne peux m'empêcher de rire encore. Il a l'air pitoyable. Je lui jette quelques oreillers.
- Il paraît qu'on dort mieux avec !- Je me coucherai moins con ce soir.Je m'accoude au bord du lit et le regard quelques instants ; pendant qu'il essaye de trouver LA position. Puis, il plante son regard dans le mien... On ne dit rien, on ne fait que se regarder pendant quelques minutes qui me paraissent une éternité.
- Au fait, je me lèverai sûrement vers neuf heures, on doit voir David. - Ouais. S'ils ouvrent la porte ...- Je ... n'avais pas pensé à ça. Il faudra bien qui'ils ouvrent à un moment ou un autre.- Mouai. Bonne chance. Tes amis sont tarés.- C'est les tiens.- Bonne nuit Bill. Enfin, c'est plus la nuit. Bonne sieste.- Toi aussi.Je lui dédie un dernier sourire, puis me retourne dans le lit. Je savoure la fraîcheur des draps, des tièdes rayons de soleil qui se faufilent à travers la fenêtre, malgré l'épais rideau qui la couvre. Du lit immaculé, de sa grandeur, des oreillers somptueux. C'est avec ce sourire béat que la soirée s'achève.
____________________________________________________
WOUDOU :D
Je suis vraiment , -vraiiiiment- désolée pour mon retard.
Merci à toutes pour votre présence, et vos jolis commentaires.
Merci. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Pour tout.
Alors ce chapitre. PIOUF. Ce que j'ai galéré à l'écrire.
Je ne suis toujours pas satisfaite, mais il faut bien poster un jour, nan ?
Il est très long. En fait, j'ai fusionné deux chapitres. J'espère que ça vous va... ? :$
La partie dans le balcon entre B & N est inspiré (et quelques parties sont restées intactes) d'un proverbe Indien.
Je veux tout savoir. Ce que vous avez pensé de chaque partie.
Gus / Em's - Lei / Tom - Nadia / Bill - Georg / Georg XD (Je l'aime lui)
Moment préféré ? Réplique préferée ?
J'ai hâte de vous lire.
De savoir si ça vous a plu.
Vos impressions.
Vos ressentis...
Everything.
Sascha, alors? Heureuses d'avoir découvert qui était-elle ? Mais c'est pas fini ;)
& Quant aux passés de B & N ?
Tell me everything. I'm here.
Je veux des loooongs commentaires pour cette loooongue suite ^^
Love you.
Et vous remercie (L).
Chapitre 40 :
« Que le meilleur gagne »
Basé presque entièrement sur Leila & Tom.
Laura, le chapitre sera posté cette semaine :)
Nouvelle Couleur pour Andréas .
L'autre me tapait sur le système ; celle là aussi =_=
Donc sa couleur reste très susceptible de changer.